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Grand-Bassam/Les avocats du Pdci fermes: «Ezaley ne peut pas être l’auteur de ces violences. A qui profite le crime? Nous voulons appeler le ministre Adjoumani à se comporter comme un démocrate»

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Grand-Bassam/Les avocats du Pdci fermes: «Ezaley ne peut pas être l’auteur de ces violences. A qui profite le crime? Nous voulons appeler le ministre Adjoumani à se comporter comme un démocrate»

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Après les propos liminaires (publiés par africanewsquick.net) de la conférence de presse, les avocats du Pdci, dans l’affaire des municipales partielles à Grand-Bassam opposant leur client Georges Philippe Ezaley (Candidat du Pdci-Rda) à Jean-Louis Moulot (candidat du Rhdp), ont répondu aux questions des journalistes sans faux-fuyants. Intégralité des échanges. C’était au siège dudit parti à Cocody, ce jeudi 27 décembre 2018.

Pourquoi, dites-vous qu’il ne s’agissait pas de militants Rhdp qui ont opéré ces casses ?
Dans mon propos liminaire, j’ai précisé que des agents du staff de M Ezaley étaient logés au Vitib et qu’ils ont été attaqués par des individus se réclamant du Rhdp. J’ai été à la police où ils ont été conduits et ceux qui les ont conduits au commissariat se sont présentés et ils nous ont dit qu’ils sont des superviseurs du Rhdp et qu’ils ont eu l’information qu’il y avait des gens au Vitib. Et qu’ils sont allés les déloger pour les confier à la police. Et devant les policiers, ils ont affirmé avoir cassé des véhicules, frappé ces agents du staff d’Ezaley avant de les conduire au Commissariat. Sur le lieu des casses des individus sont venus, ils ont cassé littéralement le matériel électoral et ils se sont attaqués aux représentants de M Ezaley, précisément dans le bureau de vote No 1 du groupe scolaire Bassam 1 et 2. Alors des gens envoyés par M Ezaley ne s’attaqueront jamais à ses représentants. De même, au centre de vote, Fdfp, les représentants de M Ezaley ont été molestés, battus et leurs vêtements ont été déchirés. M Ezaley ne peut pas procéder à ce genre d’actes vis-à-vis de ses propres agents. Mieux, lorsqu’ils ont fini leur forfait, les électeurs qui étaient dans les lieux, ont bloqué la voie qui devait leur permettre de sortir de ces lieux. Ils étaient là dans leurs véhicules, lorsque la police et les observateurs internationaux sont arrivés. On a tous vu, ceux qui étaient à bord de ces véhicules qui venaient de perpétrer des casses…. En tenant compte des résultats du 13 octobre, au final on savait que M Ezaley allait sortir victorieux des urnes. Donc, avec 1608 voix, on rentre dans une stratégie qui pour nous au lieu d’être une stratégie de la vente des idées aux populations, on utilise une stratégie de la violence. Ce qui n’est pas acceptable dans une démocratie. Et c’est ce que nous dénonçons. Nous disons que M Ezaley Philippe ne pouvait pas être l’auteur de ces violences, parce qu’ici dans ces bureaux, ce sont des bureaux où il sort véritablement avec un avantage énorme ; C’est pourquoi, nous avons posé l’équation juridique : à qui profite le crime? Si on répond à cette question, on peut savoir aisément deviner quels sont les commanditaires de ces actes de violence.

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Quelle est votre réaction quand le ministre Adjoumani affirme que toute reprise du scrutin est exclue?
Nous avons dit que nous nous en remettons à la justice. Nous avons exercé notre recours, il revient à la Chambre administrative de trancher le recours. Toutes les parties peuvent organiser des conférences de presse et faire des déclarations, c’est leur droit. Mais lorsque vous êtes dans une République, il y a des institutions qui sont prévues pour faire un certain nombre de travail. Il y a la justice. Et lorsque le contentieux est spécialisé comme c’est le cas, c’est la Chambre administrative de la Cour suprême qui est une haute juridiction que nous respectons et qui a ce pouvoir de se prononcer. Je ne ferai aucun commentaire relativement à une telle déclaration. Je dis tout simplement que je suis un simple citoyen de la République de Côte d’Ivoire. Et à ce titre, moi, je respect les institutions… Et M Ezaley avec moi, nous saisissons cette juridiction. Pour la suite, nous attendons la décision… C’est d’abord un ministre de la République qui donne des instructions à une institution comme la Cour suprême. Nous nous avons notre recours, nous attendons les résultats et après, nous allons aviser… Sur la base des textes de cette Chambre, de cette Cour, nous demandons que cette Cour puisse suive sa jurisprudence et nous pensons que dans une République, il faut se garder de mettre en garde une institution comme la justice. Il faut peut-être développer des arguments juridiques qui tiennent, c’est ça qui est demandé dans une démocratie. Donc, nous voulons appeler le ministre Adjoumani à se comporter comme tel dans une démocratie. Ce que nous disons, c’est que la Chambre administrative de la Cour suprême a une jurisprudence qui dit que lorsque vous avez des actes de violence qui altèrent la sincérité du scrutin, on annule l’élection. Et à Lakota, il y a moins de deux mois, cette Chambre de la Cour suprême a rendu un arrêt, en considérant premièrement l’écart des voix entre les candidats. Il y avait 2400 et plus de voix d’écart… A Grand-Bassam, entre les deux candidats, il y a 992 voix et les électeurs qui n’ont pas vu l’expression de leurs suffrages être comptabilisés, sont au tour de 6700. Je veux dire que nous faisons confiance à cette Chambre en ce qui concerne sa propre jurisprudence. Mais, il faut se garder de menacer une institution judiciaire… La convocation du collège électoral présente 42051 inscrits. Le nombre d’inscrits ne devrait pas varier sauf si entre deux élections, il y a eu enrôlement ou actualisation de la liste électorale. Du 13 octobre au 16 décembre 2018, il n’y a rien eu de tout ça. Et le 16 décembre, la Cei va regarder comme nombre d’inscrits : 35474 inscrits. Il y a un problème qui est très grand… on nous publie autre chose. Cela fait peur, quand les avocats parlent, il faut les écouter. Nous attirons l’attention. Oublions tout ce qui est partisan. 2020 n’est pas loin. Avec de telles attitudes, nous avons froid dans le dos, c’est pourquoi, nous allons aller jusqu’au bout en utilisant les voies de recours… La Cei, je suppose, doit avoir un minimum de sécurisation des données. Lorsqu’en octobre, on vous dit que Grand-Bassa a 104 bureaux de vote et que le 16 décembre, on vous dit que Grand-Bassam a 89 bureaux, c’est-à-dire qu’on ne comptabilise pas les bureaux ou les urnes ont été saccagés… Quelle est la finalité, c’est le taux de participation qui est en jeu. Il faut arrêter ce petit jeu. La Côte d’Ivoire a connu une crise en 2010. Il faut que nous ayons tous des attitudes responsables pour éviter à notre pays, une autre crise. M Ezaley ne demande pas autre chose, il demande simplement que la sincérité du scrutin, les voix telles que les bassamois les ont exprimées dans les urnes soient respectées. C’est tout. Ce qui n’est pas extraordinaire dans une démocratie… C’est le cas au Ghana où on proclame les résultats publiquement sans bruits. Pourquoi, en Côte d’Ivoire une élection doit être un rendez-vous de violence et de mort?

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Que répondez-vous à Koné Sourou , vice-président de la Cei qui justifie l’extraction des 6700 électeurs ?
Ces arguments ne peuvent pas tenir parce qu’à Lakota, la Cour suprême les a sanctionnés. Deuxièmement, pour calculer le taux de participation, c’est un rapport qu’on fait entre le suffrage exprimé et le nombre d’inscrits. C’est ce qui détermine le taux de participation. A partir du moment où vous enlevez 6700 aux inscrits, vous faussez le taux de participation. C’est un calcul très simple… autre élément qui nous a intrigués, c’est quand, il parle de sécurité renforcée alors qu’il y a eu des casses. Il dit que les forces de l’ordre ne sont pas positionnées pour tirer sur les populations. On ne demande pas aux forces de l’ordre de tirer, on leur demande de maintenir l’ordre, il y a des moyens conventionnels pour maintenir l’ordre. On ne demande pas de tirer et on ne peut arguer que ce que nos forces de l’ordre ont appris, c’est tirer seulement. Non. Ils ont appris d’autres choses, ils ont appris à maintenir l’ordre, à rétablir l’ordre et donc que cela soit fait… Les forces de l’ordre auraient pu sauver ces élections, elles n’ont pas réagi. Pourquoi, nous disons que M Ezaley, ne peut pas être auteur de ces violence, c’est parce que depuis le 13 octobre, M Ezaley a été entend à la Police sur les événements de Grand-Bassam, pendant 10 heures d’horloge, Mme Cissé qui est de son équipe a été entendu 12 heures de temps. M Kamagaté Adama, son directeur de campagne adjoint est à ce jour détenu à la Maca tout simplement parce qu’il est sur la liste de M Ezaley. Nous sommes à 5 demandes de liberté provisoires qui ont été systématiquement rejetées. Donc imaginez vous qu’un agent ou un électeur se réclamant de M Ezaley, casse une seule urne à Bassam, alors que les forces de l’ordre sont là et qu’il n’ait pas été appréhendé, vraiment à notre avis, il y a quelque chose de gros. Jusque là, la seule équipe qui a été inquiétée, c’est l’équipe d’Ezaley avec les auditions par ci, les intimidations par là. M Ezaley ne pouvait pas être celui qui a fomenté des casses à Grand-Bassam. On nous dit qu’il aurai provoqué les affrontements à Bassam… M Ezaley n’a convoqué aucune marche, c’était une initiative personnelle des électeurs spoliés du décompte de leurs suffrages. Ils ont adressé une lettre au préfet qui a autorisé leur manifestation, déterminé leur itinéraire, mais malheureusement, des gens venus d’ailleurs, sont venus s’attaquer à eux. Pour toute réponse, on nous dit à l’appel d’Ezaley, ce qui n’est pas vrai, parmi les 6700 qui n’ont pas voté, il y aurait des partisans de M Moulot qui se sont sentis appelés. Alors, on ne peut pas marcher deux fois pour dire qu’on ne veut pas d’une reprise d’élection et aller être partisans et manifester dans une marche qui demande la reprise des élections. Il n’y a pas de logique… Quand vous êtes dans la vérité, ce que vous dites est cohérent… Le constat fait par la suite c’est qu’ au cour de cette manifestation, ce sont les biens privés de M Ezaley qui ont été détruits… Voyez-vous, M Ezaley ne peut pas être l’auteur des casses de ses propres biens.

Pourquoi les casseurs n’ont pas été arrêtés et identifiés ?
C’est une situation regrettable pour nous tous. Nous assistons à ces faits. C’est dommage… Cette conférence de presse, c’est un moyen pour dénoncer les choses. Quand nous étions à la Police, après l’arrestation des agents du staff d’Ezaley, un jeune du Rhdp, a revendiqué son acte de saccage des véhicules et après il est sorti tranquillement et il est parti…Chacun a son travail. Je ne peux pas arrêter… Nous nous dénonçons. Ceux qui doivent les arrêter doivent les arrêter. Ce que M Ezaley recherche, ce n’est pas d’être forcément maire de Bassam, à tous les prix. Ce qu’il demande, c’est qu’en tant qu’élection locale, les règles que nous nous sommes fixées, applicables dans une démocratie soient appliquées. Il pense que ne pas prendre en compte 6700 voix des habitants de Bassam avec tout ce que nous avons démontré comme étant le fait pour nous d’une action savamment pensé, de telles pratiques ne peuvent pas être acceptées dans une démocratie. Ce n’est pas acceptable, c’est pourquoi, nous avons fait ce recours. Si demain, la Chambre administrative nous suit et que des élections sont organisées, qu’on laisse les Bassamois voter tranquillement. Au sortir de ce scrutin, que les résultats qui seront donnés soient le reflet réel des suffrages exprimés. Chacun va prendre acte et féliciter son adversaire. C’est tout ce que nous demandons.
Propos recueillis par G.R. Omael et D. Sory, pour africanewsquick.net

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