Réconciliation nationale: Des dysfonctionnements financiers, Pas de cohésion à l’Observatoire de la Cohésion sociale!

By: Africa Newsquick

Ouattara Elise-OSCS-0014(1)Réconciliation nationale: Des dysfonctionnements financiers, Pas de cohésion à l’Observatoire de la Cohésion sociale!

 

L’atmosphère ne semble pas au beau fixe à l’Observatoire de la Solidarité et de la Cohésion sociale (OSCS). La preuve…

 

Un outil de plus pour parvenir à la Cohésion sociale

Créé depuis 2008 pour servir d’outil d’alerte précoce, de veille et d’aide à la décision des gouvernants en matière de solidarité et de cohésion sociale, l’Observatoire de la Solidarité et de la Cohésion Sociale(OSCS) initie des projets et activités en faveur d’une paix durable en Côte d’Ivoire. Selon «Le Patriote» (31/3/2008), il est «considéré comme outil pour promouvoir la solidarité, l’observatoire de la solidarité et de la cohésion sociale a été créé par décret 2008-62 du 28 février 2008, sous la forme juridique d’Etablissement public national (EPN). Sa mission est de développer des actions de sauvegarde et de promotion de la solidarité, ainsi que la cohésion sociale. Il doit également, évaluer l’évolution en tant que valeur sociale et encourager la mise en œuvre des résultats des rencontres initiées en Côte d’Ivoire, visant la consolidation entre les composantes de la nation. L’observatoire est construit autour d’un conseil consultatif, d’un conseil de gestion et d’une direction exécutive. Sa création fait suite aux nombreuses crises que traversent la Côte d’Ivoire depuis plus d’une décennie et dont les conséquences ont été négatives sur la solidarité et le niveau de paupérisation des populations. Les réflexes de solidarité et/ou institutionnelles s’étant affaissés de même que le non fonctionnement des mécanismes de régulation ou son inexistence ont conduit à la création de cet observatoire.» Dirigé par Mme Ouattara Elise qui y règne depuis environ trois ans maintenant, cette structure qui appartient au Ministère de la Solidarité, de la Femme et de l’Enfant où prospère l’immense Anne Désirée Ouloto, et sur laquelle l’on attendait beaucoup, continue de tourner en rond. Plusieurs raisons expliqueraient ce sur-place de cet outil qui n’aurait de nom que son existence.

 

Que de départs!

L’OSCS est une structure de l’Etat de Côte d’Ivoire qui a un directeur général, un agent comptable, un contrôleur budgétaire et un budget propre à son fonctionnement. Avec une trentaine d’agents (des fonctionnaires et des contractuels), dont plus d’une dizaine de fonctionnaires ont décidé de prendre la poudre d’escampette. C’est qu’au sein de l’OSCS, l’atmosphère serait plus que délétère, et ne permettrait pas à plus d’un agent de pouvoir observer sereinement la solidarité et la cohésion sociale. Plusieurs agents de l’Etat affectés au sein de ce service n’ont pas fait le printemps. Et selon certains d’entre eux partis, que le pachyderme a interrogé – bien sûr sous un prudent anonymat – ce sont les injures et la maltraitance qui y auraient droit de cité. Au département Communication et Relations extérieures par exemple, tous les fonctionnaires qui y exerçaient ont purement et simplement préféré être mis à la disposition de la Fonction publique, pour servir l’Etat de Côte d’Ivoire, à d’autres fonctions, et loin des yeux de la dégé Ouattara Elise. Compte tenus des abus dont ils seraient l’objet, ils sont non seulement partis dudit Observatoire, mais aussi du ministère de tutelle de celui-ci. Quatre ou cinq nouveaux fonctionnaires qui y avaient été affectés en cette année 2015, renseignements pris, ont préféré ne pas y déposer leurs valises. Ils sont fous, ces fonctionnaires de ne pas vouloir se mettre au service de la réconciliation nationale?

 

Les dysfonctionnements financiers

Il faut remarquer qu’à l’OSCS, le service engagement dépend de la Direction des Affaires administratives et financières, responsable des décaissements au niveau de cette structure. Mais tenez-vous bien, depuis fin 2014-2015, c’est la Direction elle-même qui prendrait sur elle d’engager toutes les dépenses. Qui plus est, les engagements faits n’iraient pas dans le sens du service, et relèveraient pour une large partie, de la secrétaire. De vraies règles de bonne gouvernance, en somme! N’allez pas vous demander si le ministère dirigé par Anne Ouloto en est informé ; elle ne pourrait en avoir vent! Durant l’année écoulée, certains agents du Budget dépêchés par le dégé du Budget auraient été parachutés à cet Observatoire, pour l’aider à exécuter son budget.

 

Le paiement des prestataires de service

La plupart des prestataires des années 2013 et 2014 de cet Observatoire n’ont pas encore reçu le moindre Kwacha. Pour l’année 2014 par exemple, il reste encore un reliquat de 108 millions de F Cfa, à éponger. Même concernant la flotte de communication, l’Observatoire resterait devoir à une société de téléphonie mobile de la place qui lasse d’attendre son dû, a purement et simplement adressé une mise en demeure à la gardienne des lieux. C’est donc tout à fait normal qu’à l’OSCS, on observe sans téléphone mobile de service, encore moins Internet qui est de nos jours un outil indispensable de travail. Alors qu’on y achète souvent des recharges pour un montant qui pourrait culminer 3 millions de F Cfa. Des fonctionnaires sont souvent obligés de prendre sur leur propre salaire pour effectuer des appels et des déplacements relevant des compétences de l’Observatoire. Et tenez-vous bien encore, il y a des gymnastiques budgétaires qui sont faites entre les charges du loyer et celles des prestations diverses. Afin que les exécutants aient toujours de la petite monnaie qu’ils garderaient pas devers eux ? Astucieux non, par ces temps qui courent où en Côte d’Ivoire, l’argent ne circule pas, mais travaille!

 

Le RICI en souffrance…

Au niveau de l’Etat, il existe un système de gestion financière qui est le Système intégré de gestion des Finances publiques (SIGFIP). Et dans la même veine, il existe au niveau des Etablissements publics nationaux, le Réseau informatique de comptabilité intégrée (RICI) des EPN. Eh bien jusqu’à ce jour, le système RICI de l’OSCS qui bénéficie d’un ordinateur ainsi que de serveurs n’est pas encore installé, parce que manuellement impossible à faire. Très bonne gouvernance! N’est-ce pas pour cela que depuis que la BAD a mis à la disposition du ministère du Plan un fonds de 180 millions de F Cfa pour la consolidation de la cohésion sociale, les factures envoyées par l’OSCS à cet effet font jusqu’à ce jour l’objet de rejets intempestifs?

 

Des commissions régionales qui peinent à voir le jour

L’OSCS qui avait initialement un budget de 400 millions de F Cfa, l’a vu prendre de l’ascenseur depuis 2015, pour se hisser à 673 millions F Cfa. Objectif ? Permettre à cette structure d’installer des commissions régionales qui serviront d’indicateurs dans les dix domaines de vie. En milieu d’exercice budgétaire, la Direction générale du Budget et des finances, après une inspection savamment menée, s’est rendue compte que les objectifs assignés à cette rallonge budgétaire n’ont pas atteint les finalités escomptées. Peut-être que les 80 millions de F Cfa décaissés (34 d’abord, et 46 ensuite) pour la confection de manuels à l’effet d’éduquer sur la Cohésion sociale, permettront de rectifier le tir. N’est-ce pas!

 

A l’Observatoire!

Le pachyderme n’ayant pas voulu se voir taxer d’organe de presse qui enfreindrait à la bonne marche de la Cohésion sociale, s’est adressé à cette structure. En l’absence de communicants attitrés – puisque les fonctionnaires affectés à ce service ont déserté les lieux- «L’Eléphant» s’est tourné vers la personne qui assumerait ce rôle, en ce moment. Question: «Bonjour, nous avons des questions à vous poser par rapport à un dossier que nous traiterons en ce moment. Tout d’abord savoir pourquoi les fonctionnaires qui sont affectés chez vous ne daignent pas y rester; ensuite pourquoi beaucoup de vos fournisseurs n’ont jusqu’alors pas été rémunérés, et enfin, pourquoi les commissions à travers le territoire national n’ont pas encore vu le jour…» La voix au bout du fil reprendra, de manière accorte : «Le ministère est saisi des deux premiers problèmes et concernant le deuxième, les fournisseurs s’y sont rendus. Quant à votre dernière préoccupation, pour le moment, nous attendons à ce que cela se fasse pour que nous puissions y travailler». Qui devrait le faire? Question transmise à Ouattara Elise. Comme le diraient quelques ingrats d’Ivoiriens, en nous fondant sur ce qui se passe à l’OSCS, «la réconciliation nationale viendra plus vite que prévue… »

CHARLES ANIMAN, in L’Eléphant déchaîné n°395

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