Côte d’ivoire : Sur les traces du racket routier et des populations par des éléments du CCDO

By: Africa Newsquick

Hambak et CCDOCôte d’ivoire : Sur les traces du racket routier et des populations par des éléments du CCDO

Jusque-là, on croyait que seuls les policiers étaient pointés du doigt du fait des performances qu’ils ne cessent d’accomplir sur les voies publiques. Mais certains éléments du CCDO veulent également emboîter le pas à ces policiers «émérites». «L’Eléphant» a suivi leurs traces.

Des éléments du CCDO, sans aucune pudeur!

Créé par les autorités étatiques pour la «lutte contre le grand banditisme dans la capitale économique ivoirienne», le fameux Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO) a tellement bien accompli sa mission qu’aujourd’hui, certains éléments de cette unité spéciale – disposant même des véhicules immatriculés au nom de la Présidence de la République – sont sujets à des accusations calomnieuses, fantaisistes et grossières pendant leur service. De quoi s’agit-il? Dans le cadre de la sécurisation des fêtes de fin d’année de 2015, les autorités militaires ont mis en place, comme à l’accoutumée, un dispositif sécuritaire impressionnant, tant dans la capitale économique que dans les villes de l’intérieur du pays. Pour la réussite de cette mission de sécurisation de ces fêtes, toutes les forces de sécurité et de défense ont été sollicitées. Le CCDO n’a pas été en reste. Cette unité spéciale était remarquablement présente dans la commune de Yopougon et a accompli avec beaucoup de zèles sa mission. En effet, dans cette cité, le jeudi 17 décembre 2015, une des patrouilles motorisées, en faction à la station-service de Pétroci en abandon, située en face de la pharmacie les Phalènes, au carrefour de l’église Saint Pierre, à Niangon, interpelle aux environs de 22 heures, G.G.C. Ce dernier est soumis à un contrôle puis à un interrogatoire de la part des éléments de cette patrouille. Face aux agents, l’individu interpellé se laisse faire et tente en vain, dans ses explications, de montrer pattes blanches. Dans la fouille, la somme de 14.500 F Cfa qu’il détiendrait aurait été prise par les agents. Il refuse alors de se laisser faire, et mieux, il fait savoir aux agents qu’il portera plainte contre eux. Ceux-ci se mettent à le rouer de coups et à l’intimider. Pire, dans les secondes qui suivent, une infraction de détention de drogue lui est collée sur le dos. Il est embarqué dans leur voiture et conduit au commissariat du 17ème arrondissement où il passera quelques nuits dans la geôle dudit commissariat, grâce au travail professionnel et formidable du CCDO.

Les policiers et le procureur se laissent emballer par cette infraction imaginaire

Ex-prisonnier de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), reconverti en syndicaliste dans une gare de Yopougon, G.G.C était ce jour-là en route pour le domicile de son «Boss» en vue de lui remettre sa quote-part des encaissements effectués auprès des conducteurs, lorsqu’il a été arrêté. Comme informations fournies par le CCDO aux policiers du commissariat du 17ème arrondissement pour justifier son interpellation ce jour-là, c’est qu’il a été découvert, après fouille sur l’individu, une boule de cannabis. Les agents de police, après avoir gardé en détention le présumé détenteur de cannabis dans leur geôle, conduiront celui-ci le lundi 21 décembre 2015 au parquet du tribunal de Yopougon, pour «nécessité d’enquête». Déféré devant un procureur du tribunal de Yopougon, G.G.C sera, après son audition devant ce magistrat, placé sous mandat de dépôt et conduit à la Maca pour être jugé.

La Justice blanchit le prévenu

C’est le vendredi 8 janvier 2016 que G.G.C a été extrait de la Maca pour sa comparution devant le tribunal correctionnel de Yopougon qui statuait ce jour-là sur les dossiers de flagrants délits. Appelé à la barre pour y être entendu, le prévenu, accusé de détention illicite de drogue, a nié les accusations portées contre lui. Le président du tribunal, convaincu à l’issue des débats, par les déclarations du mis en cause, a ordonné sa relaxe pour délit non établi. Et pourtant, pour le parquet, il n’y avait aucun doute sur la responsabilité pénale du prévenu après le travail salutaire effectué par ses collaborateurs sur le terrain. Hélas!

Faut-il se méfier du parquet et du travail de ses collaborateurs sur le terrain?

«L’Eléphant», présent à l’audience correctionnelle du mercredi 6 janvier 2016 au tribunal de Yopougon, avait assisté à une chaude empoignade verbale entre le procureur de la République et les avocats d’un prévenu accusé d’escroquerie. Les avocats, concernant l’enquête préliminaire effectuée par la gendarmerie de Toit rouge, avaient virulemment critiqué le procès-verbal établi par l’officier de police judiciaire. «Monsieur le président, j’avais fait quelques observations sur le Pv. (…) Pour avoir parcouru beaucoup de Pv, aujourd’hui, quand je jette un coup d’œil sur un Pv et que je sais que les mots ont été choisis, ils ne viennent pas du prévenu, c’est une grâce. Des fois, sur certains Pv, des questions réponses quand vous lisez, c’est clair. Quand vous demandez quelque chose au mis en cause, il dit: «Je n’ai jamais dit ça, on ne m’a jamais posé de questions» Il y a problème! Et c’est pourquoi des efforts doivent être faits pour que l’institution justice ne soit pas une institution d’injustice, afin que vous ne statuiez pas, vous ne jugiez pas sur du faux mais sur du vrai, sur ce qui s’est passé. On choisit des termes pour que ça coïncide avec la disposition pénale qui va être le ciment de la poursuite. Cela n’est pas exact malheureusement. Voici le Pv (il brandit le procès-verbal établi par l’officier de police judicaire, critiqué). C’est pourquoi, à chaque fois que je plaide, que ce soit ici, à Abidjan ou à l’intérieur du pays, je reviens sur ça. Parce que je suis convaincu des erreurs qui ont été servies pour condamner des gens de façon erronée. Il faut que ça cesse!»  Avait vivement protesté le conseil du prévenu devant le juge. Le cas de G.G.C, interpellé sur la base d’une infraction imaginaire du CCDO, est une preuve. Conduit à la police, l’Officier de police judiciaire du 17ème arrondissement n’a pu voulu se donner trop de peine. Il a simplement remis l’infortuné individu entre les mains du parquet pour «nécessité d’enquête» avec comme pièce à conviction à sa charge: une boule de cannabis trouvée en sa possession par les éléments du CCDO. Lesquels éléments, «L’Eléphant» – malgré ses démarches effectuées les mercredi 6 et mardi 12 janvier 2016 et au commissariat du 17ème arrondissement et aussi au parquet du tribunal de Yopougon –  n’a pu obtenir aucune information sur leur identité. Au parquet également, où une audition a été menée par un procureur expérimenté, cette supercherie n’a pas été découverte (à cause de la pièce à conviction?) et le procureur a placé sous mandat de dépôt G.G.C, qui, pourtant nie les faits qui lui sont reprochés. Cet exemple ne corrobore-t-il pas les propos et la colère de l’avocat? Les forces de sécurité, des agents assermentés, abusent-ils de leur pouvoir dans l’exercice de leur fonction? La police, a dit le premier flic du pays, doit rassurer les populations et les populations ne doivent pas avoir peur de leur police. Mais avec de tels exploits de la police, la confiance n’est pas pour aujourd’hui encore moins demain, monsieur le ministre!

NK, in L’Eléphant déchaîné n°414

 

 

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