Formation professionnelle en RCI-De Dosso Moussa, Kandia Camara à Touré Mamadou: La mauvaise gouvernance aura-t-elle raison du CAMPC?

By: Africa Newsquick

Formation professionnelle en RCI-De Dosso Moussa, Kandia Camara à Touré Mamadou: La mauvaise gouvernance aura-t-elle raison du CAMPC?

Le Centre Africain de Management et de Perfectionnement des Cadres (CAMPC) dirigé par Jean- Emmanuel Somda a 42 ans d’existence. Spécialisé dans le renforcement des capacités des cadres, l’assistance, le conseil et la recherche, ce centre panafricain constitue aujourd’hui un mauvais exemple en matière de bonne gouvernance. La raison ?

Pas de Conseil d’administration depuis 2014

Le Conseil d’administration est un organe collégial de gestion d’une société. A ce titre, il définit la stratégie de la société ; choisit le mode d’organisation de la société; il contrôle la direction générale en s’assurant que ses choix stratégiques sont bien mis en œuvre et il veille à la qualité de l’information fournie aux actionnaires et aux marchés à travers l’établissement des comptes annuels ou à l’occasion d’opérations importantes. Malgré ce rôle important du Conseil d’administration que le CAMPC enseigne, probablement, à ses clients, celui-ci qui se vante d’être le « leader de la formation en Afrique » tord le cou aux règles de bonne gouvernance d’une entreprise en n’étant pas capable de tenir durant trois(3) bonnes années un Conseil d’administration pour faire le bilan de sa gestion. Depuis le dernier Conseil d’administration extraordinaire tenu les 4 et 5 décembre 2014, ce centre n’a plus organisé jusqu’à ce jour un nouveau Conseil d’administration. La conséquence de ce mode de gestion moyenâgeux, le centre est dans un état d’agonie certain.

Une institution agonisante

Problème de gestion et endettement de l’institution, mise à mal de l’autorité du directeur général, la non mise en application des résolutions du dernier Conseil d’administration extraordinaire de 2014, absence de manuel de procédure, démotivation et grèves récurrentes du personnel, risque de faillite du CAMPC, voici, entre autres, le sombre tableau que présente cette institution panafricaine agonisante. Le témoignage donné par une source proche de ce centre à « L’Eléphant » le 13/03 est assez instructif sur l’ampleur du mal qui ronge cet établissement. « Dans une structure, il y a des paniers de responsabilité. Mais lui(le directeur général, Ndlr), il est devenu le dieu du Campc, pourquoi ? Personne ne doit parler quel que soit ce qui doit se passer, il ne laisse pas chacun dans son domaine de responsabilité. Il commande tout, il va jusqu’à descendre au garçon de salle pour contrôler le travail de celui-ci. Ici, il n’y a qu’une tête, le directeur général et tout le personnel est dans le même sac. Ça, on fait quoi ?  On a un gros problème d’organisation mais le flou arrange qui ? Je pense que ça l’arrange. C’est pourquoi depuis, il est dans l’illégalité, il ne veut vraiment pas partir. Si on est encore là, il faut qu’on se dise la vérité, c’est à cause du gouvernement ivoirien. Puisqu’au dernier conseil de 2014, on avait l’accord de tous, eux tous, ils étaient d’accord pour que le directeur général parte. Dans les projets de résolution, le comité technique a dit qu’il ne veut pas le renouvellement de son mandat. Si on ne règle pas ce problème, on risque de fermer la maison », avertit-il.  « Aujourd’hui, poursuit-il, s’il demande un document à un agent, celui-ci réfléchit mille et une fois avant de s’exécuter. Parce que la personne se demande quelle chose il va trouver dedans pour me couper la tête ? Vous savez, le rapport du Comité de contrôle de gestion est là. Et c’est sur la base de ce rapport que les projets de résolution sont pris et c’est ça on lit le jour du conseil puisque les ministres ne travaillent pas, le jour du conseil, sur les documents techniques. Dans ce rapport, c’était bien écrit le mandat du directeur général n’est pas renouvelable, on ne donne pas quitus pour sa gestion. Il y avait les deux résolutions. Le comité de contrôle de gestion qui fait le travail technique n’avait pas donné son accord pour le renouvellement du mandat du directeur général mais le volet politique a pris le dessus. Les ministres avaient décidé de donner leur quitus mais sous réserve. Je vous dis qu’on n’a pas de manuel de procédure et on fonctionne comme ça. Il n’y a pas de plan stratégique de développement. Quelle est sa vision, il nous conduit où ? Nous-mêmes, on ne sait pas. Et c’est dans, il nous demande de venir prendre des objectifs alors qu’on ne sait même pas où on va. Je vais prendre quel objectif dedans ? Il nous demande chaque fois, où vous voulez amener le CAMPC ? Nous sommes démotivés à cause de sa gestion. Il faut que le gouvernement prenne une décision irrévocable à son encontre parce le CAMPC se meurt. Il recrute, après approbation du Conseil d’administration. Il vient de recruter un nouveau directeur pédagogique. A ce jour, on n’a pas vu l’approbation d’une autorité du conseil d’administration. Le cabinet du Secrétariat d’Etat nous a reçus, il nous a écoutés et il ne nous a pas fait de retour et on le laisse commencer le recrutement. Il ne respecte pas les procédures et les textes de la maison. Il bafoue tout », fulmine-t-il.

La lecture de Jean-Emmanuel Somda sur la situation au CAMPC

Rencontré le 27/03 par «L’Eléphant», Jean-Emmanuel Somda, le directeur général du CAMPC présent dans cette institution depuis une vingtaine d’années a sa lecture des maux dont souffre ce centre. Se prononçant sur la mise en œuvre des résolutions prises par le dernier Conseil d’administration extraordinaire, il a pointé un doigt accusateur vers le ministère de tutelle  et ses collaborateurs du CAMPC.  « L’audit organisationnel et de gestion est un élément du plan de développement stratégique du Campc. C’est la première étape. Ce plan de développement stratégique du Campc, c’est le directeur général qui l’avait demandé, qui avait demandé l’autorisation au conseil d’administration de conduire ce plan de développement stratégique du Campc 2016-2020. Ce n’est pas le Comité qui a pris l’initiative. J’ai le rapport du directeur général, je peux vous présenter le document. Comme vous le savez, pour produire un plan de développement stratégique, il y a un diagnostic qu’on fait à l’origine. Quelle est la situation actuelle ? Quelles sont nos forces actuellement ? Quelles sont nos faiblesses actuellement ? Quelles sont les menaces que nous allons rencontrer sur la route pour aller en 2020 ? Et quelles sont les opportunités pour aller en 2020 ? C’est ça, cet audit organisationnel. Le conseil d’administration a bien accepté que cet audit soit mené. Mais au sorti du conseil d’administration qui s’est tenu le 5 décembre 2014, le ministre de tutelle de l’époque a, au bout de 3 mois, par rapport à certaines informations, demandé le point de la mise en œuvre des résolutions du conseil d’administration. Et dans le courrier que le ministère m’a envoyé par rapport au point, il est dit que la direction générale devait envoyer au ministère, les termes de référence de cette mission pour validation et éventuellement recherche de financement et le choix du cabinet qui va conduire la mission. Moi, j’étais étonné mais comme c’était un courrier signé par le ministre d’Etat de l’époque, monsieur Dosso Moussa, j’ai fait un mémo du point d’exécution des travaux et j’ai transmis, par rapport à ce point, les termes de référence ou d’élaboration du plan de développement stratégique. Par rapport à leur souci, c’était pour valider les termes de référence, cherche de financement et choisir le cabinet. A plusieurs occasions, quand je suis allé au Cabinet pour voir celui qui gérait le dossier, je lui rappelais ceci : ‛‛le plan de développement stratégique, qu’est-ce qu’on fait ? ʼʼ Il me répondait chaque fois : ‛‛On va vous revenir ʼʼ jusqu’à ce qu’il parte. Le nouveau ministre qui est arrivé, Paul Koffi Koffi, c’est le dossier que je lui ai envoyé puisqu’il était en urgence et son prédécesseur l’avait demandé pour validation des termes de référence, recherche de financement et le choix du cabinet. Je leur ai demandé ‛‛ Qu’est-ce qu’on fait? ʼʼ Ils m’ont répondu : ‛‛On vient d’arriver, ça peut attendre. ʼʼ On est resté dans cette logique jusqu’en novembre 2016 où celui qui avait en charge ce dossier du Campc, en insistant, m’a dit qu’on peut faire le plan de développement. Le conseil parle d’audit organisationnel et de gestion. Moi, je n’ai rien contre cela. Le commissaire aux comptes fait un peu ce travail-là. Comme il insistait, j’ai dit que si le ministère veut venir faire une inspection, libre à eux de venir le faire. Le ministère avait convenu qu’il viendrait faire cet audit. On m’avait demandé le terme de référence. J’ai donc pris cette partie du terme de référence, c’est un tout. J’ai envoyé le terme de référence on nous a dit on peut commencer. Quand ils ont donné l’autorisation de commencer, je suis venu et j’ai fait une note de service en décembre pour demander aux différentes directions de réfléchir par rapport à un canevas donné. Puisque 2016 est fini, on a translaté et ça va être le plan de développement stratégique 2017-2021. Le personnel devait réfléchir sur ça et chaque fois, je leur rappelais cela. Et j’ai même dit au ministère que nous enclenchons le processus d’élaboration du plan de développement stratégique. Malheureusement, les réflexions au niveau des différentes directions, il y a une direction qui a commencé la réflexion et il y a deux autres directions qui n’ont pas commencé. Nous avons décidé de réfléchir en interne et de faire participer les partenaires extérieurs que sont le ministère, les consultants, les clients, les fournisseurs et plusieurs autres acteurs. On approcherait le président du conseil d’administration, le vice-président, le commissaire aux comptes et les différents administrateurs. J’ai demandé au personnel de venir avec les résultats de leur réflexion pour faire une mise en commun et se projeter au cours d’une réunion.  A cette réunion, le premier directeur me dit qu’il ne peut pas compter sur son équipe pour exprimer leur vision et le second directeur me dit qu’il n’a aucune idée. J’ai répondu que nous sommes en février et c’est depuis novembre que nous avons parlé de ça et c’est maintenant vous allez me dire, en tant que cadres, que vous n’avez pas d’idées ? Ils ont proposé, au lieu que ça soit ainsi qu’on choisisse une journée bloquée pour faire ce travail sur place au Campc. J’ai proposé que si on a les moyens qu’on aille  à Bassam ou à Yamoussoukro. Ce dossier est à ce stade de la réflexion en interne pour l’élaboration du développement stratégique du Campc. Nous allons reprendre cela parce qu’il y a un directeur qui est parti. Pour l’audit organisationnel, structurel, le ministère a dit qu’il allait en faire son affaire », s’est-il défendu. Que dit-il de ses rapports tendus avec ses collaborateurs? « L’essentiel dans l’institution, c’était de fixer, à court terme, des objectifs. Des objectifs annuels sont élaborés qui se collent au budget de l’année. A ce niveau, est-ce qu’il y a des différends ?  Depuis un certain temps, le conseil d’administration avait décidé que tout le monde participe à la réalisation des objectifs de l’institution. Tout marchait bien mais il est arrivé un moment où il y a eu des velléités. En matière d’objectifs déclinés à des collaborateurs, il y a des collaborateurs qui refusent les objectifs et il y en a qui acceptent. Et ceux qui refusent vont dire à ceux qui ont accepté de ne pas accepter. Ceux qui refusent les objectifs c’est pourquoi ?  Les gens refusent les objectifs pas parce que c’est hors de portée mais cette méthode, le management par objectif, c’est très efficace mais les cadres ne l’aiment pas. C’est contraignant et ils pensent qu’ils vont se faire découvrir. C’est un manque de confiance en soi en tant que cadre. C’est ça le fond du problème. Non seulement ils refusent mais ils demandent aux autres de refuser par souci de collégialité. C’est un problème d’objectif et il y a certains qui depuis pratiquement 10 ans n’ont pas fait de rapport d’activités. Un cadre qui refuse les objectifs et ne fait pas de rapport d’activité, quel travail il fait ? Il y a des dysfonctionnements ici. Parfois, le client nous supplie de lui envoyer la facture pour qu’il la paie. Depuis que nous sommes dans ces conflits factices qui ont été créés et entretenus, les résultats de l’institution baisse. En termes de management, le fait de refuser les objectifs, c’est déjà un acte d’insubordination. Nous sommes installés dans cette situation parce qu’à un certain moment, il faut avoir le pouvoir de décider, de recadrer et de sanctionner. Si vous n’avez pas de pouvoir, qu’est-ce que vous faites ? Dans un passé récent, on avait une totale autonomie mais depuis un certain temps, c’est devenu très relatif. Il y a beaucoup de choses qui remontent au ministère. Avec ceux qui viennent d’arriver, on espère qu’il y aura un changement. Le conseil d’administration délègue ses pouvoirs au directeur général pour la gestion quotidienne et qui rend compte au conseil d’administration. Mais beaucoup de choses remontent au ministère qui assure la vice-présidence du conseil d’administration. Pour certaines décisions, il faut se référer au ministère. C’est le cas jusqu’à présent, pour les sanctions, pour les recrutements. Ça crée des situations qui ne sont pas avantageuses pour l’institution. On va vous demander d’attendre, de patienter et les gens pensent être dans leur bon droit parce qu’il n’y a pas une seule source de communication. Ça devrait rentrer dans l’ordre, ces pesanteurs politiques de la tutelle. Je l’ai dit au temps du ministre Dosso que le ministère est trop présent au Campc. Il m’a répondu qu’il n’interfère pas. Il faut qu’au niveau des textes statutaires, on arrive à bien camper le rôle du président du conseil d’administration, le vice-président du conseil d’administration et du directeur général. J’ai vécu cette difficulté, mon prédécesseur l’a vécu un peu, mais il faut que ceux qui vont venir après aient quelque chose  de bien tranchée sinon c’est dommageable pour l’institution. Je suis directeur général depuis 6 ans. Quand on est nommé directeur général, c’est pour un mandat renouvelable une fois. Mon mandat a été renouvelé le 5 décembre 2014 donc il reste à peu près 18 mois pour partir. J’ai beaucoup donné à la maison, je me suis beaucoup investi au détriment de ma famille et de ma santé. Vous savez au sein de l’institution, il y a un seul organisateur, un seul qui enclenche, le directeur général. Pour engager, pour ordonner, pour décider, le directeur général a l’obligation de contrôler. En termes de contrôle, le contrôle se fait sur les résultats, sur ce qui est fait. Ces plaintes n’ont jamais été posées frontalement. C’est dû à quoi ? C’est dû aux insuffisances qui font que le DG est obligé de descendre. Il y a le problème de délai ici. Un client peut nous dire qu’il a besoin de ceci cela et ça traine. Parfois, c’est fait exprès. Ce qui les énerve, et je comprends, le client quand parfois il n’a pas de résultat, il m’appelle directement et quand je vais demander des compte, ils trouvent que j’interfère dans leur domaine. Quand moi par exemple je réponds à un mail d’un client, je mets tout le monde en copie et quand je leur demande de faire la même chose pour que je puisse suivre les inscriptions, rien. Il y a eu des problèmes de notes, des diplômes. Quand j’ai vu cela, j’étais sidéré », indique-t-il. Qu’en est-il du recrutement du nouveau directeur pédagogique du Campc ? « Ce n’est pas le Comité qui a recommandé cela. C’est les gens qui ont dit que le comité a dit cela. Et puis le recrutement du nouveau directeur pédagogique a suivi toute la procédure. Parce que l’ancien directeur pédagogique devait partir à la retraite depuis le 2 septembre 2009. A un moment donné, les résultats ne suivant plus, j’ai demandé à ce qu’on recrute un nouveau responsable.  Je vous ai dit depuis 2009, il n’y a pas de résultats, il n’y a pas de rapports, rien. J’ai engagé la procédure pour son départ à la retraite et on a même payé les droits de l’intéressé. On m’a demandé de rapporter la mesure. J’ai rapporté la mesure et il est resté je ne sais pas combien de temps. On m’a dit après qu’il faut qu’il arrête à telle date. Pour lancer la procédure de recrutement, j’ai fait le nécessaire. Après, la tutelle me dit d’arrêter la procédure et de faire un contrat à durée déterminée avec lui pour une durée de six mois. Après les six mois, la tutelle, en qualité de vice-président m’a demandé de renouveler le contrat. J’ai attiré l’attention de la tutelle sur le fait que le concerné ne produit plus de résultat mais rien jusqu’à ce que le ministre qui arrive accepte le principe de recrutement. On a fait le recrutement en mai 2016. Les appels à candidature ont été publiés ont été publiés dans tous les pays membres, on a choisi le cabinet par consultation restreinte. Les candidatures sont allées au cabinet et il a organisé le test et il a retenu le candidat plus méritant sur la short liste 4 personnes classées par ordre de mérité. La procédure a été régulièrement mise en œuvre. Il y a eu d’autres contraintes qui ont fait que ça a trainé. Le président du conseil d’administration a donné son avis et la décision a été entérinée par le vice-président », précise-t-il.

Interférence du Secrétariat d’Etat : « Si on le fait, c’est avec l’aval du Conseil d’administration »

Après le directeur général du CAMPC, le pachyderme a rencontré le 31/03, le Secrétariat d’Etat à l’Enseignement technique et à la Formation professionnelle, la tutelle du centre et par ailleurs, vice-président du conseil d’administration dudit centre. Tout en reconnaissant les problèmes auxquels cet établissement panafricain est confronté, le collaborateur en communication de Touré Mamadou, jure, au nom du « petit patron » que les décisions prises par la tutelle sont faites avec l’aval du Conseil d’administration du CAMPC.  « Le problème de management, c’est une évidence, le Campc se porte très mal. Le vice-président, c’est sous sa tutelle technique mais ce n’est pas lui qui intervient dans la gestion quotidienne du Campc. Ce qu’il faut savoir, le Campc est une institution panafricaine qui a le statut diplomatique. La Côte d’Ivoire n’abrite que le siège et comme ça se situe sur le territoire ivoirien, il faut une tutelle technique et c’est en cela que le Secrétaire d’Etat à l’Enseignement technique et à la Formation professionnelle assure la tutelle et la vice-présidence. C’est vrai que l’administration est une continuité. Mais tout ce que je peux vous dire, depuis la formation du nouveau gouvernement en janvier 2015, le Secrétaire d’Etat n’a eu à prendre aucune décision de quelque nature que ce soit concernant le Campc (Et pourtant son directeur cabinet adjoint qui avait en charge le dossier du Campc a été dessaisi de ce dossier au profit de son directeur de Cabinet, ndlr). Pour ce cas spécifique du recrutement du nouveau directeur pédagogique, le Secrétaire d’Etat, même en sa qualité de vice-président du conseil d’administration, ne peut pas prendre la décision de recruter qui que ce soit au niveau des cadres. Le Campc est une structure bien organisée, qui a ses procédures de recrutement. La Côte d’Ivoire qui abrite le siège du Campc et dont le Secrétaire d’Etat assure la vice-présidente du conseil d’administration d’office et de façon permanente ne peut pas désigner qui que ce soit. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a eu une procédure de recrutement qui a été lancée et l’occupant du poste devait aller à la retraite depuis 2009 et depuis 2014, il n’a pas eu de conseil d’administration. Or, c’est le conseil d’administration qui entérine un certain nombre de choses. Depuis 2014, le Campc est dans une sorte d’irrégularité. Comment dans ce cadre précis, le Secrétaire d’Etat peut prendre une décision qu’il ne peut aucunement le faire ? Dans cette situation, le conseil d’administration a donné mandat de procéder au recrutement d’un nouveau directeur pédagogique. C’est le cabinet DRH-Conseil qui avait été contacté pour procéder à ce recrutement. Qui il a lancé l’appel à candidature, les candidats en provenance de tous les pays membres du Campc ont présenté leur candidature. Le cabinet a retenu une short-liste de quatre personnes. A l’époque, c’est le directeur de Cabinet adjoint du ministère qui suivait le dossier pour le compte de la tutelle. Mais il y a eu un problème. Lui qui est arrivée en première position a décliné l’offre car il a eu une meilleure proposition. La Côte d’Ivoire a posé le problème au président du Conseil d’administration dirigé par un Nigérien. Ce dernier a répondu à la Côte d’Ivoire qui assure la vice-présidence pour lui dire de s’en tenir aux résultats DRH-Conseil. C’est une échelle de 4 personnes. Si le premier n’est plus là, le plus méritant, c’est celui qui vient en deuxième position. La Côte d’Ivoire n’a pris aucune décision. Elle a été mandatée d’encadrer le processus de recrutement et elle l’a fait. Chaque fois, la Côte d’Ivoire part vers le président du Conseil d’administration. Donc le Secrétaire d’Etat n’est intervenu nulle part pas dans le choix ou le recrutement d’un cadre au niveau du Campc. Tout ce qu’il sait, c’est le problème de management auquel ce centre est confronté. Tout ce qui se passe au Campc est encadré par les textes. C’est le conseil d’administration qui a tout décidé et non la Côte d’Ivoire. S’il n’y a pas de conseil d’administration depuis 2014, ce n’est pas le fait de la Côte d’Ivoire. C’est le fait du Burkina Faso, du Bénin, du Gabon, du Niger, du Togo. C’est le fait de tous les pays membres. Notre marge de manœuvre est très limitée. Si quelqu’un doit est préoccupé, c’est le Niger qui assure la présidence du conseil d’administration. Il y a un problème grave aussi, c’est que les Etats ne paient pas leur cotisation », fait-il savoir. Abordant la question l’interférence du vice-président dans la gestion du directeur général, celui-ci a vigoureusement démenti cela. Il a néanmoins apporté cette précision de taille: « Effectivement depuis des années maintenant, le DG est en conflit ouvert avec la Daf. Il lui a remis des demandes d’explication, des mises à pied pour prendre la décision de son licenciement. Quand il a pris sa décision de licenciement, il a informé le conseil d’administration. En la matière, c’est lui qui apprécie la décision de licenciement. Mais quand il a pris la décision, la présidence du conseil d’administration a demandé au directeur général de prendre attache avec le vice-président pour débats contradictoires. Au regard de ce courrier, est-ce que la Côte d’Ivoire peut décider de faire partir la dame. Si on dit que la Côte d’Ivoire rend difficile la tâche du directeur Général, c’est faux. Quand il y a un problème et que la Côte d’Ivoire est saisie, elle, à son tour, se réfère au président du conseil d’administration. Il y a un problème de management, il y a un problème de personne là-bas. Seul le conseil d’administration peut régler tout cela. Il n’y a pas d’interférence directe dans le fonctionnement du Campc. Si on le fait, c’est avec l’aval du conseil d’administration », a-t-il juré.

Le personnel de ce centre a, pour sa part, décidé, face à tous ces maux, d’entamer depuis hier (06/04), une grève d’une durée de 72 heures renouvelable si rien n’est fait.

Avec  L’Eléphant déchaîné n°535

Laisser un commentaire

Agenda

novembre 2017
D L M M J V S
« Oct    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

Archives

Directeur de publication Gérant : Guy Tressia

Contact: +225 08322110/40007513

Email: guytressia@gmail.com

Abonnez-vous à africanewsquick par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à africanewsquick et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez 11 568 autres abonnés

Retour vers Haut
Optimization WordPress Plugins & Solutions by W3 EDGE