Opposition ivoirienne

Législatives du 6 mars/Majorité à l’Assemblée nationale: Une mission difficile pour l’opposition?

Après son abstention aux élections présidentielles d’octobre 2020, l’opposition ivoirienne a décidé de participer aux législatives de 2021 avec des candidats consensuels dans plusieurs localités du pays, dans le seul but de remporter la majorité des sièges.

Cette mission ne sera pas du tout facile, sauf changement de dernière minute. Car les conditions dans lesquelles ces élections seront organisées sont à l’avantage du régime.

Par exemple, la liste électorale n’a pas été auditée malgré la grave crise qu’elle a provoquée.

En outre, le découpage électoral laisse à désirer, avec un flagrant déséquilibre qui dépasse tout entendement.

Des communes comme Abobo et Yopougon…, dites bastions du RHDP comportent chacune, une liste de 6 députés et 6 suppléants.

Ce choix est-il relatif au nombre d’habitants ? Si tel est le cas, alors cet argument ne tient pas.

Car à Yopougon ou à Abobo, un seul député peut avoir facilement accès aux populations, pour leurs expliquer les lois votées et décisions prises au parlement.

Ses cinq collègues sont donc de trop.

Des sous-préfectures tels que Djébonoua ou Gagnoa qui regroupent plusieurs villages dont certains ont l’accès très difficile pour cause d’enclavement, devraient bénéficier de plus de postes de député.

Malheureusement, chaque député sortant de ces circonscriptions est de l’opposition et le régime s’en réjoui.

Toute l’opposition est consciente de ces anomalies.

Mais dans sa grande majorité, elle a décidé d’aller quand même à ces élections pour lutter 255 sièges dont pour des spécialistes, plus de 50 sont déjà un acquis pour le régime en place, au vu du découpage électoral truqué.

Cette opposition a-t-elle un plan B ?

Il est difficile de répondre pour le moment à cette interrogation.

L’on sait que seuls Simone Gbagbo et Soro Guillaume ont ouvertement refusé de participer à ces élections qu’ils qualifient de parodie ou copie conforme des présidentielles tronquées de 2020.

L’équilibre à la CEI est réconfortant pour les opposants.

Cependant, le découpage électoral et la liste électoral non audités, constituent un sérieux handicap pour eux.

Sans la majorité parlementaire, l’opposition ne mourra pas. Mais avec cet atout, elle sera plus forte pour des élections présidentielles plus crédibles et transparentes en 2025.

Nathanael Yao