Côte d’Ivoire-CNRA : Vers un coma de type 4

By: Africa Newsquick

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Dans son édition N°253 du mardi 20 au jeudi 22 mai 2014, « L’Eléphant » avait conté, avec un luxe incroyable de détails, les hauts faits d’un « disciple » de notre Président, le directeur général du Centre National de Recherche Agronomique, Yté Wongbé.

Comme les lecteurs de l’infernal quadrupède ne le savent pas, cet article avait, à l’époque, provoqué une vive émotion dans cette boîte, tant au niveau des travailleurs que de la direction générale. Au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique aussi, la même émotion a été ressentie.

Au point où, le ministre Gnamien Konan vient de décider de diligenter un audit de la gestion de Yté Wongbé. La procédure, selon nos informations, est, en ce moment, au niveau du choix du cabinet qui sera chargé de fouiller dans les placards du CNRA.

Submergé par l’émotion, le directeur général, pour faire tomber la fièvre, a, comme chacun le sait, abondamment communiqué dans plusieurs journaux ivoiriens avec des articles qui vantaient l’excellence de sa gestion et qui, étrangement, se ressemblaient beaucoup. Certains confrères ont même été invités à son bureau pour écouter la bonne nouvelle. Mais les articles produits souffraient d’un vilain handicap. Ils puaient la dictée. D’autant plus que le journal qui avait conté les hauts faits de gestion de ce « disciple de Ouattara », comme il se définit lui-même, n’a pas eu l’honneur de recevoir un démenti formel de ses écrits, ni d’être associé à l’opération de communication engagée. C’est pas juste !

Bref, après cette opération de communication, le «disciple de Ouattara» a, en deux temps trois mouvements, viré, courant août, trois employés du CNRA, sur des motifs qui vont bientôt faire le bonheur de certains avocats, puisque selon les sources de « L’Eléphant », les licenciés entendent, dans les jours à venir, saisir les tribunaux. Il les soupçonnait d’être des informateurs de « L’Eléphant » ? Ce sont les caisses vides de la boîte qui vont encore souffrir.

 

Descente aux enfers

A ce jour, au CNRA, le moral des troupes est au plus bas. Chacun sent bien que malgré les apparences, la situation de l’entreprise évolue dans le mauvais sens. Il n’y a qu’à observer la gymnastique avec laquelle les salaires sont payés au fil des mois. Grâce au Conseil Café-Cacao qui a récemment versé un acompte d’environ 400 millions sur la production (fournitures de semences diverses…), les salaires du mois de septembre ont pu être payés, entre le 5 et le 8 du mois en cours. Quid du mois d’octobre ? Surtout que le CNRA commence à s’endetter auprès de certains de ses clients en vendant par anticipation, certaines productions futures…comme celles de 2015.

Au niveau du social, les dettes s’accumulent vis-à-vis de la CNPS et de la CGRAE. La mutuelle de santé qui faisait la fierté des travailleurs fait pâle figure en ce moment. Les prélèvements sur les salaires sont faits, mais, on ne sait trop pourquoi, les pharmacies et les cliniques, depuis quelques temps, refusent les bons des agents du CNRA. Les prélèvements ne sont pas reversés dans les caisses de la mutuelle ?

Dans le secteur de la production, la situation est plus qu’alarmante. Moins de 5% des besoins exprimés sont financés. Et les chercheurs se tournent les pouces faute de moyens financiers.

Comme si cela ne suffisait, le patrimoine foncier de la structure se rétrécit comme peau de chagrin. Selon les sources de « L’Eléphant », l’entreprise vient de laisser filer, du côté de Port-Bouet, près de 500 hectares de forêt. Sans compter que du côté de Bingerville, tout un pan de ce patrimoine foncier est mis en danger avec près de 1000 mètres carrés que le maire de cette ville aurait placés dans son escarcelle privée. Mais que fait le dégé ?

Du côté de Gagnoa, on ne sait dans quel contexte et pour quel motif, près de 7 hectares de tek (une grande collection mondiale à partir de laquelle le CNRA fournissait des semences à des partenaires) ont été coupés et vendus sans protocole, à une modique somme d’un million de FCFA. Soit près de 30 fois inférieur au prix normal.   Une grave atteinte à ce qui, jusqu’ici, faisait la fierté du CNRA. Cette affaire, selon les sources de « L’Eléphant », sera prise en compte dans l’audit à venir. Le Comité de direction, à l’époque des faits, avait demandé au dégé de virer le directeur régional de Gagnoa. Mais ce dernier, s’en est tiré avec juste une mise à pied…Qui a bénéficié des retombées de cette vente ? L’audit à venir devrait situer les uns et les autres sur la réalité de ce problème.

Bref, le CNRA ne se porte pas bien et, il faudrait, en l’état actuel, pour le sauver, un véritable plan Marshall, un financement exceptionnel. Pour le remettre à flots afin qu’il puisse jouer son rôle important d’accompagnateur éclairé du développement agricole de la Côte d’Ivoire.

Un plan Marshall. Voilà qui permettrait de redonner le sourire aux fournisseurs dont les factures restent sans suite depuis des mois. Un plan Marshall ? Il paraît que c’est justement le rêve du « disciple de Ouattara » qui sévit en ce moment à la tête de la structure. On gère mal, on prend des prêts avec la boîte au mépris des textes, on se fait payer des indemnités de représentation en sus de ce qui est pris en compte dans le salaire et on s’étonne que le CNRA ne se porte pas bien ?

Vite, l’audit ! Pour éclairer tout ça !

ALEX KASSY (L’Eléphant déchaîné)

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