COVID-19: Après les mesures de Gon Coulibaly, la COC-CI dénonce des «insuffisances» et le «surendettement du consommateur» (JB Koffi)

COVID-19: Après les mesures de Gon Coulibaly, la COC-CI dénonce des «insuffisances» et le «surendettement du consommateur» (JB Koffi)

 

 

Lutte contre la propagation du Covid-19 en Côte d’Ivoire

 

REACTION DE LA COC-CI SUITE AU MESSAGE DU PREMIER MINISTRE

 

 

Chers Consommateurs,

Chers amis de la presse,

Il y a de cela quelques jours, la Confédération des Organisations de Consommateurs de Côte d’Ivoire (COC-CI) interpellait nos autorités sur les attentes légitimes des consommateurs en cette période de lutte contre la propagation du COVID-19 dans notre pays.

Ces attentes tournent autour des mesures d’accompagnement consécutives aux décisions prises par nos autorités pour juguler ladite pandémie.

Ces décisions, il faut le rappeler ont occasionnée des pertes de milliers d’emplois chez les consommateurs, les mettant ainsi dans la quasi impossibilité de faire face aux obligations de couvrir leurs charges principales que sont le loyer, l’électricité, l’eau, le téléphone et même la nourriture.

Fort heureusement, et tenant certainement compte du fort impact négatif au plan socio-économique de cette crise sur les consommateurs, le Gouvernement par la voix du Premier Ministre, s’est adressé le 31 mars 2020 à la nation pour présenter son plan de soutien économique, social et humanitaire.

Les organisations de consommateurs, sensibles à cette démarche de Monsieur le Premier Ministre, lui exprime ici, leur profonde gratitude pour la volonté affichée de porter assistance aux consommateurs.

Cependant, se fondant sur le vécu actuel des consommateurs et les réalités du terrain, la COC-CI, tout en appréciant les efforts du gouvernement à leurs juste valeurs, tient à faire les remarques et observations suivantes :

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Relativement aux mesures sanitaires :

Pour faire face à la propagation de la pandémie du COVID-19, il urge de s’inspirer de certaines expériences réussies à l’extérieure, en termes de confinement par quartier ou zonage en fonction de la cartographie des malades. La vulgarisation du dépistage volontaire est également à encourager.

 

Relativement aux factures d’électricité et d’eau :

 Décaler, pour l’ensemble des abonnés, les dates limites de paiement des factures d’électricité et d’eau avec des facilités de paiement est une bonne chose mais ne règle pas le problème de fonds ici, qui demeure l’insuffisance voire l’absence des ressources pour faire face à ces dépenses suite à la fermeture des entreprises et les mesures de confinement et de couvre-feu. De façon subtile, c’est un recours à l’endettement qui est proposé aux consommateurs. Nous proposons une prise en charge de ces factures par l’Etat pour ne pas mettre en péril les activités de la CIE et la SODECI.

 

Relativement à l’instauration du fonds de solidarité :

Instaurer un fonds de solidarité pour un montant de 170 milliards de FCFA, en vue de financer les populations les plus vulnérables dans le cadre du soutien humanitaire d’urgence, à travers notamment l’élargissement du champ des filets sociaux parait énorme dans l’absolue. Cependant, en valeur relative et sur la durée cette enveloppe ne pourra pas soulager efficacement une frange importante de la population. Il urge donc d’étudier la réouverture de certaines activités ne faisant pas courir de gros risques aux populations pour réduire la population inactive.

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Relativement au renforcement des contrôles :

Le renforcement du contrôle des produits de grande consommation et l’application de sanctions aux contrevenants devront être couplé avec des mesures de blocage des prix des produits de première nécessité tels que prescrits par la loi en période de crise. Une priorité devra

être accordée à la satisfaction des besoins locaux avant toute exportation.

 

Relativement aux négociations bailleurs-locataires :

Inciter les propriétaires de logements à faire preuve de souplesse et à discuter avec leurs locataires est une initiative qui ne résout pas également le problème de fond. Le déséquilibre entre l’offre et la demande de maison est telle que les locataires seront contraints de s’endetter pour garder les maisons qu’ils louent. Avec l’entrée en vigueur de la loi sur le bail à usage d’habitation qui prescrit un enregistrement des contrats, l’Etat doit pouvoir évaluer et soulager les consommateurs des charges de loyer durant cette crise.  

 

 

Relativement à l’éducation à distance :

Assurer une éducation à distance en commençant par les classes d’examens (CM2, Troisième et Terminale) par le biais de la télévision est une excellente initiative. Mais ici encore, le confinement aura un effet multiplicateur sur les charges d’électricité, eau, nourriture etc. Cela fonde et justifie la nécessité d’un appui de l’Etat.

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Bref, de tout ce qui précède, il ressort clairement qu’il revient en définitive au consommateur de supporter les coûts induits des décisions prises par le gouvernement dans la lutte contre la propagation du COVID-19.

Toutes les mesures sociales proposées plus haut n’aboutiront qu’à un seul résultat : le SURENDETTEMENT DU CONSOMMATEUR.

-S’endetter pour le paiement des factures d’eau et d’électricité différées

– S’endetter pour payer les loyers

– S’endetter pour faire face à l’augmentation des charges de consommation due au confinement etc.

Quand on sait que le système bancaire classique ne prête pas au-delà de la quotité cessible, et que de nombreux consommateurs ont déjà des engagements en cours avec leurs établissements de crédit,

C’est pieds et mains liés que les consommateurs seront livrés aux usuriers encore appelés margouillats si les propositions du gouvernement restent en l’état.

Les organisations de consommateurs tendent donc la main pendant qu’il est encore temps aux gouvernants pour faire bouger les lignes.

Une rencontre de relecture et d’ajustement du plan social du gouvernement à l’épreuve des réalités actuelles du terrain, s’impose car si rien n’est fait, alors il faut craindre dans un avenir proche des jours sombres pour les consommateurs vivants dans notre pays.

Jean Baptiste KOFFI

Président du Conseil

D’Administration.

COC-CI

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