Affaire « Agrobusiness » : Les graves révélations de «L’Eléphant déchainé», de la Maca, ils font souscrire des Ivoiriens- Le silence de l’Etat, l’engrais de l’agrobusiness

By: Africa Newsquick

Affaire « Agrobusiness » : Les graves révélations de «L’Eléphant déchainé», de la Maca, ils font souscrire des Ivoiriens- Le silence de l’Etat, l’engrais de l’agrobusiness

Entre 2002 et 2005, selon des rapports officiels consultés par «L’Eléphant», environ deux millions d’Ivoiriens ont été victimes d’une vaste escroquerie à travers le système dit de «placement d’argent» qui devrait rapporter aux déposants, suivant le «montant livré», un retour de 50 à 150% par rapport à leur mise. La pauvreté qui étendait son ombre sur le pays en raison de la grave crise qu’il traversait avait été le fumier sur lequel de véritables escrocs, dans l’indifférence de l’Etat, avaient prospéré pendant des années, avant que «l’édifice» utilisant le système pyramidal (paiement des revenus des premiers souscripteurs avec les dépôts des derniers), ne s’effondre. A l’époque, l’Etat, affaibli par la guerre et les nombreuses urgences à gérer, avait laissé faire, avant de se réveiller à travers l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny, en parlant de «banques volantes», lorsque les gémissements des victimes ont commencé à troubler l’ordre public. Mais il était trop tard. La plupart des vrais responsables de ces structures de placement d’argent, plus d’une cinquantaine, avaient fui le pays avec des mallettes pleines d’argent. Plus de deux millions de personnes avaient perdu toutes leurs économies.

Courant fin 2016, le gouvernement ivoirien qui, depuis 2015 avait été interpellé sur les activités d’un nouveau type de structures dites «structures d’agrobusiness» qui faisaient étrangement penser aux défuntes structures de placement d’argent, prend subitement conscience.  Et ordonne des mesures dites conservatoires via la mise sous surveillance des comptes de 16 structures dont notamment, «monhevea.com». La raison, cette activité pourrait représenter à terme, un danger pour les populations ivoiriennes qui, chaque jour, massivement, investissent dans ces structures qui promettent des retours sur investissement pouvant aller jusqu’à 600% de la mise de départ. Depuis l’intervention de l’Etat, les souscripteurs sont dans la tourmente. Pendant que le gouvernement annonce qu’il veut protéger les populations et que les engagements pris par les structures ne peuvent être honorés, les responsables prétendent qu’ils ne peuvent plus honorer leurs engagements parce que leurs comptes bancaires sont gelés. Entre les deux entités, les souscripteurs semblent pris dans la tourmente de l’enrichissement rapide. Si certains semblent accorder du crédit aux déclarations pas toujours cohérentes du porte-parole du gouvernement, d’autres par contre voient dans l’activisme du gouvernement, un affreux complot destiné à les priver de leur unique chance de sortir de la pauvreté. Et, l’intervention, via une vidéo diffusée le 28 janvier  2017 sur le site « youtube », de Christophe Yapi-opportunément absent du pays- a fini de les renforcer dans cette théorie du complot mis «en place par le gouvernement pour voler notre argent».

Depuis plusieurs semaines, «L’Eléphant Déchaîné » a suivi l’affaire, analysé les procédés utilisés par les uns et les autres, et, surtout, a découvert ce qui a été fait de l’argent de certains  souscripteurs qui se comptent par dizaines de milliers et qui, naïvement, attendent les millions à eux promis.   Petite incursion dans un monde où tout est mis en œuvre pour que les souscripteurs envoutés par l’image des premiers bénéficiaires, mettent le maximum d’argent. Et que, submergés par la honte quand tout se gâte, ils n’osent jamais porter plainte, de peur que les voisins et toute la communauté ne leur reprochent leur grande naïveté.

«L’Etat, par le blocage de nos comptes, ne nous permet pas de payer nos souscripteurs.» Voilà l’argument massue balancé par certains responsables de structures d’agrobusiness. Et beaucoup de souscripteurs y ont cru. Sauf que la réalité a l’odeur de piments secs jetés dans le feu. De nombreuses structures telles que «Respidiaa World Group» et «monhevea.com» éprouvaient de grandes difficultés depuis le mois de juin 2016.  Si le patron de «Respiidia World Group», Marc Michel Grobry a eu le courage d’informer ses souscripteurs de la situation, Yapi Christophe lui, a pensé trouver la solution dans la création de plusieurs nouvelles structures  entre mai et décembre 2016.

 

« Nous éprouvons des difficultés… »

Ce n’est pas l’intervention de l’Etat qui a empêché le paiement des «RSI » pour les souscripteurs en attente. Dans une vidéo publiée par lui-même le 20 décembre 2016 et que «L’Eléphant» a visionnée pendant son enquête, Marc Michel Groby, Président Directeur Général du « Réseau Economique et Social Privilège pour l’Investissement des Ivoiriens de la Diaspora » (Respiidia World Group», créé le 2 septembre 2010, déclarait: «(…) Nous faisons cette apparition vidéo pour essayer de calmer les uns et les autres et leur dire combien de fois nous apprécions leur sens de la compréhension, leur sens du dévouement pour le réseau, parce qu’un réseau, c’est ce creuset là où l’entente et la convivialité se passent.  Il est vrai que ces derniers mois, nous accusons des difficultés, et des difficultés qui se soldent par la lenteur dans les paiements des RSI à nos souscripteurs. Nous voulons vous demander d’être toujours compréhensibles. Parce que  dans l’optique de  satisfaire tous les souscripteurs, nous  travaillons vraiment d’arrache-pied pour que cette situation là ne soit qu’un mauvais souvenir dans les semaines à venir. Dans cette optique là donc, moi et mon équipe, continuons d’entamer des accords, des contrats et tout avec nos différents partenaires. A preuve, je serai absent de la Côte d’Ivoire pour visiter six pays, tout cela dans l’optique de résoudre toutes ces difficultés que nous avons. (…) Certaines personnes nous traitent d’arnaqueurs, de bandits de grands chemins, nous traitent de voyous, nous traitent de menteurs, bon, nous savons que c’est peut-être la situation qui leur impose mais nous pensons qu’un réseau qui fait autant de bien aux souscripteurs, n’a pas besoin d’être dénigré de la sorte. Vous n’êtes pas sans ignorer combien de fois nous sommes sujets à des manipulations, à des complots, mais nous résistons. Et cela, nous voulons que vous le sachiez et que le combat, il est dur, il est difficile, mais pas impossible. Que Dieu nous bénisse. » Depuis le mois de juin 2016, sa structure n’arrivait plus à honorer ses engagements. Alors que douze mille souscripteurs à qui il avait promis des «RSI» d’un montant total de 45 milliards, attendaient fébrilement. Marc Michel Groby, détenteur d’un titre de séjour anglais, avait annoncé son départ de la Côte d’Ivoire pour «visiter six pays dans l’optique de résoudre toutes les «difficultés…» C’était l’adieu définitif à ses souscripteurs. Mais l’avion a atterri à la « maison d’arrêt et de correction d’Abidjan » (MACA).

Entre août 2015 et janvier 2016, la justice ivoirienne, informée par une source anonyme, avait ouvert une enquête sur Yapi Christophe, patron de « monhevea.com », créé en mai 2013. Enquête au cours de laquelle Yapi Christophe avait été entendu puis relâché, en l’absence de plainte. Selon des sources judiciaires interrogées par «L’Eléphant», «ses arguments n’avaient absolument pas convaincus  les enquêteurs, mais il n’y avait aucune plainte contre lui… »

Mais déjà à cette période, une visite effectuée sur le terrain dans un village de Yamoussoukro (Koriakro), avait permis de comprendre que les promesses de Yapi Christophe ne pouvaient en aucune manière tenir sur le long terme et que, les revenus déjà versés à des souscripteurs ne provenaient absolument pas d’une quelconque vente de produits agricoles cultivés dans les champs présentés. L’enquête s’était terminée par la rédaction d’une « alerte » adressée aux autorités compétentes. « Le  gouvernement avait d’autres priorités », confesse une tête d’huile du ministère de «l’Economie ». Et son inaction a été interprétée comme un «permis de continuer »? Dans les mois qui suivront son audition sans suite,  Yapi Christophe va se lancer dans une vaste entreprise de communication destinée à attirer le maximum de souscripteurs. La présence de certaines autorités administratives à ses côtés pendant de nombreuses cérémonies organisées par lui, la diffusion de ses communiqués par la télévision nationale, la remise en grande pompe de chèques à des souscripteurs et, surtout, une longue interview diffusée dans les colonnes du quotidien gouvernemental, «Fraternité Matin» à la date du 18 octobre 2016 , finiront par avoir raison des hésitations des plus sceptiques. «Quand j’ai vu son interview dans Fraternité Matin, je me suis dit qu’il n’y avait plus aucune crainte à avoir et que le gouvernement ne pouvait pas laisser ce monsieur (Christophe Yapi, ndlr), expliquer ses activités dans son journal s’il ne s’agissait pas de quelque chose de sérieux. Personnellement, c’est après cette interview que je suis allé mettre mes économies dans cette affaire. Aujourd’hui je n’ai plus que mes yeux pour pleurer. » Se lamente un souscripteur rencontré par «L’Eléphant». Résultat, entre décembre 2015 et novembre 2016, le nombre des souscripteurs de «monhevea.com», explose. Le «chiffre d’affaires» explose aussi. Devant le silence général, d’autres personnes, y compris des anciens de «monhevea.com», se lancent dans la création de structures d’agrobusiness. De janvier à octobre 2016, plus de 20 structures voient le jour, dont certaines créées par de grands escrocs passés déjà entre les mains de la justice ivoirienne.

 

Autre lieu,

même pratique.

« L’Eléphant » n’a pu établir de liens entre le pasteur Américain d’origine ivoirienne, Marc Déhi et les promoteurs de structures d’agrobusiness en Côte d’Ivoire. Mais les pratiques utilisées par cet homme qui a eu maille à partir avec la justice française ressemblent comme deux « piments bec d’oiseau » à celles utilisées par les « planteurs de richesse » à Abidjan. Réalisation de plusieurs vidéos destinées à jouer sur l’émotion et à convaincre les plus hésitants à embarquer dans le bateau de la lutte contre la pauvreté de « l’homme noir maintenu dans la pauvreté par l’homme blanc et par ses propres dirigeants », utilisation abondante du nom de «Dieu», organisation en grandes pompes de cérémonies de remise d’argent ou de chèques , annonces de grands projets immobiliers ou agricoles dans de grands hôtels, utilisation à dessein du nom de quelques autorités dans des vidéos,  promesses de paiement de gains oscillant entre 200 et 600% des capitaux présumés investis, créations tous azimuts de structures autour de la structure mère permettant de brouiller les pistes et d’attirer le maximum de personnes chaque jour et…l’utilisation de l’argument selon lequel «l’intervention de la justice ne permet plus le paiement des retours sur investissement » promis. Un argument-« L’Eléphant » l’a découvert- préparé de longue date par l’ensemble des promoteurs qui savent qu’à un moment donné, l’impossibilité de payer les « RSI » promis entrainera l’intervention de la justice et cette intervention devra leur permettre, par l’utilisation de la théorie du complot, de se soustraire à leurs obligations avec le soutien des souscripteurs qui n’y verront que du feu. C’est exactement la même tactique utilisée par Marc Déhi, pour gruger des milliers de personnes dans les Antilles. Comme les faits qui suivent.

« Il est très fort pour t’embrouiller. Il a réussi à convaincre des gens qui ne croient pas du tout à ce genre de placement. Beaucoup auraient pu mourir pour lui. Moi-même, j’ai mis beaucoup de temps à ouvrir les yeux » raconte, visiblement émue, une Africaine de Cayenne. Marc Déhi, 46 ans, président fondateur de Gedeon Financial Corporation (GFC), sorte de «Madoff d’origine ivoirienne», a longtemps séduit avec ses «plans de financement» à 1 500 euros. Aujourd’hui, parmi le millier de souscripteurs dénombrés par l’enquête judiciaire aux Antilles-Guyane et dans l’Hexagone, un certain nombre se demande -notamment par le biais de discussions sur Internet – comment récupérer leur argent.

La mariée était trop belle : pour tout investissement de 1 500 euros, le pasteur et son staff promettaient en retour, 400 euros par mois pendant 2 ans, à partir du 5e mois suivant la souscription, soit au total 9 600 euros. « Avec de surcroît, à terme, la restitution de la somme initiale » ironise un magistrat. Un simple calcul chiffre donc le taux d’intérêt à 640% ! « On lui reproche d’avoir mis en place un système pyramidal qui consiste à récolter des fonds en remboursant les premiers souscripteurs par les derniers arrivants, tout en utilisant des fonds à des fins personnelles » explique un enquêteur, qui ajoute que ces plans de financement « se heurtent à la logique. Mathématiquement ça ne tient pas. Au bout de la chaîne des souscriptions, il est impossible de rembourser en amont ».

Selon la procédure judiciaire, le pasteur proposait ses « plans » via ses sociétés GFC et Omega Consulting, dont on trouve des antennes aux Antilles et à Cayenne et Kourou en Guyane. « Des valises de billets se sont promenées un peu partout, même si le centre de dispatching était en Guadeloupe. Au cours de grandes réunions type « Tupperware », certains amenaient de l’argent dans des valises, certains en rendaient, d’autres en recevaient» indique encore un enquêteur. Le show à l’américaine agrémenté de prières a fait salle comble dans plusieurs hôtels de Cayenne et Kourou, mais aussi aux Antilles. A l’auditorium de l’Encre (Ensemble culturel régional) à Cayenne, « il y a eu plus d’un millier de personnes » se souviennent des participants, alors conquis par les « plans » miraculeux du pasteur-banquier. Certains particuliers auraient même souscrit pour plus de 50 000 euros. C’est en Guadeloupe que l’enquête débute, il y a environ deux ans. Sur un campus de ce département français d’outre-mer, un tract publicitaire vantant les « plans de financement » de l’équipe de Marc Déhi, attire l’attention d’un policier. Une enquête préliminaire commence, puis une information judiciaire est ouverte et confiée à un juge d’instruction de Martinique, seul département français d’Amérique doté d’une JIRS (Juridiction interrégionale spécialisée) qui est saisie pour les faits présumés de trafics de stupéfiants ou de grande délinquance financière.

Courant août 2007, Annette Catel, une proche collaboratrice de Marc Déhi est arrêtée, mise en examen notamment pour « escroquerie en bande organisée » puis écrouée. Elle en sortira, sous contrôle judiciaire, le 4 décembre suivant. Son véhicule Audi Q7 est saisi par les enquêteurs qui la soupçonnent de l’avoir acheté avec une partie des souscriptions des adhérents. Fin août 2007, Marc Déhi débarque en Guadeloupe, il y est arrêté lui aussi. A son tour, il est mis en examen et incarcéré. A l’époque, auprès de ses fidèles, il passe pour un martyr : « Au début de l’enquête, on croyait que l’Etat français en voulait à un Noir qui réussissait. On ne croyait pas les journalistes qui parlaient de cette affaire. Maintenant on se rend compte que l’Etat est intervenu pour le bien des gens», indique cette Africaine, ex-proche du pasteur.

C’est la Guyane qui compte le plus grand nombre de souscriptions selon l’enquête : elles se chiffrent à 3,5 millions d’euros. Et ce sont des souscripteurs de Guyane qui ont, une première fois, sorti Marc Déhi de prison. Ils escomptaient, par ce biais, récupérer leurs dividendes. Début janvier 2008, un chef d’entreprise haïtien parvient ainsi à réunir à Cayenne et en espèces (!) les 150 000 euros de caution réclamés par la Cour d’appel de la Chambre de l’instruction de Fort de France pour libérer le pasteur. Les 150 000 euros en espèce voyagent en avion entre la Guyane et les Antilles. Ils sont ensuite échangés contre un chèque de banque dans l’île de Saint-Martin.

 

« Je suis innocent »

Son contrôle judiciaire lui interdisant, malgré sa libération le 8 janvier 2008, de quitter la Martinique, Marc Déhi y passe quelques mois : «Il avait deux chauffeurs, une femme de ménage, je me suis dit, il vit comme un roi ! » se souvient une habitante de Guyane venue alors l’assister. Le 10 août 2008, surprise, Marc Déhi n’assiste pas à l’audience de la Chambre de l’instruction qui doit se prononcer à Fort de France sur sa demande de mainlevée de son contrôle judiciaire. Et pour cause : quelques jours auparavant, il s’est enfui de l’île de la Martinique à bord d’une embarcation, avant de rejoindre une île anglophone.

Depuis, il aurait traversé l’Atlantique à plusieurs reprises : « Il a vraisemblablement un ou plusieurs faux passeports » estime un enquêteur. « Il est parti en violation de son contrôle judiciaire, sans laisser d’adresse et je n’ai plus aucune nouvelle (…) L’instruction est toujours en cours, l’affaire sera certainement renvoyée devant le tribunal correctionnel et s’il veut que je le représente, il faudra qu’il reprenne contact avec moi », nous indiquait mi-janvier son avocate Martiniquaise, Maître Dinah Rioual Rosier. Pendant sa cavale, Marc Déhi est réapparu à deux reprises en vidéo sur Youtube, un rien fébrile. La première fois, il se dit «aux Etat-Unis» et déclare qu’«il n’y a rien dans le fond du dossier, tout cela c’est pour casser cette œuvre humanitaire et divine (…) Je suis innocent ». Il ajoute à l’attention de ses adhérents : « Je suis parti pour vous. Tant que je vivrai, GFC va vivre et vous allez sortir de la pauvreté ». Il promet que les dividendes «seront payés» en septembre 2008.

Mais la promesse n’a pas été tenue et le pasteur en convient au cours de sa seconde prestation sur « Youtube » fin novembre : «Plus de 7 millions d’euros ont été bloqués par la justice française jusqu’à empêcher vos retours sur investissement», prétend-il pour se justifier. «C’est faux» assure un enquêteur » Source: « rfi.fr, 5 février 2009 ». Instructif.

Le «Madoff ivoirien» était poursuivi pour « escroquerie en bandes organisées et exercice illégal de la profession de banquier». «L’Eléphant » a vu les deux vidéos dans lesquelles le pasteur prétendait être aux USA, les a fait analyser par un spécialiste qui a conclu que «vu le décor, bananiers, bruits de voiture, aboiements de chiens, la probabilité que ces vidéos aient été tournées aux Etats-Unis me semble très faible, mais tout est possible. » Peut-être en Côte d’Ivoire?  Car, le 30 janvier 2009, en provenance de la Côte d’Ivoire où d’autres personnes le recherchaient pour «récupérer leur argent », Marc Déhi a été arrêté au Ghana. Il se cachait en réalité à Abidjan où il avait créé, le 20 juin 2007 « Gedeon Financial Corporation » (GFC), société anonyme au capital de 50 millions de Fcfa, capital augmenté à 100 millions de Fcfa, le 29 juillet 2008. C’est que, au moment même où l’on le recherchait activement en Guyanne, il prospérait à Abidjan avec l’argent des victimes des «îles Antillaises», environ 2500 personnes, avec la branche ivoirienne de «GFC». Dans le cadre de cette affaire, la justice française avait sollicité la collaboration de la justice ivoirienne à travers la mise en place de commission rogatoire vue que Marc Déhi avait déclaré avoir investi l’argent des souscripteurs en Côte d’Ivoire. Mais la justice ivoirienne est restée de marbre devant ces requêtes. Aujourd’hui, elle poursuit les «disciples» de Marc Déhi, les «planteurs de richesse», pour des faits «d’escroquerie en bandes organisées » et « exercice illégal de la profession de banquier». Ça ne s’invente pas.

 

De la Maca, ils font souscrire des gens

Des souscripteurs de «AAC» (Afrique au Champ), située au Rond point Ado à la 9ème tranche,  n’ont pas souhaité dire le moindre mot à « L’Eléphant », convaincus qu’il ne peut soutenir que la thèse du gouvernement. Cette structure a été créée le 5 octobre 2016 avec pour objet: « Création de plantations agricoles; achats et vente de produits vivriers; élevage; divers.» Son fondateur, également fondateur de « Vivriers Pour Tous » situé à Yopougon non loin des Sapeurs Pompiers, terminus du Bus 85, s’appelle Kekemo Kekemo Hermann. Avec « Vivriers pour Tous », il promettait jusqu’à dix millions de FCFA à ses souscripteurs, une escroquerie qui l’a conduit en prison où il se trouve depuis, dans l’attente de son procès. Sauf qu’avant d’être arrêté, il avait créé « Afrique au Champ » à la tête de laquelle il avait nommé une jeune dame titulaire d’un Master, nommée Tranan. Alors qu’il est en prison, il fait tourner à plein régime, « Afrique au Champ ». Au point où les montants des souscriptions atteignent rapidement 150 millions de FCFA, en moins de deux mois.   A la gérante, il fait croire qu’il séjourne au Burkina Faso pour négocier des conventions dans le cadre de l’expansion des activités de «Afrique au Champ ».  Et, ce séjour coûte cher. Après avoir prié la gérante de retirer et de garder dans la caisse au bureau la somme de 7 millions de FCFA pour faire tourner la boutique, il envoie quasiment chaque jour, sa compagne récupérer de l’argent qui devrait lui être prétendument expédié au Burkina. Le rythme de ses demandes d’argent est si pimenté que la gérante prend peur et lui envoie un email dans lequel elle l’informe qu’à ce rythme, il ne resterait plus un rond à la banque quand viendra le paiement des premiers « RSI ». Mais Kekemo Kekemo n’est pas homme à se laisser dicter sa conduite par quelqu’un à qui il a offert du travail. Il continue à envoyer sa compagne au siège de «Afrique au Champ » tant et si bien qu’à ce jour, sur les 150 millions récoltés, il ne reste plus que 7,9 millions sur les trois comptes bancaires. Sorti de prison pour s’expliquer sur cet autre exploit, Kekemo Kekemo Hermann, selon les informations de « L’Eléphant », est passé rapidement à table devant le parquet. « C’est mon petit business, je prends pour me débrouiller…» Aurait-il déclaré. Transmis aux souscripteurs de «Afrique au Champ».

Histoire de chercher à comprendre ce qui a bien pu motiver les souscripteurs de « Afrique au Champ», «L’Eléphant» a passé quelques minutes sur son site Internet et est tombé sur une photo qui a du convaincre plus d’un. Cette photo (voir image) est censée témoigner de la signature d’un « contrat avec Ivoire Hydroponie, entreprise chargée de l’installation des plantations hors sol… » Sur le site de «Ivoire Hydroponie», il n’y a aucune adresse physique, aucun contact téléphonique, aucune trace d’une quelconque activité menée en Côte d’Ivoire. Mais cela est sans doute suffisant pour convaincre des souscripteurs de la réalité des gains qui leur ont été promis depuis la «Maca »?

«Qui sème…récolte», tel est le slogan de « Afrique au Champ». Il n’y a rien à ajouter. C’est un merveilleux slogan!

 

Un communiqué qui tombe à pic

Le samedi 4 février, dans un communiqué publié par un comité de veille présidé par le Directeur général du Trésor, Assahoré Konan Jacques, il a été annoncé le remboursement des montants collectés, aux 36.699 souscripteurs qui étaient dans l’attente de leur « retour sur investissement » (RSI). Selon des modalités définies dans les communiqués et qui ont fait la joie de certains confrères dans leur livraison du lundi 6 février. La célérité dans la mise en place de ce « Comité de veille » et la publication de son premier communiqué dès le samedi 4 février ont fait plaisir à « L’Eléphant ». Lequel, dans son édition du vendredi 3 février avait posé plusieurs questions dans une annonce de dossier sur l’agrobusiness à paraître ce mardi 7 février. Entre autres questions, celles-ci: « Les souscripteurs recevront-ils leur mise et le RSI? L’Etat de Côte d’Ivoire a-t-il une responsabilité dans ce qui s’est passé? » On espère que la publication de ce communiqué, un jour non ouvrable, histoire qu’il fasse la une des confrères ce lundi, veille de la publication du dossier de « L’Eléphant », n’a rien à voir avec l’annonce publiée dans nos colonnes.

ASSALE TIEMOKO

Laisser un commentaire

Agenda

novembre 2017
D L M M J V S
« Oct    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

Archives

Directeur de publication Gérant : Guy Tressia

Contact: +225 08322110/40007513

Email: guytressia@gmail.com

Abonnez-vous à africanewsquick par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à africanewsquick et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez 11 540 autres abonnés

Retour vers Haut
Optimization WordPress Plugins & Solutions by W3 EDGE