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Après l’échec des négociations avec Adama Diawara: Simi Deroux et des docteurs non recrutés reprennent le maquis et menacent

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Les négociations tant sollicitées par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, pour trouver des solutions aux problèmes de l’insertion professionnelle des docteurs non recrutés de Côte d’Ivoire ont échoué.

C’est ce qu’a fait savoir Simi Deroux, l’un des porte-paroles de ces docteurs, lors d’une conférence de presse qu’il a animée, à l’université Félix Houphouët Boigny (Cocody), en début d’après midi de ce mercredi 10 mai 2023.

A cette occasion, l’homme qui est présenté comme le plus récalcitrant des présidents des sept collectifs de docteurs non recrutés a fait de grandes révélations qui exposent le ministre Diawara à des poursuites judiciaires.

Ce, en annonçant à la fois leur prochaine marche sur la primature qui est prévue de se tenir le 24 du mois en cours.

Ci-dessous, l’intégralité de son propos liminaire fidèlement rapporté.

« Chers amis de la Presse,

Le Collectif des Docteurs Non Recrutés de Côte d’Ivoire, voudrait interpeller une enième fois l’opinion sur ce qu’il est convenu d’appeler,  la crise du Doctorat en Côte d’Ivoire.

En effet, depuis 2021, la Côte d’Ivoire connaît une crise ouverte du Doctorat. Elle est liée, non seulement, au manque de planification du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique, mais aussi et surtout, à l’existence de fraudes massives aux concours de recrutement des Assistants et des Attachés de recherche du supérieur.

Dit simplement, plusieurs docteurs n’ayant pas composé lors des épreuves d’évaluation sont déclarés admis. Certains sont déclarés admis dans des spécialités qui ne sont pas les leurs au détriment des spécialistes. D’autres, sans apparaitre sur aucune liste d’admis, enseignent dans nos universités publiques sur présentation de lettre de recommandation  signée par M. Adama Diawara.

Se positionnant comme une force de proposition, le Collectif des Docteurs Non Recrutés de Côte d’Ivoire  en a fait plusieurs  au ministre de tutelle. Ce sont:

-Le recrutement massif des Docteurs dans nos universités, où le manque est estimé à 6000  enseignants;

-L’insertion de plusieurs docteurs dans l’administration en se référant au compendium des compétences;

– La conversion de ne serait-ce la moitié des heures complémentaires estimées à 10 milliards, en postes d’assistants;

– Le règlement de la question des docteurs frappés par la limite d’âge suite à des échecs répétés dus à l’opacité du concours.

En outre, vu la reconnaissance, par M.  Adama Diawara, de la compétence de tous les docteurs ivoiriens et de la responsabilité de l’État à insérer les docteurs en raison du caractère particulier du Doctorat, le Collectif  a demandé l’organisation d’un recrutement des docteurs selon l’année de soutenance. Cette pratique  garantit sans favoritisme l’équilibre des chances pour tous les docteurs. Elle se faisait auparavant dans les universités publiques ivoiriennes et se fait actuellement pour le recrutement des docteurs en médecine.

Malheureusement, malgré son incapacité à démentir les fraudes rendues publiques, M. Adama Diawara continue d’organiser ses concours aux contours flous.

Or cette  pratique pénalise les docteurs sans parrains et sans grands moyens financiers.

Pour montrer sa bonne foi, le Collectif, à tort vilipendé comme radical à travers une politique de propagande savamment orchestrée par M. Diawara et ses proches, est allé à la table de négociation.  Poursuivant, le Collectif a suspendu sa marche initialement prévue le 22 février dernier, pour réitérer son ouverture au règlement conciliant de la crise du Doctorat.

Il est important de préciser que pour le règlement de cette crise, la plupart des entités sensibilités importantes du pays ont été sollicitées depuis 2 ans à savoir:

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Après l’échec des négociations avec Adama Diawara: Simi Deroux et des docteurs non recrutés reprennent le maquis et menacent 3

L’imam Cissé Djiguiba, le COSIM, le cardinal Jean Pierre Kutwa, la Mediature, le Conseil Économique et Social, le Sénat, la Grande Chancellerie, l’Assemblée nationale, des rois et chefs  traditionnels, la ministre de la fonction publique, la CNEC, la POSEC-CI, la FESCI, le CEECI et bien d’autres.

Toutes ces  personnalités et forces vives du pays  nous ont reçus  et semblent avoir fait leur part.

Malgré cela, M. Adama Diawara, demeure inflexible aux propositions concrètes du Collectif. Aucune action concrète n’a été posée pour traduire sa volonté d’entamer le règlement définitif de la crise. Bien au contraire, le ministre s’obstine à maintenir son concours truqué pour déclarer  admis ceux qui n’ont pas composé.

Aussi, faut-il noter que plusieurs courriers adressés à la Première Dame sont jusqu’à ce jour sans suite. Idem pour ceux adressés à Son Excellence, Monsieur le Vice-President de la République.

Enfin une dizaine de demandes d’audience ont été adressées à SEM le Premier-ministre, Chef  de l’action gouvernementale. Malheureusement, aucune suite n’a été donnée. Le rendez-vous promis publiquement aux Docteurs Non Recrutés, lors de sa conférence de Presse, pour leur expliquer la reconversion à laquelle il les invitait, n’est jusque-là pas effectif.

Toutes ces précisions ne sont pas anodines dans un État où des brillants docteurs ont été honteusement emprisonnés parce qu’ils dénonçaient la mafia qui prévaut  dans le concours de M. Adama Diawara. Elles  sont plus qu’importantes, dans la mesure où un sentiment de solidarité gouvernementale à tout prix semble germer dans l’opinion.

Sinon, pourquoi  Son Excellence, M. Patrick Achi, continue-t-il de rester silencieux bien que son ministre ait déclaré admis des docteurs n’ayant pas composé et signé des lettres de recommandation?

Pourtant, depuis deux ans, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption figurent en lettre d’or  dans la feuille de route  du gouvernement déclinée dans les discours de fin d’année du  chef de l’Etat.

Pourquoi le gouvernement ivoirien malgré les propositions pertinentes et réalistes du Collectif reste insensible à la crise du Doctorat ?

Quel message le gouvernement entend-il envoyer aux jeunes, quand pour une année dite dédiée à l’emploi des jeunes,  3000 docteurs sont maintenus sur le carreau ?

Quel message Son Excellence, M. Patrick Achi et son gouvernement comptent envoyer aux jeunes quand ils sont solidaires de M. Adama Diawara, au détriment du bonheur des milliers de familles ivoiriennes ayant suffisamment investi dans les études de leurs enfants? Est-ce cela la Côte d’Ivoire Solidaire?

Quelle est cette solidarité élitiste qui empêche sciemment des milliers de ménages d’être épanouis?

Comment affirmer régler l’emploi des jeunes par l’investissement des  milliers de milliards quand 3000 diplômés suffisamment outillés pour servir le pays sont laissés pour compte?

Comment  Son Excellence, M. Patrick Achi qui avançait en septembre 2022 que l’investissement dans l’éducation est le plus rentable pour le pays, semble t-il inactif à la capitalisation de 3000 cerveaux?

Comment rendre l’école obligatoire et maintenir 3000 docteurs sur le carreau? Comment prétendre faire la promotion de la scolarisation de la jeune fille quand un gouvernement est muet devant l’emprisonnement honteux de plusieurs femmes docteures qui réclament pacifiquement de l’emploi?

Comment encourager les jeunes filles à s’adonner aux études quand la mobilisation gouvernementale autour des ‘’Miss Côte d’Ivoire’’ et des soi-disant influenceuses est plus ostentatoire que celle autour de ‘’ Miss mathématiques’’  ou du chômage de 700 femmes docteures?

Excellence M. le Premier Ministre  la croissance et le PIB impressionnants de notre pays ainsi que toutes les annonces solennelles du décaissement des  milliards pour les jeunes,  sonnent comme des vœux pieux pour les familles et les villages des docteurs non recrutés. Il est chimérique de revendiquer une politique objective d’emploi des jeunes en une année dite dédiée à l’emploi des jeunes, avec plus de 3000 docteurs sur le carreau.

Pour leurrer l’opinion, sur ce qui semble s’assimiler à l’indifférence gouvernementale des questions de l’éducation, le slogan inadéquation formation-emploi est érigé en paravent.

L’insertion des plus de 3000 docteurs n’est point une question d’inadéquation formation emploi. Loin s’en faut !

Sinon, en quoi  le refus du recrutement par ordre de soutenance pour garantir les chances à tous les docteurs est-il dû à l’inadéquation formation emploi?

En quoi le refus d’appliquer le compendium de compétences, qui permet à au moins 700 docteurs d’être insérés dans l’administration et les structures étatiques selon leurs spécialités a -t-il un rapport avec l’inadéquation formation emploi?

En quoi le refus de la prise d’une mesure exceptionnelle pour permettre l’insertion planifiée d’au moins 2000 enseignants dans nos universités, qui en manquent 6000,  est-il  lié à l’inadéquation formation emploi?

En quoi  le refus de l’audit de nos laboratoires et centres de recherche, aux gros budgets dilapidés, pour  permettre l’embauche d’au moins 500 Docteurs comme chercheurs est-il en rapport avec l’inadéquation formation emploi ?

En quoi  le refus de M. Adama Diawara de convertir les heures complémentaires, pour permettre à  au moins 400 docteur, en plus des 675 annoncés d’être recrutés selon l’ordre de soutenance,  est- il en rapport avec l’inadéquation formation emploi?

Pour marquer leur indignation, les Docteurs Non -Recrutés ont adressé une interpellation citoyenne aux autorités suivantes :

– Le Directeur de la Direction de la surveillance du Territoire ( DST);

– Le Commandant Supérieur de la gendarmerie;

– Le Directeur  Général de  la Police Nationale ;

– Le Préfet de Police d’Abidjan;

– Le Ministre de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption,

– Le Procureur de la République;

– Le Ministre de la justice et des Droits de l’homme;

– Le Directeur de l’Observatoire de la Solidarité et la Cohésion  Sociale ( OSCS).

Excepté le courrier  transmis à la DST, des pièces illustrant des cas déroutants de fraudes avec l’identité des Docteurs incriminées, ont été jointes à tous les autres.

Les décharges desdits courriers seront transmises à la presse tout à l’heure.

Chers amis de la Presse, le 24 Mai 2023, à travers une marche dûment organisée, les Docteurs  refusant d’être lâchement complices du génocide intellectuel,  iront  au Plateau pour interpeller le gouvernement sur son silence face aux mesures  iniques et  peu solidaires de M. ADama Diawara.

Que tous les Docteurs Dignes, qui refusent de brader l’avenir de l’éducation en contrepartie des promesses de recrutement et des enveloppes, se mobilisent pacifiquement pour la marche.

La Côte d’Ivoire nous appartient à tous.

Je vous remercie. »

Vagoné Dry-Bi

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