Transport en Côte d’Ivoire : L’Etat et le gouvernement dans le box des accusés

By: Africa Newsquick

ADO et Autoroute du nordTransport en Côte d’Ivoire : L’Etat et le gouvernement dans le box des accusés

Dans la Côte d’Ivoire nouvelle, peuplée d’Ivoiriens nouveaux, la problématique du transport n’en finit pas de causer des étourdissements! Les ambitions affichées par le gouvernement de faire de ce pays une terre émergente au terme du quinquennat de l’empereur Ouattara II, ne semble pas prendre en compte ce facteur.

Le Transport, la grande plaie des Ivoiriens

L’époque où l’Ivoirien pouvait, grâce à la modique pièce de 100 FCFA sillonner la commune de Cocody, ou explorer à sa guise toutes les zones de la commune de Yopougon, est bel et bien révolue. Le transport, depuis les années 2000, n’a cessé d’augmenter au point d’engloutir tel un gouffre sans fin, toute une part assez importante du budget de l’Ivoirien dans l’incapacité de s’acheter une voiture qui constitue sous ces cieux, un luxe. En effet, chaque centime ajouté sur le prix du carburant est un motif d’augmentation pour les transporteurs qui ne se privent nullement pour répercuter parfois outre mesure ladite augmentation sur le coût du transport. Celle-ci ayant, bien entendu, des conséquences fâcheuses sur le panier de la ménagère à qui on rappelle pour peu qu’elle se plaigne du cout élevé des denrées alimentaires, que le transport des marchandises coûte les yeux de la tête.

Chacun tire profit, au détriment des usagers

Si le problème du transport en Côte d’Ivoire se situait qu’à ce niveau, les usagers pourraient encore espérer en des lendemains meilleurs! Malheureusement, il s’est instauré autour du transport ivoirien un système d’escroquerie organisé qui écœure la clientèle et laisse les autorités étatiques et communales complètement indifférentes. Il suffit de faire un tour aux abords des routes aux heures de pointe pour voir le calvaire vécu par les citoyens. Le coût du transport doublé par les taxis communaux communément appelé «Wôrô-wôrô». Même les taxis intercommunaux s’en donnent à cœur joie. Au sein des gares, le coût du transport est majoré de 100 francs à 200 francs Cfa;  «A prendre ou à laisser», telle est leur devise. Ces mêmes transporteurs sont par ailleurs victimes de syndicats de transporteurs qui les rançonnent à chaque chargement. Les sommes colossales récoltées journellement créent d’ailleurs des conflits entre ces syndicats qui, à force de se crêper le chignon à l’arme blanche et parfois à la kalachnikov, ont fini par provoquer le courroux du Maire de la commune de Cocody qui a tenté en vain, de s’en débarrasser… A toutes ces difficultés non résolues, vient s’ajouter les ambitions du gouvernement de faire de la commune du Plateau, centre des affaires, une vitrine du business à l’Ivoirienne.

La commune du Plateau en plein toilettage

Depuis quelques temps, la commune du plateau est l’objet d’un toilettage. Le centre des affaires, débarrassé à l’avènement de l’empereur Ouattara II des agoras, est en phase d’être débarrassé de ses gares de taxi. C’est que les autorités ne veulent plus que d’autres véhicules en dehors des taxis compteurs, circulent dans la commune. Il faut bien redonner à cette commune tout son faste et la débarrasser des taxis banalisés, des syndicalistes… Cependant, la commune du Plateau est le lieu où se rencontrent toutes les catégories sociales et toutes les compétences aussi. Du directeur général à l’assistante de direction en passant par le technicien de surface et le petit commerçant qui s’y rend chaque jour en vue de gagner son pain quotidien. Si pour les uns, ce toilettage n’a aucune incidence majeure, bien au contraire, il en est autrement pour les autres qui doivent sortir la calculatrice pour mesurer l’ampleur des conséquences de telles mesures. Toute mesure quelle qu’elle soit, devrait tenir compte du pouvoir d’achat du consommateur, et les autorités étatiques ont l’obligation de privilégier le bien-être des populations. Si l’embellissement de la commune «centre des affaires» est indispensable, faciliter l’accès aux moyens de transport pour les populations est tout aussi nécessaire. L’un ne pourrait aller sans l’autre. D’autant plus que la Sotra est une bien pâle alternative pour les petites gens, car, en période scolaire, il est quasi impossible de s’y faire une place puisque pris d’assaut par les élèves et étudiants!

BABETH BERIYTH, in L’Eléphant déchaîné N°418

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