Médecins et Ivoiriens : Voici les 7 questions sur le Virus Ebola

By: Africa Newsquick

ebola3

  1. C’est quoi Ebola ?
  2. Pourquoi Ebola se transmet aussi rapidement ?
  3. Comment éviter la contamination?
  4. Comment un malade est-il pris en charge ?
  5. Pourquoi l’OMS a autorisé des traitements en phase de test ?
  6. L’épidémie 2014 est-elle la plus grave ?
  7. Quelles stratégies pour lutter contre Ebola ?

Cela fait six mois que la plus terrible épidémie d’Ebola a éclaté, et le monde est en train de perdre la bataille pour la contenir » Joanne Liu, présidente de Médecins sans frontières à la tribune de l’ONU le 2 septembre 2014

Depuis janvier 2014, une épidémie d’Ebola touche l’Afrique de l’Ouest, principalement la Guinée, la Sierra Leone, le Liberia, et le Nigéria, ainsi que le nord de la RDC. Apparue pour la première fois au Soudan et au Zaïre (actuelle RDC) en 1976, cette fièvre hémorragique très grave est souvent mortelle chez l’homme.

  1. C’est quoi Ebola ?

Le virus Ebola appartient à la famille des filovirus. Filo, simplement car il ressemble à un fil microscopique. Le virus Ebola est l’un des plus meurtriers de la planète, dans le classement des agents biologiques pathogènes, il est de niveau 4.

Classe 1 : non pathogène

Classe2 : rougeole, polio, varicelle.

Classe 3 : HIV, hépatite C, rage

Classe 4 : Ebola virus, variole, anthrax

Le virus Ebola comporte 5 souches :

Ebolavirus Zaïre

Ebolavirus Soudan

Ebolavirus Bundibugyo

Ebolavirus Reston

Forêt de Taï

Les trois premières sont associées aux épidémies humaines. La souche Zaïre est à l’origine de l’épidémie actuelle en Afrique de l’Ouest.

Les souches Reston et Forêt de Taï ne sont pas associées aux grandes épidémies humaines, aucun décès n’a été déclaré à ce jour. La souche Reston a été repérée aux Philippines et en République populaire de Chine, elle atteint principalement les singes et les porcs.

 

L’ORIGINE DE L’ÉPIDÉMIE 2014

Si l’origine du virus demeure inconnue, la chauve-souris frugivore est considérée comme l’hôte naturel. Les principaux vecteurs suspectés de transmettre la maladie sont les gorilles, les chimpanzés et les antilopes. La contamination de l’animal à l’homme se fait soit par manipulation de la viande de ces animaux infectés, soit par leur consommation, particulièrement en cas de cuisson insuffisante.

Il y a actuellement deux pistes pour l’origine de l’épidémie 2014 :

1- Selon une équipe de chercheurs anglais, un enfant guinéen de deux ans pourrait être à l’origine de l’épidémie.

2- Dans une autre étude publiée dans la revue Science, la source de l’épidémie serait une guérisseuse vivant à Sokoma en Sierra Leone près de la frontière guinéenne.

 

1.Pourquoi Ebola se transmet aussi rapidement ?

C’est la première fois que le virus Ebola sévit dans des zones urbaines. La densité de population favorise sa transmission et pourrait être la raison majeure de la rapidité de la propagation de l’épidémie actuelle. Contrairement aux idées reçues, les mutations récentes du virus ne semblent pas en cause. En revanche, ces mutations ont modifié le caractère pathogène du virus. Le taux de mortalité était de 90 % en 1976, actuellement il est de 50 à 70 %.

 

  1. Les Symptômes

1ère phase

Maux de tête

Fièvre

Maux de gorge

Douleurs musculaires

Grande faiblesse

2ème phase

Saignements de nez

Insuffisance hépatique

Eruptions cutanées

Vomissements

Insuffisance rénale

Diarrhées

Hémorragie interne et externe

Le virus Ebola envahit le sang et les cellules de la personne infectée. La progression de la maladie atteint généralement le fonctionnement des organes vitaux, en particulier les reins et le foie et provoque des hémorragies internes importantes. La mort peut survenir, peu de temps après les premiers symptômes, par défaillance de nombreux organes et choc cardio-respiratoire.

 

ÉVOLUTION

DE LA MALADIE

Contamination

2 à 21 jours incubation

Contamination possible par le sperme (après guérison), 90ème jour.

8-10ème jour, apparition des symptômes

14ème -26ème jour, décès possible

La transmission d’homme à homme se produit par contact avec du sang, des sécrétions (éternuements), des liquides biologiques (salive, sang, urine, selles, vomissements, sperme, sueur), de personnes infectées ou par l’intermédiaire d’environnements contaminés.

3.Comment éviter la contamination?

– Aucun contact corporel (accolades, poignées de mains …)

-Se laver les mains aussi souvent que possible avec du savon et de l’eau

– Ne pas dormir avec le malade de la fièvre d’Ebola

– Ne pas rester sans protection près d’un malade d’Ebola

– Ne pas toucher les vêtements et autres objets souillés par les malades

– Éviter tout contact avec les vomissures, le sang, la selle d’un malade souffrant ou ayant succombé d’Ebola

– Toute personne présentant des symptômes doit immédiatement contacter le centre de santé le plus proche

– Les soignants doivent être protégés par un équipement de protection individuelle (EPI)

– Les vêtements et linges des malades doivent être manipulés et brûlés par des spécialistes munis d’un équipement de protection individuelle

-Ne pas toucher et/ou laver les cadavres, ce sont les personnels soignants qui doivent inhumer les morts

-Se faire injecter dans des conditions de protection édictées par les normes

-Éviter la pratique de toute scarification coutumière, tatouage pendant l’épidémie

– Les animaux trouvés morts en forêt ne doivent être ni touchés, ni mangés

-Après guérison : rapports sexuels avec préservatif pendant 3 mois, ou pas de rapport sexuel pendant 3 mois (le virus reste actif dans le sperme pendant cette période)

(Sources CDC, OMS, MSF)

 

4.Comment un malade est-il pris en charge ?

Quand il est pris en charge dans un centre de santé, un malade présentant les symptômes de la maladie est placé en isolement. Une fois le diagnostic établi, il reçoit un traitement pour les infections secondaires. Les soignants recherchent toutes les personnes avec lesquelles le malade a été en contact tactile. Tous ceux qui l’ont touché sont alors mis en quarantaine d’observation pendant 21 jours, et leur température est vérifiée quotidiennement. Passé ce délai d’observation et en l’absence de fièvre, les personnes sont considérées comme non atteintes.

L’OMS rappelle que « les personnes traitées rapidement peuvent en guérir ». Dans les centres de santé les patients peuvent recevoir des soins et des traitements de soutien tout au long de l’évolution de la maladie.

 

À QUOI RESSEMBLE UN CENTRE DE TRAITEMENT EBOLA?

1/ Vêtement de protection

Les combinaisons sont tellement étouffantes qu’il est difficile de rester à l’intérieur plus de 40 minutes. Vous transpirez énormément-jusqu’à deux litres à la fois-mais vous ne vous refroidissez pas parce que la sueur ne s’évapore pas, explique pascal Piguet, logisticien.

2/ Vestiaire

Avant d’entrer dans la zone à haut risque, les personnes s’aident mutuellement à enfiler et retirer leurs combinaisons de protection.

3/ Entrée du personnel dans la zone à haut risque

« Chaque fois, avant d’entrer, nous planifions tout dans les moindres détails. Nous avons 30 minutes de briefing sur ce que nous allons faire et nous prévoyons tous les équipements nécessaires à l’avance », explique pascal.

4/ Zone à haut risque, section des cas confirmés

Après avoir fait leur tour dans la section des cas suspects, le personnel rentre dans celle des cas confirmés. Il y a tout le temps, une gradation du risque, car vous ne devez pas re-contaminer une zone, explique Henry Gray, coordinateur d’urgence.

5/ Sortie du personnel de la zone à haut risque

En sortant de la zone à haut risque, les personnels retirent leurs combinaisons de protection et se désinfectent. Ils veillent à éviter strictement tout contact physique.

6/ Blanchisserie

Tous les éléments de la combinaison qui peuvent être utilisés de nouveau sont nettoyés quotidiennement à l’eau chlorée et réutilisés.

7/ Incinérateur

Tout ce qui est utilisé dans la zone à haut risque et qui ne peut être désinfecté est brûlé.

8/ Tente de triage

Les patients présentant des symptômes d’Ebola sont admis dans la zone des cas suspects.

9/ Zone à haut risque-cas suspects

Les premiers symptômes du virus Ebola sont similaires à ceux d’autres maladies infectieuses : paludisme, méningite, ou tuberculose, entre autres. « Il est très important de prévoir des zones distinctes pour les cas suspects ou confirmés pour ne pas transmettre le virus Ebola à des personnes atteintes par d’autres maladies », explique Henry Gray. Le texte de laboratoire pour confirmer la maladie prend quatre heures. A l’issue du texte, les patients atteints de la maladie sont admis dans la section des cas confirmés.

10/ Zone de traitement

« Nous savons que de nombreux patients ne sortiront pas vivants de la zone de traitement. Nous faisons le mieux que nous pouvons pour eux, quelle que soit leur demande. Le patient reçoit des repas particuliers, de nouveaux vêtements…c’est facile à faire et ça leur fait du bien », explique Pascal Piguet, logisticien.

11/ Sortie pour les patients guéris

Quand un patient se sent mieux et obtient deux tests négatifs à la suite, il peut rentrer chez lui. Avant de rentrer, il se lave avec de l’eau chlorée et reçoit des vêtements propres ainsi qu’un kit contenant de la nourriture thérapeutique et des vitamines pour se renforcer.

12/ Retour à la maison

Rentrer chez soi n’est pas toujours facile, en raison de la stigmatisation et de la peur associées à Ebola. Les survivants bénéficient d’un support psychologique après leur départ du centre. Des agents de santé informent leur communauté à propos de la maladie.

 

Morgue

Quand un patient meurt, son corps est transporté est la morgue. Après avoir été isolé dans un sac mortuaire spécial, il est rendu à sa famille pour un enterrement traditionnel.

 

ÉVOLUTION DE LA MALADIE:

La transmission d’homme à homme se produit par contact avec du sang, des sécrétions (éternuements), des liquides biologiques (salive, sang, urine, selles, vomissements, sperme, sueur), de personnes infectées ou par l’intermédiaire d’environnements contaminés.

 

  1. Pourquoi l’OMS a autorisé des traitements en phase de test ?

Aujourd’hui, il n’existe ni vaccin, ni médicaments certifiés pour lutter contre le virus Ebola.

Les malades reçoivent des soins intensifs de soutien traitant les symptômes et les infections secondaires. Très souvent déshydratés ils sont mis sous perfusion ou réhydratés par voie orale avec des solutions d’électrolytes.

Les laboratoires pharmaceutiques avaient jusqu’alors porté peu d’intérêt à la recherche sur le virus Ebola, parce que la maladie était cantonnée aux pays pauvres et qu’elle n’avait affecté qu’un nombre limité de personnes. Face à la progression foudroyante de l’épidémie 2014, la recherche internationale se mobilise et l’Organisation mondiale de la santé a donné son feu vert aux traitements expérimentaux.

Les experts en éthique de l’OMS ont autorisé des essais cliniques de traitements non homologués sous certaines conditions :

– transparence absolue sur le type de traitement,

– liberté de choix et garantie de confidentialité des malades

– implication des communautés locales avant toute utilisation d’une thérapie.

Début septembre, ils ont examiné 8 traitements, destinés à soigner les malades infectés par le virus Ebola et 2 vaccins, à visée préventive. Ces vaccins sont en cours de développement sans suivre le processus habituel d’homologation qui durerait une dizaine d’années.

Si ces traitements paraissent prometteurs dans le cadre des tests en laboratoire, rien ne certifie leur efficacité ni l’absence d’effets secondaires potentiellement dangereux. Et ils ne sont, pour l’instant, pas disponibles à grande échelle.

 

  1. L’épidémie 2014 est-elle la plus grave ?

Début septembre l’épidémie de 2014 avait déjà causé quatre fois plus de morts qu’en 1976. Les premières épidémies d’Ebola au Soudan et au Zaïre avaient provoqué environ 431 décès.

La dernière épidémie importante remonte à 2007. Elle avait touché l’Ouganda dans la région de Gulu et entrainé la mort de 224 personnes.

L’épidémie actuelle se développe simultanément dans plusieurs foyers souvent éloignés les uns des autres, dans des pays différents et dans des zones urbaines. La souche du virus qui se propage actuellement en RDC n’est pas la même que celle de Guinée, et ce nouveau foyer ne provient donc pas d’un déplacement de l’épidémie de Guinée.

 

  1. Quelles stratégies pour lutter contre Ebola ?

L’Organisation mondiale de la santé a déclaré l’état d’urgence sanitaire mondiale et adopte une stratégie de lutte à l’échelle planétaire.

 

Pays touchés par au moins une transmission

– Les États doivent décréter l’état d’urgence et mobiliser tous les moyens possibles dans les systèmes de santé.

– Ils doivent aussi informer la population par le biais des chefs de villages ou des représentants religieux par exemple. Le but est de rappeler les principes de base de sécurité.

 

Pays avec un cas suspect ou confirmé ou limitrophes de pays touchés

– Ces pays doivent assurer une surveillance étroite des frontières, et contrôle de température pour tous les voyageurs transitant par les aéroports internationaux, les ports et les principaux postes frontières. En cas de fièvre, le risque Ebola doit être évalué, et tout déplacement de personne suspecte doit être interdit.

– Si le test pour le virus Ebola est confirmé positif, toutes les mesures de confinement doivent être prises pour éviter la transmission, en particulier la surveillance médicale des personnes ayant été en contact avec le sujet malade.

Devant l’urgence de la situation, toute la communauté internationale est également mobilisée pour lutter contre cette flambée d’Ebola et apporter une aide aux pays touchés (soins de santé, laboratoires mobiles, recherche). Le 18 septembre 2014, une résolution unanime a été adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Cette résolution appelle tous les États membres à fournir une aide d’urgence : hôpitaux de campagne, équipes médicales. Elle demande également de mettre fin à l’isolement du Liberia, de la Guinée et de la Sierra Leone. C’est la première fois que le Conseil qualifie une urgence sanitaire de « menace pour la paix et la sécurité internationales ».

SOURCE : OMS, MSF, RFI,

INSTITUT PASTEUR.

L’Eléphant déchaîné N°297 du vendredi 31 octobre au lundi 3 novembre 2014 / 4ème année

 

 

Laisser un commentaire

Agenda

octobre 2017
D L M M J V S
« Sep    
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  

Archives

Directeur de publication Gérant : Guy Tressia

Contact: +225 08322110/40007513

Email: guytressia@gmail.com

Abonnez-vous à africanewsquick par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à africanewsquick et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez 9 854 autres abonnés

Retour vers Haut
Optimization WordPress Plugins & Solutions by W3 EDGE