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Côte d’Ivoire/30 ans après le décès d’Houphouët-Boigny: Jean Claude Delafosse fait des révélations et des révélations

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Le colloque international, sur l’Houphouëtisme, qui se tient dans la capitale politique, Yamoussoukro, depuis le lundi 16 octobre, se situe dans le cadre des célébrations des 30 ans du décès (7 décembre 1993) du premier Président ivoirien Félix Houphouët-Boigny et des 50 ans d’existence de la Fondation Félix Houphouët-Boigny (FFHB) pour la recherche de la paix.

A l’ouverture des travaux dudit colloque étaient présents les ministres Jean Claude Delafosse, ancien ministre du Tourisme d’Houphouët-Boigny, Jean Marie Kacou Gervais, ambassadeur sous Houphouët-Boigny, Léopoldine Coffie Tiézan et Gnamien Yao, tous deux Vice-présidents du Pdci-Rda.

Les deux premiers cités ont eu droit à faire un témoignage sur celui qui a été leur Patron. Le faisant Jean Claude Delafosse a présenté Houphouët-Boigny, homme de rigueur, homme d’honneur, homme de parole, le diplomate fin, qui savait régler à tour de bras toute situation difficile qui se présentait à lui, un Houphouët-Boigny qui tenait à ce que tout soit parfait, parfait, parfait… « Le Président Houphouët-Boigny est notre père à tous, ici et ailleurs. Il a été Chef d’Etat, mais avant cela, avec le désapparentement d’avec le parti communiste avec lequel il était allié et sa rencontre avec Mitterrand, il n’a eu de cesse d’appartenir au Gouvernement français et à être parmi les cosignataires de la Ve République française. Il a participé pour nous à quelque chose d’essentiellement formidable. Il a réussi à ramener tous les opposants à lui et dans le cadre du parti unique que nous avions à l’époque, nous avons fait beaucoup de choses et beaucoup de chemin ensemble», a-t-il d’entrée fait connaître aux étudiants venus nombreux se cultiver.

REVELATIONS SUR LA CREATION ET LA CHUTE DE LA CAMPAGNIE AIR AFRIQUE

Poursuivant, l’ancien patron d’Air Afrique a fait d’importantes révélations sur la création et la chute de la compagnie Air Afrique. «  Il a crée beaucoup d’associations dans l’esprit du RDA. Et je dois dire que dans cet esprit c’est une question de lutte et de cohésion pour le développement de notre continent», a-t-il signifié tout en appelant le monde universitaire et scolaire à faire connaître d’avantage le RDA et ses concepteurs : «Messieurs les historiens, vous ne faites pas votre travail, vous ne faites pas votre travail parce que, réellement, ça a été le parti qui a pratiquement couvert les ¾ du continent africain. Quel est le parti au monde qui a eu cette aura-là. A l’indépendance de nos Etats francophones, à l’exception de 3 ou 4, si je ne m’abuse, étaient RDA. C’est ainsi que quand il s’était agi de faire quelque chose pour l’ensemble de ces Etats, tous se réunissaient autour d’Houphouët, sans les 3 ou 4 pays, et tous disaient Félix c’est toi notre Président, c’est toi qui décides. Et ce qu’il a décidé en ma présence et après que nous ayons discuté en aparté la veille, c’était la création de la Compagnie Air Afrique. C’était pour le Président Houphouët l’une de ses créations à laquelle il tenait le plus. D’abord une compagnie qui appartienne à 10 pays ça n’existe pas, ça n’existe pas et même encore ça n’existe pas», a-t-il relevé avant de mettre un point d’honneur sur les problèmes posés par les institutions internationales à savoir « qu’une compagnie, c’est fait pour avoir des avions, si on a des avions il faut les immatriculer, si on les immatricule il faut les immatriculer dans les pays propriétaires des avions … Mais Houphouët-Boigny, en moins de deux tours, tout a été réglé (…) C’est ainsi qu’Air Afrique a été créée. Et Houphouët n’a jamais dit qu’un africain ne pouvait pas gérer Air Afrique, celui qui a dit ça, je ne vais pas citer son nom mais il ment ! Parce que tant que, Air Afrique avait été gérée, tant que la politique ne s’était immiscée dans la compagnie, une compagnie de Nègre comme on l’appelait au départ ; qu’on donnait 3 à 6 mois d’existence possible, a vécu avec un crédit…», a-t-il révélé avant de préciser qu’en ce qui concerne « le soutien financier, moral, c’était Houphouët-Boigny … Au jour d’aujourd’hui quand je vois qu’Air Afrique n’existe plus. Houphouët a fait tout ça, où se trouve Air Afrique aujourd’hui ?» S’est-il interrogé amer, avant de regretter la disparition des sociétés d’Etat.

AGRESSION TOUS AZIMUTS CONTRE L’AFRIQUE : HOUPHOUET AVAIT PREVU L’UAMD.

Si des révélations ont été faites sur la création de la compagnie Air Afrique, il n’en demeure pas moins que le ministre Jean Claude Delafosse ait d’autres révélations en ce qui concerne les agressions que subissent les pays africains, notamment dues aux richesses.

« Il y a une association à laquelle le Président Houphouët tenait. Je ne sais pas si vous êtes au courant ou si vous connaissez l’existence de l’UAMD. Je ne vais pas vous blesser parce que vous n’êtes pas au courant. C’est l’Union Africaine et Malgache de Défense. Ça a été créé à Ouagadougou en même temps que la signature d’Air Afrique. Le président était monsieur Ballima et le chef militaire était le Lieutenant-colonel Claude Mademba Sy du Sénégal. Et quel était le rôle de cette institution militaire ? Moi je l’ai demandé au Président Houphouët et il m’a dit ceci : nous avons des richesses qui ne nous permettront pas d’avoir des armées pour faire face aux agressions que nous pourrions avoir. Donc il nous faut une armée qui puisse prendre notre défense de façon à ce qu’il y ait une unité. Parce que nous serons agressés de toute part par un ennemi qui sera commun et nous n’aurons une défense commune, ce n’est pas à l’usage d’une bonne défense. Houphouët n’a jamais fait l’armée à ce que je sache mais c’est lui qui a pensé à ça. Aujourd’hui où ça se trouve ? Vous ne pouvez pas me répondre moi non plus. Qui a démolit cette institution, je ne sais pas. Donc ce monsieur Félix Houphouët-Boigny avec toutes les personnes qui étaient avec lui ou contre lui ont fait ce pays-là en dotant le pays de tout ce dont avait besoin le pays. Houphouët n’a eu de cesse de financer lui-même certaines choses. Certaines choses étaient directement financées par lui (…) Houphouët-Boigny c’est la grandeur et le dialogue permanent», a-t-il conclu son témoignage.

Ange Nicaelle LYRANE

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