Surfacturation et abus de monopole/Un maire ivoirien très en colère: «Que le gouvernement et la CIE arrêtent maintenant!»

By: Africa Newsquick

facture cieSurfacturation et abus de monopole/Un maire ivoirien très en colère: «Que le gouvernement et la CIE arrêtent maintenant!»

Les Ivoiriens sont un peuple paisible. Lasauvageriequ’a vécu le pays à partir du coup d’Etat de Noël 1999 jusqu’à la crise électorale 2010-2011par la faute de quelques « tueurs de démocratie » ne contredit en rien cela. Quelques Ivoiriens étaient en cause, mais ils ne constituent pas le peuple de Côte d’Ivoire. Le peuple de Côte d’Ivoire est donc un peuple paisible, un peuple tellement épris de paix qu’on pense qu’on peut lui faire tout le mal qu’on veut sans que cela n’altère outre mesure sa joie de vivre. Frappez-lui la joue gauche et il vous tendra tout de suite la joue droite, qui plus est, avec le sourire.

Des années durant, le paisible peuple ivoirien a tout subi, rackets de policiers, gendarmes et autres « corps habillés », fraude massive aux différents concours de la fonction publique, augmentation intempestive et démesurée du prix du carburant, prise en otage des universités et cités universitaires, hausse du prix des denrées alimentaires, déchets toxiques, dégradations des routes, insalubrité et pollution,augmentation fantaisiste des coûts de transports, désordre dans la délivrance des permis de conduire, duperie dans les logements sociaux, violations des droits de l’homme et bien d’autres humiliations et injustices. A tout cela, quelle a été la réponse des Ivoiriens : une affluence accrue dans les maquis pour oublier leur malheur. Vraiment les Ivoiriens sont un peuple paisible. C’est là une qualité unique, rare et donc recherchée et non une faiblesse comme certains le pensent.

Les dirigeants de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE) ne connaissent que trop cette qualité bien ivoirienne qu’ils ont la fâcheuse tendance à prendre pour une faiblesse. Sinon, comment comprendre qu’après tant d’années de deuil et de malheurs, comment comprendrequ’en ces circonstances de paupérisation généralisée, cette société s’adonne à cœur joie à la surfacturation ?La vérité est que la CIE n’a certainement jamais eu d’autres objectifs que de profiter de chaque situation pour continuer à abuser impunément des Ivoiriens. On se souvient encore del’invention de la « facturation par évaluation » ou la « facturation estimée ».C’est vrai que le doux peuple de Côte d’Ivoire avait l’habitude de cetabus de monopole. Mais l’ampleur de la situation est devenue trop préoccupanteet le moment est trop mal choisi pour se taire sur une telle mascarade.Il y a eu des bruits et des murmures d’indignation. A quoi le Gouvernement, à cheval sur la position de la CIE au lieu d’écouter le Souverain Peuple qui l’a mandaté, a répondu par des explications on ne peut plus énervantes.Il y a eu des cris de colère. Le président de la Républiquehimself a dû monter au créneau.« Ordre » a été intimé à la CIE de baisser les prix des factures. Un projet pour mettre fin au monopole de la CIE et créer les conditions d’une concurrence pure et parfaite a été brandi. La CIE a aussitôt réagi. Sa direction a promis une réduction des coûts et même un remboursement des trop perçus, des indus.

2-Yao Kouamé Séraphin_maire de Brobo_9943Les Ivoiriens ont patienté. La CIE a fait promener ses techniciens pour changer les appareils qui, selon elle, expliquaient les erreurs de facturation. Les nouvelles factures sont arrivées. Et surprise, les Ivoiriens constatent que la note est encore plus salée ! Tous ces mots de désolation et ces discours pleins de promesses prononcés par la direction de la CIE, la main sur le cœur, n’était donc que du baratin, de la pure communication ? Même pour un peuple paisible, il y a des choses qui sont dures à avaler. La CIE le sait. Le Gouvernement le sait. Il fallait donc rapidement trouver autre chose. Mais au lieu de faire la seule chose raisonnable à faire, c’est-à-dire BAISSER EFFECTIVEMENT LES COUTS, on continue d’essayer d’endormir les Ivoiriens déjà gagnés par l’insomnie en expliquant que le coût de l’électricité en Côte d’Ivoire est le moins cher de la sous-région. Allons ! De quoi parle-t-on ?

Les Ivoiriens n’ont que faire des prix au Sénégal, au Nigéria ou au Burkina Faso. Ce qu’ils demandent, c’est que dans leur  pays gangrené par le chômage, dans leur pays où ceux qui travaillent ont en majorité des salaires si bas qu’ils ne peuvent se loger, se nourrir ou se soigner décemment, dans leur pays qui produit et vend de l’électricité à l’extérieur pendant que les Ivoiriens sont soumis à des coupures intempestives, les prix soient abaissés à un niveau supportable pour tous les ménages. Les Ivoiriens ne veulent plus rentrer dans les polémiques inutiles du genre « les investisseurs sont de retour, le PIB a augmenté, tel nombre d’infrastructures a été réalisé etc. ». Ils disent que ce sont de bonnes choses et sont prêts à applaudir ces résultats incontestables, mais ils veulent vivre pour voir tout cela et en jouir. Ils veulent que le PIB par parité de pouvoir d’achat et l’Indice de développement Humain (IDH) augmentent aussi. Ils veulent que l’Indice de Pauvreté Humaine baisse. Pour ce faire, les ménages ne peuvent pas continuer à payer des factures à la hauteur d’entreprises industrielles.

Pour paisibles qu’ils soient,il ne faut pas béatement croire queles Ivoiriens vont continuer à se laisser spolier parce gargantua monopolistique qu’est la CIEsans réagir.Déjà, on apprend qu’une étincelle s’est allumée à Yamoussoukro. Le peuple semble ne plus se contenter de faire du bruit, de murmurer ou de hurler. Il est fatigué de gémir. Il semble décider à agir, à se faire entendre une bonne fois pour toute. Et l’histoire des Etats et des Nations montre qu’un peuple déterminé se donne toujours les moyens de rappeler à ceux qui l’auraient oubliée sa souveraineté. Le paisible peuple de Côte d’Ivoire depuis trop longtemps livré à lui-même, sans défense, semble maintenant très déterminé. La balle est dans le camp du Gouvernement et de la CIE. Les deux partenaires doivent s’activer pour éviter que la petite étincelle ne se transforme en flamme géante. Le temps presse.

L’heure n’est plus aux conflits, maisà la réconciliation nationale. Il faut donc, à tout prix, éviter de mettre de l’huile sur le feu. Car, quel pardon peut-on demander à celles et ceux qui sont victimes de ces graves injustices sociales au nez et à la barbe de leurs propres gouvernants ? De quelle réconciliation sont-ils capables dans ces circonstances extrêmement graves ? Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, le dernier rempart des Ivoiriens, l’a dit clairement et ne cesse de le répéter : il n’y aura pas de réconciliation sans justice.Alors, que rapidement justice soit faite au paisible et doux peuple de Côte d’Ivoire.Pour qu’enfin ! la CIE arrête ses surfacturations et son abus de monopole.

Séraphin Sky KOUAME

Maire de la Commune de Brobo

Chercheur en Science politique

ralphkouame@yahoo.fr

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