Côte d’Ivoire: «Voici les failles dans le déroulement de l’actualisation de la liste électorale» (Pulchérie Gbalet, ACI)

Côte d’Ivoire: «Voici les failles dans le déroulement de l’actualisation de la liste électorale» (Pulchérie Gbalet, ACI)

La révision de la liste électorale (RLE) a débuté depuis le 10 juin et ce, jusqu’au 24 juin. Mais il ya trop de problèmes signalés çà et là.

Pulchérie Edith Gbalet, la présidente de l’ONG Alternance citoyenne ivoirienne (ACI), organise régulièrement des vidéos sur sa page facebook intitulées ‘’Les 10 minutes de Gbalet Pulchérie’’ pour dénoncer et faire des propositions aux différentes situations que vivent les populations ivoiriennes. Elle s’est intéressée dans la vidéo du lundi 15 juin à l’actualisation de la liste électorale (RLE).

LES 10 MINUTES DE GBALET PULCHERIE DU MARDI 16 JUIN 2020

Aujourd’hui nous allons exposer sur les failles dans le déroulement de l’actualisation de la liste électorale.

Nous allons rappeler les conditions de participation à cet enrôlement, présenter les failles et faire nos recommandations.

CONDITIONS DE PARTICIPATION A L’ENROLEMENT

L’actualisation de la liste électorale est une opération majeure pour la tenue des élections et elle a été programmée par la CEI pour la période du 10 au 24 juin 2020. Cette opération est prévue pour se faire dans 10.848 centres de recensement en Côte d’Ivoire et 84 centres à l’étranger avec la mobilisation de 35.000 agents de recensement.

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Les conditions pour y participer sont les suivantes :

–        Les anciens inscrits avec leur pièce d’identité et en cas de changement de résidence, un certificat de résidence ;

–        Les nouveaux majeurs présentent un certificat de nationalité.

Pour faciliter l’obtention des pièces aux nouveaux majeurs, le Gouvernement a réduit le coût du certificat de nationalité à 500 F.

Les lieux d’établissement de ce certificat de nationalité sont en milieu urbain les mairies et la justice. Le délai est de 2 jours en principe.

En milieu rural, il y a deux (2) guichets dans les Sous-préfectures ; un pour les demandes d’extrait de naissance, et un autre pour la demande d’un certificat de nationalité. Les deux papiers sont gratuits au niveau de la Sous-préfecture et servent également pour l’établissement de la CNI.

PRESENTATION DES FAILLES

  1. Organisation tardive de l’opération : le Gouvernement a péché par manque d’anticipation car on aurait pu éviter d’être dans l’urgence et dans cette situation où la majorité n’est pas prête. Si toutes les opérations d’enrôlement avaient été menées en 2018 ou en 2019, nous n’en serions pas là.
  2. Temps imparti insuffisant : Des centaines de milliers de nouveaux majeurs n’ont pas d’extrait de naissance pour plusieurs raisons. Certains n’ont jamais été déclarés. D’autres ont des problèmes de déplacement. Ils sont nés à l’intérieur du pays donc ils ne peuvent pas y avoir accès à cause de l’isolement du grand Abidjan ;
  3. Communication insuffisante sur les centres d’enrôlement : Jusqu’aujourd’hui, plusieurs ne savent pas où se trouvent les sites d’enrôlement alors que nous sommes à une semaine de la fin de l’opération ;
  4. Difficulté dans l’obtention des pièces de base : En milieu urbain, dans certaines localités, les agents de la justice continuent de faire payer plus de 500 F aux jeunes gens, contrairement à la consigne du Gouvernement. Cela retarde l’obtention des pièces. Au lieu des 48 heures annoncées, certains attendent une semaine et plus. Cela compromet l’inscription de plusieurs nouveaux majeurs.
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En milieu rural, le Gouvernement a veillé à mettre une équipe dans chaque village. C’est très bien mais cela est plus utile à ceux qui étaient déjà inscrits et ceux des nouveaux majeurs qui disposent d’un certificat de nationalité. Mais ceux qui n’ont pas d’extrait, encore moins le certificat de nationalité, sont d’office exclus. Cela s’explique par le fait qu’il faut trois (3) semaines pour obtenir les deux papiers, alors qu’il ne reste qu’une semaine pour la fin de l’opération.

En effet, lorsqu’un pétitionnaire dépose sa demande d’extrait de naissance à la Sous-préfecture, le Sous-préfet à huit (8) jours pour traiter la demande. Ensuite, il la transmet à la justice où le juge a trois (3) jours et le procureur six (6) jours pour traiter la demande. La justice ramène la demande traitée à la Sous-préfecture qui a trois (3) jours pour remettre l’extrait au pétitionnaire. Cela fait un total de vingt (20) jours. C’est pour cela que notre première recommandation est de demander la rallonge de la période d’enrôlement.

 RECOMMANDATIONS

En guise de recommandations, nous proposons que :

  • Le Gouvernement rallonge la période d’enrôlement pour permettre à la majorité de se faire enregistrer sur la liste électorale car voter est un important droit ;
  • Le Gouvernement renforce la communication sur le mode opératoire et sur les sites d’enrôlement ;
  • Les nouveaux majeurs se mobilisent pour s’inscrire. On demande juste 500 F, le prix d’un plat de « garba ». Il ne faut pas attendre une quelconque aide pour cela. C’est une question de responsabilité et de volonté. C’est une question de devoir citoyen.
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Excellent début de semaine à vous et à demain pour un autre sujet.

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