Côte d’Ivoire-Forêt classée du Cavally: Un mort par balles et plusieurs blessés dans de graves dérives de la Sodefor

By: Africa Newsquick

Le général Issa Coulibaly, ministre ivoirien des Eaux et Forêts

Côte d’Ivoire-Forêt classée du Cavally: Un mort par balles et plusieurs blessés dans de graves dérives de la Sodefor

La Côte d’ivoire, en conformité avec ses engagements internationaux en matière d’environnement et dans le but de préserver son écosystème et sa place de pays forestier, a décidé de reprendre le contrôle  total de l’ensemble de ses réserves et parcs nationaux  en évacuant ces derniers de tous leurs occupants illégaux. Officialisée en conseil des ministres  en juillet 2016, la  décision d’évacuation arrêtée à l’issue d’une longue période de sensibilisation, a connu une application immédiate. Cependant, cette opération sensible que le Gouvernement ivoirien s’est engagé à organiser dans le  strict respect des droits humains connait une application variable et  souvent inquiétante sur le terrain.

En effet, si le Comité Local de Gestion du Parc National du Mont Péko, présidé par le Préfet de la Région du Guemon Sory Sangaré, a réussi l’opération d’évacuation du Parc national du Mont Peko, on ne saurait en dire autant pour les responsables  de la Sodefor, chargés d’organiser dans les mêmes conditions le déguerpissement de la forêt classée du Cavally dans le département de Taï.
Lancée le 16 février 2017 selon le Commandant  Jean Baptiste Kouamé, chef de l’unité de gestion de cette forêt classée, l’opération se poursuit dans des conditions plus qu’alarmantes et durera trois mois. Toutes les autorités administratives de la région, à commencer par le préfet de région et du département de Taï  ainsi que les élus et riverains ne sont  pas informés d’une opération d’évacuation qui on le sait, provoque des déplacements massifs  des populations et l’apparition d’ épidémie.   En l’espace de deux semaines, l’opération pour le moins musclée conduite  par les hommes du Commandant Jean-Baptiste Kouamé de la Sodefor, a carrément viré à   la dérive. Et le bilan est très lourd. Un mort, Valéa Manaré. Deux disparus et de nombreux blessés (Sawadogo Bouréima et Sawadogo Adama)

Ils tirent sur les fuyards

Les hommes de la brigade de gendarmerie de Taï se sont rendus dans la forêt classée avec un médecin légiste pour constater la mort par balle du clandestin dont « L’Eléphant » s’est procuré le constat de décès et la photo du corps sans vie. Le commandant Jean Baptiste Kouamé de la Sodefor a confirmé ce décès mais a fait savoir devant le préfet de région Messamba Koné que l’infiltré a été tué accidentellement par un élément des Faci qui les appuyait.
Certains occupants sont traqués par les agents de la Sodefor jusque dans leur lit d’hôpital où  ils reçoivent des soins, suite à leurs blessures. C’est le cas de Sawadogo Boureima, un infiltré de ce patrimoine national. Fusillé par les hommes du commandant Kouamé alors qu’il fuyait sa plantation incendiée par les agents de la Sodefor le vendredi 24 février dernier. Le malheureux a été conduit par les agents de la Sodefor au centre hospitalier régional de Guiglo le jour suivant. Abandonné sans soins et dans son sang par des agents  des eaux et forêts très excités, une prise en charge offerte par  directeur de l’hôpital montrera que Sawadogo Boureima souffre de deux  fractures et qu’il doit être transféré d’urgence au Chu de Cocody pour être opéré. Le lundi 27 février, alors que le père du blessé, arrivé la veille de Soubré, s’apprêtait à partir avec  son fils pour Abidjan, le Commandant Jean Baptiste Kouamé et deux de ses hommes arrivent à l’hôpital et s’opposent au transfert du malade mais exigent du père le payement de 300 mille pour défrichement illégal dans la forêt. Le père qui doit faire face aux ordonnances et les frais de transfert de son fils,  refuse de payer. Le Commandant Jean Baptiste Kouamé empêchera l’évacuation du blessé jusqu’au jour suivant où il oblige le père à se présenter devant le procureur à 18h. Malgré l’agonie du jeune homme, le procureur s’opposera à son évacuation. Le père, une fois à l’hôpital, disparaît à la faveur de la nuit avec son fils pour éviter de payer l’impôt de la Sodefor. Le commandant qui n’a pas pris le soin de placer le blessé sous surveillance de ses éléments promet durcir l’opération.

Au même moment à Zagné,  selon les dires du  frère de KANGAH Yao Jaochim, l’une des victimes des agents de la Sodefor, son frère est l’otage des agents  qui exigent a sa famille la somme de deux cents mille francs(200000FCFA), avant de le libérer malgré ses graves blessures. Le malheureux  a sollicité l’intervention de « L’Eléphant »  afin que  la Sodefor libère  son frère. « L’Eléphant » a dû se faire passer pour le parent du jeune homme détenu au camp de la Sodefor de Zagné. Après plusieurs négociations avec le Lt Abdoul Billa, ce dernier lâche prise et accepte la somme de 150 mille FCFA. Dès que l’argent change de poche, le blessé est libéré. Il nous racontera qu’il a été privé de prendre ses médicaments pendant sa détention. Cinq autres frères du blessé arrêtés dans la forêt ont payé la somme totale  d’un million pour être libérés.

 Un déguerpissement sélectif

Selon les sources de « L’Eléphant », les agents de la Sodefor, dans leur décision de raser toutes les plantations illégales situées dans la forêt classée du Cavally, épargnent   les plantations  dont les propriétaires ont accepté de leur verser de l’argent. Et les éléments du commandant Jean-Baptiste Kouamé semblent avoir fait de cette pratique une spécialité où les clandestins sont soumis au paiement de rançon. La mévente du cacao cette année pousse certains clandestins à ne pas respecter leurs paroles. Ce qui irrite le Commandant au point de mettre le feu à la forêt qu’il est pourtant censé protéger tuant au passage des colonies d’animaux et brûlant des centaines  d’hectares de plantations. Les clandestins interrogés soutiennent tous qu’ils veulent un déguerpissement général et non sélectif.  »Si demain dans un communiqué le gouvernement demande de partir, nous allons partir. C’est le système du Commandant Jean Baptiste Kouamé qui crée le désordre et la mort. Lui et ses hommes nous ont spolié de nos récoltes estimé à plus de 27 tonnes de cacao »,  a indiqué un clandestin rencontré à Zagné sous le sceau de l’anonymat.  Interrogé sur cette affaire, le commandant de la Sodefor  souligne qu’il ne peut parler sans l’autorisation de sa hiérarchie. Toutes nos tentatives ont été vaines.

Ouattara Fatou , in L’Eléphant déchainé n°525

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