Littérature : Le procès des présidents ivoiriens dans «Le panthéon des présidents» de D. Konaté Adam

By: Africa Newsquick

Plaisir de lire 364Littérature : Le procès des présidents ivoiriens dans «Le panthéon des présidents» de D. Konaté Adam 

Edité par les «Nouvelles Editions Balafons», Abidjan, en 2015, «Le panthéon des présidents», le premier roman de D. Konaté Adam, professeur certifié de l’Enseignement technique, est bâti sur 196 pages. Il contient deux grandes parties d’une dizaine de chapitres chacune. A toutes les victimes de la tragédie ivoirienne, l’auteur dédie son ouvrage. Justement, la toile de fond du récit a été empruntée au climat sociopolitique qui pèse sur la Côte d’Ivoire depuis son indépendance jusqu’ici. Les noms des lieux ont été inventés. Ceux des principaux personnages existent peut-être dans les répertoires traditionnels. Le pays dans lequel se déroulent les événements se dévoile, sans coup férir, au fil du récit. Les acteurs clés des différents régimes politiques qui se sont succédé s’affichent à travers des faits -bons ou mauvais- qui ont marqué leur règne à la tête du pays. Sans partie pris, le récit suit le schéma de l’évolution politique en Côte d’Ivoire : succession, complots, coup d’Etat, élections truquées, rébellion, guerre fratricide etc., un héritage selon l’écrivain, chargé d’émotions et de frissons. Tous les bilans faits, ici, de chaque gestion du pays sont entachés de nombreuses insuffisances. Voici quelques unes : «(…) Leur syndicat et la société civile avaient en réaction appelé le président Douali à respecter ses engagements… La caisse noire du palais était devenue plus grosse qu’avant. La corruption, le tribalisme, la démagogie étaient toujours rampants et la situation générale du pays toujours marquée par la misère. Le bon peuple qui mourait de faim et de bobos avait le sentiment d’avoir accordé son suffrage à la pauvreté contrairement au slogan de campagne du nouveau président. Marabana, jadis pays en développement, était devenu au terme de deux décennies de crises successives un pays pauvre très endetté (…)  après l’enthousiasme du changement de régime, Marabana avait insidieusement revêtu ses vieux oripeaux. Les rues étaient redevenues des poubelles, les gares routières infestées de bandits qui s’adonnaient aux rackets des transporteurs. Des coupeurs de routes attaquaient les voyageurs et les dépouillaient de leurs biens. Des ex-combattants non encore désarmés grossissaient le nombre des braqueurs et défiaient l’autorité. Ces mafias avaient fini par positionner Marabana à la première loge des pays les plus violents au monde. Elles avaient marqué et entaché les régimes de Bélaou, de Bouyaca, de Tébé et aujourd’hui de Douali. L’un après l’autre, ces hommes de pouvoir baptisés ‘’ les grands rivaux’’  par leurs concitoyens avaient tous occupé le prestigieux palais et manifesté les mêmes syndromes (…)» (P. 191 à 192). «Les aides que les pays riches accordent n’avaient servi à rien». Que dire  des richesses naturelles, etc.  L’auteur souhaiterait voir les choses changer pour le développement réel. C’est pourquoi à la page 168, il dit à cet ancien président qui a des remords: «Ne te tracasse pas. Ce qui est fait est fait ; il faut éviter que cela se reproduise. Et puis, avec ou sans élection, on finit par quitter un jour le pouvoir: vivant ou mort» . Aussi, l’auteur montre-t-il à travers le personnage de Yèrèolo que l’on peut servir son pays à tous les postes et  bien gagner sa vie dans l’honnêteté et dans la transparence, loin de la corruption, de l’amour du gain facile et des caisses de l’Etat. L’œuvre suscite de l’espoir en son dernier chapitre intitulé «nouvelle génération». A ce niveau, D. Konaté Adam a tenu à rappeler que c’est de la démocratie que dépendra le développement  de notre pays et de notre continent. «Nous avons tout essayé: la monarchie, la dictature, la tyrannie et même des systèmes hybrides. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge du sous-développement». (P.196). A travers un style simple, une écriture accessible, D. Konaté Adam a su véhiculer son message. Cependant,  le récit des atrocités vécues par la quasi-totalité des Ivoiriens,  du fait des rebelles disséminés un peu partout dans les villages, les villes et les hameaux les plus reculés, les campements, les quartiers etc., manque à la critique de D. Konaté Adam au stade de l’évocation de la crise poste électorale de 2010.

FLORENCE  APO

Laisser un commentaire

Agenda

décembre 2017
D L M M J V S
« Nov    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Archives

Directeur de publication Gérant : Guy Tressia

Contact: +225 08322110/40007513

Email: guytressia@gmail.com

Abonnez-vous à africanewsquick par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à africanewsquick et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez 11 559 autres abonnés

Retour vers Haut
Optimization WordPress Plugins & Solutions by W3 EDGE