Sacrifice patriotique en cas de vaches maigres : Certains dirigeants commencent par eux-mêmes…

By: Africa Newsquick

ADO_mini_Ouaga32Sacrifice patriotique en cas de vaches maigres : Certains dirigeants commencent par eux-mêmes…

En période de vaches maigres, pour aider l’Etat à vivre et à faire face à ses obligations, certains dirigeants, tant en Afrique qu’en Europe, commencent par faire des sacrifices avant d’appeler le contribuable à l’aide. Mais en Côte d’Ivoire…

 

Des exemples venus du Nigéria, de Tunisie et du Kenya

On pourrait définir les Finances publiques comme l’étude des ressources, des charges et des comptes des collectivités publiques principalement de l’État. En cette matière,  il appartient à chaque Etat ou Gouvernement de trouver  le critère organique adéquat afin de régir ce domaine. L’Etat nigérian connaît en ce moment des difficultés financières dues  à la chute inédite du prix du baril de pétrole, première source de revenu du pays. La première puissance de l’Afrique doit donc trouver des solutions pour pallier ce déficit. Comme mesure, Garba Shehu,  le porte-parole du Président, a annoncé dans un communiqué le 10 juillet dernier : «Le Président Muhammadu Buhari ne recevra que 50 % du salaire versé à son prédécesseur.» En effet, l’ancien Président du Nigéria, Goodluck Jonathan, avait un salaire annuel de 14.058.820 nairas soit 41.624.250 FCFA à savoir 3.468.687,5 FCFA par mois. Avec cette nouvelle mesure, le Président Muhammadu ne touchera annuellement que 20 .812 .125 soit 1.734.343 ,75 FCFA par mois. Son vice-président, ne touchera  lui aussi, que la moitié de son salaire. Les députés nigérians ont également accepté de suivre cette initiative ainsi que les différents gouverneurs des Etats du pays. Bravo aux Nigérians de faire tous ces sacrifices afin de renflouer les caisses de l’Etat. Apparemment, ces dirigeants, contrairement aux nôtres, ne connaissent pas la valeur de l’argent! Mais l’Etat nigérian n’est pas le seul à décider de faire ce genre de sacrifice pour essayer de redresser ses caisses. En avril 2014, Moncef Marzouki, alors Président de la Tunisie, avait lui aussi  réduit son salaire pour crise économique. Effectivement, pendant que les Finances publiques se portaient mal, le Président tunisien avait décidé de se priver d’un tiers de son salaire et de ne garder que les deux tiers. Il était donc passé de 30 000 dinars de salaire brut soit 9.177.000 FCFA qui est son salaire normal, à 10 000 dinars  soit à 2.949.750 FCFA. Il est même allé plus loin, en réduisant également les dépenses de la Présidence, car pour lui «l’Etat doit être un modèle». En plus,  il a eu une compassion particulière pour le petit peuple. «Les catégories pauvres et moyennes n’assumeront pas la plus grande part de cet effort». Tiens, en voilà un qui se soucie du petit peuple! Un autre exemple…En mars 2014, Uhuru Kenyatta, le Président kényan, annonçait après un séminaire de Gouvernement : « Conscient de la hausse de la facture de la masse salariale publique, mon vice-président et moi allons baisser de 20% notre paie et nos ministres ont accepté une réduction de 10% avec effet immédiat. » Il a également pris plusieurs mesures en vue de « la réduction significative du gaspillage au sein du Gouvernement » et de « la rationalisation des dépenses courantes» de l’Etat. Selon le Président, toutes les décisions avaient pour but de réunir des fonds pour la réalisation de projets en vue de la transformation du pays.

 

En Côte d’Ivoire, on n’y pense pas, pour l’instant!

Voilà des pays où les dirigeants ne se contentent pas simplement de faire de beaux discours pour faire rêver leurs concitoyens ; (bref) revenons à nos réalités! En Côte d’Ivoire, le spectacle est différent lorsqu’il s’agit de trouver des moyens pour renflouer les caisses étatiques. Ici, ce sont les citoyens qui croulent sous le poids de tous genres de taxes et d’augmentation dès qu’il y a  une fragilité au niveau des caisses de l’Etat. D’ailleurs les Ivoiriens en savent déjà quelque chose. Petit souvenir : Le conseil des ministres du 20 mai 2015 avait décidé d’augmenter le tarif de l’électricité à usage domestique qui était de 36,05 FCFA  le kilowattheure (kWh)  pour les consommations d’électricité inférieures à 80 kWh, et de 73,99 FCFA (kWh) pour les consommations au-delà de 80 kWh. Parmi les arguments avancés pour justifier cette hausse, le Gouvernement a mentionné la nécessité d’effectuer des investissements supplémentaires pour garantir la fourniture de l’électricité, notamment dans le monde rural. Alors qu’en réalité, il existe déjà une taxe pour soutenir l’électrification rurale. Où va-t-elle alors ? Le contribuable qui n’avait pas le choix, a mis la main à la poche. Avant cela, la loi des finances 2013-908 du 26 décembre 2013 portant gestion du budget de l’Etat 2014, a institué une taxe dénommée « taxe spécifique sur les communications téléphoniques et les technologies de l’information et de la communication». Cette taxe qui s’élevait à 3%  et qui a été effective depuis le 17 février 2014, s’appliquait aux entreprises de télécommunications et des technologies de l’information et de la communication en plus de la taxe sur la valeur ajoutée de 18%. Ces entreprises ont fini par mettre cette taxe à la charge du client. Une fois de plus, le consommateur a dû mettre la main à la poche. Pourtant, dès le départ, Bruno Koné, porte-parole du Gouvernement, avait rassuré que «ces augmentations qui ont été faites seront sans effet sur la poche des consommateurs». Parole de politicien! On n’oublie pas non plus les  emprunts obligataires et la toute petite taxe de 100f de timbre imposée sur tous les transferts d’argent. Ne dit-t-on pas que l’argent se trouve dans la poche des pauvres ? Eh bien en Côte d’Ivoire, on l’expérimente chaque jour. Quand est-ce que nos dirigeants auront ce genre d’actions patriotiques comme ceux du Nigéria, ou encore du Kenya ? Cela pourrait soulager les populations ; mais plus loin, nos dirigeants pourraient aussi donner le bon exemple, rien qu’en essayant de réduire leur train de vie au lieu de tout laisser au compte du contribuable.

Mais bon, l’émergence a certainement des exigences que le commun des Ivoiriens ne maîtrise pas !

YAO RAÏSSA

Laisser un commentaire

Agenda

janvier 2018
D L M M J V S
« Déc    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Archives

Directeur de publication Gérant : Guy Tressia

Contact: +225 08322110/40007513

Email: guytressia@gmail.com

Abonnez-vous à africanewsquick par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à africanewsquick et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez 11 577 autres abonnés

Retour vers Haut
Optimization WordPress Plugins & Solutions by W3 EDGE