CIV-Hausse des factures de l’électricité: Toungara nargue les consommateurs et fait abuser l’Etat…La CIE n’a peur de rien!

By: Africa Newsquick

Toungara AdamaCIV-Hausse des factures de l’électricité: Toungara nargue les consommateurs et fait abuser l’Etat…La CIE n’a peur de rien!

L’affaire est sérieuse et défraie la chronique. Les factures d’électricité pleuvent avec une augmentation à rythme exponentiel. Ça roucoule dans les salons et sur les réseaux sociaux. Même en dépit de l’appel du chef de l’Etat à la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) de ne pas procéder à une augmentation du KWh (kilowatt/heure), les factures continuent de grimper. «L’Eléphant», pour avoir la conscience tranquille, a fouiné pour ressortir les causes profondes de cette augmentation énergétique des factures qui fait saigner les consommateurs. Au point où la cherté de la vie les étrangle, et que la misère continue de faire son petit bout de chemin en dépit des embellies au niveau de la croissance économique.

 

Au commencement était l’énergie!

Le secteur de l’énergie est d’une importance capitale pour  l’émergence de la Côte d’Ivoire. Vu que le chef de l’Etat ambitionne de faire en sorte que tous les hameaux de plus de 500 âmes puissent bénéficier des bienfaits de l’électrification, partant de l’énergie. Pour y arriver, il faille bien que les structures en charge de sa gestion, notamment la Direction Générale de l’Energie (DGE), mènent, avec la plus grande responsabilité, la mission à elles dédiée par le Gouvernement. Or, cela n’est toujours pas ce qui transparaît, eu égard aux lourds dysfonctionnements administratifs. Le délestage de 2009 et le déséquilibre chronique du secteur depuis plus d’une décennie sont les conséquences d’une autre forme de «délestage administratif», lui aussi devenu chronique et lourd de conséquences, pour les Ivoiriens.

 

De l’insuffisance du contrôle régalien

La DGE est chargée de la coordination et de la planification de la politique énergétique nationale, de l’élaboration et du suivi de la législation et de la réglementation sur l’électricité et les énergies renouvelables, et de la gestion de l’utilisation des ressources énergétiques. A cet effet, il lui incombe de garantir le bon fonctionnement du secteur de l’électricité à travers un contrôle rigoureux des différents acteurs du secteur de l’électricité. Plutôt que de s’acquitter de cette délicate mission, la DGE «donne la nette l’impression» de déléguer ses prérogatives à divers acteurs du secteur. Ainsi, la planification et la mise en œuvre de l’électrification rurale sont menées par CI-énergie. Alors qu’une Direction de l’électrification rurale est créée, depuis 2012, il n’existe pas de Directeur de l’électrification rurale. L’on comprend donc pourquoi la non-nomination d’un Directeur de l’électrification rurale n’émeut personne, puisque CI-énergie assure. Pourquoi avoir donc créé cette direction? Bien malin, qui saura répondre!

La lutte contre la fraude de l’électricité est menée par la CIE alors que tous, savons que les agents de cette structure seraient très souvent, selon de mauvais consommateurs d’électricité qui rechignent à payer leurs factures, complices des fraudeurs dans nos quartiers. Le contrôle de la facture de l’éclairage public et des bâtiments publics est désormais effectué par la Direction du Patrimoine de l’Etat (DPE) alors que traditionnellement, ce contrôle était fait par la Direction Générale de l’Energie à travers une convention entre la DGE et le Laboratoire de bâtiment et de travaux publics (LBTP). A présent, cette convention est désormais conclue entre la DPE et le LBTP. La DGE est totalement absente. Conséquence, la facture des abonnés de l’Etat devient de plus en plus insupportable. Là où l’on devrait parler de réduction du train de vie de l’Etat, on augmente les factures pour faire payer le pauvre peuple de Côte d’Ivoire. Bref! Dans les Directions régionales et départementales du Ministère de l’Energie, il n’existe aucun service de l’énergie. Une situation qui laisse libre cours aux populations de mener des activités quelques fois illicites… Du fait de cette absence notoire également, les populations ou les entreprises de l’intérieur du pays n’ont aucun recours sur place en cas de conflits avec la CIE. Heureusement que l’Autorité nationale de régulation du secteur de l’électricité (Anaré) les soulage partiellement – une goute d’eau dans la mer -, à travers sa Direction sise à Yamoussoukro! Voilà une des conséquences du monopole sauvage. Continuons notre incursion. La DGE reçoit chaque année, de la CIE, des rapports contractuels qui pourraient faire tousser plus d’un. En effet, le consultant Macroconsulting, dans le cadre de l’étude tarifaire de l’électricité de 2012, a révélé que «les informations comptables et financières (balance comptable), détail des principales charges d’exploitation; détail des travaux réalisés pour le compte de l’Etat; assignation des charges entre activités de production, transport, distribution MT et BT, n’ont pu être obtenues de la CIE». Pourquoi, on ne sait pas trop. En outre, à la page 39 de son rapport, le consultant Macroconsulting écrit encore que «les données des comptes rendus techniques 2006 et 2009 ne coïncident pas exactement avec l’information du rapport annuel d’exploitation 2009». Et quand on sait que la CIE n’a aucun contrat de performance avec l’Etat!

 

De l’absence de formation du personnel de la DGE

Le déficit financier du secteur de l’Electricité serait également lié aux contrats mal négociés. Cette situation serait due aux faibles capacités des agents du Ministère à négocier les contrats (production et partage de gaz, production d’électricité, transport, distribution et commercialisation de l’électricité) qui préservent les intérêts de l’Etat. La Direction Générale de l’Energie dispose, grâce à l’arrêté interministériel n°117 du 24 décembre 2001 portant «réorganisation du contrôle des ouvrages de production, de transport et de distribution de l’énergie électrique et fixant les modalités de répartition des frais de contrôle», d’un budget dédié à la formation. Mais ce budget n’est pas utilisé de façon adéquate. En effet, la DGE ne dispose pas d’un plan de formation visant à renforcer les capacités de ses agents en vue d’une plus grande efficacité dans la négociation des contrats. A cela s’ajoute une gestion «approximative» des ressources humaines. Une lecture attentive du décret N°2015-185 de Mars 2015 portant organisation du Ministère du Pétrole et de l’Energie laisse échapper une légèreté émergente qui saute à l’œil du profane. Alors qu’une Direction de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables a été créée, aucune mission relative à la maîtrise de l’énergie n’est contenue dans ce décret. Ben dit donc! C’est aussi ça, la rigueur administrative! Ce n’est pas fini. Sur huit (08) postes de Sous-directeurs, seulement trois (03) sont pourvus en personnel. Cerise sur l’énergie, comme manifestation d’un mieux-être des agents de la DGE, depuis 2011, la Direction Générale de l’Energie a vu le départ de 07 ingénieurs de haut niveau. Avec ces départs, il y aura toujours moins d’énergie à la Direction Générale de l’Energie!

 

De la gestion des deniers de l’Etat

L’arrêté interministériel n°117 du 24 décembre 2001 portant «réorganisation du contrôle des ouvrages de production, de transport et de distribution de l’énergie électrique et fixant les modalités de répartition des frais de contrôle» donne les moyens à la DGE de mettre en œuvre sa mission de contrôle des ouvrages, de renforcer son équipement, de former et de motiver son personnel. Les ressources financières, mises à la disposition de la DGE grâce à l’arrêté, sont gérées avec une grande maestria dont seuls les initiés en ont le secret. N’exigeons pas un regard extérieur comme il sied en matière de bonne gouvernance. Mieux, aucun document de politique énergétique de la Côte d’Ivoire n’existe. Selon les sources de «L’Eléphant», toutes les tentatives d’élaboration d’un tel document ont échoué. Alors que l’existence d’un document de politique énergétique aurait certainement permis d’éviter certains problèmes rencontrés ces 20 dernières années (délestage, manque de gaz pour alimenter les centrales thermiques, déséquilibre chronique, etc.). La planification et la programmation, on en a cure, au ministère de l’Energie et du Pétrole.

 

Du déficit budgétaire imputable à des pertes techniques et non techniques.

Au sortir du Conseil des ministres du 26 mai 2016, le gouvernement a donné les chiffres clés qui ont caractérisé l’exercice comptable 2015 du secteur de l’électricité en Côte d’Ivoire. En matière de Production, nous avons eu 8527,627 GWh (gigawatt/heure) dont 84,28% part thermique et 15,72% part hydraulique. Pour ce qui est de l’achat de combustible, l’Etat a dépensé 302,985 milliards dont 242,045 milliards de gaz naturel et 58,192 milliards de HVO (Heavy Vacuum Oil, diesel lourd utilisé pour produire de l’électricité, quand on est en manque de Gaz naturel). Toute chose qui se résume en termes de Recette totale à 514,849 milliards et de 545,798 milliards de dépenses. Soit un déficit d’environ 40 milliards de FCFA. Cette année encore, à l’instar des trois années écoulées, le secteur a enregistré, rebelote, un déficit. En français facile, cela revient à dire que l’Etat a dépensé près de 40 milliards de FCFA de plus que ce qu’il a encaissé. Ce déficit qui représente une part importante du chiffre d’affaires (environ 8%) est financé par le contribuable ivoirien. Yako! Une petite analyse éléphantesque des charges du secteur permet de comprendre que les combustibles servant à alimenter les centrales thermiques constituent la charge la plus importante (54%). Par ailleurs, les combustibles liquides, dont le coût est très élevé par rapport au gaz naturel, commencent à occuper une part importante dans les dépenses de combustibles avec plus de 72 milliards pour le HVO en 2014. Les pertes techniques et non techniques ont été évaluées à 21% en 2014 dans le rapport d’activité de l’Anaré. Ce taux correspond à une perte de recette de 119 milliards de FCFA. Là où les standards internationaux requièrent un plafond de 13% de pertes techniques et non techniques. Ce qui voudrait dire qu’il faut réduire de 8% les pertes, soit un gain de 652 GWh d’énergie correspondant à un gain de recette de 45 milliards de FCFA. Pauvre peuple, voilà pourquoi tes factures ne font que grimper…!

F.TAKY, in L’Eléphant déchainé

Laisser un commentaire

Agenda

décembre 2017
D L M M J V S
« Nov    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Archives

Directeur de publication Gérant : Guy Tressia

Contact: +225 08322110/40007513

Email: guytressia@gmail.com

Abonnez-vous à africanewsquick par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à africanewsquick et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez 11 559 autres abonnés

Retour vers Haut
Optimization WordPress Plugins & Solutions by W3 EDGE