TRANSPORTS-La réforme de Gaoussou Touré n’a rien résolu-La corruption sévit toujours-le désordre règne en maître absolu

By: Africa Newsquick

Gaoussou-toureTRANSPORTS-La réforme de Gaoussou Touré n’a rien résolu-La corruption sévit toujours-le désordre règne en maître absolu

Avec la réforme des transports, on allait voir ce qu’on allait voir.

La fantastique et prometteuse réforme du secteur des transports de l’illustre Gaoussou Touré, ci-devant ministre des Transports, a consisté avant tout à imposer la fameuse société Quipux que ce valeureux ministre a été dégoter (on ne rit pas !) en Colombie. Il est vrai que le monde entier s’accorde pour confirmer que la spécialité la plus connue de la Colombie est la logistique et l’organisation des transports terrestres!

Pour installer cette société interplanétaire, il a fallu écarter des entreprises ivoiriennes (Interflex et Starten) du processus de confection des permis de conduire qui étaient certes en fin de concession…mais tellement facile à renouveler!

Notre exceptionnel ministre nous a délivré des messages subliminaux dans un langage d’orateur haut de gamme, pas très facile à décoder…quand on n’est pas du milieu des transports terrestres.  Ça voulait dire en gros « vous allez voir ce que vous allez voir ».

Selon le nouvel expert des transports, il nous prédisait: pas ou beaucoup moins d’accidents, des auto écoles modernes et informatisées, des permis de conduire de haute qualité, plus aucune corruption (on ne rit pas) dans le nouveau processus, la notion d’indiscipline sur nos routes est totalement finie, plus de véhicules  qualifiés de poubelles ou de cercueils ambulants, plus de fraudes sur les documents comme: certificats de visite technique, lettres de transports, cartes grises, permis, etc.

Un bilan largement « positif »

Bon ok! Ça, c’était le langage ministériel qui a permis un passage en force du projet de réforme malgré la réticence de ses collègues ministres et…du chef de l’Etat.  Il a fallu que le Premier ministre (couvert par qui ?) mouille la chemise pour aboutir malgré un rapport hautement toxique de l’Inspection Générale d’Etat, à la signature du plus gros contrat jamais obtenu par la société Quipux de Colombie, depuis sa création.

Près de deux ans après cet accouchement au forceps qui a permis à Quipux de sortir vainqueur de ce processus, quel bilan pourrait-on objectivement en tirer?  Osons dire que ce bilan est très largement positif. Le secteur des transports terrestres en Côte d’Ivoire, comme l’a promis Gaoussou Touré, n’a plus rien à envier au secteur des transports des pays développés.

Sur le plan de la corruption, des responsables d’auto-écoles affirment que « jamais elle n’a été aussi marquée dans le secteur ». Côté indiscipline sur nos routes, jamais elle n’a été aussi forte, jamais les accidents aussi surprenants que mortels n’ont été nombreux, jamais on avait atteint un nombre aussi important de véhicules pourris, sans pièces, sans certificats de visite technique; ne parlons pas de la multitude de faux permis de conduire actuellement en circulation. Que fait le ministre devant cette situation? Eh bien, il ne communique plus sur ses bienfaits. Sans doute que les plus grands succès sont muets et ne nécessitent pas de communication comme celle à outrance qui a précédé la mise en place de la réforme. Des ivoiriens, ces mauvais coucheurs, pour exprimer leur ras-le-bol devant le désordre qui règne dans le secteur des transports terrestres, ont créé une page spécialement dédiée aux exploits des conducteurs d’Abidjan: « marre des chauffards », c’est le nom du groupe. Le ministre Gaoussou Touré devrait de temps en temps visiter cette page, il y apprendrait sans doute des choses intéressantes qui pourraient lui donner des idées pour booster sa révolutionnaire réforme.

Évidemment aucun organe de presse ne parle de quoi que ce soit… Ça pourrait contrarier! Nous continuons tous à être témoins des accidents invraisemblables dus au manque de formations et d’expériences pour la plupart des conducteurs de taxis et de « gbaka ».

Nous avons tous vu et nous continuons à voir dans nos quartiers, des apprentis chauffeurs de « woro-woro » s’entraîner dans nos rues sans passer par la case auto-école; nous avons tous vu ces conducteurs étranges empêtrés dans une manœuvre au point où on se demande comment ils ont pu obtenir un permis. Au fait, qu’est devenu le fameux permis à points que Gaoussou Touré nous avait promis?  La notion ivoirienne ne fait pas de nuance entre: savoir faire avancer une voiture et conduire.

Conduire signifie: être vigilant – anticiper sur une mauvaise attitude de l’autre – savoir se garer sans obstruer la voie publique – refuser les fameux demi-tours en pleine voie interdits dans le code de la route ignoré de la plupart des conducteurs.

L’expérience d’un chauffeur aguerri (notons que certains chauffeurs de cars ou de poids lourds sont exceptionnellement bons).

Résumé  au bout du parcours: ce projet qui  avait été présenté comme innovant, fumeux, révolutionnaire, venu du bout du monde, ne produit aujourd’hui que le même gigantesque désordre, rien n’a été résolu. Le renouvellement du parc automobile promis demeure une chimère. La cérémonie de remise de clés de véhicules flambant neufs à quelques transporteurs à la gare d’Adjamé sous les objectifs des caméras de la télévision nationale a été précédée, quelques heures plus tard – une fois la télévision partie – de la récupération des clés des mains de ceux qui les avaient reçus, et les véhicules emportés ailleurs. Nul ne les a revus depuis…bravo! Les véhicules polluants qui ne devraient plus être qu’un mauvais souvenir avec la réforme, non seulement ils sont devenus plus polluants, mais en plus, ils sont encore plus nombreux. La guerre contre les taxis banalisés qui mènent une concurrence déloyale à ceux qui payent toutes les taxes a fait long feu. Les « mafieux » regroupés en « syndicats » continuent de violenter les conducteurs et de racketter les transporteurs au vu et au su de tous. Gaoussou Touré ne parle plus de ce phénomène.

En réalité, la réforme – « L’Eléphant » l’a longuement écrite – n’avait pour seul objectif, avec la dissolution de la SONATT et de l’AGETU, que d’orienter toute la parafiscalité du secteur dans une seule caisse, celle de « Quipux », sous le contrôle du « réformateur » en chef. Elle n’avait pour but que de faire du « fric », du « fric » et du « fric » et rien d’autres.

Ah si, soyons juste! Gaoussou Touré a réussi quand même à installer des feux tricolores dans sa ville à Odienné. Cela s’est fait à travers une grande fête dont les populations se souviendront toute leur vie.

Et dire que des mauvaises langues, sur les réseaux sociaux, après l’incident survenu à l’aéroport d’Abidjan, ont prétendu que notre ministre des Transports n’a rien apporté à ce secteur depuis cinq ans.

DANIEL SOVY, in L’Eléphant déchaîné N°407 de ce mardi 15 décembre. Plusieurs autres révélations à découvrir dans ce numéro exceptionnel

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