Thiam et Seri Bi

Seri Bi N’guessan (VP du PDCI) met le pied dans le plat : «Tidiane Thiam à la présidence du PDCI-RDA ? Une candidature illégale, illégitime, contraire à la morale et à l’éthique politique»

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La course à la présidence du PDCI-RDA est ouverte depuis l’annonce du Congrès Extraordinaire électif du 16 décembre 2023 faite par le BureauPolitique samedi 14 octobre 2023. Enjeu d’un renouveau crucial pour l’avenir du parti, les candidatures se bousculent, explicitement annoncées ou non.

Mais l’atmosphère de cette compétition imminente n’aurait suscité de commentaires malencontreusement passionnés si parmi les candidatures annoncées, une ne paraissait comme controversées vis avis des règles établies. Il s’agit de la candidature de Tidiane THIAM.

En effet la candidature de Thiam suscite de nombreuses interrogations quant à sa légalité, sa légitimité, ainsi que des questions morales et éthiques profondes qu’elle pose. Alors que ses partisans vantentses mérites,il est essentiel,de façon objective et froide, de scruter attentivement cette candidatureafin que, si l’euphorie devrait prendre le pas sur la légalité et la légitimité en piétinant tout aussi les questions morales et éthiques politiques soulevées, nous ne soyons pas surpris que le PDCI-RDA rate définitivement le coche du retour au pouvoir, notamment en 2025.

Seri Bi Nguessan
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  1. La Question de la Légalité : Les partisans de Tidiane Thiam affirment que leur mentor rempli bel et bien la condition des 10 ans de présence au Bureau Politique du PDCI-RDA imposée par les Statuts du parti. Cependant, en examinant de près les faits, après qu’il eût été coopté au Bureau Politique du Parti en 1996, Thiam n’a plus jamais été membre du Bureau Politique depuis 2002 (congrès du retour d’exil du Président BEDIE), jusqu’à mars 2023, date à laquelle il a été de nouveau coopté au Bureau Politique par le Président Henri Konan BEDIE. Ses partisans tentent de donner par-ci, par-là, des preuves de l’existence de son nom sur des listes de membres du Bureau Politique à partir d’anciennes coupures de journaux qui, à y regarder de près, renvoient au Congrès de 1996. Parmi les multiples arguments avancés par les partisans, il y a cette histoire de payement d’arriérés de cotisations. Cet argument prospère-t-il vraiment ? Le payement d’arriérés de cotisations modifie-t-il la date de la décision de cooptation ? Vivement que les preuves irréfutables de l’appartenance de THIAM au Bureau Politique soient établies. Nous ne doutons pas qu’une bataille juridique âpre ou un lobbying virulent en guise de pression sur ceux qui seront désignés pour servir de juges, fasse jour au moment venu. Cette bataille ne commencera-t-elle pas déjà d’ailleurs au commencement du choix de ceux-là qui seront ces juges ? Dans tous les cas, la légalité en termes de respect des conditions des statuts et règlement intérieur du PDCI-RDA, devra-t-elle souffrir d’une ambiguïté ? Quelles en seront les conséquences sur la cohérence à termes au sein de notre Parti ? Des voix de menaces se lèvent déjà. Est-ce vraiment cela le PDCI-RDA ?
  2. La Question de la Légitimité : Être président du PDCI-RDA requiert plus que la simple satisfaction des critères légaux. La légitimité est un facteur essentiel pour rassembler les militants et gagner leur confiance afin qu’ils soient motivés pour mener tous les combats qui conduisent à des victoires. Ici, nous pouvons l’affirmer, juste pour ce qui semble pour nous une simple vérité, sans que cela soit une volonté de nuire, Tidiane THIAM n’a jamais milité de façon assidue au sein du PDCI-RDA. Il n’a jamais assuré de poste de responsabilité au sein du parti (membre d’un Comité de base, président de comité de base, membre d’une section, Secrétaire de Section, membre d’une délégation, délégué, etc.). C’est vrai qu’on peut nous rétorquer que tout le monde ne suit pas forcément ce cheminement, mais THIAM a-t-il vraiment déjà participé au moins à une activité d’une structure de base du PDCI-RDA, même à l’étranger où il réside dans une délégation générale ? En 1996, il a été coopté au Bureau Politique parce qu’il assurait une responsabilité administrative avec les pratiques de l’époque. Même en tant que membre du Bureau politique, à combien de réunions de cette instance a-t-il participé ? Le PDCI-RDA est un parti de masse dont 65 à 70% de ses militants proviennent du monde rural. THIAM a-t-il aujourd’hui des outils pour tirer une légitimité auprès de cette masse en si peu de temps ? quel langage, quel temps d’apprentissage ? avec cette hargne de ses partisans qui jette leur dévolue sur les réseaux sociaux et la communication, cela suffira-t-il pour assoir en si peu de temps une légitimité auprès des militants du PDCI-RDA ? A trop tirer sur la corde pour assoir une légitimité qui ne respecte pas de temps d’apprentissage, il y a risque de briser cette corde de l’unité et de la cohésion au sein du PDCI-RDA. Pour conclure sur ce point, la légitimité pour notre parti, implique une connaissance profonde de la base militante, souvent en milieu rural. Thiam, avec son parcours principalement urbain et international, ne risquerait-il pas de se retrouver dans un dialogue de sourds avec les militants ? A moins de vouloir assumer entièrement sa fonction de président du PDCI-RDA par personne interposée, THIAM ne pourra pas de lui-même assurer avec grand succès cette lourde tâche. Or, projeter de piloter le parti par personne interposée et cela de loin, serait trahir la confiance des militants qui l’aurait élu.
  3. La Question Morale et Éthique : sans que cela soit le langage que nous apprécions, mais avec lequel sur le fond nous partageons le véhicule de la pensée : ’Foutaise ! Voilà quelqu’un qui a passé, de façon continue, 24 années hors du pays et en dehors du PDCI-RDA, qui nous a regardé souffrir face à toutes les atrocités des partis au pouvoir, qui n’a mené aucun des combats de la survie du PDCI-RDA et qui vient et veut soudainement occuper le premier rang’’.

C’est là, ce qui se dit aujourd’hui dans les milieux du PDCI-RDA. Bien sûr, les partisans de THIAM restent sourds à ce message. Et pourtant il s’agit là d’une dénonciation forte de la violation des principes moraux et éthiques en politique dont le mépris mettra en péril l’intégrité de notre parti. En ce qui concerne la morale, la candidature de Tidiane THIAM à la présidence du PDCI-RDA soulève des questions fondamentales. Sa décision de briguer à tout prix cette haute responsabilité au sein du parti, malgré sa longue absence et son manque d’implication, suggère une motivation trop personnelle, un manque de respect envers les autres membres du parti qui ont consacré leur vie à la cause.

Tidjane Thiam
Seri Bi N’guessan (VP du PDCI) met le pied dans le plat : «Tidiane Thiam à la présidence du PDCI-RDA ? Une candidature illégale, illégitime, contraire à la morale et à l’éthique politique» 5

Pour ce qui est de notre jeunesse, l’élection de Tidiane THIAM au sommet du parti, qui piétine la méritocratie, envoie un message démoralisant à la jeunesse militante. Cette jeunesse qui mérite d’être récompensée pour ses efforts, son dévouement et sa loyauté envers le parti. La promotion d’un candidat sans mérites politiques apparents met en péril la motivation de la jeunesse à continuer à lutter pour le parti.

Nous ne doutons pas des qualités et autres capacités à longueur de journées égrainées par les partisans de Tidiane THIAM. Mais nous pensons qu’ils sont visiblement dans un quiproquo.  Le ‘’qui’’ qu’ils prennent ‘’pour’’‘’quoi’’ est la monumentale erreur qu’ils commettent en voulant à tout prix coïncider les qualités pour être président du PDCI-RDA et celles d’un profil pour être un des candidats du parti à l’élection présidentielle de 2025. Cette volonté affirmée de faire cette coïncidence est une grave méprise.

De plus dans leur approche, lutter à tout prix, y compris en brûlant tous les feux de la légalité, de la légitimité, de la morale et de l’éthique, pour faire de Tidiane THIAM le présidentdu PDCI-RDA, devrait disent-ils obligatoirement lui ouvrir la porte pour être le candidat ‘’naturel’’ du PDCI-RDA à l’élection présidentiel de 2025. Cette manière de projeter la candidature de Tidiane THIAM en 2025 pour le compte du PDCI-RDA, ouvre indéniablement la porte à l’implosion de notre parti. Deux raisons principales président à cela.

La première, elle rend sans objet la convention statutaire pour le choix des candidats du parti à l’élection présidentielle de 2025. En effet, les autres candidats potentiels n’auront pas confiance à cette tribune et s’abstiendront d’y participer.

La deuxième raison est que nombre de ces candidats potentiels seront amenés à être des candidats indépendants. N’est-ce pas là un déni de démocratie interne qui représente un autre danger pour la cohésion et l’unité de notre parti ?

Nous ne désespérons pas sur ce qui pourrait être vu comme une situation de blocage et sans solution. Le PDCI-RDA a des ressorts, de puissants ressorts pour faire comprendre dans cette flopée d’éminentes ressources humaines que regorge ce parti, qu’il y a moyens de trouver des places à la complémentarité des uns et des autres.

Seul Tidiane THIAM lui-même, dans un élan de sagesse, peut faire arrêter ce qui pourrait porter gravement atteinte à la cohésion et à l’unité du PDCI-RDA.

Nous lui lançons un appel pour dire que si hier, autant nos timoniers, Félix Houphouët-Boigny et Henri Kona BEDIE avaient tous les atouts incontestables pour cumuler toutes les fonctions, autant la situation d’aujourd’hui, appelle à une collaboration en équipe et à un esprit d’équipe et de partage des rôles.

Ceux qui évoquent des questions de confiance mutuelle se méprennent sur les capacités du PDCI-RDA à user du dialogue comme outil ultime de sa gouvernance pour sceller les engagements pris et le succès subséquent qu’il apporte aux situations qui peuvent paraitre insolubles.

Notre espoir est vif.

VP SERI BI N’GUESSAN

Ancien Député

Ancien Sénateur.