Ministère des Eaux et Forêts : Des agents dénoncent des pratiques inquiétantes

By: Africa Newsquick

Ministère des Eaux et Forêts : Des agents dénoncent des pratiques inquiétantes

Réunis en Assemblée générale ordinaire le 10/03 à Yamoussoukro, la Coalition Nationale des Agents Techniques des Eaux et Forêts (CNATEF), dirigé par le lieutenant Alidjou Touré, le Secrétaire général national, a réclamé la démission du colonel YamaniSoro, l’actuel Directeur général des Eaux et Forêts. Ce syndicat a donc donné un délai  d’un mois à celui-ci pour démissionner à la tête de la direction générale des Eaux et Forêts et sollicité par ailleurs, la création d’un cadre permanant de concertation sous la direction de leur ministre de tutelle, pour le règlement définitif de leurs revendications. Interrogé par « L’Eléphant » sur les raisons pour lesquelles la CNATEF revendique le départ de SoroYamani, le Secrétaire général national dudit syndicat a indiqué que «  ce monsieur  veut jeter un discrédit sur les jeunes agents de l’Unité spéciale d’intervention (USI) qui se sont sacrifiés pour l’Etat de Côte d’Ivoire. Nous disons non ! »

Poursuivant sur lesdites raisons, le lieutenant Alidjou Touré explique : «Il se répand dans les journaux pour dire que les agents qui faisaient partie de l’Unité de surveillance et d’intervention sont corrompus. Nous, on ne peut pas accepter cela. On a fait notre assemblée générale et on a fait l’état des lieux. Tous nos délégués ont démontré que la fraude a repris partout en Côte d’Ivoire. Soro fait des mains levées sur des camions chargés hors gabarit qui ont près de mille planches et on déclare 600 cent planches et les personnes mises en cause ne paient que la somme de 900 mille francs à la Régie. L’Ag a décidé de donner un mois à SoroYamani pour démissionner parce que nous allons trouver tous les moyens légaux, en tant que syndicat, pour le faire démissionner. La corporation des Eaux et Forêts est à la croisée des chemins. Les forêts ont disparu et on n’a pas besoin qu’on vienne détruire le reste des forêts existantes avant d’aller à la retraite. Il lui reste un an pour aller à la retraite. Qu’il aille préparer sa retraite. »

Énumérant les problèmes dans la maison, le Secrétaire général de la CNATEF cite entre autres : la reprise de la fraude sur toute l’étendue du territoire national, à travers la saisie d’un chargement de bois issus du sciage clandestin avec une main levée de celui-ci à Daloa, sur ordres du procureur de la République de cette localité, la saisie de ce même type de chargement avec les mêmes produits par l’USI, sur informations d’un syndicat des exploitants forestiers (le SYNGOPIB), entre Bouaflé et Yamoussoukro, avec une main levée de celui-ci encore. Dans ces deux cas, explique le responsable syndical, il y a eu des complicités provenant d’officiels avec   des fraudeurs dans cette organisation du réseau de trafic illicite de produits forestiers. En effet, détaille-t-il, après le sciage à façon des bois au vu et au su de tous, des procès-verbaux fallacieux sont élaborés par les services et acheminés à la Direction de la Police Forestière et de la Répression (DPFR). Ensuite, les bois sont revendus aux fraudeurs et des mains levées sont établies  pour permettre aux bois de circuler. Ces bois vont pour la plupart au-delà des frontières, dans les pays tels que le Mali et le Burkina Faso, sans aucun document d’exportation de produits forestiers, et avec des quantités largement supérieures à celles mentionnées sur les mains levées. C’est un véritable blanchiment de produits forestiers frauduleux, déplore-t-il. Citant le cas d’un opérateur , le Secrétaire général de la CNATEF explique que son chargement contenait, outre les planches, des madriers qui ne sont pas mentionnés sur la main levée et le nombre de pièces de bois, était supérieur au nombre figurant sur la main levée délivrée par la direction générale: « Notre informateur a affirmé qu’il y a plus de 200 pièces de bois chargées en surplus et l’opérateur a reconnu lorsqu’il a été appréhendé par l’USI », déclare-t-il. Ce n’est pas tout ! Toujours selon Alidjou Touré, l’exploitation du bois de vêne, interdite, a repris. Il y a eu, témoigne-t-il, la saisie d’un conteneur plombé de bois de vêne à Bouaké et la reprise à grande échelle du sciage à façon sur toute l’étendue du territoire national et la vente, sans inquiétude des produits de sciage à façon dans les marchés de bois des grandes villes telles que Abidjan, Bouaké, Gagnoa, Yamoussoukro, Daloa, Abengourou, Bondoukou, San Pedro. La forêt ivoirienne, avec de telles pratiques, risque d’être l’ombre d’elle-même d’ici quelques temps si nos autorités ferment les yeux sur ce business juteux. Mais la direction des Eaux et Forêts va sans doute prendre des mesures pour faire cesser ces affreuses pratiques.

In L’Eléphant déchainé n°529

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