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Taxes parafiscales sur certains matériaux de construction/Bruno Koné explique: «C’est un accompagnement que nous recherchons»

Après l’Assemblée nationale, la Chambre haute du parlement ivoirien a reçu le lundi 12 décembre dernier, le ministre de la Construction, du logement et de l’urbanisme, Bruno Nabagné Koné. Qui était accompagné du ministre Moussa Sanogo du Budget et du Portefeuille de l’Etat, pour la ratification de l’ordonnance n°2021-858 du 15 décembre 2021 instituant des taxes parafiscales sur certains matériaux de construction au profit de l’habitat social.

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Expliquant, à travers l’exposé des motifs, le choix d’une telle décision, Bruno Koné a relevé que l’Etat, par son programme présidentiel sur la période 2021-2025, entend construire 150 000 logements. «L’évaluation des ressources nécessaires pour la purge des droits coutumiers et la réalisation des VRD primaires fait ressortir un besoin en financement estimé à près de 1700 milliards de francs CFA, soit près de 20% du budget total de l’Etat pour l’année 2021. La mobilisation d’un tel niveau de financement parait difficile voire impossible à supporter uniquement par le budget de l’Etat. Pour faire face à ses engagements, il convient de mobiliser des ressources alternatives au budget de l’Etat, à travers notamment le mécanisme de parafiscalité sur les matériaux de construction», a-t-il planté le décor se référant au Maroc où 1600 milliards ont été mobilisés entre 2012 et 2016. Les échanges ayant été convaincants les sénateurs, membres de la Commission des affaires économiques et financières du Sénat, ont ratifié à l’unanimité ladite ordonnance.

Face aux hommes des médias, le ministre Bruno Koné a fait comprendre que « l’ambition de l’Etat, c’est de permettre à la majorité des ivoiriens, permettre à tous les ivoiriens qui le souhaitent, d’accéder à un logement décent. »

Selon l’envoyé du gouvernement au Sénat, «le dernier aspect sur lequel nous avons beaucoup insisté aujourd’hui c’est la location simple. Tout simplement parce que si vous prenez l’agglomération d’Abidjan seulement 20% de la population est propriétaire, tous les autres sont des locataires. Malheureusement, nous avons une note locative qui est trop faible. Ce qui explique la flambée qu’il y a au niveau des loyers.»

Puis il a fait noter que la réponse à cette préoccupation majeure ne réside pas dans la baisse des prix des matériaux de construction. «C’est simple parce qu’il faut permettre à toute la population ivoirienne et ceux qui aujourd’hui sont dans les bidonvilles de pouvoir accéder à un logement décent. Accéder à un logement décent ça veut dire que demain il faut pouvoir avoir des logements avec des loyers de 20 000 FCFA, 25000, de 15000 FCFA. C’est cela qui va permettre à quelqu’un aujourd’hui qui est dans un quartier précaire de le quitter pour aller dans un logement décent. Et cela ne peut se faire sans l’accompagnement de l’Etat. Un accompagnement de l’Etat important et efficace nécessite des taxes parafiscales qui sont l’une des solutions qui est apportée par l’Etat», a-t-il défendu.

Pour Bruno Koné, «il y a ce principe de solidarité que nous visons. Si vous construisez une maison de 200, 500 millions qu’on vous dit que vous avez 3 ou 4% d’augmentation du ciment et du fer à béton et que cette différence est reversée dans les ressources de parafiscalité pour faire du logement social vous voyez ce que cela fait en termes de maison qui sont mis sur le marché et à des coûts qui soient supportables par la majorité des populations. C’est cela que nous visons ! »

Insistant sur la nécessité pour tout ivoirien d’avoir un logement décent, le ministre de la Construction de faire noter ceci : « C’est cet accompagnement que nous recherchons à travers ce principe de la solidarité, emmener ceux qui aujourd’hui ont la capacité de construire des immeubles à faire du logement social. Les taux n’ont pas été fixés et vous avez dû voir que l’Ordonnance qui vient d’être ratifié, c’est sur le principe. Une fois que le principe est acquis les taux seront pris par décret et comme je l’ai dit, les taux ne devraient pas excéder 10% et donc si les taux n’excèdent pas 10% nous serons entre 30 et 50 milliards par an mais c’est autant de logements que là aussi nous sommes capables de réaliser et de mettre sur le marché. Ça aura un impact à la baisse sur le loyer et c’est ça que nous souhaitons ! »

Ange Nicaelle LYRANE

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