Transition sans Ouattara en cas de report de la présidentielle : La panique gagne le régime RHDP…La peur bleue

Transition sans Ouattara en cas de report de la présidentielle : La panique gagne le régime RHDP…La peur bleue

 

Interrogé, mardi 21 avril, sur la question d’une éventuelle transition, du fait de coronavirus, le Chef du Gouvernement et candidat du RHDP a dit que son gouvernement travaille à résorber la crise très rapidement de sorte à organiser les élections dans les délais constitutionnels. Il s’est gardé de dire, avec précision, “à la date du 31 octobre”. Qu’est-ce que cela cache ? Les constitutionnalistes pourront mieux éclairer. Car, entre “délai constitutionnel” et “date fixée”, il y a tout un monde que le juridisme de la fuite en avant et l’interprétation unilatérale de la loi fondamentale peuvent exploiter à satiété. Mais s’il devait avoir report de la présidentielle du 31 octobre, Amadou Gon dit que le mandat de Ouattara ira au-delà des 5 ans constitutionnels, s’il le faut, jusqu’à ce qu’il y ait élection. Pour l’actuel Premier ministre et candidat de la coalition au pouvoir pour la présidentielle d’octobre prochain, l’article 59 de la Constitution sera activée s’il advenait que la présidentielle ne se tenait pas à la date indiquée. Ledit article 59 stipule : « Le président en exercice reste en poste jusqu’à ce qu’il passe le pouvoir à son successeur élu». Le Premier ministre choisit donc de s’accrocher à ce  seul article de la Constitution qui ne détermine pas du tout dans quelles conditions le président en exercice reste en fonction, encore moins pourquoi le report d’une élection présidentielle et par qui il survient. Dans le cas d’espèce, il s’agit d’une éventualité que personne ne souhaite. La même Constitution en son Article 35 dit : « Le Président de la République est élu pour cinq (5) ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une fois ». Elu en octobre 2015, le mandat du président de la République finit le 31 octobre 2020. Il expédie les affaires courantes jusqu’à la prestation de serment du nouveau président élu. Certes, pouvoir et opposition restent totalement divisés sur les conditions de la prochaine présidentielle en Côte-d’Ivoire, mais personne de façon officielle ne souhaite un report du scrutin. L’opposition demande au pouvoir de réunir toutes les conditions démocratiques pour une élection transparente. Le Pouvoir, à travers le Premier Ministre, dit qu’il travaille pour résorber rapidement la crise (pandémie du coronavirus) en vue d’organiser l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels. Soit, mais qu’est-ce qui est concrètement fait ? La crise du coronavirus est survenue en Côte d’Ivoire avec le premier pas le 11 mars 2020. Le Conseil National de Sécurité et le Gouvernement ont pris des mesures de prévention qui ont été très vite violées par des membres de ce même gouvernement. Le résultat de la tergiversation est la montée galopante des cas de contamination à Abidjan et à l’intérieur du pays. Des gens n’en seraient aujourd’hui pas à parler d’un éventuel report de la présidentielle si le gouvernement du Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly avait véritablement protégé les populations en respectant, en faisant respecter par tout le monde les consignes qu’il a lui-même données ? Les préparatifs de l’élection présidentielle trainent les pas, et cela bien avant la survenue de Coronavirus. La preuve, de décembre 2019, à avril 2020, seulement un peu plus de 130 000 Ivoiriens ont été identifiés, là où plus de 6 millions devront l’être avant. Où en est la liste électorale à afficher six mois avant le scrutin ? Aucune communication. La cartographie électorale est encore inconnue du grand public. A tout cela est venue s’ajouter la pandémie de Covid-19 qui a tout mis au ralenti. Si malgré tout cela le gouvernement peut organiser, dans des conditions acceptées de tous, une élection transparente sans triche, tant mieux !

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LA PEUR BLEUE DE SE VOIR IMPOSER CE QU’ON A VOULU IMPOSER AUX AUTRES

Pour sa part, Venance Konan, Directeur général du quotidien gouvernemental Fraternité Matin, éditorialiste de propagande du régime Ouattara et du RHDP, admet : « Quoi qu’il en soit, toutes les cartes sont rebattues malgré nous, car j’ai bien peur que la pandémie de Covid-19 ne nous oblige à consentir à un report des prochains scrutins. » Il ne s’arrête pas en si bon chemin, puisque dans sa lancée, il s’est même mis dans la peau de ceux qui redoutent un report ou de ceux pour qui le report pourrait s’imposer. « Ils essaieront évidemment de faire valoir que le mandat de M. Ouattara a expiré et qu’il devrait mettre en place un gouvernement d’union, mais tout le monde aura constaté que nous sommes dans un cas de force majeure. Et nous risquons d’avoir le cas, rare sur ce continent, d’un président contraint de rester au pouvoir alors qu’il avait décidé de partir », écrit-il.

Il termine par ce rappel : « Rappelons qu’en 2005, lorsqu’il n’a pas été possible d’organiser les élections, Laurent Gbagbo était resté au pouvoir jusqu’en 2010 ». Oubliant avec ferveur que la présidentielle n’a pu être organisée en octobre 2005 du fait de la rébellion qui avait partagé le pays en deux (c’était un grave cas de force majeure voulu et entretenu par ceux qui voulaient absolument le pouvoir, même sur les cendres du pays). Après octobre 2005, le RDR de M. Ouattara, le PDCI-RDA de M. Bédié, le PIT de M. Wodié, l’UDPCI de M. Mabri, le MFA de M. Anaky, tous réclamaient la démission de Laurent Gbagbo, dont le mandat constitutionnel venait de prendre fin. Venance Konan, qui faisait des articles au “Nouveau Réveil” et qui a co-écrit le livre-pamphlet avec Tiburce Koffi était des plus farouches défenseurs de la thèse qui demandait à Gbagbo de laisser le pouvoir, parce que son mandat a pris fin. En 2007, Laurent Gbagbo, chef de l’Etat, Soro Guillaume, chef de la rébellion ayant signé un accord de paix devant Blaise Compaoré (chef de l’Etat Burkinabé). Cet accord dit de Ouagadougou recommanda un gouvernement d’union nationale dans lequel toutes les forces politiques du pays devaient être représentées. Outre les représentants des autres partis, M. Alassane Ouattara, président du RDR en envoya en son nom et au nom de son parti, cinq (5) ministres qui sont : Amadou Gon Coulibaly, ministre de l’Agriculture ; Marcel Amon-Tanoh, ministre de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat ; Hamed Bakayoko, ministre des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ; Cissé Ibrahim Bacongo, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique ; Jeanne Adjoua Peuhmond, Ministre de la Famille, de la Femme et des Affaires Sociales.  Parler de fin de mandat d’un président élu et évoquer un gouvernement de transition de large ouverture est-il nouveau dans ce pays ?

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Dans le livre “Ngo’ndi ou palabre” qu’il a co-écrit avec Tiburce Koffi et sorti aux éditions “Le Réveil” en août 2009, Venance Konan écrivait à la page 173 : « Gbagbo veut donc aller aux élections au plus vite. Et s’il n’y en a pas encore depuis 2005, ce n’est pas de sa faute, mais celle de ses adversaires qui auraient peur des élections… ». A la page 176, il écrit : « … Le jour où M. Gbagbo organisera des élections, cela voudra dire que tout a été mis en œuvre pour qu’il gagne sans coup férir, et au premier tour… ». Venance Konan poursuit à la page 179 du même livre : « … Se maintenir au pouvoir sans organiser d’élection nécessite beaucoup de talent, et un grand sens tactique allié à une toute aussi grande habilité politique. Il faut également avoir une grande force de caractère, ne pas avoir d’état d’âme, de scrupule… ». De 2009 où ce livre s’écrivait à 2020, beaucoup d’eau aura coulé sous le pont, les acteurs en scène auront changé, mais le scénario reste, hélas, le même. Dieu, que l’histoire est une répétition !

 

O Chérif (Le Nouveau Réveil)

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