Référendum: Affi N’Guessan découvre les vertus de la loyauté! Crédit politique entamé…

By: Africa Newsquick

affi-nguessan2016Référendum: Affi N’Guessan découvre les vertus de la loyauté! Crédit politique entamé…

Et de deux pour les porte-voix de notre Président dans la campagne pour le «Oui» au référendum du 30 Octobre prochain. Après l’échec du meeting des jeunes du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Paix et la Démocratie (RHDP), on avait imaginé les champions de ce projet entrer en laboratoire et rapidement tirer les leçons de cet échec. Au lieu de cela, on a plutôt assisté à une fanfaronnade inquiétante sur les médias d’Etat. On promettait un déferlement humain pour le meeting de lancement de la campagne avec le Président de la République en personne, le samedi 22 Octobre, au stade Félix Houphouët-Boigny. Adama Bictogo, le monsieur «Mobilisation» du RHDP, dont on dit qu’il n’associe personne à ses prises de décisions dans sa commission, avait annoncé 50 mille personnes pour ce meeting. On allait donc voir ce qu’on allait voir. Sauf que le samedi dernier, au lieu de 50 mille personnes, chacun et sans doute le chef de l’Etat lui-même, a pu découvrir que le compte n’y était pas. Il n’y avait pas 50 mille personnes dans le stade, les estimations les plus optimistes oscillent entre 10 et 15 mille personnes. Et pourtant, des gens ont été mobilisés et convoyés de l’intérieur du pays par des leaders du RHDP. C’est dire si l’échec est violent. En temps normal, les militants du RDR de la Commune d’Abobo, seuls, auraient fait le plein du stade. Mais ça, c’était avant l’accession du RDR au pouvoir et le divorce entre certains de ses cadres et la base du parti. Or, le samedi dernier, il ne s’agissait point d’un meeting du RDR, mais d’un meeting du RHDP, au grand complet avec la présence des deux guides que sont les Présidents Ouattara et Bédié. Après cet autre échec et en attendant le meeting du jeudi prochain au stade de Bouaké, on se demande bien ce qui explique les deux premiers échecs.

 

Causes apparentes et latentes de deux échecs

«L’Eléphant» ne cesse de l’écrire depuis quelques années. Les politiciens ivoiriens, ou du moins ceux qui sont accusés d’avoir pris en otage tout un peuple depuis près de deux décennies, ne font rêver personne. Les Ivoiriens se sont réveillés éblouis par le multipartisme qui devrait, paraît-il, régler tous leurs problèmes. Mais dans un contexte où des gens fabriqués par le régime d’hier se sont subitement découvert une vocation d’opposants, le rêve ne pouvait que virer rapidement au cauchemar. Et les Ivoiriens sont dans un cauchemar depuis la mort du premier Président de la Côte d’Ivoire. Ceux qui lui ont succédé, ayant passé leur temps, toutes tendances confondues, à se bagarrer et à vivre au passage, sur le dos de la bête, dans un contexte de pauvreté généralisée et de souffrances diverses pour les masses laborieuses. L’accumulation des erreurs et autres conflits politiques semble avoir définitivement eu raison de l’endurance des Ivoiriens. Au niveau du groupement politique au pouvoir et notamment au sein du RDR, le parti du Président, la déception est de plus en plus grande pour les militants que les cadres ne font plus rêver. Leur grogne est si forte que la direction du parti, accusée d’ingratitude, a cru bon de mettre en place un fonds d’un montant de 1 milliard FCFA pour financer des projets. Une mesure cosmétique qui n’a ému personne. Et comme si cela ne suffisait pas, sous le prétexte d’embellir les rues d’Abidjan, la ministre de la Salubrité urbaine, depuis des mois et sans aucune mesure d’accompagnement, a passé son temps à s’acharner sur de pauvres gens en détruisant au bulldozer leurs petits commerces, en les déguerpissant de leur lieu d’habitation. Gouverner contre ses propres militants, c’est l’émergence. Au-delà du RDR, les militants du PDCI n’ont jamais réalisé ce que leur parti a gagné en faisant tous les cadeaux qu’il a fait au RDR. La promesse de transmission du pouvoir au PDCI en 2010 est un vieux souvenir; le RDR n’ayant manifestement aucune intention de céder quoi que ce soit au PDCI. Les déclarations des champions du RDR sur la question ont achevé de convaincre les militants du vieux parti qu’ils ont été roulés dans la farine. Et les largesses de Bédié dont ils ne comprennent pas les vrais fondements ne sont pas de nature à changer les choses. Dans un tel contexte, penser qu’il suffit de sortir d’un chapeau un projet de Constitution pensé – paraît-il par Bédié et Alassane Ouattara pour que cela déchaîne de nouveau la passion militante des populations – est grave erreur. Les militants du RHDP en particulier et les Ivoiriens en général ont aujourd’hui d’autres priorités. Ils n’arrivent pas à scolariser leurs enfants, à manger à leur faim, à voyager en sécurité sur les routes de l’intérieur du pays (avec le règne des coupeurs de route), à trouver du travail, à se loger, à assurer leurs soins médicaux dans les mouroirs qui servent d’hôpitaux publics, etc. Résultat des courses? Deux gifles pour le RHDP en moins de deux semaines. La question aujourd’hui est de savoir si les champions de cette coalition se sont enfin aperçus de ce qui se passe, à quelques jours du meeting de Bouaké où sera encore le chef de l’Etat. Il suffirait d’un autre échec pour que les uns et les autres autour de lui réalisent qu’il est toujours moins fatiguant de dire la vérité.

 

Affi N’Guessan découvre les vertus de la loyauté

De son côté, le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, après la gifle qui a suivi son appel à marcher, a appelé à un boycott passif du référendum. Une tactique qui a le don de le mettre à l’abri d’une autre humiliation avec des actions sur le terrain. Minoritaire avec sa branche du FPI, il a pensé, avant sa marche ratée qui n’a réuni qu’environ 200 agités recrutés massivement dans les rues d’Adjamé, qu’il avait fait un boucan incroyable telle la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf. A l’arrivée, il a laissé de nombreuses plumes qui ont entamé son crédit politique devant l’opinion nationale et internationale. Comme si cela ne suffisait pas, ses «frères ennemis» de l’autre branche du FPI dirigée par Aboudrahamane Sanagaré ont fait une démonstration de force dans ce qui est appelé le «Front du Refus», mis en place pour empêcher la tenue du référendum. Dans une commune de Yopougon largement acquise à la cause de Laurent Gbagbo, ils ont fait «salle comble» à la célèbre «Place CP1» où les militants pro-Gbagbo se sont massivement retrouvés pour dire «Non». La réussite de ce meeting, après l’échec de la marche qui en disait quand même long, apparaît comme un message envoyé par les militants du FPI à Affi N’Guessan. Elle apparaît aussi comme une récompense offerte à Aboudrahamane Sangaré pour sa fidélité à Laurent Gbagbo. Lequel, dans sa cellule de la CPI, devrait inviter son ancien Premier ministre Affi N’Guessan, s’il en avait les moyens, à méditer cette sagesse: «Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire…»

L’Eléphant déchainé (avant le vote référendaire)

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