Resocialisation des ʺMicrobesʺ-Guiglo et Sassandra: Les ex-combattants ont-ils peur de leurs «frères d’armes»?

By: Africa Newsquick

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Le mal est profond, si profond que trouver le remède semble relever d’une utopie. Eh oui! Lors du Conseil des ministres du 8/6, le gouvernement ivoirien avait clamé son désir de resocialiser des enfants qui s’adonnent à la délinquance juvénile couramment appelés ‘’Microbes’’ ou ‘’enfants en conflit avec la loi’’, fruits de la crise postélectorale de 2011. A cet effet, le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, a indiqué que «l’opération de resocialisation va concerner des jeunes en difficultés qui s’adonnent à des activités qui représentent un danger non seulement pour les populations mais aussi pour eux-mêmes». Il est ressorti de cette décision des autorités que ce projet permettra de donner une formation qualifiante à ces jeunes, d’accompagner leur insertion professionnelle à travers la formation civique et citoyenne. L’opération se déroulera dans les centres de formation civique et citoyenne de Guiglo et de Sassandra, pour une cible estimée à 300 jeunes. Tout semblait alors dans le meilleur des mondes! Mais pas pour les populations desdites agglomérations qui n’ont pas apprécié ce pan de cette communication du Conseil des ministres. Et dire que la désolation est encore plus manifeste chez les ex-combattants qui, eux, ont particulièrement accueilli cette nouvelle comme un coup de poignard dans le dos. Quoi, rejeter des frères d’armes qui viennent en paix? En voilà, des manières! Pour exprimer leur amertume, un mouvement d’humeur s’est récemment fait ressentir de la part d’un groupe de personnes se réclamant des ex-combattants de l’Ouest. Ils sont plus de 400 ex-combattants qui ont décidé de donner de la voix: «Que les microbes restent chez eux à Abobo où ils sévissent. Nous n’en voulons pas chez nous ici. La crise nous a laissé des souvenirs encore vivaces dans nos esprits. Que les autorités règlent notre problème de filet de réinsertion, avant de faire venir ces machines à tuer à l’Ouest»; sans manquer de lancer un ultimatum par la même occasion: «S’ils viennent, des antibiotiques leur seront injectés, ils seront guéris définitivement. Ces bandits à la machette facile ont leur place dans le centre de rééducation de Dabou, mais pas à Guiglo.» Pour le porte-parole des ex-combattants, Tekou Lucien, «nous tournons en rond après plus d’un an d’attente. Plusieurs tentatives pour rencontrer les responsables du bureau local de la cellule de coordination et de suivi de la réinsertion (CCSR), pour nous situer, sont restées vaines. Personne ne nous écoute, que voulez-vous que l’on fasse à présent?» («Soir Info», 19/7). Avec de telles réactions, l’on se demande si ce projet, qui dans sa composition a la visée noble de sauver ‘’les microbes’’ ou ‘’les enfants en conflit avec la loi’’, ne créerait pas plus de problèmes qu’il n’en résoudrait. Il suffirait simplement que ces «frères d’armes» s’acceptent mutuellement pour que tout aille comme sur des patins à roulettes!

JOSE N’GORAN, in L’Eléphant déchaîné 467

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