Filière café cacao: La chaîne est grippée-Une commercialisation au goût de chocolat brûlé- Les producteurs font mentir Massandjé Touré-Litsé

By: Africa Newsquick

Filière café cacao: La chaîne est grippée-Une commercialisation au goût de chocolat brûlé- Les producteurs font mentir Massandjé Touré-Litsé

Quoi que l’on puisse dire, l’atmosphère n’est pas des plus sereines dans la filière café cacao. Pour battre le rappel des troupes et les mobiliser quant à l’objectif du Conseil du Café-cacao, Touré Massandjé Litsé, présidente de cette structure, avait effectué une tournée dans la région de San-Pedro. Objectif : calmer les acteurs et surtout les sociétés et coopératives de producteurs qui se plaignaient de la lenteur dans l’écoulement de leurs produits. Récemment, 80 chefs centraux de communautés, producteurs de cacao, venus des différentes régions du pays, ont exigé de ceux qui prétendent parler en leur nom d’arrêter la désinformation, afin que les mesures prises par le Conseil du café-cacao et le Gouvernement aident à accélérer la vente de leurs productions. «Des gens créent des syndicats et disent parler en notre nom sans nous consulter, et font de la désinformation sur la commercialisation du cacao pour créer la confusion au niveau du prix d’achat dans le but de nous l’acheter en deçà du prix fixé par le Président Alassane Ouattara à 1100 FCFA le kilo et appliqué par la DG du Conseil du café-cacao, Mme Massandjé», a déclaré l’un des initiateurs de cette rencontre, Nanan Méa Akessé, chef central de la communauté Akan de la région du Cavally, planteur à Guiglo. » (« AIP », 6/2). «Mais là n’est pas le problème de soutenir le Conseil du café-cacao ou pas, mais il faut remarquer qu’il y a un véritable problème qu’il faille solutionner au plus vite ! » Explique un analyste du secteur, au pachyderme.

Les producteurs font mentir Massandjé Touré-Litse ?

L’achat du prix du kilogramme du cacao en dessous du prix minimum garanti fixé par les autorités ivoiriennes, la remise de tickets de pesée aux paysans en lieu et place de l’argent liquide, voilà les problèmes réels que vivent les producteurs. Pour dénoncer cette situation et attirer par ailleurs l’attention du gouvernement et celui du Conseil du café et du cacao sur ces dysfonctionnements, des producteurs de cacao, regroupés en sein du Syndicat des Agriculteurs de Côte d’Ivoire (SYA-CI) se sont prononcés. « Le secteur du cacao aujourd’hui, est en crise réelle et nous nous interrogeons sans réponse véritable. Pourquoi les fèves de cacao ne sont-elles pas achetées à certains endroits du pays au prix minimum garanti fixé par les autorités ivoiriennes ? Pourquoi justement, en lieu et place de l’argent liquide, on tend des tickets de pesée aux paysans ? Si au niveau international les prix ne sont pas rassurant, n’est-ce pas l’occasion pour le Conseil du Café et du Cacao d’empêcher que cela ne se fasse ressentir sur les producteurs dans la mesure où le fonds de réserve a été créé à cet effet? » S’interroge GuilahouGbéhé Marcel Olivier, Secrétaire général dudit syndicat. Le port, poursuit-il, est chargé, les sociétés exportatrices ferment leur porte, le cacao ne se vend pas. Voilà ce qui se passe dans le secteur cacao. « Touré Massandjé dit que tout semble aller pour le mieux dans le secteur cacao. Mais tous ceux qui sont ici sont des producteurs. Aujourd’hui, il y a des planteurs qui sont malades, ils sont dans des hôpitaux avec des tickets de pesée en main. Ce ne sont que des tickets, on ne peut rien acheter avec », déplore-t-il. La patronne du Conseil du café et du cacao, Massandjé Touré-Litsé avait pourtant juré le 02/02, sur les antennes de la télévision publique nationale, « RTI 1 » que le prix bord champ, jusqu’au 31 mars 2017, est bel et bien de 1100 francs  et rassuré que des mesures étaient prises au plus haut sommet de l’Etat pour revenir rapidement à un rythme normal de commercialisation du cacao.

La chaîne est grippée

La véritable difficulté dans la commercialisation du cacao en Côte d’Ivoire actuellement, c’est que le prix CAF Londres qui oscille autour de 1380 FCFA, quand le prix d’achat en interne est fixé à 1100 FCFA. Conséquence,  les structures exportatrices et acheteuses agréées, ne peuvent avoir de marge bénéficiaire si elles s’engagent à offrir ce prix au paysan. Ce sont donc des marchés de dupes qui ont lieu entre les producteurs, et les pisteurs des sociétés d’achat agréées. En effet sur les différents contrats de vente conclus entre les acheteurs et les producteurs, on inscrit le prix officiel –pour ne pas subir la foudre du Conseil café cacao- mais on reçoit mois, pour ne pas laisser pourrir son cacao. Touré MassandjéLitsé a beau sensibiliser la filière, elle ne pourrait omettre qu’un fonds de garantie existe doté des différentes bonifications sur les exportations, et lequel permet de stabiliser la filière –en la régulant et faisant respecter les différents prix d’achat avec les marges des opérateurs de la chaîne. Revenons à notre expert : «C’est inconcevable qu’on en soit encore à ce stade. Il y a un fonds de garantie qui résulte des fluctuations et des bénéfices des ventes à l’exportation et qui permet de réguler la filière et de garantir un minimum de revenu aux opérateurs de la filière, en cas de situation pareille. Où est passé cet argent qui était de 80 milliards de FCFA, et qui frôle la barre des 120 milliards de FCFA actuellement ? C’est déplorable de savoir que dans une entreprise le travailleur roule carrosse et que le fondateur en soit à se tourner les pouces pour joindre les deux bouts. C’est juste une métaphore pour vous expliquer qu’on a l’impression que tout est mis en place pour que l’employeur – le producteur- en soit à souffrir tandis que les employés –les responsables du secteur- roulent souvent des berlines aux montants avoisinant les 70 millions de FCFA. Loin de toute polémique, il faut utiliser le fonds de garantie pour réguler la filière, et c’est tout !» Comme si le fond de garantie avait pour objectif de garantir des prix….

Avec L’Eléphant déchainé n°518

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