Côte d’Ivoire-Santé Publique: Les médicaments de la rue se portent bien, Raymonde Goudou impuissante…

By: Africa Newsquick

Raymonde_Goudou-Coffi_3juin11Côte d’Ivoire-Santé Publique: Les médicaments de la rue se portent bien, Raymonde Goudou impuissante…

Invitée de «Les rendez-vous du gouvernement», le jeudi 19 septembre 2013, Raymonde Goudou Coffie, alors Ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida, avait promis, depuis le 20ème étage de l’immeuble SCIAM, au Plateau, la destruction, dans un futur proche, du marché noir de médicaments de la rue sis à Adjamé-Roxy. Trois ans environ, après cette promesse ministérielle, les vendeuses des médicaments contrefaits et sans molécules chimiques continuent de prospérer impunément. La ministre revient à la charge et promet (encore) de passer par la forme répressive.

La énième promesse de Raymonde Goudou Coffie

Interrogée par Radio Côte d’Ivoire, dans le cadre de l’émission «L’invité du jour» du vendredi 5/8, Raymonde Goudou Coffie, Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a, de nouveau, promis, face à la persistance du phénomène des médicaments de la rue, de passer à la phase de répression. «On est d’accord sur une seule chose, je veux qu’on se mette d’accord sur une seule chose. Cette vente, elle est illégale et illicite et elle conduit au décès des personnes, elle conduit à augmenter le nombre de maladies, voilà! Moi, en tant que ministre de la Santé, c’est ce que je dis. Maintenant, je dis qu’il y a d’autres moyens pour pouvoir nourrir ses enfants. On les encourage à embrasser d’autres métiers que celui-là qui est réservé à des spécialistes. Si après tout ça, on rend compte que nous-mêmes, après avoir rencontré ces personnes, ces commerçants qui sont sur le marché, après les avoir sensibilisés nous-mêmes, après leur avoir expliqué que ce n’est pas bien, si après toutes ces étapes-là, on se rend compte qu’il y a une sorte de résistance, nous serons, bien sûr, obligés de passer par la forme répressive qui sera celle que nous allons aborder. On ne vous dit pas pour le moment ce que nous allons faire. C’est selon la situation qui va se présenter devant nous que nous aborderons, bien sûr, la phase de répression», a-t-elle vivement clamé. Et «L’Eléphant», de plus en plus incrédule, attend de voir la concrétisation de ce énième serment. Mais avant de passer à cette hypothétique phase répressive, Raymonde Goudou Coffie dispose, dans sa trousse médicale ministérielle, d’un «remède» efficace pour décourager les nombreux usagers des médicaments de la rue. Lisons attentivement la posologie de cette thérapie ministérielle. «C’est vrai que le phénomène perdure. Malheureusement, les différentes campagnes de sensibilisation menées depuis les années 80 n’ont pas porté de fruit. Nous avons donc décidé de mener une campagne sur le long terme pour une sorte de prise de conscience des populations afin qu’elles comprennent qu’acheter les médicaments de la rue, ce n’est pas aussi moins cher que ça. Le comprimé est vendu à soit 25 ou 50 francs sur le marché. En office de pharmacie, vous avez un blistère, c’est-à-dire une plaquette de 10 comprimés, vendue à 100 ou 150 ou même 200 francs, selon, bien sûr, la marque que vous achetez. Pour le paracétamol, le blistère coûte 100 francs, donc 10 comprimés à 100 francs. Et si vous achetez à 25 francs sur le marché le comprimé, vous avez le blistère, disons les 10 comprimés, à 250 francs. Donc, déjà, vous achetez plus cher alors que les gens pensent qu’ils vendent moins cher, ils achètent plus cher. En plus, ils sont confrontés aux intempéries, c’est-à-dire à la non-protection légale du médicament, le non-respect des dates de péremption. Ces médicaments-là sont vendus par une population non scolarisée alors qu’un médicament, c’est une spécialité», conseille-t-elle. Face aux personnes récalcitrantes, voilà le message du ministre: «Il y a toujours des gens qui font de la résistance et c’est sur ces personnes que nous travaillons actuellement. La phase de sensibilisation sera effective, dans quelques jours, à faire comprendre aux populations ivoiriennes que le médicament, en même temps qu’il peut soigner, il peut également être un danger pour ceux qui le consomment. Cela conduit malheureusement au décès, et on ne pourra pas bien sûr faire partie des personnes qui ne vont pas connaître l’émergence en 2020, si on meurt avant.» Le Comité de lutte contre le trafic illicite et la contrefaçon des médicaments (COTRAMED) n’ayant pas pu venir à bout de ce fléau, on espère que les prescriptions émergentes du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique produiront des effets sur ces consommateurs des médicaments de la rue.

 

Les médicaments de la rue donnent des crampes à tout le gouvernement

Ces médicaments de la rue, on n’en parlera jamais assez. Et le gouvernement à travers la ministre de la Santé et de la Lutte contre le SIDA, Raymonde Goudou, qui avait promis tout faire pour bouter notre pays qui aspire à l’émergence, pour l’heure, ne fait que déchanter. Mais elle a très vite été rattrapée par ses affirmations et partant, tout le gouvernement. La preuve, le Conseil des ministres du 3/8, avant que l’empereur Ouattara II et tout son gouvernement ne partent en vacances, a produit, au cours de son communiqué, le passage dont la teneur est la suivante: «Le Conseil a adopté une communication relative à la 1ère phase de la sensibilisation contre la vente illicite et la contrefaçon des médicaments. Le phénomène du commerce pharmaceutique illicite produit dans notre pays des effets néfastes de plus en plus visibles au sein des populations, qui se traduisent par des taux élevés de morbidité et de mortalité ainsi que par l’apparition de certaines pathologies, notamment les insuffisances rénales et les hépatites. Il entraîne également une perte importante de recettes fiscales pour l’Etat. Face à cette situation, le Gouvernement a élaboré un programme d’intervention qui se déroulera en 4 phases au cours du 3e et 4e trimestre 2016. Le Conseil a donné son accord pour la mise en œuvre des phases 1 et 3 de ce programme qui correspondent respectivement à la sensibilisation des populations et des acteurs du marché pharmaceutique illicite et à la répression de la vente illégale de produits pharmaceutiques, avec la saisie et la destruction des produits et des installations de ce commerce.» («APA», 4/8). On se demande bien si après les assurances fermes de Raymonde Goudou, on avait besoin de revenir sur une autre phase de sensibilisation, avant la répression. Pour le moins que l’on puisse adresser comme message à nos autorités, c’est qu’au prochain Conseil des ministres qui se tiendra le 31/8 prochain, après leurs vacances, le marché de médicaments de la rue sis à Adjamé Roxy continuera de se porter comme un charme!

Avec L’Eléphant déchainé 470

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