Inondations, Covid-19 et élections: D’incohérences en incohérences dans les décisions gouvernementales… Hamed Bakayoko préfère menacer les populations

Inondations, Covid-19 et élections: D’incohérences en incohérences dans les décisions gouvernementales… Hamed Bakayoko préfère menacer les populations

Pulchérie Edith Gbalet, la présidente de l’ONG Alternance citoyenne ivoirienne (ACI), organise régulièrement des vidéos sur sa page facebook intitulées ‘’Les 10 minutes de Gbalet Pulchérie’’ pour dénoncer et faire des propositions aux différentes situations que vivent les populations ivoiriennes. Elle s’est penchée sur les incohérences de certaines décisions gouvernementales notamment par rapport aux inondations, à la gestion de la COVID et aux élections.

LES 10 MINUTES DE GBALET PULCHERIE DU SAMEDI 27 JUIN 2020

Retranscription de la vidéo d’hier samedi 27 juin.

Aujourd’hui nous allons vous entretenir sur les incohérences de certaines décisions gouvernementales notamment par rapport aux inondations, à la gestion de la COVID-19 et aux élections, et vous faire nos recommandations.

PAR RAPPORT AUX INONDATIONS

Outre les problèmes techniques que nous connaissons, tous liés :

  • Aux lotissements sans respect des normes ;
  • A l’incivisme des populations (débordement des constructions, installation dans les zones inconstructibles avec la complicité des agents des Mairies et ceux du ministère de la construction, et l’obstruction des canalisations)
  • Manque d’anticipation du Gouvernement pour prévenir ces situations qui ne sont pas nouvelles.

Le vrai problème est celui de l’échec de la politique de décentralisation. En principe, le transfert de la capitale à Yamoussoukro, la création des conseils généraux devenus conseils régionaux avaient pour but de développer des pôles économiques régionaux qui freinerait l’exode rural et la surpopulation d’Abidjan. Malheureusement dans notre pays, on préfère déplacer les problèmes au lieu de leur trouver des solutions. La majorité de la population active vit à Abidjan parce qu’elle n’a pas d’autre choix, mais entre temps l’autre problème est celui de la politique de logement, car les loyers sont chers et ne sont pas à la portée des travailleurs parce que la majorité des travailleurs sont dans le secteur informel et n’ont donc pas un travail décent. Même certains fonctionnaires aux bas salaires habitent les zones à risques.

PAR RAPPORT A LA GESTION DE LA COVID

Après le dernier conseil de sécurité tenu le jeudi 25, le Premier Ministre intérimaire s’est permis de menacer les ivoiriens. Quand on est à cour d’idée et de solutions on ne menace pas ceux pour qui on travaille. Lorsqu’on ne tient pas parole on ne fonctionne pas comme si on était irréprochable. On ne comprend pas votre gestion de la COVID. D’abord, l’entrée de la COVID19 en Côte d’Ivoire s’est faite par voie aérienne, et aujourd’hui, on ouvre les frontières aériennes et les frontières terrestres sont maintenues fermées. Secundo, quand on menace de prendre des mesures dites draconiennes, alors qu’on ne respecte pas ces engagements liés aux solutions proposées, on devient ridicule. Où sont les masques gratuits ? Où sont les 2004 prisonniers qu’on devait libérer pour désengorger les prisons ? Où sont les aides promis aux ménages ? Où sont les aides promis aux PME et au secteur informel ou PME ? Ce que nous avons constaté, c’est que les attributions de ces aides sont sélectives et discriminatoires. Comment depuis 3 mois que ces aides sont distribuées, nous qui sommes dans le peuple, ne connaissons personne qui ait reçu quelque chose ? Par contre, on apprend dans un même ménage RHDP, chaque membre du manage reçoit les 25 000F. Et à la télé, on annonce de faux chiffres. C’est malhonnête.

Que le gouvernement reconnaisse humblement son échec quant à la gestion de la pandémie et applique des décisions réalistes qui ne vont pas appauvrir les ivoiriens. Le premier confinement a été mal géré et l’argent qui devait aider tous les ivoiriens a servi à ouvrir la campagne RHDP qui continue. Un second confinement peut avoir des conséquences désastreuses et imprévisibles car les populations sont très frustrées.

PAR RAPPORT AUX ELECTIONS

Le processus est mal géré depuis le début et les perspectives ne sont pas bonnes.Nous l’avons déjà dit et nous le répétons, l’environnement électoral n’est pas rassurant car non seulement la réconciliation n’est pas effective, mais rien n’est consensuel dans le processus électoral :

–          La CEI est contestée mais organise les élections ;

–          Le code électoral n’est pas consensuel ;

–          Le calendrier électoral est contesté par l’opposition parce qu’il n’est pas consensuel mais il s’exécute sans tenir compte des protestations. Voilà que le report de la période d’inscription sur la liste électorale s’est encore une fois décidé de façon unilatérale sans tenir compte des raisons qui ont motivé les demandes de report.

Outre les problèmes techniques dus au caractère défectueux de certains appareils et à la lenteur des agents électoraux, la demande a été motivée par les difficultés sur le terrain pour obtenir les pièces administratives de base que sont l’extrait de naissance, le certificat de nationalité et le certificat de résidence.

Nous sommes dans une dynamique de passages en force affichée qui est très dangereuse pour la suite du processus.

RECOMMANDATIONS

Par rapport aux inondations

  • Elaborer et mettre en œuvre une politique de décentralisation ;
  • Elaborer un plan de restructuration des quartiers qui ne respectent pas les normes ;
  • Organiser le déguerpissement de toutes les zones inconstructibles ;
  • Curer les canalisations et réparer celles qui sont endommagées avant la saison pluvieuse ;

Par rapport à la COVID

  • Nous soumettre à l’immunité collective ou mettre sur pied un comité de réflexion avec tous les partis politiques, la société civile et les syndicats pour trouver les meilleures solutions pour tous les ivoiriens, car le confinement ne convient pas à un pays où la majorité de la population vit au jour le jour et il y a plusieurs aspects à analyser en accord avec les spécialistes du secteur ;
  • Respecter ses promesses comme celles de libérer les prisonniers, d’aider tous les ivoiriens sans discrimination et rendre le masque réellement accessible ;

Par rapport aux élections

Il faudrait réviser le calendrier électoral en accord avec l’opposition et la société civile, rallonger la période d’inscription sur les listes au 15 juillet, mais surtout organiser un dialogue inclusif nécessaire pour des élections apaisées.

Monsieur le Président, la décision et les conditions de réussite, de ce dialogue inclusif, vous appartiennent. Les ivoiriens vous regardent.

Excellent week-end à tous et à toutes, et à demain 12h30 pour un autre sujet.

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