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CIV/08 mars utile: Les violences faites aux femmes, connaître et user des droits pour s’en sortir

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Le 08 mars 2024 a vu la commémoration de la Journée Internationale des Droits des Femmes. Le thème choisi pour cette 49e édition s’intitule « investir en faveur des femmes : accélérer le rythme. »

A Alépé, cette célébration a pris la forme d’une causerie-débat sur les violences faites aux femmes, connaitre et user des droits pour s’en sortir. Il faut en effet accélérer la stigmatisation des violences faites aux femmes pour espérer voir celles-ci prendre véritablement en main leur destinée. 

Cette causerie-débat a été inspirée par l’histoire tragique de Flavie Kéké, jeune institutrice de 34 ans, assassinée le 18 novembre 2023 en même temps que Samuel Kouamé, son fils de 07 ans, à Gbatongouin, dans la région de Man. Des crimes de trop, qui doivent justifier un fort engagement contre les violences endurées par les femmes et les enfants.

A Ahoutoué, département d’Alépé, lors des obsèques douloureuses et lourdes d’émotions des regrettés Flavie et Samuel, la ministre Geneviève Bro-Grébé, originaire du même département et membre très active de la société civile ivoirienne, avait souhaité et pris l’engagement que le 08 mars à venir soit consacré à la lutte contre les violences exercées sur les femmes et les enfants.Ce rappel a servi d’introduction à Georges Aboké, journaliste-animateur de renom, et modérateur de la rencontre. Donc, chose promise, chose due et pari tenu, pourrait-on dire !

La grande salle de l’église catholique Christ Roi de la ville d’Alépé a fait son plein dans l’après-midi de ce vendredi 08 mars 2024. En première ligne de l’assistance venue prendre part à la causerie débat tenant lieu de célébration de la Journée Internationale des Droits des Femmes, le préfet du département, le corps préfectoral, les chefs locaux de la Police et de la Gendarmerie Nationales, et bien d’autres chefs de services administratifs. Cependant, ce sont bien les femmes, venues des villages environnants, qui étaient les plus nombreuses et les plus en vue car bon nombre d’entre elles étaient tout de blanc vêtues.  Un dress code bien respecté car il ne fallait surtout pas se laisser distraire par le port du ‘’pagne du 08 mars’’ qui comporte la fâcheuse tendance de détourner les femmes de l’essentiel. L’essentiel étant de faire le point à la fois sur les blocages et les avancées en matière de droits des femmes. Sur cette question de l’uniforme du jour, la conférencière, Laurentine Aguié-Koffi, juriste et défenseure des droits humains,s’est voulue ferme et intransigeante : ‘’ce n’est vraiment pas nécessaire !’’, a-t-elle tranché d’entrée de jeu.

Et tout de suite, le jeu a alors consisté en un échange direct entre les femmes et la conférencière.

  • Est-ce normal que vos époux vous assènent des coups quand ils ne sont pas contents ?’’
  •  ‘’Non !’’ répondirent en chœur les femmes.
  • Est-ce normal que vos époux vous violent ?
  • Encore ‘’non !’’ renchérirent les femmes.
  • Savez-vous que vous pouvez être handicapées à vie ou même être tuées lors d’une bastonnade ?

Les visages des femmes étaient alors devenus tout soucieux, décomposés, inquiets de découvrir cette révélation plutôt traumatisante.

  • Savez-vous que de nombreuses femmes sont victimes de ces violences ? Savez-vous que des jeunes filles, et même des bébés, sont violées à longueur de journée ? Que dans la région d’Adzopé, une brave femme a vu ses deux bras sectionnés pour éviter de prendre des blessures au visage car son concubin lui a asséné des coups de machette, l’accusant d’infidélité ? Savez-vous qu’à Yopougon des femmes ont été gratuitement égorgées par des jeunes gens drogués ? Êtes-vous conscientes que le tour de chacune pourrait arriver ?

Face à ce tableau lugubre, Laurentine Aguié-Koffi s’est tout de même voulue rassurante : ces violences, même si elles ne peuvent entièrement être anéanties, peuvent être réduites à leur plus petite et simple expression. Comment ? Que chaque femme victime de la moindre violence commence par saisir la Police ou la Gendarmerie Nationales, des institutions dont les agents ont été informés et formés sur les violences faites aux femmes. Plus simple, les femmes victimes de coup et blessures doivent savoir qu’elles n’ont plus besoin de brandir un certificat médical pour faire enregistrer leurs plaintes.

Cette première étape franchie, Laurentine Aguié-Koffi a révélé à son studieux auditoire que les femmes victimes de violences et leurs proches peuvent désormais ester en justice car elles disposent depuis quelques temps d’un arsenal d’articles de loi pour à la fois les protéger, faire sanctionner leurs bourreaux et obtenir réparation. De mieux en mieux ! Séance tenante, elle a procédé à la distribution de documents comportant lesdits articles de loi. Ainsi par exemple, tout individu qui usera de sa force verbale, physique ou morale sur une femme est passible de peines de prison ! 

La suite des échanges a surtout porté sur le nécessaire équilibre à instaurer dans les foyers, les familles, les villages et les quartiers. En effet, pour la conférencière, il n’est pas question que les femmes qui ont entendu son message aillent brutalement s’en prendre à leurs hommes. Elles doivent user de tact pour ramener leurs époux à la raison, chaque fois qu’un risque de dérapage pointerait à l’horizon. Elles se doivent aussi d’inculquer les notions de savoir-vivre, de tolérance, à leur progéniture. La voie royale dans ce genre de situation étant le dialogue, la persuasion, la communication.

Pour finir, Laurentine Aguié-Koffi a informé son auditoire de l’existence d’une ONG dans laquelle elle travaille jour et nuit. Cette ONG, Akwaba Mousso, se tient à la disposition de toutes pour encadrer, gérer, soutenir et couvrir des meilleurs soins toute femme victime de violences.

Au sortir de cette causerie-débat, organisée par la ministre Geneviève Bro-Grébé et soutenue par le préfet du département d’Alépé et le Professeur Charles N’cho Oguié, les femmes sont reparties plutôt rassurées, assurées qu’elles peuvent désormais sauver leurs foyers tout en faisant reculer par le droit les violences auxquelles elles peuvent être soumises.  

Infos : GWA

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