Côte d’Ivoire-L’ENS à l’épreuve de «l’Ivoirien nouveau»: Bisbilles entre le DG et les enseignants

By: Africa Newsquick

Cissé_Bacongo_CampusCôte d’Ivoire-L’ENS à l’épreuve de «l’Ivoirien nouveau»: Bisbilles entre le DG et les enseignants

L’empereur Ouattara II l’a dit! Ce deuxième quinquennat est placé sous le concept émergent de l’«Ivoirien nouveau». Susciter une nouvelle génération d’Ivoiriens plus unis, plus disciplinés et plus travailleurs. Cependant, il semblerait qu’à l’Ecole Normale Supérieure (ENS), l’heure ne soit point à l’union, à la discipline et au travail; mais aux palabres. C’est que, entre le Directeur et les enseignants, le nouveau concept est en feu.

On ne change pas un usage qui gagne

Le crêpage de chignon entre le Directeur de l’ENS Sidibé Valy et les enseignants trouve sa source dans la décision émergente de ce dernier de réduire de 50% les indemnités de correction des copies du semestre 1 de l’année universitaire 2014-2015 des élèves de l’Ecole Normale Supérieure. Qu’est-ce qui a bien pu motiver une telle décision dans un contexte d’augmentation des salaires des fonctionnaires, enfin de certains fonctionnaires? Tout le monde sait qu’on ne touche pas aux primes des enseignants! Cette réduction fut l’objet d’âpres négociations à la suite desquelles le Directeur avait finalement promis-juré, la main sur le cœur, de payer aux enseignants les 600 F Cfa d’usage, et non les 300 F Cfa prévus par les textes. Jubilations dans les rangs des enseignants qui n’avaient pas compris qu’entre ce qu’un Directeur dit et ce qu’il fait, le fossé est parfois de 50%. Se fiant à la parole du chef, ils corrigeront les copies de ce premier semestre. A l’heure du paiement, les correcteurs découvrent dans leurs comptes en banque que le Directeur était en vérité bien résolu à leur verser 300 F Cfa par copie, et non 600 F Cfa. Faire ça aux enseignants… La riposte ne se fera point attendre. Le 21 septembre 2015, la Coordination Nationale des Enseignants du Supérieur et des Chercheurs section Ecole Normale Supérieure (CNEC-ENS) organise une assemblée générale extraordinaire au cours de laquelle la décision est prise d’arrêter toutes les activités d’évaluation, notamment la correction du concours direct d’entrée 2015 et l’examen pédagogique du 3ème semestre de l’année 2015-2016, et exigent le paiement intégral des arriérés au titre des primes de recherche aux enseignants-chercheurs de l’ENS recrutés en 2013. Mais, ce n’est pas tout!

Suppression des épreuves orales

Au milieu de ce bourbier de primes, la direction a tout bonnement décidé de la suppression des épreuves orales d’admission au concours direct d’entrée 2015 à l’ENS qui pourtant, consacre l’admission définitive des candidats après l’épreuve d’admissibilité. En 2014, l’Administration, évoquant des contraintes de temps, avait décidé d’y surseoir. Pour l’année 2015, elle a tout bonnement été remplacée par une deuxième épreuve écrite. Les potentiels professeurs de langue tels que l’Anglais, l’Allemand et l’Espagnol et même le Français ont dû exulter! Un obstacle en moins. Qui ne se réjouirait pas d’une telle aubaine? Qui désormais pour contrôler le bon accent, la bonne prononciation, puisque les évaluateurs ont baissé le stylo? Les lacunes de certains candidats sensés façonner des «Ivoiriens nouveaux», n’en seront que mieux camouflés! Avec à la clé, des économies; car l’oral est payé à 1250 F Cfa. Les enseignants quant à eux, s’y opposent et exigent le maintien de l’épreuve orale.

Hop! Un repos obligatoire

Le Directeur, face à cet affront qu’il ne saurait tolérer, est bien résolu à démontrer à ces enseignants un peu trop agités, qu’il peut se passer de leurs services. Il fait venir en plus de certains enseignants chercheurs de Cocody qui n’appliquent point les consignes de la CNEC, des enseignants chercheurs de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké qui n’ont ni proposé les sujets ni proposé les barèmes afin de corriger les copies et ce, au détriment des barèmes établis en Lettres Modernes, en Physique Chimie et en Anglais. La CNEC, découvrant la démarche du Directeur, entame le 1er octobre une campagne de sensibilisation et entre en négociation avec les collègues venus de l’extérieur en vue de leur exposer le bien-fondé de leurs revendications. Un énième outrage que ne saurait tolérer le Directeur qui fait expulser manu militari les enseignants-chercheurs de leur siège syndical sis à l’ENS. Il en fait quoi des libertés collectives des travailleurs? Décidé à en finir avec cette fronde, il envoie ces « rebelles » cogiter sur leurs mauvaises manières chez eux, par décision N°015/DIR/2015, qui fixe, les vacances académiques 2014-2015 de la date du 1er octobre 2015 à 17h, à celle du 02 novembre 2015 à 7h30. Ainsi, est exclu le corps enseignant de l’ENS d’Abidjan; du moins, ceux qui donnent un peu trop de la voix, face au processus d’évaluation des concours directs d’entrée à l’ENS. Finement joué!

Congédiés sans autres formes de procédures, et consignés à domicile, les enseignants ont pris la ferme décision de ne point reconnaître les résultats de ce concours entaché selon leurs analyses, d’irrégularités.

La vengeance est un plat qui se mange chaud!

Les enseignants de l’ENS d’Abidjan ne sont pas les seuls dans la ligne de mire du Directeur de l’ENS qui s’attaque aux enseignants du lycée PIAGET, laboratoire de formation et de recherche de l’ENS, en mettant à la disposition de l’Education nationale, 30 enseignants qui pourtant triés sur le volet, parmi tout le corps enseignant, seraient indispensables dans l’accompagnement des professeurs en formation pour lesquels ils jouent le rôle de tuteurs. Paralysant par la même occasion depuis le 21 septembre 2015, l’établissement qui comporte un effectif de 65 enseignants. Cette mise à disposition des enseignants à l’Education nationale est la réponse à la création du syndicat des enseignants qui ne s’explique pas pourquoi toutes les entités de l’établissement excepté eux, bénéficient d’indemnités. En guise de solution à la pression que font peser sur lui les parents d’élèves à cause de ce statuquo, la direction propose comme solution de remplacer les professeurs conseillers libérés juste par agacement, par des stagiaires de l’ENS dont la formation est inachevée. Il est inarrêtable le patron !

Quiproquos

Les enseignants, mis en congés forcés, n’en démordent pas. Leur mot d’ordre d’arrêt de toute activité d’évaluation pris le 21 septembre court toujours. Or le processus normal de formation à l’ENS exige qu’après le semestre, il y ait une évaluation, un séminaire, et enfin le pré-stage c’est-à-dire qu’ils sont envoyés dans divers établissements… Mais la direction décide de contourner astucieusement cette problématique, en inversant le processus. Désormais, le séminaire et le pré-stage précèdent l’évaluation qui pourtant, passait en premier. De plus, le stage, qui est en moyenne d’une semaine, est pour la circonstance, fixé à 3 jours. N’est-ce pas merveilleux? Un nouveau bras de fer se profile à l’horizon; car, dans son assemblée générale du 4 novembre, la CNEC-ENS a décidé, à la majorité, de battre en brèche les exigences de l’Administration.

Il va finir par donner raison au ministre Cissé Bacongo, le dégé de l’ENS…

BABETH BERIYTH, in L’Eléphant déchaîné n°396

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