Aka Aouele

Montée en puissance de la COVID-19: Des lieux de contamination passés sous silence, les coupables connus

Depuis l’enregistrement du premier cas de COVID-19 en Mars 2020 en Côte d’Ivoire, les populations n’ont jamais eu de peur bleue comme celle qui s’est emparée d’elles le 25 Mars 2021 avec 757 nouveaux cas, 477 guéris et 5 nouveaux décès.

Dans l’un de ses rapports quotidiens sur cette pandémie, le ministère de la santé a relevé qu’à cette date du 25 Mars2021, la Côte d’Ivoire comptait plus de 42. 074 cas confirmés dont 37. 797 personnes guéries, 229 décès et 4. 048 cas actifs.

Aka Aouélé Eugène, ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, a précisé que le 24 Mars 2021, 1.649 personnes ont été vaccinées avec un total de 29. 535 personnes vaccinées contre la COVID-19 du 1er au 24 Mars.

Il a exhorté le personnel de santé, les forces de défense et de sécurité, les enseignants, les personnes âgées de plus de 50 ans et les personnes porteuses de maladies chroniques à se présenter au centre de vaccination au Parc des Sports de Treichville au sud d’Abidjan et les autres centres ouverts pour se faire vacciner gratuitement contre la pandémie.

Car le variant anglais de la COVID-19 est présent en Côte d’Ivoire et circule principalement à Abidjan.

L’Etat conscient du désordre et de la négligence

Selon Edith Kouassi, conseillère technique au ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, la hausse des décès est le résultat d’une flambée des contaminations : 5. 500 nouveaux cas les deux dernières semaines écoulées sur plus de 42. 000 tests analysés ; soit un taux de positivité moyen de 12% avec des pics ayant parfois dépassé les 19%. Plusieurs causes combinées expliquent cette situation.

Avant de préciser ceci : « On a un peu baissé les bras. Tout le monde a baissé un peu les bras, tous les milieux. Et on est en train de le payer. À la mi-décembre, c’était les fêtes de décembre ; ensuite, il y a eu d’autres événements comme la Saint-Valentin, il y a eu des événements politiques. Et si dans ces rassemblements, les gens ne prennent pas de précautions, le virus circule. Et nous avons aussi une micro-suspicion du variant anglais qui lui, est plus chez les jeunes. Vous voyez que, de plus en plus, dans les écoles, il y a des cas de contamination. Nous ne sommes pas encore en saturation, nous ne le souhaitons pas et c’est pour cela que nous insistons afin que les mesures barrières soient respectées. Ces mesures sont efficaces », confirme Edith Kouassi.

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Une sensibilisation inutile sur le vaccin ?

Face à ‘’l’hémorragie’’, l’Etat et les chefs d’entreprises ont décidé de passer à l’offensive via la présentation de la campagne de vaccination contre la pandémie.

Au cours de cette récente séance au Patronat ivoirien, Dr Blaise Koné, directeur général adjoint de l’Hygiène publique, s’est prononcé en ces termes :

« Depuis le mois de février 2021, déjà, l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire indiquait la présence de ce variant dans notre pays; c’est sûr que de là jusqu’aujourd’hui, la maladie a certainement beaucoup progressé (…), ce qui explique le nombre de cas de regain ».

Avant d’avertir qu’il faut redoubler d’effort dans le respect des mesures barrières contre la maladie.

A propos du vaccin, la Côte d’Ivoire a adhéré au mécanisme Covax, une initiative mondiale consistant à collaborer avec les fabricants des vaccins contre la COVID-19.

Le pays a reçu le 26 février 2021, 504.000 doses d’AstraZeneca et au nom de l’amitié ivoiro-indienne 50.000 autres doses le 5 Mars 2021. 

Les autorités ambitionnent de faire vacciner 58% de la population. Elles envisagent de recourir à d’autres sources de financement en dehors du mécanisme Covax.

Sur les populations à vacciner, le mécanisme Covax interviendra à hauteur de 20%, la Banque mondiale (19%) et l’Etat ivoirien (19%).

Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a exhorté les populations à se faire vacciner, indiquant que ‘’pour l’heure il n’y a pas de solution, il n’y a que des mesures de prévention, entre autres les mesures barrières et les vaccins’’. 

« Il faut faire confiance au vaccin AstraZeneca, utilisé aujourd’hui par une quinzaine de pays africains éligibles au mécanisme Covax à qui il a été alloué le vaccin et dans aucun de ces pays on nous a signalé un décès dû à AstraZeneca », a-t-il précisé. 

Cette sensibilisation intervient à un moment où la pandémie a déjà gagné du terrain en Côte d’Ivoire et que le vaccin suscite des débats quant à sa crédibilité et son efficacité.

Des pays tel que la France où la COVID-19 tue plus, ont suspendu l’utilisation du vaccin AstraZeneca, semant le doute dans l’esprit de plusieurs pays africains.

La Côte d’Ivoire pourra-t-elle faire vacciner 58% de la population comme cela est prévu par les autorités ?

Il est pour le moment difficile de répondre à cette interrogation.

Pour ce que l’on a appris, le vaccin n’empêche pas d’être contaminé par la pandémie.

En outre, l’Etat a abandonné le suivi des mesures barrières dans les véhicules de transports, dans les maquis, bars et boîtes de nuit…

Le cache-nez est facultatif et les populations continuent de se serrer les mains, de faire les accolades et autres gestes déconseillés, à cause de la maladie.

A ce niveau, l’Etat doit contraindre les populations à ne plus baisser les mains.

Pour ce qui est du bilan alarmant actuel, l’Etat et des populations négligentes des mesures barrières sont coupables.

On se souvient de la fameuse phrase : ‘’on s’en fout de Corona’’ prononcé par le président de République en 2020 en pleine crise sanitaire.

Cette plaisanterie, si c’en est une, a amené plusieurs populations déjà révoltées par le port régulier du cache-nez à douter de l’existence de la pandémie ; d’où leur incivisme.

Nathanael Yao

Aka Aouele
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Encadré

Des lieux de contamination passés sous silence

Dans la traque des lieux où circule le plus le Coronavirus, l’Etat met rarement l’accent sur les marchés publics et les hôtels. Et pourtant, dans ces espaces, il est impossible de respecter des mesures barrières.

En effet, dans les marchés, des milliers de personnes se retrouvent, se côtoient en majorité sans leur cache-nez, ni la distanciation.

Dans les hôtels disposant de chambres de passage, les couples se retrouvent également sans cache-nez, ni distanciation, sur le lit de rencontre. Et imaginons la suite si l’un d’entre eux est porteur du virus.

Ce fait interpelle l’Etat qui souhaite les guérisons de tous les cas et la fin des contaminations.

N.Y

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