Ces révélations de « L’Eléphant déchaîné » qui n’ont pas été prises au sérieux-Menaces djihadistes sur la Côte d’Ivoire: D’où viennent ces étranges «visiteurs»? Koné Bruno: «Il n’y a pas de menace réelle et visible»!

By: Africa Newsquick

Koné bruno 2016Ces révélations de « L’Eléphant déchaîné » qui n’ont pas été prises au sérieux-Menaces djihadistes sur la Côte d’Ivoire: D’où viennent ces étranges «visiteurs»? Koné Bruno: «Il n’y a pas de menace réelle et visible»!

 

Menace djihadiste ou pas, «L’Eléphant» engage le débat afin que vigilance soit de mise…

 

«Le pays est sans danger» (?!)

A la suite du Conseil des Ministres du mercredi 8 juillet, le porte-voix du Gouvernement, Bruno Koné, parlant des menaces d’attaques terroristes en Côte d’Ivoire, et citant les services en charge de la sécurité du territoire, a affirmé que «le pays est sans danger». Merci pour l’information. Oyé braves Ivoiriens, vous pouvez vaquer tranquillement à vos activités, votre sécurité est assurée et les terroristes de tous poils seraient très mal inspirés de poser le bout d’un doigt du pied sur le territoire ivoirien.

Sauf que les assurances du Gouvernement, si elles ont pour objectifs de calmer les populations et de ne pas créer la psychose, n’empêchent pas, devant certains faits plutôt insolites, de se poser des questions sur la réalité du système de sécurité mis en place pour sécuriser le pays et ses habitants là où de grandes puissances, avec tous leurs moyens de renseignements de dernière génération, ont échoué à prévenir des violences terroristes sur leur sol.

C’est pour lancer ce débat que nous publions aujourd’hui cet article que nous voulons interpellateur pour tenir en éveil les autorités en charge de la sécurité des Ivoiriens.

Il  ne s’agit donc guère de créer la psychose au sein de la population. Il ne s’agit pas de stigmatiser une communauté et de toutes les façons les enquêtes de « L’Eléphant » n’ont pas permis d’attribuer une nationalité aux individus présents sur ces photos.

Il s’agit, pour les journalistes que nous sommes, dans un contexte où des terroristes ou fous de Dieu menacent de semer la terreur dans notre pays, de faire notre boulot, c’est-à-dire de respecter le droit des citoyens à savoir ce qui se passe dans leur pays en mettant à leur disposition des informations non corrompues afin que librement, ils adaptent leur attitude chacun selon sa capacité d’analyse.

Il s’agit aussi, pour les journalistes que nous sommes, d’aider les autorités chargées de notre sécurité à tous, à avoir des informations qu’elles n’auraient sans doute jamais eues sans le travail des journalistes et qui peuvent leur permettre, par recoupements, de démanteler certains réseaux dormants de criminels dans notre pays.

Ce sont là, les seuls objectifs qui nous poussent à publier ces photos que nous avons déjà mises à la disposition de certains responsables sécuritaires.

 

Des photos et une vidéo de dix secondes.

Le Samedi 4 juillet, un «lanceur d’alerte» de «L’Eléphant» s’est rendu au cimetière de Williamsville prier sur la tombe de son petit frère enterré là depuis quelques temps. Il était alors 12 heures.

A la fin de son recueillement et en montant dans son véhicule pour quitter les lieux, son regard est attiré par un groupe d’individus, une dizaine, qui se déplaçaient au pas de course en direction d’un quartier situé derrière le camp de gendarmerie d’Agban. Intrigué par leur accoutrement peu commun et la quasi similitude entre les chaussures qu’ils portent, de même que les baluchons et autres bagages aux formes étranges que tiennent certains, il lui vient tout de suite-se rappelant les menaces d’attaques terroristes proférées contre la Côte d’Ivoire par un groupe de terroristes qui prospèrent en ce moment au Mali- l’idée de prendre ces «visiteurs» d’un autre genre en photos. Il arrive à prendre deux photos. Et pour ne pas que ces photos soient taxées de montage, avant que la bande ne disparaisse, il réalise rapidement une vidéo d’une durée d’à peine dix secondes qui lui permet de fixer les trois derniers éléments de la bande avant qu’ils ne disparaissent derrière un gros camion garé là et visible sur la photo N° 2 qui est une capture d’écran réalisée par le service technique de «L’Eléphant» à partir de la vidéo.

 

Vite, les photos et la vidéo transmises à «L’Eléphant»

Dans les instants qui suivent, les photos parviennent à la direction de «L’Eléphant Déchaîné». Laquelle, après analyse, décide de se renseigner pour tenter d’en savoir un peu plus sur l’origine de ces «visiteurs». Les premières personnes à qui «L’Eléphant» présente les photos font partie de la communauté mauritanienne. De boutiques en boutiques, les photos sont présentées à plus d’une trentaine de Mauritaniens avec cette seule question: «Pensez-vous que ces individus sont des Mauritaniens»? La réponse a été invariable: «Non, ce ne sont pas des Mauritaniens». Autre question: «Comment vous pouvez être aussi affirmatifs»? «On ne se promène pas à Abidjan habillés comme ces gens et avec des bagages comme ça». Alors de quelles nationalités peuvent être ces gens? «On ne sait pas mais ce ne sont pas des Mauritaniens».

 

L’avis de quelques experts

«L’Eléphant» a envoyé les photos et la vidéo à certaines sources militaires quelque peu expertes ou pas du tout dans les questions terroristes. Après analyse des photos, ils ont tous déclaré qu’«on ne peut pas décréter à partir de ces photos que ces hommes sont des djihadistes.» Mais ils s’empressent d’ajouter: «Mais ces photos sont intrigantes. Surtout parce qu’elles ont été prises à Abidjan, la plaque de la voiture visible en arrière-plan permet de bien savoir qu’il s’agit bien de photos prises en Côte d’Ivoire et le lieu est connu à Abidjan. Ils portent tous le même type de sandales et ils ont des bagages plutôt étranges. Mais à partir de ces photos, on ne peut tirer aucune conclusion hâtive. On peut juste se demander comment ce genre d’individus peut circuler aussi librement à Abidjan, sans attirer l’attention des forces de sécurité alors qu’on parle de menaces terroristes.» Question transmise à qui de droit.

Une autre source de «L’Eléphant» qui s’y connaît un peu en matière de renseignements a ,quant à elle, déclaré sur le ton de l’ironie: «Monsieur – vous confondez djihadistes et pèlerins de l’émergence!  Ils se précipitent du monde entier pour cette émergence que même le Qatar nous envie. Ce sont manifestement des voyageurs – pour moi, pas mauritaniens – le plus grand noir ressemblerait à un malien ou un sénégalais! Effectivement si plusieurs groupes de cette nature se baladent dans Abidjan (?) on serait en droit de s’interroger… Que sont ces sacs ronds? On dirait deux chefs à l’arrière – le petit personnel derrière – les chaussures sont identiques – les bagages ne semblent pas être de l’habillement!» Bien vu. Que transportent-ils dans ces sacs bizarres?

«L’Eléphant» a continué d’interroger ses contacts dont un journaliste expérimenté et un peu savant dans ces questions aussi: «Ces gens avec barbes ressemblant à des Peuls-sur la vidéo-dont un enturbanné sur la photo, c’est clair, ne sont pas des Ivoiriens. Avec colis et baluchons, soit ils viennent d’arriver et rallient leur quartier de destination (sans doute la ‘’Colombie’’ qui jouxte le camp d’Agban, soit certains sont déjà là et vont accueillir d’autres avec armes et bagages au propre comme au figuré. Dans un pays organisé qui est en alerte maximale car craignant de possibles attaques terroristes, ces images, soumises à la sagacité de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ou des services de renseignement, devraient être examinées avec la plus grande attention et retrouver ces individus apparemment bizarres qui peuvent représenter une menace pour notre sécurité. Car, il faut aussi éviter les amalgames et ne pas voir, à priori, en tout individu, un djihadiste.»

Eviter les amalgames, tel a été le souci permanent de «L’Eléphant» au cours de son enquête qui l’a conduit sur le lieu où les photos ont été prises, justement entre le cimetière de Williamsville dans le sens du camp de gendarmerie d’Agban et une station d’essence bien visible à cet endroit. Mais toutes les personnes interrogées par «L’Eléphant», sauf une, ne se souviennent pas avoir vu ces individus dans les quartiers environnants. Celle qui prétend les avoir vus ce samedi parce qu’elle serait un menuiser dans les parages et se  trouvait non loin de la station, a déclaré: «J’ai vu ces gens, ils étaient au moins 10 et ils marchaient très vite. Ils sont rentrés dans le quartier qui est là-haut, derrière le camp d’Agnan. Je les ai trouvés très bizarres. Au départ j’ai cru que c’était des Mauritaniens mais leur habillement était trop bizarre. J’ai même pris une photo de celui qui venait en dernière position avec mon appareil photo parce qu’il était très grand de taille et regardait autour de lui et disait quelque chose aux deux autres qui étaient devant lui comme s’ils voulaient qu’ils quittent rapidement les lieux.» Notre interlocuteur nous a montré la photo de l’individu en question. Il s’agit du barbu qui traîne un gros sac et qui est visible sur la capture d’écran réalisée à partir de la vidéo.

 

L’affaire est prise au sérieux

«L’Eléphant» a transmis les photos et la vidéo à quelques gradés de la police ivoirienne et a appris par la suite qu’elles ont été prises très au sérieux. Une source policière a même déclaré qu’à l’observation, sur la photo, l’enturbanné en compagnie de celui qui est en noir semblent être des chefs. Avant de révéler à «L’Eléphant» qu’il y a à peu près un an, les services de renseignement, la police, en collaboration avec des partenaires étrangers en sécurité présents en Côte d’Ivoire ont fait une descente dans la commune de Cocody où ils ont surpris dans des maisons, une vingtaine d’individus de ce genre qui étaient à Abidjan et constituaient une sorte de cellule dormante. Mais que pour des raisons d’efficacité, aucune communication n’a été faite sur cette opération. «Il faut faire confiance aux services de renseignements et les images que vous venez de fournir sont très importantes, quelque chose sera fait et on peut les retrouver parce que, en effet, ils ont l’air parfaitement suspect, même s’il ne faut pas créer la psychose au sein des populations. Nous vous savons très professionnels et on ne doute pas que vous resterez dans les limites de l’information sans aller plus loin».

 

Eh bien, voilà le boulot!

Mais comment s’inquiéter quand on peut s’abreuver à la source de ces paroles réconfortantes du porte-voix du Gouvernement toujours à propos de cette menace d’attaques terroristes contre notre pays en pleine émergence: «Nous avons renforcé ,là où c’était nécessaire, la présence militaire aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays, en particulier à certaines frontières de notre pays qui étaient plus sujettes à des mesures qu’à d’autres. Je peux à nouveau rassurer les Ivoiriens sur la base de ce que nous disent les services en charge de la sécurité. Il n’y a pas de menace réelle, visible, à ce jour sur le territoire ivoirien.» Paroles de «notre» porte-parole. Nous rendons gloire à «notre» porte-parole du Gouvernement.

Espérons simplement que les individus sur ces photos et la capture d’écran de la vidéo ont fait l’objet de contrôle tant à nos frontières sous haute surveillance militaire qu’à Abidjan et qu’on sait ce qu’ils sont venus faire dans notre pays, habillés comme ils sont. Parce qu’ils sont bien réels et bien visibles…

 

DANIEL SOVY, in L’Eléphant Déchaîné N°365

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