72 morts après l’emprisonnement de Zuma: La justice va-t-elle reculer ?

Accusé et condamné par la justice sud-africaine pour une affaire de corruption, Jacob Zuma, ancien Président de l’Afrique du sud a été récemment emprisonné.

Après cette incarcération, plusieurs dizaines de personnes selon AFP, sont mortes dans des violences et pillages qui secouent l’Afrique du Sud depuis plusieurs jours, notamment dans la province du Kwazulu-Natal dans l’est du pays ; d’où Jacob Zuma est originaire.

Pour le confrère, le bilan des violences en Afrique du sud est monté le mardi 13 Juillet 2021 dans la soirée à 72 morts, dont la plupart survenues dans des bousculades lors de pillages.

« Le nombre total de personnes arrêtées s’élève à 1 234, tandis que les décès est de 72 », a annoncé dans la soirée la police dans un communiqué.

Le Premier ministre de cette province, Sihle Zikalala a précisé lors d’une conférence de presse que plusieurs de ces décès avaient eu lieu lors de “bousculades dans ce contexte d’émeutes”, sans préciser de lieu.

Notre source explique que dans les magasins pillés et mis à sac, les premiers émeutiers, souvent des hommes jeunes, ont été rejoints par toutes les autres franges de la population, y compris des enfants, à la recherche de nourriture ou d’équipements à revendre.

Les troubles sont nourris par un ras-le-bol général, sur fond de chômage record à 32,6 % et des restrictions réimposées fin juin 2021 pour limiter une troisième vague meurtrière de contaminations à la COVID-19.

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Les forces de l’ordre, visiblement en minorité, selon l’AFP, ont tiré des balles en caoutchouc pour disperser les mouvements de foule, suscitant la course paniquée de fuyards sur les parkings de centres commerciaux. Ou encore dans les rues des principales villes touchées, aux trottoirs jonchés de bris de verre et déchets, et bordés de bâtiments et voitures en feu.

Le ministre de la Police, Bheki Cele, s’est quant à lui, engagé à ce que la situation “ne se détériore pas davantage”. Mais les pillages n’ont montré aucun signe d’essoufflement, notamment à Soweto où des soldats ont commencé à patrouiller selon l’AFP, comme à Durban et Pietermaritzburg, la capitale de la province du Kwazulu-Natal.

Les premiers incidents, avec des routes bloquées et des camions incendiés, ont en effet, eu lieu le vendredi 09 Juillet 2021, au lendemain de l’incarcération en pays zoulou de l’ancien président Jacob Zuma, condamné à une peine de prison ferme pour outrage à la justice. Les violences, pillages et incendies se sont ensuite propagés ce week-end à l’agglomération de Johannesburg, capitale économique du pays.

Le Président Ramaphosa a rappelé que si les “frustrations et la colère” exprimées avaient “des racines politiques”,”aucune cause ne peut justifier” ces violences.

Après avoir retrouvé un nouveau souffle suite à de longues années d’Apartheid et de violences, l’Afrique du sud va-t-elle sombrer à nouveau dans le chaos ?

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La justice va-t-elle revenir sur sa décision pour faire baisser les tensions ? Telle est l’interrogation qui trotte dans l’esprit de plusieurs sud-africains et habitants de ce pays.

Si tel est le cas, alors la démocratie va connaître un recul dans ce pays, cité en exemple.

L’Etat sud-africain se doit de faire revenir le calme dans les meilleurs délais. Car l’on sait en Afrique sur quoi aboutissent les violentes manifestations, surtout quand elles sont d’ordre politique.

Nathanael Yao

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