De retour des Etats-Unis : Guikahué (CSE du PDCI) révèle les préoccupations, les espoirs de la diaspora militante et…livre la vraie position du PDCI sur la Constitution (Interview)

By: Africa Newsquick

IMG_0190De retour des Etats-Unis : Guikahué (CSE du PDCI) révèle les préoccupations, les espoirs de la diaspora militante et…livre la vraie position du PDCI sur la Constitution (Interview)

En mission aux USA, depuis des semaines, Pr Maurice Kakou Guikahué a regagné la Côte d’Ivoire, son pays, jeudi 11 août dernier. Dès le lendemain de son retour, vendredi 12 août, il a accepté de nous accorder cette interview. Il parle de sa mission aux Etats-Unis, de la rencontre avec les militants de la diaspora au pays de l’Oncle Sam et de l’actualité nationale. Questions, Réponses.

 

Vous revenez d’une mission officielle aux Etats-Unis où vous avez notamment pris part à un forum organisé par le Ndi. Que peut-on retenir de cette mission?

Nous avons été invités par le NDI. Nous étions un certain nombre de personnalités. Il y a le président du FPI, le Secrétaire général par intérim du RDR, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire aux Etats-Unis et moi-même. Nous y avons rencontré d’autres responsables de partis politiques. Le principe, c’est que tous les 4 ans, en marge du Congrès du Parti démocrate américain, le Ndi organise un forum qui est réservé à des leaders du monde entier. Donc, c’était la représentation planétaire de 100 personnalités invitées. Il y avait des diplomates, des responsables politiques.  Ce forum est une tribune d’échanges. Cette année, le thème choisi, c’était la formation de la candidature. C’est-à-dire que vous êtes Américain, vous voulez être candidat, comment se forme la motivation, les groupes qui vous soutiennent et ensuite, la question des primaires où chaque candidat parcourt le pays. Ensuite, on nous a expliqué l’importance de la Convention avec la plate forme, c’est-à-dire le parti politique qui appuie le candidat et la plate forme permet de savoir en cas d’élection ce que vous allez faire. Nous avons eu droit à une conférence que j’ai jugée très importante. C’est le rôle des médias dans la campagne. Surtout la puissance des réseaux sociaux. Comment la presse peut fabriquer un candidat. Comment la presse peut aussi détruire un candidat. Donc, les relations entre les hommes politiques et la presse. Nous avons passé tout cela en revue. Les Etats-Unis étant aussi un pays d’immigration, ils nous ont montré la courbe d’évolution avec l’importance et la montée des Asiatiques, des Afro-américains, des Hispaniques. Parce que, si vous êtes Américain, quelles que soient vos origines, vous participez au vote. Donc, ils nous ont fait un tableau des années 70 jusqu’ à ce jour. Pour dire qu’il y avait une progression de l’électorat. Ce forum a vu la participation de Mme Madeleine Albrigh, l’ancienne Secrétaire d’Etat américain, Pca du Ndi, le directeur général du Ndi était là. Plusieurs hautes personnalités étaient aussi présentes. Il y avait des directeurs de Publication, des correspondants qui étaient des débateurs. Beaucoup de modérateurs étaient des journalistes, des éditorialistes, des commentateurs politiques. Vous savez que là-bas, il y a des spécialisations. En tout cas, c’était intéressant. Ce qui était également appréciable, c’est que chaque jour, à 17h, heure des Etats-Unis, nous étions invités à la Convention. On nous donnait des invitations pour qu’on voit un peu comment se passe la Convention. On a pu voir un peu l’atmosphère. La convention, c’est une fête. Les gens viennent de partout. Ils choisissent une ville et ils viennent à la fête. Il y avait des mesures de sécurité surtout que le président Obama, président sortant, était venu à cette Convention. On a vu également les prises de parole parce que cette étape est quand même traversée par des courants et j’ai appris quelque chose de très important, le mardi, jour du choix du candidat. Ils étaient partis aux primaires et Mme Clinton avait gagné les primaires et son adversaire Burning Sanders est venu à la Convention et il a dit qu’il fallait que la Convention les départage. Mme Clinton a eu  plus de 2600 voix et lui, 1848 voix, ce qui équivaut à plus de 39%. Donc, on doit tenir compte de son courant, cela m’a marqué. La 2ème chose, c’est qu’à la clôture, Mme Albright a dit quelque chose de très important. Elle a déclaré : « En novembre, après la proclamation des résultats, pendant que le candidat qui a gagné serait en train de célébrer sa victoire avec ses partisans, le candidat qui a perdu, sera en train de tenir sa première réunion avec  ses partisans pour voir comment repositionner son parti pour les 4 prochaines années. Ce qui veut dire qu’ils ont dépassé les tensions. Ce qui veut dire que les palabres ne font pas partie de leur environnement. Que l’élection est un jeu démocratique important mais que la démocratie a atteint un certain niveau. Donc, ce sont les leçons que nous avons tirées de ce forum.

DSC_8790En marge de ce forum, vous avez eu des rencontres avec les délégués généraux du Pdci Rda des Etats-Unis et de l’Europe ? De quoi avez-vous parlé?

Avant de quitter Abidjan, j’avais demandé une rencontre avec les délégués généraux du Pdci Rda d’Amérique. Parce qu’aux Etats-Unis, nous avons une dizaine de délégations. Je n’ai pas voulu faire une réunion ouverte avec tous les militants. Ce n’était pas mon objectif. Mon objectif, c’était de m’asseoir avec les délégués pour parler de la vie du parti, de son fonctionnement. Mais certains militants tenaient à être présents, donc on a élargi aux principaux membres des bureaux des délégations. Chaque délégué était accompagné d’au moins 4 membres de son bureau. Mais à Washington, malgré la restriction, il y a eu des personnalités qui sont venues s’ajouter à nous. On attendait à peu près 21 personnes, mais on s’est retrouvé avec 40 personnes. La première des choses, c’était de savoir comment fonctionnait le parti. Ensuite, on leur avait demandé de mettre en place les sections et puis nous avons débattu des problèmes de cotisations, parce que beaucoup de militants ne payaient pas leurs cotisations. On a aussi échangé sur la question de l’alternance. Ils ont dénoncé une insuffisance d’encadrement et de communication. Vous savez qu’ils vivent dans un environnement de démocratie. Donc, ils ne comprennent pas le fait qu’une décision soit prise et qu’eux soient mis devant le fait accompli. Ils souhaiteraient participer aux débats. Ils veulent qu’on leur annonce le sujet pour qu’entre eux, il y ait des discussions et que lorsque le parti choisit une orientation, on leur explique pourquoi. Ils ne veulent pas qu’on prenne les décisions avant d’aller leur expliquer les raisons.  Je leur ai demandé d’avoir une méthode de travail pour la gestion du parti. Aussi, ont-ils demandé, en attendant que le président du parti valide leur proposition, l’organisation d’une conférence annuelle des délégués généraux. Une conférence en Europe et une conférence en Amérique. Ils souhaitent pour les deux premières années, la présence du Secrétaire exécutif, parce que la plupart du temps, quand c’est un missionnaire qui vient à eux, ce dernier leur répond qu’il ira rendre compte à la direction du parti. Or, avec moi, ils avaient directement des réponses à leurs questions. Ils sont allés plus loin en souhaitant que ces rencontres soient assorties de formation des responsables et d’un grand meeting pour partager des informations avec tous les militants. Nous avons également mis en place un mécanisme pour qu’ils payent leurs cotisations. S’ils sont motivés et qu’ils sont nombreux, la direction du parti pourrait leur envoyer une équipe pour confectionner leurs cartes. En tout cas, ils sont dans de bonnes dispositions et depuis mon départ des Etats-Unis, j’ai reçu beaucoup de e-mails qui précisent qu’ils ont commencé les réunions pour la mise en place des sections. Sur les 10 délégations, 4 n’ont pu participer à nos rencontres. Et c’est seulement le délégué d’Atlanta qui a réussi à mettre en place ses sections. Donc, on a demandé aux autres d’en faire autant et qu’on fera l’évaluation si le président du parti valide la conférence annuelle des délégués généraux.

Au plan national, il y a eu le débat qui s’est poursuivi sur le référendum et la Constitution. Certaines informations ont laissé croire que le Pdci avait des réserves sur le projet de réforme du chef de l’Etat. Qu’est-ce qu’il en est ?IMG_9373

Le Pdci n’a aucune réserve sur la Constitution. Le président de la République a décidé, dans le cadre de la réforme constitutionnelle, d’introduire un certain nombre de points. Il veut créer une vice-présidence. Le Pdci est d’accord. Il a annoncé le Sénat. Le Pdci est d’accord. Il a promis de constitutionnaliser la Chambre des rois et chefs traditionnels. Nous sommes d’accord. La limitation des mandats fait référence aux accords de Linas-Marcoussis. Parce qu’à Marcoussis, on a dit qu’on peut être candidat, si on a au moins 35 ans et on a dit aussi qu’il y ait deux mandats. Normalement, la rédaction de l’article 35 ne devrait même pas faire débat. C’est un texte consensuel sur lequel tout le monde est  d’accord. Le Pdci soutient donc à 100% toutes les réformes que le chef de l’Etat veut introduire dans la Constitution. Le Pdci n’est pas contre le projet. Sachez cependant que le chef de l’Etat, ayant mis en place un Comité d’experts, le Pdci aussi a mis en place un Comité d’experts. Voici sa composition : trois membres du Secrétariat exécutif, trois élus, à savoir un député, un maire et un conseiller de conseil régional. Il y a un juriste et deux avocats. Il se trouve que le secrétaire exécutif chargé des Affaires juridiques est en même temps avocat. Il préside donc le Comité. C’est vous dire que ce Comité est pluridisciplinaire. Il comprend des politiques, des élus, des juristes et il y a deux ministres.  C’est ce Comité d’experts qui, après analyse, a trouvé que la méthode que le président Ouattara a choisie pour la réforme constitutionnelle, sied à une révision constitutionnelle. Ce sont donc nos experts qui disent que c’est une révision compositionnelle, d’après la manière dont le président a engagé les débats. Mais le Pdci soutient tout ce que le président veut mettre dans la réforme constitutionnelle. Rappelez-vous qu’à Marcoussis, on a parlé de révision constitutionnelle. Et c’est sur Marcoussis que nos experts prennent appui pour parler de la révision constitutionnelle. Même dans son discours à la Nation (le 6 août), le président a fait référence aux accords de Linas-Marcoussis.

A l’issue d’une rencontre avec le Conseil économique et social, le professeur Ouraga Obou (président du Comité d’experts) a dit que c’est une nouvelle Constitution qui est écrite.

Ça, c’est au niveau des experts. Nous, nos experts disent que c’est plutôt une révision et selon les conditions qui ont été réunies. Je suis médecin, je serais plus à l’aise sur une question d’ordre médical. Mais nos juristes ont dit qu’il faudrait une Constituante, si l’on veut parler de nouvelle Constitution. Vrai ou faux ? C’est la position de nos experts.

Si comme vous le comprenez, la réforme du président de la République est calquée sur les accords de Linas-Marcoussis, comment expliquez-vous la position de l’opposition,  notamment du Fpi, qui rejette cette réforme ?

Je crois que c’est une opposition de principe. D’après ce que j’ai cru comprendre, ils estiment que le moment n’est pas propice à une réforme constitutionnelle, qu’elle n’est pas nécessaire, qu’ils ne participent pas à cette réforme et que le président, de façon unilatérale, a choisi 10 personnes pour réfléchir. Ce sont les problèmes qu’ils ont soulevés. Nous, nous disons que nous soutenons le président de la République, qu’il a le droit de nommer un Comité de juristes ou d’experts pour regarder la Constitution. Et c’est cette méthode que nos juristes disent qu’elle conduit à une révision constitutionnelle.

Concernant la vice-présidence, selon les rumeurs, le président aurait proposé de nommer quelqu’un pour la première fois. Il n’y a pas de problème à ce niveau ?

Quand on révise des textes, il y a toujours des dispositions transitoires. Si le référendum passe et que la Constitution est adoptée, comme le président aura déjà été élu, les propositions qui ont été faites visent à lui permettre de nommer un vice-président  pour terminer le mandat avec lui. Et en 2020, les deux vont être sur un même ticket. C’est la première transition qu’il veut prévoir. La deuxième, c’est d’introduire une clause transitoire pour dire que ceux qui vont être élus en 2016, leur mandat va prendre fin en 2020, pour qu’en 2020, quand on élit le président en octobre, on élise les députés en novembre, de sorte que l’exécutif et le législatif aillent en harmonie, au lieu d’avoir un hiatus d’un an comme c’est le cas actuellement. Ce sont les deux dispositions transitoires prévues, il n’y en a pas d’autres.

Vous avez qualifié le discours du président de responsable, concernant les événements sur la Cie. Pouvez-vous y revenir ?

Moi, je fonctionne en médecin. Vous ne pouvez pas guérir une maladie que vous n’avez pas diagnostiquée. En politique, si on reconnaît les vrais problèmes, c’est qu’on va y donner les vraies solutions. Je dis que le chef de l’Etat est un responsable, parce qu’il dit qu’il reconnaît qu’il y a des difficultés. C’est ça, un discours responsable. Cela veut dire qu’il est à l’écoute. Il a été d’une franche honnêteté aussi. Rappelez-vous que, pendant 10 ans, les habitants des zones Cno ne payaient ni facture d’eau, ni facture de courant. Pourtant, ils étaient fournis en courant. En 2004, pendant les moments chauds, il a été proposé de couper le courant dans ces zones, cela a été refusé. A Bouaké, où pendant 10 ans, les factures n’ont pas été payées, il ne fallait pas qu’on casse les agences de la Cie.

Quel est votre agenda politique pour les prochains jours ?

D’abord, en tant que Secrétaire exécutif du parti, je vais suivre de plus près le choix de nos candidats. Depuis mai, nous avons initié la procédure. Les délégués ont eu 15 jours pour traiter les dossiers localement. Ces dossiers ont été transmis au Comité électoral qui, depuis le 10 juillet, est à pied d’œuvre. Il a jusqu’au 31 août pour nous donner les résultats définitifs. Notre priorité du moment, c’est d’achever le processus, afin d’avoir, en notre possession, une banque de données parce que nous irons, en second lieu, ouvrir des négociations en Rhdp pour voir comment, concrètement, on y va. Tout le monde dit qu’on va en Rhdp, mais les modalités pratiques ne sont pas encore définies. Nous nous assoirons pour déterminer le mode opératoire, de sorte à aller informer les militants. L’autre activité concerne l’installation des Coordinations sous-préfectorales.  Le principe est que la base s’approprie le Rhdp. Bien sûr, on attend le calendrier de préparation du référendum.  Et une fois qu’on finit les élections législatives, la première activité en 2017, nous achevons l’installation des 17 grands conseils régionaux restants.

Entretien réalisé par Diarrassouba Sory et Benoit HILI (In Le Nouveau Réveil)

Laisser un commentaire

Agenda

décembre 2017
D L M M J V S
« Nov    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Archives

Directeur de publication Gérant : Guy Tressia

Contact: +225 08322110/40007513

Email: guytressia@gmail.com

Abonnez-vous à africanewsquick par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à africanewsquick et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez 11 559 autres abonnés

Retour vers Haut
Optimization WordPress Plugins & Solutions by W3 EDGE