Attaques terroristes, 70 ans du Pdci, législatives, alternance 2020/Dougrou Augustin (député Pdci ) crache ses vérités: «Les gens sont contre la Côte d’Ivoire…Il faut « clôturer » notre pays»

By: Africa Newsquick

Attaques terroristes,  70 ans du Pdci, législatives, alternance 2020/Dougrou Augustin (député Pdci ) crache ses vérités: «Les gens sont contre la Côte d’Ivoire…Il faut « clôturer » notre pays»

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Dans cette interview, le député Pdci de la Gagnoa sous-préfecture se prononce sur les sujets d’actualité et la vie de son parti. En ce qui concerne l’avenir de son parti, il affiche un optimisme exceptionnel. Il interpelle les gouvernants à être plus regardants sur les questions sécuritaires.

Vous êtes le numéro 2 de la délégation Pdci de Gagnoa et membre du Bureau politique. Comment se porte votre parti dans votre département ?

En tant que cadre du parti, je vous dis que le parti vit bien dans ma circonscription. Les preuves, ce sont les résultats des élections passées. Nous nous sommes bien comportés par rapport aux années électorales passées. De 26 % nous sommes passés à 74 % dans la sous-préfecture de Gagnoa. Nous sommes en vacances parlementaires et je suis sur le terrain. Nous faisons une politique discrète de proximité.

Le  Pdci prépare actuellement un évènement important. Il s’agit de son 70e   anniversaire. Comment le préparez-vous à Gagnoa ?

Les consignes ont été données et elles sont claires. Je suis membre de la commission qui organise ces 70 ans. Il faut dire que 70 ans, c’est l’âge de la maturité. Une vie de 70 ans, ça se fête et je suis heureux de participer  à l’organisation des 70 ans  du Pdci. L’anniversaire sera éclaté et nous allons donner la couleur qu’il faut dans notre département pour prouver aux yeux de la nation que nous sommes heureux de fêter les 70 ans de notre parti.

En dehors des cadres, comment les populations accueillent cet évènement ?

C’est toujours la sensibilisation. Donc au niveau de la commission, nous avons eu une première réunion. C’est le compte-rendu que nous relayons. Au moment venu nous  allons nous activer pour aller à l’objectif visé.

La Côte d’Ivoire est actuellement dans le collimateur des jihadistes. Quel commentaire en tant que député ? Avec l’anniversaire éclaté du Pdci ne craignez-vous pas  pour ces moments de rassemblement ?

La réaction, c’est mille fois hélas. Pour un pays de paix construit par Félix Houphouët Boigny qui subi ces atrocités. Je suis médecin, donc je suis pour la vie. Il ne faut pas ôter la vie à l’homme de façon bête et sauvage. J’ai été personnellement choqué. Parce qu’en Côte d’Ivoire, le dernier recensement nous dit qu’il y a 26 % d’étrangers. C’est dire que nous confirmons que nous sommes la terre d’hospitalité. Donc nous ne sommes contre personne. Nous sommes pour la paix mais nous nous rendons compte que les gens sont contre la Côte d’Ivoire. Ils sont venus pour des rasions qu’on ignore. Merci pour les personnes qui sont venues nous soutenir. Lorsque nous, députés, au niveau de la Commission des affaires  sociales et culturelles, quand nous avons été interpellés par le président de l’Assemblée nationale pour conduire une mission dans les hôpitaux pour rendre visite aux malades, nous n’avons pas hésité. Nous sommes en vacances parlementaires mais nous sommes allées soutenir nos frères qui ont été meurtris dans leur chair. Il faut dire que la mission n’ pas été facile. Parce qu’il y a des étrangers qui ont été blessés et tués. Il fallait parler souvent l’anglais parce que parmi les blessés il y avait tout le monde. Cela n’a pas été facile. Mais nous l’avons fait. L’Assemblée nationale a apporté son soutien. J’étais chef de délégation en tant que médecin.

Que préconisez-vous comme solution face à ce fléau ?Dougrou Sawouré (2)

Pour les solutions, nous nous souvenons qu’une fillette a dit qu’il faut clôturer la Côte d’Ivoire. Dans nos salons, nous avons ri. En réalité le sens était profond. La fillette avait raison. Elle voulait parler de la sécurité. Comme elle n’a pas la connaissance nécessaire, elle a donc parlé de clôturer. Pour nous qui sommes politiques et gouvernants, cette fillette voulait parler de sécurité. C’est cette sécurité qu’il faut renforcer. Il ne faut pas baisser la garde. C’est vrai, nous allons faire des rassemblements, faire les 70 ans du Pdci , mais il faut que la sécurité soit garantie. Les dispositions seront prises  pour que là où il y aura cette fête éclatée, la sécurité puisse être garantie. Je n’aime pas trop le mot surprise. A l’Assemblée nationale, je n’aime pas trop ce mot. En 99, on a été surpris. En 2002 on a été surpris. On nous dit qu’on a  été encore surpris à Grand-Bassam. Mais non ! En tant que médecin, je sais que  par exemple dans le mois d’octobre, il va faire chaud et il y aura une épidémie de rougeole. Je prends donc mes dispositions. On nous a trop frappés. Il faut que la sécurité soit renforcée. Il faut que les gens chargés de la sécurité assurent vraiment la sécurité. Qu’ils ne fassent pas autre chose que notre sécurité.

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko a tenu récemment une conférence de presse où il a insisté sur les pièces d’identité sécurisées pour les personnes qui entreront  en Côte d’Ivoire. Alors pensez-vous à ce niveau au retour de la carte de séjour comme le souhaitent actuellement certaines personnes ?

J’ai lu quelque part que le Maroc a sécurisé son aéroport de façon très sophistiquée. Mais la Côte d’Ivoire peut faire pareille. Etre hospitalier ne veut pas dire qu’il n’y a pas un minimum de contrôle.  Il faudrait que des dispositions soient prises surtout qu’aujourd’hui, nous avons des passeports biométriques. Il faudrait qu’on sache qui entre et qui sort de la Côte d’Ivoire. J’ai  fait la Belgique. Pendant que je prenais le visa à l’ambassade de la Belgique en Côte d’Ivoire, la Belgique était déjà au courant que je devrais y rentrer.  La Côte d’Ivoire peut aussi prendre ces mesures. Nous sommes à l’heure des Tic. On peut le faire. Il ne faudrait plus qu’on dorme sur nos lauriers. Cela met à mal l’économie. Pensez-vous réellement que quelqu’un est prêt à aller dormir à Bassam ? C’est vrai qu’on nous rassure mais c’est la peur. Mais que fait-on pour ne pas que les gens n’aient pas peur ? Parce que ne pas avoir peur signifie qu’on est rassuré d’aller à Bassam. Il faudrait qu’on évite désormais ce genre de surprise. Parce que sans paix, il n’y a pas de développement.

La prochaine étape des élections en Côte d’Ivoire, ce sont les législatives. Vous êtes un élu et un cadre du Pdci. Comment est-ce que vous les préparez ?

Ce n’est pas une surprise. Le député est élu pour cinq ans. Nous ne sommes pas surpris. Seulement que ce sont les dates que nous ne connaissons pas. Mais chacun à son petit niveau fait  déjà ce qu’il peut pour racler le maximum. Nous qui sommes déjà élus avons un bilan à faire. Nous  sommes certainement l’équipe championne à battre. Nous sommes sur le terrain avec nos mandants. Nous attendons certainement des consignes au plus haut niveau du Pdci-Rda  pour qu’on soit sur le terrain. La campagne n’a pas encore commencé mais nous sommes sur le terrain. Nous sommes en congé pour trois mois, nous sommes au village avec nos parents. Nous partageons des choses avec nos parents. Nous les rassurons. Comment ils ont accueilli l’attaque de Grand-Bassam ? Mais c’est de surprise en surprise. C’est avec frayeur qu’ils ont appris la nouvelle. Vous savez qu’à Gagnoa, il y a  beaucoup d’antécédents dans ce sens. Donc, lorsqu’on attend qu’on a tiré sur nos frères de Bassam, c’est la frayeur. Cela pouvait arriver à tout le monde. Cela pouvait être n’importe qui. C’est la chance que les vivants ont eu. Comme l’a dit Raoul Follereau, pourquoi lui et non pas moi ? C’est dire que cela pouvait être tout le monde.  Nous devons ensemble dénoncer. Quelqu’un a dit sur les antennes que si nous les dénonçons, nous ne serons pas en paix. Mais si nous ne les dénonçons pas aussi nous ne serons pas en paix. Ça peut être la destruction totale. Je pense qu’il faut dénoncer. Nous sommes politiques, nous allons dénoncer.

En ce qui concerne les législatives, c’est de savoir si le Pdci et son principal allié, le Rdr iront en Rhdp à ces élections ? Pouvez-vous nous rassurer déjà ?

Honnêtement, il faut qu’on sache qu’on avait ceci hier. Aujourd’hui, on dit cela et demain on dira autre chose. Mais tout compte fait, le Pdci est un grand parti. Nous avons près d’une centaine de députés à l’Assemblée nationale sur les 255 où il y a cinq groupes parlementaires. Nous sommes une centaine, c’est quand même une majorité. Qu’on aille en Rhdp ou pas, le Pdci a son mot à dire. C’est vrai, c’est parce qu’on nous craint que ces questions se posent souvent. Nous avons 70 ans  et les autres font quatre pattes. C’est pour cela que les autres ont peur. Si les patrons décident  qu’on aille en Rhdp, nous irons en Rhdp. S’ils  décident autre chose, nous allons en autre chose. Il faut d’abord compter sur ses propres moyens. Et je dis cela honnêtement. En 2011, personne ne comptait sur nous pour être député. C’est dire que nous sommes une force.

Il y a une présidentielle en 2020. Pour cette élection, la base du Pdci dit : Le Pdci au pouvoir ou rien. Quel commentaire ?

La promesse est une dette comme on le dit souvent. C’est ce qui a été promis. C’est ce qui a été mis dans les oreilles de nos militants. Ils ont entendu qu’en 2020, il aura l’alternance en faveur de leur parti. Nous attendons les décisions de la direction de notre parti.

Mais récemment, il y a le secrétaire général par intérim du Rdr, Amadou Soumahoro qui a affirmé que son parti ne doit à personne. Comment saisissez-vous cette réaction ?

C’est vous qui le citez. Moi je ne dirai pas de nom. Mais nous parlons avec un parti politique. Nous ne parlons pas avec une personne, un individu. Nous parlons certainement avec nos amis de l’autre côté mais nous sommes un groupement politique. C’est son avis, cela n’engage que lui.

Si vos alliés ne vous soutiennent pas à cette date. Avez-vous au plan B ?

Mais sachez que c’est le Pdci de Félix Houphouët Boigny. Ce n’est pas n’importe quel parti. Ils seront obligés de nous soutenir. Dans le cas contraire, nous aviserons. Nous prendrons nos responsabilités.

Interview réalisée à Gagnoa par Gilles Richard OMAEL et C.M

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