3e mandats et refus de l’alternance: Pierre Jacquemot ‘’attache’’ les dirigeants africains

Chercheur-Diplomate-Essayiste, Pierre Jacquemot s’est, dans son dernier ouvrage intitulé « De l’élection à la démocratie en Afrique » penché sur le phénomène des troisièmes mandats et des oligarchies qui s’accrochent au pouvoir en Afrique.

Dans une récente entrevue avec Radio France internationale (RFI), il est revenu sur le sujet avec les moindres détails.

A propos de la présidentielle très controversée en Guinée, au Burkina Faso où elle a fait consensus et le cas dans plusieurs pays du continent, il voit des situations assez typiques, assez marquées.

 Pour lui, il y a d’abord eu de bonnes élections, au Malawi où il y a eu une véritable alternance, mais également aux Seychelles avec une participation élevée, et tout ceci dans un climat de relative sécurité.

«J’aurais tendance à rattacher le Ghana également, dont les élections de décembre 2020 se sont bien passées. Puis vous avez à l’opposé des situations qui ne sont pas du tout satisfaisantes du point de vue de la démocratie, si on entend par démocratie la possibilité d’alternance et la possibilité de changement. Là, c’est la Guinée, vous l’avez citée, mais également la Côte d’Ivoire. L’enrôlement a été difficile, la participation a été faible, l’opposition a boycotté, il y a eu des violences, les résultats ont été contestés et puis les candidats se sont présentés pour un troisième mandat », a-t-il relevé.

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Selon l’Essayiste, c’est un peu inquiétant, parce que se profilent d’autres élections un peu du même type. L’Ouganda, le Congo, le Tchad et Djibouti vont connaître des élections dans les prochains mois, qui peuvent laisser craindre qu’on soit un peu sur le même modèle.

Il a ajouté que le Burkina-Faso se trouve dans une situation intermédiaire parce que l’insécurité règne dans le pays, comme également au Niger qui a connu un premier tour, et la participation électorale a été entravée.

« Par exemple au Burkina, l’élection de Roch Marc Christian Kaboré ne pose pas de problème, mais il y a eu quand même 300.000 électeurs qui n’ont pas pu voter pour des raisons de sécurité. Et le Niger, où il y a eu des événements récents très graves, laisse penser qu’il y a des électeurs qui sont empêchés de voter », a fait remarquer Pierre Jacquemot.

Avant de revenir à son ouvrage, dans lequel il est beaucoup critique à l’endroit des présidents qui refusent l’alternance.

«Il y a très peu d’alternance. Les cas d’alternances connus sont toujours dans les mêmes pays, à savoir Maurice, le Cap-Vert, le Ghana, le Sénégal, c’est une catégorie de pays que je qualifie de démocratie mature», a-t-il affirmé.

En revanche, il observe que dans un certain nombre de pays, « des autocrates vieillissants, parfois ayant plus de 75 ans, voire 80 ans, c’est le cas de la Guinée, s’accrochent au pouvoir et bricolent la Constitution au point de se présenter».

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Il a pris comme exemple Yoweri Museveni en Ouganda, qui a plus de 75 ans pour un sixième mandat.

Il avance qu’on a une situation un peu identique au Tchad ou à Djibouti.

«C’est essentiellement le fait d’un jeu électoral et d’un jeu politique qui brident l’opposition et qui se concentrent sur une oligarchie politique et une oligarchie d’affaires qui n’ont pas du tout l’intention de passer la main», a-t-il terminé.

Nathanael Yao

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