Référendum à Gagnoa: Comment Louis-André Dacoury-Tabley aurait réveillé la colère des populations

By: Africa Newsquick

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Le référendum constitutionnel du dimanche 30 octobre 2016 a été émaillé par des actes de vandalisme et de violence dans des villages de Gagnoa (Mama, Kpapékou, Kokouézo, Guessihio, Babré, Garahio etc.) ce qui a abouti à 18% de taux de participation contrairement à la présidentielle de 2015 qui a obtenu 38% de taux de participation dans ce département pour le second mandat du Président Alassane Ouattara. Les raisons sont multiples, parmi lesquelles, le discours de Louis-André Dacoury-Tabley, fils et cadre de Kpapékou (Ouragahio), et la revanche des jeunes de son village.

Le dimanche 23 octobre dernier, lors du lancement de la campagne référendaire dans le département de Gagnoa, au siège départemental du PDCI-RDA, le ministre des Eaux et Forêts, Louis-André Dacoury-Tabley, animateur principal de la campagne pour le « Oui » dans ledit département, n’a pas manqué de gêner ses co-animateurs du RHDP, mais surtout de remuer le couteau dans les plaies causées par la rébellion de 2002 à Gagnoa.

«Nous avons fait la rébellion pour changer la constitution de 2000. Avant d’aller à Lomé, puis à Marcoussis, nous avions fait en sorte que le MPCI, le mouvement des rebelles ait une plus grande représentativité. Nous avons donc créé le MPIGO et le MJP pour avoir plusieurs voix pour défendre la rébellion. Nous l’avons bien réussi», a rappelé le ministre des Eaux et Forêts, Louis-André Dacoury-Tabley, avant de revenir sur la chronologie des crises de 2000 à 2010, en justifiant les actes de la rébellion dont il a fait l’apologie tout le long de son discours.

Cela a fait froid dans le dos de nombreux militants et invités de l’opposition qui s’attendaient à un discours d’explication du contenu de la Nouvelle Constitution pour aller dans la cohésion, avec la Côte d’Ivoire réconciliée à la 3ème République. Des personnes se sont levées pour quitter la cérémonie. Tout l’auditoire est resté froid au discours du principal animateur de la campagne du Oui dans le Gôh. «De quoi parle Dacoury-Tabley?», s’est interrogé un cadre du RDR de Gagnoa, avant d’ajouter : «Pendant que le Président Alassane Ouattara qui a beaucoup souffert des anciennes lois ivoiriennes parle de réconciliation, de cohésion sociale pour le développement du pays, sans revenir sur le passé douloureux, Dacoury, lui, vient remuer le couteau dans la plaie non encore guérie de la rébellion de 2002 où de nombreux Ivoiriens et plus particulièrement des ressortissants de la région du Gôh, ont été tués. Il fait l’apologie de la rébellion. Nous avons remarqué que le discours explicatif de Guikahué a été très applaudi, pendant qu’aucune personne n’a cautionné le sien. Plusieurs militants ont commencé à murmurer pour désapprouver les propos de Dacoury». Puis à un cadre du PDCI de prévenir que «Dacoury ne changera jamais. En tant que membre du gouvernement qui a proposé cette nouvelle constitution, il aurait dû s’en tenir à expliquer les dispositions de la nouvelle loi fondamentale comme Ouattara l’a fait depuis le Parlement et dans tous ses meetings. Son attitude risque de réveiller de vieux démons et mettre à mal la cohésion sociale en construction dans la région».

Comme une prophétie, Louis Dacoury-Tabley n’a pas pu voter dans son village à Kpapékou. Les jeunes de son village ont empêché le vote en saccageant le matériel électoral. Tout comme à Kokouézo, village du Président du Conseil régional, Joachim Djédjé Bagnon, voisin de Kpapékou à environ 100m, les jeunes ont aussi empêché le vote de la même manière.

Nous avons joint, plusieurs jeunes de Kpapékou pour en savoir plus sur leur attitude. «Dacoury ne fait que nous narguer avec la rébellion à laquelle il appartient. Pour renforcer la cohésion sociale et la réconciliation, nous avions choisi un cadre du PDCI pour parrainer la jeunesse de Kpapékou. Nous avions voulu investir le président de la jeunesse de Kpapékou sous le parrainage d’un député PDCI de la région, mais il nous a dit «de gré ou de force, votre manifestation n’aura pas lieu», et ça n’a pas eu lieu. Et puis, il est venu dire au siège du PDCI que la nouvelle constitution est pour la rébellion. Donc, nous lui avons renvoyé l’ascenseur, lui et son complice Djédjé Bagnon, pour leur dire que la violence engendre la violence et la rébellion dont il loue les mérites pour cette constitution ne nous intéresse pas», nous ont-ils confié pour justifier leur comportement du dimanche 30 octobre, empêchant le vote à Kpapékou village de Dacoury et à Kokouézo chez Djédjé Bagnon.

Francis Blessou-Sahiri, à Gagnoa

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