Présidentielles 2015 : Les Dozo soufflent le chaud et le froid (L’Eléphant déchaîné)

By: Africa Newsquick
A titre d'illustration

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Présidentielles 2015 : Les Dozo soufflent le chaud et le froid (L’Eléphant déchaîné)

Ils ont pendant longtemps traumatisé les Ivoiriens avec leur obstination à vouloir exercer les pouvoirs régaliens de l’Etat. Et les voilà de retour?

Des justiciers des temps modernes?

Cette soif de jouer au policier a pendant longtemps fait perdre le sommeil à sa majesté Ouattara 1er et aux champions qui l’accompagnent afin de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020, ainsi qu’aux populations, principalement celles de l’intérieur qui en font jusqu’à ce jour les frais. Cet acharnement à n’en faire qu’à leur tête et à imposer leur loi rappelle les agissements de la toute puissante  Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) qui sévissait comme jamais au temps de la refondation de l’intrépide Gbagbo. En effet, des coteries de pseudo justiciers, fidèles à leur propres lois, qui en vertu d’on ne sait quelle autorité se muent du jour au lendemain en garant de la justice, de la sécurité et du maintien de l’ordre public, c’est un non évènement en terre d’Eburnie. Il ne reste plus qu’à s’octroyer la prérogative de voter nos lois, de gracier les prisonniers et le tour est joué!

 

Quand la FESCI régnait à l’ombre de la refondation

De nombreux travers ont été décriés sous la présidence de Laurent Gbagbo. Allant de la dilapidation des deniers publics à l’insécurité dont la forme la plus effroyable fut l’escadron de la mort imputé à l’ex-première dame Simone Gbagbo. La Fesci n’était pas mal non plus dans son genre. Les Ivoiriens ont des années durant souffert des dérives de cette fédération. Terreur dans les gares de bus Sotra, racket, agressions en tous genres et sous toutes les formes. Aussi bien envers les étudiants, les parents, que les professeurs. A force de s’auto-bombarder Général, Capitaine, Caporal, Sergent, etc. Ils ont fini par croire qu’ils appartenaient vraiment à un corps d’élite! Pas étonnant que nombreux parmi eux pendant la crise postélectorale se soient transformés en miliciens. Lorsque rarement des gens agacés commettaient «l’infamie» d’exprimer leur ras-le-bol dans les gares, ils se faisaient copieusement tabasser sous les regards intimidés des autres clients qui se contentaient de murmurer sous cape. L’impuissance de l’intrépide Gbagbo et de ses camarades ministres face à cette gangrène était évidente. Pour cause! Lorsqu’il fallait marcher pour empêcher le général Guéi de confisquer le pouvoir en 2000, la Fesci était de la partie. Quand il a fallu montrer l’attachement au Président pendant le coup d’Etat de 2002, la Fesci était au rendez-vous pour le soutenir. Quand on devait s’opposer aux soldats français, la Fesci s’était vaillamment illustrée. Auprès de qui avait-il la cote? La Fesci… Même dans les agoras qui jadis pullulaient dans certaines communes d’Abidjan? Beaucoup de fescistes… Les miliciens pro-Gbagbo? On compte bon nombre de Fescistes…Sous sa majesté Ouattara premier, grand bâtisseur de son Etat, l’histoire semblerait se répéter, mais avec différents acteurs.

 

Ces dozo érigés en justiciers, à quand la fin?

La Présidence de sa majesté est très fortement marquée par cette nouvelle génération d’hommes forts, résolue à inculquer aux Ivoiriens sa vision. Ces chasseurs traditionnels, qui ont pendant longtemps délaissé la viande fraîche de la brousse, la venaison de nos forêts, pour chasser du gibier humain… Commettant des exactions maintes fois relayées par les organismes internationaux et par la presse. Si tous sont d’accord sur la nécessité de les faire retourner à leur activité d’antan, certains parmi eux à ce jour, en dépit des sensibilisations, ne l’entendent pas de cette oreille. Il semblerait que ces derniers s’estiment incontournables dans le maintien de la sécurité. Et surtout insistent pour que le gouvernement use de tact envers eux. L’on se souvient qu’en 2013, le ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Sécurité, Paul Koffi Koffi, était monté au créneau suite à une série d’attaques perpétrées contre les FRCI, dont ils étaient les présumés auteurs. Il n’y est pas allé de main morte avec ces chers dozos qui en retour lui avaient donné quelques leçons de sécurité intérieure. Dans une interview accordée au quotidien «L’inter » le 25 septembre 2013, Lamoussa Diabaté de la Confrérie des dozos de Côte d’Ivoire (Codozci) ripostait: «Je voudrais rappeler que le ministre est allé un peu trop vite en ce qui concerne un éventuel retour à la vie civile. Parce que des gens qui ont fait la guerre on ne les chasse pas comme ça. Surtout qu’il a reconnu lui-même notre importance pendant ces périodes de crise en Côte d’Ivoire… Je pense que nous savons que nous sommes des chasseurs, mais il faut pouvoir les amadouer un peu, surtout que les dozos ont un statut (ndlr: lequel?). La question de sécurité n’est pas seulement théorique, mais pratique et même au-delà. Les dozos ont fait leur preuve dans ce sens.» Lamoussa Diabaté, aussi président des dozos de Toumodi, était allé plus loin, et s’était même montré plus clair et plus incisif dans une interview accordée à un envoyé spécial du journal «Le Nouveau Reveil» dans la même période: «Le gouvernement a donné son ordre, mais nous attendons l’ordre de Koné Zacharia. Si les patrons nous demandent de quitter le terrain, nous sommes prêts à quitter avant midi. Dans l’armée, c’est la discipline. Dans la confrérie des dozos aussi, c’est la discipline. Il n’y aura jamais de bras de fer entre les dozos et les forces de l’ordre, parce-que Koné Zacharia et Chérif Ousmane, eux-mêmes dozos, sont nos patrons et nous suivons leurs ordres. Chacun a un patron. On attend leurs ordres. S’ils disent que le gouvernement ne veut plus voir de dozos sur le terrain, c’est déjà fait. Même si je veux, et j’enlève mes habits, je les brûle…» Allez-y, pourquoi les haussements de ton de notre président et les mises en garde de son ministre délégué ne leur faisaient ni chaud, ni froid! Après intervention des chefs à qui seuls ils obéissent, la situation bien que quelque peu améliorée n’est pas totalement rentrée dans l’ordre. Elle est en quelque sorte en latence…

 

Les dozo fixent

leur calendrier

En plus des ex-combattants et des miliciens en balade avec les armes en main, la gestion des dozos est indiscutablement une épine dans les pieds de sa majesté comme les fescistes l’étaient dans ceux de Laurent Gbagbo. La situation est d’autant plus délicate que nous parlons d’hommes qui fabriquent eux-mêmes leurs armes, qui se plaisent de plus en plus dans leur nouveau statut et qui obéissent non aux autorités gouvernementales mais à certains hommes forts qui peuvent les manipuler à leur guise, s’ils se sentent menacés ou sont contrariés pour une quelconque raison… En tournée le 26 août dernier dans la région du Cavally, précisément à Guiglo, ainsi que le souligne le quotidien «Soir Infos» N°6266 du 28/08, Bamba Mamadou, président de la fédération des dozo, en tournée pour sensibiliser ses «frères» à retourner à leur ancienne activité, a encore rappelé à ceux qui exigent qu’ils soient désarmés qu’ «on ne peut pas désarmer les dozos parce que leur armes ne sont pas comptées comme des armes de guerre. Ce sont des armes traditionnelles. On les fabrique partout». Les quatre morts du 14 octobre 2013, froidement abattus dans le village de Gribouo en règlement d’un litige foncier, ont dû applaudir depuis le ciel! Comme si les armes traditionnelles ne tuaient pas autant que les armes de guerres… «Tout ce qu’on peut leur demander, c’est de ne pas porter leurs armes n’importe comment. Maintenant c’est à l’Etat de décider s’il faut donner des permis de port d’armes… Nous allons déposer les fusils avant le début de la campagne électorale, car la sécurisation des élections n’est pas notre affaire. Que les politiciens arrêtent de nous demander de surveiller leur résidence pendant la période de toutes les élections en Côte d’Ivoire. Car ils ne nous trouveront pas sur leur chemin. Les dozos ne sont pas des politiciens». A-t-il ajouté. Ils en ont mis du temps à comprendre! Mais soit dit en passant, les populations traumatisées par les agissements de ces chasseurs traditionnels ne demandent pas que ces armes fabriquées «partout» soient déposées pour une période. Mais pour toujours! Mais déposséder ces chasseurs de leurs armes est visiblement hors de question!

BABETH BERIYTH

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