Terrorisme: L’islam Comme Unique Catalyseur? (L’humeur de Dr ESSIS AKO FELIX)

By: Africa Newsquick

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Il semble que les stratèges qui font l’actualité du terrorisme aient décidé de donner une dimension inhabituelle à leurs actions, à travers le monde. La guerre sans merci qu’ils livrent aux ennemis de leur «cause», et au cours de laquelle eux et leurs ouailles, ne reculent devant aucune extrémité, en est l’illustration. En effet, avec une capacité époustouflante d’ouvrir des fronts partout, et en de laps de temps, ils font flamboyer les villes; ces orgueilleux sanctuaires et symboles de la puissante civilisation occidentale, auxquels des architectes géniaux n’ont de cesse de donner des configurations audacieuses. Il faut, cependant, dépasser l’émotion suscitée par le spectacle de la mort et des destructions subites et violentes, banalisée par l’acte terroriste, pour comprendre les motivations des acteurs de l’apocalypse qui ne sont pas toujours faciles d’accès. A ce terrorisme qui ébranle tous les Etats, sans exception, dont les représentants se précipitent devant les médias, à chaque action violente, pour crier: «la situation est sous contrôle», alors qu’objectivement il n’en est rien, des idéologies tant religieuses que profanes, ainsi que de simples faits, donnent toutes sortes de justification. Par exemple, la plupart des attentats et autres actions de terreur, commis dans le monde depuis quelques décennies, sont revendiqués par des mouvements qui se disent islamistes; il en est ainsi des organisations telles que Al-Qaïda, l’Etat islamique, Boko Haram,… Mais des mouvements Chiites comme le Hezbollah, issu des Frères musulmans, le Hamas, ou encore des groupes Taliban, sont également considérés comme terroristes par de nombreux Etats. Wikipédia révèle que «l’objectif visé par le terrorisme islamiste est la promotion d’une vision religieuse et radicale du monde; et les organisations qui l’utilisent le perçoivent comme un commandement divin». Bien que, selon Wikipédia, «dans sa définition religieuse, le djihad ne soit pas spécialement lié à la politique ni à la violence, au début du XXI e siècle, il est facilement associé à la violence politique exercée en son nom dont un des buts serait de contraindre (des Etats) à un retour aux lois de Dieu et à la société prophétique de l’islam originel (et) à épurer l’ordre politique en place». Dans son remarquable ouvrage en ligne, «L’Islam dénonce le terrorisme», écrit peu après les attentats du 11 septembre qui ont été perpétrés dans deux grandes villes des Etats-Unis en 2001, Harun Yahya explique que l’Islam dénonce le terrorisme avec les versets du Coran, les pratiques du prophète Mohammed et avec des exemples de l’histoire islamique. Et comme cela n’a eu aucun effet – les attaques terroristes s’étant par la suite propagées dans d’autres pays parmi lesquels la Grande Bretagne, l’Espagne, la Turquie, la France, etc. -, des hommes politiques, des universitaires, des chefs religieux, des écrivains, autrement dit, toutes les personnes de conscience, à travers le monde, ont cherché des solutions au terrorisme, à comprendre ses causes et à travailler sur les mesures qui devraient être prises pour l’éliminer. «A cette occasion, il a été annoncé, partout, que l’Islam est une religion de paix et d’amour, appelant les gens à la compassion et la justice. Plusieurs leaders mondiaux, notamment les responsables des principaux médias, les stations de télévision et de radio, ont affirmé que l’Islam défini dans le Coran ne permet en aucun cas des attaques terroristes contre des gens innocents et qu’il ordonne la paix entre les gens et les nations». Mais cela n’a pas suffi pour enrayer les ravages de la violence aveugle dans le monde; l’Afrique, particulièrement, est devenue un espace privilégié, où les djihadistes se livrent à des démonstrations de force, au grand dam des populations. Cependant, la religion islamiste ne peut pas être tenue pour l’unique inspiratrice du terrorisme qui, faut-il le rappeler, est bien souvent une action venant en réaction à la politique d’un Etat. Ainsi, dans le cas bien connu des pays du tiers-monde, subissant le diktat multiséculaire des grandes puissances occidentales, il a existé un élément essentiel qui a favorisé l’éclosion du terrorisme dans ces pays soumis: La «charte» de l’impérialisme. Elaborée avec soin à Washington, en pleine traite négrière, puis discutée à la «Conférence de Berlin» en 1885, au moment du partage de l’Afrique; la charte a été examinée et retouchée, quand le monde a été scindé en deux blocs, après la deuxième guerre mondiale, et pendant la création de la «Société des Nations», l’ancêtre de l’ONU. Quelques articles, de ce texte hallucinant, donnent un aperçu de la vraie nature politique des grandes puissances qui dirigent depuis toujours le monde: Article 1- Devise de l’impérialisme: Gouverner le monde et contrôler les richesses de la planète. Notre politique est de diviser pour mieux régner, dominer, exploiter et piller pour remplir nos banques et faire d’elles les plus puissantes du monde. Article 2- Aucun pays du tiers-monde ne constitue un Etat souverain et indépendant. Article 3- Tout pouvoir dans les pays du tiers-monde émane de nous qui l’exerçons, par la pression, sur les dirigeants qui ne sont que nos marionnettes. Aucun organe du tiers-monde ne peut s’en attribuer l’exercice. Article 4- Tous les pays du tiers-monde sont divisibles et leurs frontières déplaçables selon notre volonté. Le respect de l’intégrité territoriale n’existe pas pour le tiers-monde. Article 5- Tous les dictateurs doivent mettre leur fortune dans nos banques pour la sécurité de nos intérêts… L’arrogance, le cynisme et la barbarie, véhiculés par cette charte, ont été à la base de la naissance de mouvements de libération nationale en Asie, en Afrique et en Amérique latine; ces mouvements ne se sont pas gênés pour emprunter aux puissances occupantes, leur mode de fonctionnement, fondé sur l’usage systématique de la terreur, en vue de réaliser leurs objectifs politiques. Le terrorisme n’est donc pas une exclusivité islamiste. Mais peut-il disparaître, dans le schéma de fonctionnement actuel des relations internationales? L’inique charte de l’impérialisme, peut-elle «mourir» dans l’esprit des grands de ce monde? Il suffit de lire, sans a priori, les évènements sociopolitiques qui se déroulent sur tous les continents, et particulièrement en Afrique, pour trouver les réponses à ces interrogations.

Docteur ESSIS AKO F. , in L’Eléphant déchaîné N°434 du mardi 29 au jeudi 31 mars 2016

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