Côte d’Ivoire: Un Ivoirien ruiné et abandonné, une grave injustice vécue au CHU d’Angré… Aimée Zébéyoux (SEDH) interpelée

Côte d’Ivoire: Un Ivoirien ruiné et abandonné, une grave injustice vécue au CHU d’Angré… Aimée Zébéyoux (SEDH) interpelée

L’injustice dont la famille Gnaly a été victime au CHU de Angré-Dr Pulchérie Edith Gbalet, la présidente de l’ONG Alternance citoyenne ivoirienne (ACI), organise régulièrement des vidéos sur sa page facebook intitulées ‘’Les 10 minutes de Gbalet Pulchérie’’ pour dénoncer et faire des propositions aux différentes situations que vivent les populations ivoiriennes. Le mardi 2 juin, elle s’est penchée sur l’injustice dont la famille Gnaly a été victime au CHU de Angré.

LES 10 MINUTES DE GBALET PULCHERIE DU MARDI 02 JUIN 2020

Chers compatriotes, vous êtes à la 40ème séance des 10 minutes de Pulchérie Gbalet.

Aujourd’hui nous allons vous relater l’injustice dont la famille Gnaly a été victime au CHU de Angré à travers trois (3) points : les faits, notre analyse et nos recommandations.

  1. Les faits

Monsieur Gnaly et sa compagne de 23 ans ont déjà un fils de 1 an et demi. Celle-ci est enceinte de nouveau et les contractions en vue de l’accouchement commencent le 23 avril 2020. Ils se rendent dans une PMI de Yopougon où après 2 jours, on leur recommande de se rendre au CHU d’Angré.

Ils arrivent donc au CHU d’Angré le 25 avril à 6 heures du matin. Gnaly est parti avec sa femme sans poser de questions et ensuite on lui a tendu une ordonnance sans explication. 1 h après l’achat des médicaments, ils ont demandé les vêtements du bébé. Il a ensuite vu le bébé à travers une baie vitré mais il n’a pas vu sa femme ni eu des nouvelles d’elle.

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Le lendemain 26 avril, il a vu sa femme et elle lui a annoncé qu’elle ne pourrait plus enfanter. Elle se plaignait de douleur à la poitrine.

Le 27 avril, son ventre est enflé et elle vomissait du sang. On a demandé à son mari de payer une ordonnance pour une seconde opération mais il n’avait plus d’argent. Les 10 000 F qui leur restaient a servi à faire une échographie à 7500 F. On les a dirigés donc vers le service social qui les a autorisés à prendre les médicaments à crédit pour un montant de 48 000 F. C’était vers 12h et l’opération a eu lieu vers 22h.

Le 27 avril, 4ème jour, il a eu droit à des ordonnances sans informations et sans voir la malade.

Le 28 avril, après avoir insisté, on lui a permis de voir la malade à travers la baie vitrée et elle était entrain d’être réanimée. Il les voyait entrain de pomper sa poitrine.

Le 29 avril, toujours des ordonnances sans nouvelles.

Le 30 avril après minuit, il a insisté est allé bloquer l’entrée du bâtiment avant qu’on ne l’autorise à voir sa femme toujours à travers la baie vitrée. Elle avait l’air morte.

Le 1er mai, on lui a demandé de venir prendre l’enfant. Il a répondu qu’il ne pouvait pas prendre l’enfant sans partir avec sa femme. L’hospitalisation de l’enfant faisait 10 000 F par jour, et sa femme était dans une chambre de 25 000 F par jour les trois premiers jours, puis on l’a mise dans une chambre de 50 000 F par jour le reste des jours.

Du 1er au 05 mai, on lui a encore servi des ordonnances chaque jour sans qu’il ne voit sa femme. Et chaque jour, on lui demandait de venir prendre le bébé.

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Finalement, le 05 mai, un infirmier a eu le courage de lui demander si c’est sa femme qui était décédée. Il a répondu qu’il n’en savait rien. Après cela on lui a donné 5 ordonnances et une poche de sang à acheter. Il n’avait plus d’argent mais il est allé quand même à la pharmacie du CHU s’enquérir des coûts. Vers 14h, un infirmier qui descendait l’a appelé pour l’informer du décès de sa femme. On a envoyé le corps à la morgue sans qu’il ne le voit et c’est à 18h qu’un membre du personnel l’a accompagné voir le corps à la morgue. Il a constaté que le ventre de celle-ci n’avait pas été refermé après l’opération.

Le 07 mai, on lui a donné une facture de plus de 900 000 F pour la défunte et le bébé. Il a payé 50 000 F et signé une reconnaissance de dette. Il devrait donner un échéancier à la fin du mois de mai.

Quand la facture de la morgue, elle s’est élevée à plus de 600 000 F pour les 4 jours.

Quand ils ont récupéré le bébé, celui-ci avait deux (2) entailles sur la tête ; une sur la nuque et une vers le front. L’opération a-t-elle été faite par un chirurgien ou un charcutier ? La pauvre mère a dû souffrir le martyr !

Après sa vidéo pour relater les faits, le 29 mai, le service social du CHU de Angré l’a convoqué. C’est là qu’il a appris qu’elle avait subi 3 opérations. Le CHU a proposé qu’il paye 200 000 F au lieu de 900 000 F et ils ont ajouté qu’ils prendraient l’enfant en charge pour ses soins sans contrat.

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Un autre RDV était prévu pour le 02 juin mais lorsque le père a appelé le 1er pour une confirmation, le CHU s’est rétracté. Ils ne reconnaissent pas lui avoir donné RDV, ils ne soigneront que les blessures de l’enfant sans plus et il peut aller se plaindre où il veut.

  1. Notre analyse

Cette histoire est caractéristique du mépris dont les personnes démunies font l’objet dans les hôpitaux. Etre pauvre et analphabète ne nous donne-t-il pas droit à la vie et au respect ?

Ce Monsieur n’a jamais été informé, encore moins consulté pendant le traitement de sa femme et il a été méprisé sur toute la ligne. Il a été en plus ruiné et abandonné à son triste sort.

Combien de personnes sont-elles victimes de personnels de santé irresponsables et criminels sans avoir aucun recours ?

Nous avons recommandé à ce père de porter plainte et nous allons l’accompagner dans la procédure.

  1. Recommandations

Nous recommandons au service social du CHU d’Angré de prendre ses responsabilités sinon nous nous réservons le droit de poursuivre les mis en cause.

Nous demandons aux ministères en charge de la famille, de la solidarité et des droits de l’homme de jouer leur rôle car plusieurs cas de ce genre ont cours sans appui à la famille et sans sanction. 

Pour notre part nous allons saisir Amnesty et soutenir le père dans ses démarches.

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