Secrétaire d’Etat au Renforcement des Capacités : Le torchon brûle entre Zoro Epiphane Ballo et plusieurs agents

Secrétaire d’Etat au Renforcement des Capacités : Le torchon brûle entre Zoro Epiphane Ballo et plusieurs agents

 

Le torchon brûle entre Zoro Epiphane Ballo et plusieurs agents du Secrétariat national au Renforcement des Capacités (SNRC). La dissolution dudit Secrétariat après la création d’un Secrétariat d’Etat au Renforcement des Capacités semble être la pomme de discorde entre Zoro Epiphane Ballo et ces agents contractuels.

 

Le Secrétariat national au Renforcement des Capacités, une structure (encore) sous tutelle de la Primature ?

C’est par le décret n°2014-483 du 03 septembre 2014 que le Secrétariat National au Renforcement des Capacités (SNRC) a été créé suite au changement de dénomination du Secrétariat National à la Gouvernance et au renforcement des Capacités (SNGRC), créé également par décret n°2002-301 du 29 mai 2002. Au sujet de la tutelle du SNRC, à la lecture de l’alinéa 2 de l’article 1er du décret de 2014, on note que : « Le Secrétariat National au Renforcement des Capacités est un service public autonome placé sous l’autorité du Premier Ministre. » Cependant, après la nomination d’Epiphane Zoro au gouvernement en tant que Secrétaire d’Etat au Renforcement des Capacités, un bouleversement va se produire. « Voilà des gens qui n’ont rien compris. Ils n’ont absolument rien compris dans l’esprit  et du président de la République et du Premier ministre. Ils n’ont absolument rien compris. C’est-à-dire la seule différence entre le Secrétariat National au Renforcement des Capacités et le Secrétariat d’Etat au Renforcement des Capacités, le Secrétaire national ne siégeait pas au gouvernement. C’est ça qui a été corrigé. Quand tu prends le décret d’attribution, de fonctionnement,  on ne peut pas avoir deux institutions. En matière de succession des textes de loi, lorsque les dispositions du dernier texte peuvent entrer en conflit avec le nouveau texte, il y a toujours cette formule finale qui abroge les dispositions antérieures contraires au nouveau texte. C’est le Secrétariat National au Renforcement des Capacités qui est devenu le Secrétariat d’Etat au Renforcement des Capacités. Quand on faisait l’organigramme du Secrétariat d’Etat, on a pris le Secrétariat National au Renforcement des Capacités pour le mettre dans le  Secrétariat d’Etat. C’est ça qu’on a essayé de leur expliquer depuis le début », a confié le Secrétaire d’Etat.

 

La dissolution de l’ancienne structure, la pomme de discorde

Malheureusement, Epiphane Zoro et plusieurs agents contractuels issus du Secrétariat National au Renforcement des Capacités ne semblent pas être sur la même longueur d’onde en ce qui concerne le sort de leur structure après l’avènement du Secrétariat d’Etat au Renforcement des Capacités. « Par le passé, cette même situation s’était déjà produite. Il y avait une Secrétaire nationale, madame Djoman qui avait été promue Secrétait d’Etat. Elle a juste formé son Cabinet et elle travaillait avec le Secrétariat national sans problème. Nous, dans notre entendement, ça allait être la même chose. Mais à notre grande surprise, dès qu’on a nommé monsieur Epiphane Zoro, il a changé du jour au lendemain. Il nous dit que le Secrétariat national n’existe plus et que sa structure a dissout le Secrétariat national. Tout est devenu Secrétariat d’Etat », raconte un des agents contractuels à L’Eléphant. Ce dernier très amer, poursuit : « Curieusement, dans cette même période, il va à l’Assemblée nationale pour aller défendre le budget de son Secrétariat d’Etat et celui du Secrétariat national dont il dit que ça été dissout. On voit qu’il y a un problème. Dans ce cas, tu ne peux pas nous dire que la structure n’existe pas. »

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L’arbitrage de la primature sollicitée par les agents

Pour tirer cette affaire au clair, ces agents regroupés au sein du collectif des agents contractuels du Secrétariat national au Renforcement des Capacités vont adresser le 7 novembre 2019, un courrier de demande d’audience au directeur de Cabinet du Premier ministre en vue de savoir à quelle institution est rattaché ledit Secrétariat. « Monsieur le Directeur de Cabinet, nous, agents contractuels du Secrétariat National au Renforcement des Capacités (SNRC), structure sous tutelle de la Primature, avons l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance, par la présente, une audience. En effet, depuis le 04 septembre 2019, il a été institué un Secrétariat d’Etat au Renforcement des Capacités. Depuis cette date, nous agents contractuels du SNRC, ne savons pas dans cadre institutionnel et juridique nous évoluons désormais. Au regard du caractère urgent de cette situation dans laquelle nous sommes, nous vous saurions gré de bien vouloir nous accorder une audience au date et heure à votre meilleure convenance. Dans l’attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Directeur de Cabinet, à l’assurance de notre haute considération », écrit le collectif. La Primature via le directeur de Cabinet du Premier ministre, Koffi Ahoutou Emmanuel réagit le 4 décembre, en écrivant au Secrétaire d’Etat. « Monsieur le Secrétaire d’Etat, le collectif des agents contractuels du Secrétariat National au Renforcement des Capacités (SNRC), structure sous la tutelle de la Primature, a bien voulu solliciter une audience auprès de Monsieur le Premier Ministre, en vue de discuter du rattachement institutionnel de leur structure. Sur instruction de Monsieur le Premier Ministre, j’ai l’honneur de vous transmettre ci-joint ce dossier, pour compétence. Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire d’Etat, l’expression de ma considération distinguée », écrit le directeur de Cabinet.  A en croire, le témoigne du collectif, ce courrier ne plaira pas du tout à Epiphane Zoro. « La primature lui envoie donc un courrier pour lui demander de nous recevoir. On va à la réunion, il nous menace. On s’est constitué en collectif et les membres du collectif ont tous été ciblés par le Secrétaire d’Etat. Il nous a envoyé des courriers pour dire que nous n’avons pas été retenus pour travailler au Secrétariat d’Etat. Nous, on n’a pas postulé pour aller travailler au Secrétariat d’Etat », fait remarquer cet agent.

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La situation s’envenime

Effectivement, le 12 décembre 2019, une lettre d’information signée par le Secrétaire d’ Etat est notifiée à quatre agents contractuels. « Mademoiselle, j’ai le regret de vous informer que nous n’avez pas été retenue pour faire partie du personnel appelé à conduire les missions du Secrétariat d’Etat au Renforcement des Capacités (SERC) ; en conséquence vous êtes libre de toute obligation vis-à-vis dudit Secrétariat à compter de la date de signature de la présente. Vous êtes invitée à vous rapprocher de la Direction des Ressources Humaines pour les formalités administratives qui s’imposent. Je vous prie d’agréer, Mademoiselle, l’expression de mes meilleures salutations », décide Zoro Epiphane Ballo à l’encontre de Djè Lou Irié Sonia. Un certificat de travail est également remis à cette dernière. « Je soussigné Monsieur Zoro Epiphane Ballo, Secrétaire d’Etat au Renforcement des Capacités, certifie avoir employé : Mademoiselle Djè Lou Irié Sonia  Elle quitte le Secrétariat d’Etat au Renforcement des Capacités, libre de tout engagement. En foi de quoi, je délivre le présent certificat pour servir et valoir ce que de droit », établit-il.  Il en sera de même pour Nahounou Nadia Prisca Dalida, Robert Laure et Kouakou Kouamé. En clair, il est mis fin au contrat de ces agents. Approché par L’Eléphant, Amadou Koné, le directeur de Cabinet du Secrétaire d’Etat au Renforcement des Capacités, rencontré le 11 février 2020 s’expliqué sur les raisons de cette décision. « On forme le gouvernement, on vient ici, il y a des gens qui disent qu’ils ne reconnaissent pas le  Secrétaire d’Etat au Renforcement des Capacités et qu’on doit leur envoyer le document qui dit que le Secrétariat National au Renforcement des Capacités a été dissout. Ils disent également que c’est avec le Secrétariat National au Renforcement des Capacités qu’ils sont liés par un contrat. On était un peu surpris jusqu’à ce que ça prenne d’autres tournures. On a eu un nouveau Daf comme les autres membres du gouvernement. Il a mis en place les procédures qui se font dans les autres ministères. Les gens ont commencé à dire on a droit au 13ème  mois, on a droit à ceci cela. Entre une structure spécialisée et un Cabinet ministériel, ça ne fonctionne pas de la même manière. On va commencer à fonctionner comme les autres ministères. C’est ce à quoi ils ont droit, on paie. Ils ont commencé à faire des tapages sur les réseaux sociaux, le ministre a demandé qu’on les reçoive. On les a reçus, moi-même je l’ai reçu à plusieurs reprises. Et puis un jour, ils ont écrit au Premier ministre. Le Premier ministre nous a imputé le courrier, on les reçus et c’était les mêmes choses. On leur a dit pour le moment on ne sait rien d’abord, on est dans une nouvelle structure. Ils disent que si c’est comme cela, eux, ils préfèrent rester au Secrétariat National au Renforcement des Capacités. On leur a dit que le Secrétariat National au Renforcement des Capacités n’existe plus, il a été érigé en Secrétariat d’Etat au Renforcement des Capacités. C’est devenu des problèmes. Ils sont repartis à la Primature, on ne les a pas reçus. Le ministre a demandé qu’on fasse une réunion pour se parler. Ils sont venus à la réunion et on leur demande ce qui se passe. Il y a une qui se lève pour dire : on n’a rien à dire. Vu son comportement, le ministre a dit que la séance est levée. Il a donc pris les dispositions qu’il fallait. Ces personnes ont été virées et elles continuaient d’aller dans nos locaux », explique-t-il.

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La réaction de la Primature

« La primature saisie ne s’est pas prononcée clairement. Pendant qu’on est dans cette situation, il nous demande de libérer les bureaux alors que nos droits sociaux n’ont pas été payés. Et pendant qu’on attend qu’il nous licencie en bonne et due forme, il fait venir des loubards dans une administration pour nous refuser l’accès du Secrétariat national », déplore un membre du collectif. Approché par le collectif, le pachyderme a approché la Primature via son responsable de la Communication pour avoir des éclairages sur cette affaire. Le courrier adressé au directeur de Cabinet, Koffi Ahoutou Emmanuel via le service de Communication n’a pas eu de suite favorable. « J’ai vu le courrier que ma collègue m’a transféré. Il semble, avant d’aller plus loin, qu’il faut contacter le Secrétariat d’Etat. Le reste, c’est une question de compréhension. En tout cas, il faut approcher le Secrétariat d’Etat et discuter avec eux. Ils vont vous dire de quoi il s’agit. Avant que cette question n’arrive au Cabinet du Premier ministre. C’est une structure sous tutelle, il y a un Secrétaire d’Etat qui est là-bas et qui a rang de ministre. Je pense qu’il faut approcher le ministère. Il faut recueillir les informations auprès d’eux et ils vont vous expliquer », a expliqué Sanogo Bakary, responsable de la Communication de la Primature, contacté le 25 février. Voilà ce qu’on appelle une fuite en avant.

NOËL KONAN

In L’ELEPHANT DECHAINE N°673

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