COVID-19: Une roublardise du Gouvernement Ouattara-RHDP dénoncée… 7 questions à Sansan Kambilé, ministre de la Justice

COVID-19: Une roublardise du Gouvernement Ouattara-RHDP dénoncée… 7 questions à Sansan Kambilé, ministre de la Justice

La roublardise du Gouvernement dans la gestion des prisonniers face à la COVID-Pulchérie Edith Gbalet, la présidente de l’ONG Alternance citoyenne ivoirienne (ACI), organise régulièrement des vidéos sur sa page facebook intitulées ‘’Les 10 minutes de Gbalet Pulchérie’’ pour dénoncer et faire des propositions aux différentes situations que vivent les populations ivoiriennes. Elle s’est penchée sur la roublardise du Gouvernement dans la gestion des prisonniers face à la COVID.

LES 10 MINUTES DE GBALET PULCHERIE DU VENDREDI 26 JUIN 2020

Pulchérie Edith Gbalet, présidente de l’Ong ACI

Aujourd’hui nous allons vous entretenir sur la roublardise du Gouvernement dans la gestion des prisonniers face à la COVID, et vous faire nos recommandations.

LES FAITS

La Côte d’Ivoire compte 34 prisons avec une capacité d’accueil de 6989 détenus. Il existerait actuellement environ 21000 prisonniers sur toute l’étendue du territoire national, soit une surpopulation de 300%. A la Maison d’arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), principale prison du pays construite dans les années 1970, nous avons actuellement une population de 7 890 prisonniers pour une capacité d’accueil de 1500 places.

Face à la pandémie du covid-19, dans un souci sécuritaire et sanitaire, le gouvernement a décidé de désengorger nos prisons. C’est ainsi que le mercredi 08 avril 2020 le Président de la République a gracié un millier de détenus encourant des peines légères et 1004 autres en fin de peine. Cela fait au total 2004 prisonniers, soit 14% du surplus de prisonniers.

Nos sources ont fait état de personnes atteintes et même de décès dus à la COVID-19 à la MACA et d’un grand désespoir des prisonniers dont les cellules sont surchargées. Il nous est également revenu que seuls le personnel pénitentiaire serait protégé et que les détenus seraient livrés à eux-mêmes.

ACI a donc produit deux (2) déclarations en dates des 13 avril et 22 mai 2020 pour dénoncer la négligence dont fait preuve le Gouvernement dans la gestion des prisonniers face à la COVID-19 en demandant :

  • L’élargissement de la grâce à la moitié des détenus si possible en tenant compte des délits et en privilégiant les prisonniers militaires, les prisonniers politiques et les prisonniers d’opinion ;
  • L’équipement de tous les détenus en matériel de protection ;
  • L’amélioration des conditions carcérales qui prenne en compte les standards internationaux ;
  • L’organisation d’un dépistage systématique des prisonniers et du personnel pénitentiaire ;
  • La libération effective des 2004 prisonniers graciés depuis le 8 avril et la publication de leur liste nominative avec les copies des billets de sortie.

Malheureusement à ce jour, vendredi 26 juin 2020, moins de 200 prisonniers ont bénéficié de la grâce décrété depuis le 08 avril, donc depuis plus de deux (2) mois, alors que ces décrets faisaient office de mesures d’urgence et aucun dépistage n’avait été réalisé.

Par contre, le Gouvernement a fini par reconnaitre les risques encourus par les prisonniers, car le Ministre de la justice dans une note service-instruction datée du 15 juin 2020 a confessé enfin que cette terrible pandémie fait rage à la MACA. Il a prescrit en conséquence le dépistage général que nous avions réclamé et insisté sur l’observance des mesures barrières.

NOTRE ANALYSE

Nous saluons le courage du Ministre de la Justice mais compte tenu de toutes les promesses non tenues, nous nous interrogeons à travers les sept (7) questions suivantes :

  1. Après plus de dix (10) jours de la prise de telles mesures, le ministre peut-il dire aux ivoiriens le nombre de détenus et gardes pénitentiaires effectivement dépistés ?
  2. Quelle est son évaluation de l’observance effective des mesures par lui édictées, tant par les surveillants pénitentiaires que par les détenus au sein de la MACA, le plus important établissement pénitentiaire de la sous-région ?
  3. Concernant le respect de la distanciation sociale, Monsieur le ministre est-il vraiment sûr qu’elle peut être mise en œuvre dans ces conditions de surpeuplement de la MACA ?
  4. Le ministre peut-il enfin dresser le point des détenus effectivement libérés en vertu des 2 décrets du 8 avril 2020 en lien avec la pandémie du Covid-19 ? Car, il s’agit d’une mesure sanitaire qui concerne la vie de plusieurs milliers d’ivoiriens.
  5. On a vu que pour le bénéfice des dernières mesures de grâce en date du 8 avril 2020, les critères ont été exclusivement tirés de la nature des faits pour lesquels les détenus sont condamnés et de la fin de leur détention. À quel moment la Côte d’Ivoire tiendra-t-elle compte des critères tirés du grand âge et de l’état de santé des bénéficiaires, catégories de personnes plus vulnérables à cette pandémie selon les recommandations de l’OMS ?
  6. Il nous revient formellement que sur ces critères, à la demande pressante de la Croix Rouge, les personnes remplissant ces critères avaient été recensées par le service médical de la MACA. Curieusement. Il semblerait que pour des motifs essentiellement politiques, le dossier aurait été bloqué parce qu’il ressortirait de l’étude dudit dossier que cette phase concernerait majoritairement des opposants politiques. Si cela était vrai, la Côte d’ivoire devra-t-elle être le seul pays au monde à ne pas tenir compte des critères médicaux pour soustraire plusieurs centaines d’ivoiriens à la mort ?
  7. Doit-on rappeler encore que la libération des prisonniers créerait le décongestionnement de la MACA, en particulier en vue de la facilitation du respect de la distanciation sociale ?

Les gouvernants devraient donc réagir au plus vite, d’autant plus que ces derniers temps les cas de contamination sont en hausse suite à l’allègement des mesures de confinement. On assiste en effet à une expansion vertigineuse de cette pandémie ravageuse alors que les prisons continuent de recevoir de nouveaux prisonniers.

Cette situation alarmante nous emmène à formuler les recommandations suivantes :

RECOMMANDATIONS

Au Gouvernement :

  • Le respect de ses décisions en libérant non seulement les 2004 prisonniers sur la base de critères objectifs, notamment ceux donnés par l’OMS, mais en publiant la liste nominative des prisonniers libérés avec les copies des billets de sortie ;
  • La prise d’un nouveau décret pour élargir la grâce à la moitié des détenus si possible en tenant compte des délits et en privilégiant les prisonniers militaires, les prisonniers politiques et les prisonniers d’opinion, car si nous nous en tenons au chiffres disponibles, il faudrait en libérer 14 011 pour respecter la capacité d’accueil de toutes les prisons de Côte-d’Ivoire, soit 12 007 de plus. Pour la seule MACA, on a 6390 prisonniers en surplus. Il faudrait donc en libérer au moins la moitié, soit 3 195 ;
  • L’exécution de ce dépistage général pour limiter les impacts de la vague de contamination déjà en cours en prévoyant toutes les dispositions pour prendre en charge les malades, assurer la quarantaine de ceux qui ont été en contact avec les malades et protéger ceux qui ne sont pas atteints ;
  • Le renforcement de l’équipement de tous les détenus en matériel de protection ;
  • L’amélioration des conditions carcérales qui prenne en compte les standards internationaux.

Vraiment yako à tous les prisonniers. Que ceux qui veulent les aider partagent cette vidéo.

Excellente journée à vous et à demain 12h30 pour un autre sujet.

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