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Côte d’Ivoire: Les raisons profondes d’une hausse du prix de l’électricité, le gouvernement n’avait pas le choix

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Sangafowa Coulibaly ministre
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La hausse du prix de l’électricité risque d’avoir de graves conséquentes sur la vie des Ivoiriens. Et en réponse, le gouvernement se dit ne pas avoir le choix.

Le ministère ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Energie a annoncé, le mardi 26 décembre 2023, une hausse du prix de l’électricité de 10%, à compter du 1er janvier 2024, devant toucher tous les abonnés. Plusieurs raisons expliquent cette décision prise en fin d’année et qui, de l’avis de nombreux observateurs, a été difficile à prendre par le gouvernement du Président Alassane Ouattara.

Selon les explications fournies aussi bien par les spécialistes que par le gouvernement, la mesure vise un seul objectif : assurer l’équilibre et la pérennité du secteur électrique, et préserver l’outil de production, alors que le déficit se creusait davantage et que les investissements devenaient de plus en plus massifs, notamment en matière d’accès à l’électricité.

Objectif : 100% de taux de couverture en 2025

« D’énormes investissements ont été réalisés et d’autres le seront pour continuer à satisfaire la demande nationale d’électricité et à réduire la fracture électrique entre les zones urbaines et les localités reculées de notre pays.  Ainsi, le taux de couverture qui était de 33% en 2011 se situe actuellement à 87% et sera de 100% en 2025 », a expliqué le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly.  

Toutefois, a-t-il fait remarquer, lors de sa conférence de presse au siège du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie, tenu le mardi 26 décembre 2023, il existe un réel « déséquilibre du secteur, qui s’est dégradé avec cette situation de crise ». Pour rétablir l’équilibre, « un ajustement de 27% sur les tarifs de l’électricité », était nécessaire. « En effet, avant l’ajustement de juillet 2023, le prix moyen de vente était de 73 FCFA/kWh contre un coût de revient moyen de 89 FCFA/kWh ; soit un déficit de 16 FCFA/kWh », a-t-il ajouté. 

Pour la seule année 2023, la perte d’exploitation était alors estimée à 161 milliards de FCFA.  Ainsi, sur proposition de l’Autorité Nationale de Régulation du secteur de l’Electricité et après analyse de la Commission consultative sur les tarifs d’électricité, le Gouvernement at-il décidé d’un ajustement moyen du prix de l’électricité limité à 9,6% au 1er juillet 2023. Cet ajustement n’a concerné que 11% des abonnés. La grande majorité des Ivoiriens (89%) a été épargnée.

Coût de revient supérieur

Du coup, le coût de revient est resté supérieur de 13% au tarif moyen de vente au niveau national, conduisant ainsi à une accumulation des arriérés vis-à-vis des fournisseurs de gaz naturel et d’électricité du secteur. Le maintien des tarifs conduirait donc à la dégradation de la qualité du service, à une menace sur la sécurité d’alimentation en électricité de la Côte d’Ivoire, et à la réduction des possibilités d’accès à l’électricité, notamment pour les populations non encore desservies.

L’ajustement tarifaire effectué le 1er juillet 2023, avait porté sur 11% des abonnés (400 000 clients) et permis de générer en 2023, environ 34 milliards de FCFA. Ces ressources ont permis de réduire l’écart entre le coût de revient et le tarif moyen de vente au niveau national (Non compris les arriérés de paiement aux opérateurs et les investissements à réaliser).

Un effort supplémentaire de la part des abonnés était donc nécessaire pour permettre de s’approcher du taux d’équilibre d’ajustement tarifaire de 27%.  « Aussi, sur proposition de l’Autorité Nationale de Régulation du secteur de l’Electricité et après analyse de la Commission consultative sur les tarifs d’électricité, le Gouvernement a décidé d’un ajustement du prix de l’électricité de 10%. Cet ajustement s’applique à l’ensemble des abonnés d’électricité, à compter du 1er janvier 2024 », a indiqué Sangafowa-Coulibaly.

2 FCFA de différence

Le présent ajustement fera, de ce fait, passer le prix moyen de vente de 79 FCFA/kWh à 87 FCFA/kWh, pour un coût de revient moyen de 89 FCFA/kWh. En dépit de cette deuxième augmentation, le gouvernement est obligé de supporter une subvention de 2 FCFA, sur le tarif de l’électricité. L’impact de l’ajustement sera ressenti sur les factures des abonnés, qu’ils soient prépayés (à partir du 1er janvier 2024), industriels (à la fin du mois de janvier 2024) ou domestiques (facture de janvier et février 2024), en mars 2024).

Pour l’ensemble des Ivoiriens, hommes, femmes, jeunes entrepreneurs, salariés, l’Etat ouvre des concertations avec les opérateurs privés (commerçants et industriels) afin de réduire l’impact de l’ajustement sur le panier de la ménagère. Les prix des produits de grande consommation seront contrôlés, selon les ministres présents à la conférence de presse.

AIME S.

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