Bredoumy PP PDCI

Vie chère en Côte d’Ivoire/Le PDCI prévient encore: «D’autres mesures sont à venir avec l’augmentation des taux d’imposition jugés faible», selon Bredoumy

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Le Porte-parole du PDCI-RDA, Bredoumy Kouassi Soumaïla, était ce lundi face à la presse pour dénoncer les anomalies et autres irrégularités contenues dans la liste électorale et prévenir les Ivoiriens de ce que leurs impôts connaitront une augmentation. La lutte contre la vie chère n’est qu’un slogan creux. Après l’électricité, le gouvernement va encore augmenter les impôts. Ci-dessous la déclaration liminaire de la conférence de presse animée ce lundi par le Porte-parole, au siège dudit parti à Cocody.

Mesdames et messieurs les membres des instances du Parti,

Chers militants et militants du PDCI-RDA ;

Chers amis de la presse nationale et internationale,

Chers invités ;

C’est sur les instructions du Président de notre parti, Son Excellence Henri Konan Bédié, que nous organisons cette rencontre de ce jour avec la presse pour échanger essentiellement sur les questions relatives à l’organisation des prochaines élections locales.

Nous aborderons au deuxième point de notre exposé l’actualité nationale.

Mesdames et messieurs

En prélude aux élections locales à venir, la Commission Électorale Indépendante (CEI) a organisé du 19 novembre au 20 décembre 2022 sur toute l’étendue du territoire national, la Révision de la Liste Électorale (RLE).

Au terme de cette opération, le PDCI-RDA avait produit en décembre 2022 une déclaration comprenant quatre constats majeurs suivis de six recommandations. En conclusion de cette   déclaration, le PDCI-RDA avait exigé l’audit de la liste électorale.

Parmi les constats relevés par le PDCI-RDA on peut rappeler

  • Le peu d’engouement des populations pour l’opération de la Révision de la Liste Electorale (RLE), à cause du déficit d’information des populations des zones rurales

  • Une transhumance des populations consistant à des déplacements massifs d’électeurs savamment préparés et mis en œuvre à grande échelle
  • Un usage falsifié du certificat de résidence, pièce requise pour le changement de lieu de vote.
  • La transhumance électorale, source d’un vol électoral programmé en violation de notre constitution. Par son immoralité, son iniquité et son illégalité, elle fausse les règles du jeu démocratique et fragilise la légitimité de « l’élu ».
  • L’accroissement spontané et exponentiel du nombre des nouveaux Ivoiriens devenus électeurs dans des conditions pour le moins opaques.

Quant aux recommandations le PDCI-RDA avait demandé :

  1. L’annulation pure et simple de tous les changements de lieux de vote sauf pour les cas spécifiques d’électeurs qui confirmeront eux-mêmes leur changement de lieu de résidence documents à l’appui.
  • La justification par la CEI de toutes les augmentations de populations électorales qui ont conduit à la création de certains bureaux de vote inspirée par des inscriptions d’électeurs.
  • La publication conjointe des listes électorales de 2020 et de 2022 dans tous les lieux de vote, afin d’en faciliter l’étude comparée pendant la période du contentieux. 

Aujourd’hui la publication de la liste électorale provisoire donne raison au PDCI-RDA.

Mesdames et messieurs, chers amis de la presse,

Devant le refus constant du gouvernement de faire suite aux demandes incessantes d’un audit de la liste électorale ivoirienne formulées par les partis politiques de l’opposition, le PDCI-RDA a, depuis 2022, initié une analyse des listes électorales 2018 -2020 et 2020-2023. Celle-ci a révélé :

Au niveau national, les évolutions suivantes de la population électorale :

  • LED 2018 –LEP 2020 6 595 790 – 7 500 035 soit un taux de croissance de 13,71% avec 904 245 nouveaux inscrits.
  • LED 2020 – LEP 2023 – 7 500 035- 8 0016 796 soit un taux 6,96% avec 521 714 nouveaux inscrits
  • Au niveau du genre, on compte:
  • Hommes =4 130 371
  • Femmes = 3 856 425.

Au plan national, la population électorale 2023 connaît un taux de croissance (6,96%). Ce taux de croissance est en recul par rapport à celui de 2020 (13,71%).

Cependant, sur la liste électorale 2023, on constate une croissance exponentielle des inscrits sur la liste électorale dans certaines zones du pays. Ainsi, sur 25 régions enregistrant le taux de croissance le plus élevé, les 17 premières connaissent un taux de croissance de 156% à 30%.  Elles sont majoritairement situées dans la zone septentrionale. Par contre, les évolutions des populations électorales ayant le taux de croissance le plus faible sont dans le sud. Il s’agit notamment de:

Adjamé – 1,5%

Cocody – 2%

Marcory – 3%

On peut souligner :

  • Les déplacements des lieux de vote d’une commune à une sous-préfecture et inversement se chiffrent à 488 ;
  • La création d’une nouvelle commune sans information préalable : ATOUTOU ;
  • La suppression de certains lieux de vote importants sans information ;
  • La non-conformité de la liste électorale provisoire remise aux partis politiques avec les exigences du code électoral (art. 7) 

Il s’agit :

  1. Les mères sans prénoms : 303 356
  2. Les mères sans date de naissance : 1 166 514
  3. Les pères sans prénoms : 308 055
  4. Les pères sans date de naissance : 1 097 606.

Au titre des anomalies et irrégularités

On peut établir la typologie non exhaustive des anomalies suivantes :

  1. La présence de personnes mineures : 15 en 2023 et 2197 en 2020 ;
  2. Les personnes centenaires : 5 004
  3. Les personnes décédées : 53 000
  4. Les électeurs à inscriptions multiples : 5 598
  5. Les personnes à filiation inconnue ou incomplète : 96 637
  6. Les mères (électrices) ayant plus de 20 enfants : 8 634
  7. Les enfants des mères de plus de 20 enfants :   700 668
  8. Les pères de plus de 20 enfants: 8 563
  9.  Les enfants de pères de plus de 20 enfants :   657 375
  10. Les mères ayant enfanté à 60 ans et plus : 2 243 257

Le PDCI-RDA n’a pas fait que relever les irrégularités ;

Rencontre CEI- PDCI-RDA

Ayant observé un nombre inimaginable d’erreurs et d’anomalies sur la liste LEP 2023, le PDCI-RDA a sollicité et obtenu deux séances de travail avec la CEI pour rechercher les solutions à ce problème crucial. En effet, il est inadmissible qu’un document administratif d’une telle sensibilité soit publié sans un contrôle interne rigoureux. Il n’est pas normal de laisser cette responsabilité et cette tâche à la charge des seuls électeurs et des partis politiques, alors que des moyens considérables sont annuellement dégagés pour la révision de la liste électorale. Les rencontres du 12 et 15 juin 2023 initiées par notre Cellule de Coordination et de Gestion des Elections avaient pour objet d’obtenir de la CEI des informations sur le traitement réservé aux anomalies.

Les explications et justifications données par la CEI si elles révèlent son mode fonctionnement, elles reconnaissent l’existence des anomalies et des irrégularités sur la liste électorale depuis 2005. Ces erreurs, irrégularités et anomalies ont constamment été reproduites d’une liste électorale à l’autre puisque l’analyse des listes électorales 2018, 2020 et 2023 les confirme.

D’où la nécessité impérieuse pour la CEI, comme l’a toujours exigé le PDCI-RDA, de procéder à un audit de la liste électorale ivoirienne, en vue d’un contrôle de sa fiabilité et de sa capacité à garantir un scrutin sincère, juste et transparent pour renforcer la démocratie dans notre pays. C’est ce que n’ont pas manqué de faire des pays comme la Guinée Conakry en 2020, le Niger en 2019 et la République Démocratique du Congo en 2018.

En conclusion, un nettoyage intégral de la liste électoral est absolument nécessaire en adoptant de nouvelles mesures consensuelles. A cette fin, un comité ad hoc de personnes extérieures de compétences avérées pourrait être mis en place pour traiter toutes ces anomalies. Un délai maximum de dix (10) jours suffit pour respecter le chronogramme. Cette mesure aura le mérite d’éteindre toutes les suspicions de partialité de la CEI et de manipulation de la liste électorale. Cette mesure aura le mérite d’éteindre toutes les suspicions de partialité de la CEI et de manipulation de la liste électorale.

En ce qui concerne l’actualité nationale

Elle est toujours caractérisée par la souffrance de la grande majorité des ivoiriens, qui subit sans recours la cherté de la vie, exclue des marchés publics, des grands postes de l’administration et muselée de toute part, et enfin privée de ses droits fondamentaux de liberté, notamment celle de manifester pacifiquement.

La Côte d’Ivoire est un pays souverain, nous a-t-on lancé tout récemment. Et pourtant nos engagements avec le FMI, suite à notre endettement non maitrisé, nous ont conduits à une mise sous ajustement structurel. Elle nous a imposé l’augmentation de l’électricité.

D’autres mesures sont malheureusement à venir concernant l’augmentation de notre taux d’imposition jugé faible. Certaines subventions dont celles sur la farine, le gasoil et des filets sociaux risquent de sauter sous la pression de nos partenaires financiers. Prions Dieu pour qu’on puisse échapper à des normes de vie de l’Occident qui sont contraires à notre culture et nos traditions. 

Dans le milieu rural Les producteurs agricoles des secteurs du coton, de l’anacarde, de l’hévéa peinent à retrouver leur équilibre. Le palmier à huile qui faisait l’exception est malheureusement frappé par la chute du pouvoir d’achat des producteurs. Dans les circonstances actuelles de la conduite de notre politique agricole, attendons-nous à une campagne commerciale de l’anacarde plus catastrophique que celle qui s’achève. Cependant on nous chante chaque jour que les ivoiriens sont les plus riches et les plus heureux.

Chers invités

Ne sachant où donner de la tête face aux électeurs qui veulent leur tourner le dos, les candidats du RHDP aux prochaines élections locales, brandissent la honteuse menace de restreindre les financements de l’Etat aux seules localités où seront élus les militants du parti au pouvoir.

Le PDCI-RDA proteste et dénonce cet apartheid économique.

C’est pourquoi notre parti s’est fait fort de saisir les Partenaires Techniques et Financiers de notre pays pour que les ressources publiques soient mises à disposition des populations sans discrimination.

Mesdames et messieurs, chers amis de la presse,

Voilà ainsi présentés mes propos liminaires de ce jour.

Nous nous tenons à votre disposition pour vos interrogations.

Je vous remercie