Fraudes fiscales et douanières : Le «Groupe Reda» étrangle les Douanes et les Impôts

By: Africa Newsquick

Kablan-duncanFraudes fiscales et douanières : Le «Groupe Reda» étrangle les Douanes et les Impôts

L’économie ivoirienne, paraît-il, se porte  bien. Mais Dieu, qu’est-ce qu’elle irait mieux si les services des Impôts ne s’acharnaient pas sur les petits contribuables en laissant toujours en fête les gros ! Comme Abdul Reda, champion du groupe « Reda »…

Après le patron de «Vigassistance» piétiné il y a quelques semaines par « L’Eléphant » (on espère que les Impôts ont fait le service après publication pour récupérer les milliards qui ont été cachés à l’Etat), voilà un autre mauvais élève dans l’économie ivoirienne. Il s’en met plein les poches en tenant les services des Impôts loin des vrais chiffres d’affaires de ses nombreuses sociétés. « L’Eléphant » dont chacun sait à présent qu’il se spécialise dans la consultation des « Grands livres » de certaines entreprises, a découvert dans ceux du Groupe « Reda », d’étranges dissimulations d’importantes sommes d’argent qui partent vers des destinations dorées, à l’abri des regards indiscrets, avec comme toujours, l’aimable contribution désintéressée de certains responsables des Impôts.

 

Il en a, des sociétés !

Abdul Réda (il paraît qu’il n’a peur de rien, vu les protections dont il bénéficierait tant dans le monde judiciaire que dans le monde politique), possède plusieurs entreprises qui tournent à plein régime et réalisent de confortables chiffres d’affaires.

Il s’agit notamment de Sociped (Société ivoirienne de peintures et dérivés); Sipaci (Société d’importation de produits alimentaires en Côte d’Ivoire); Sitam-Ci (société industrielle de transformation de l’acier et du métal de Côte d’Ivoire) ; Soref (Société Reda et frères) ; Mondial Transit ; et International Voyage.

Les vrais chiffres d’affaires réalisés par ces entreprises et contenus dans des documents placés hors de portée de vue des agents du Fisc mais que «L’Eléphant » a pu consulter, font froid dans le dos. Cela, d’autant plus que ces joyeuses pratiques ont commencé depuis les années 1997 avec la Sitam-Ci, société dans laquelle le dégé des Douanes de l’époque, Gnamessou, après un audit, avait découvert des choses pas très «jolies-jolies». Mais l’affaire, déjà à cette époque, avait été étouffée sous d’épaisses liasses de billets en grosses coupures.

On se souvient qu’un certain Mamadou Koulibaly, alors Ministre du Budget, puis de l’Economie sous le régime militaire de feu le général Guéi, avait eu l’idée de réactiver ce dossier. Ce qui avait fait grand bruit, avant de tomber dans l’oubli.

 

« Je transforme et je revends sur place »

Mais Sitam-Ci, puis Soref (on ne change pas des pratiques qui paient). La première citée bénéficie du régime d’Admission Temporaire (AT), une curiosité douanière qui permet de recevoir dans le périmètre sous contrôle douanier, en suspension des droits et taxes à l’importation, certaines marchandises destinées à être réexportées, dans un délai déterminé, après avoir subi une certaine transformation. L’objectif principal de cette facilité est de permettre aux entreprises nationales d’offrir leurs produits sur les marchés étrangers, à des prix compétitifs.

Sauf que, malins comme de vieux singes, les responsables de Sitam-Ci ont mis en place un système imparable qui leur permet de tirer le meilleur profit de cette facilité douanière.

Au lieu d’exporter les produits finis, via les fausses déclarations de «Mondial Transit » (une société du Groupe Reda créée pour…), les produits finis de Sitam-Ci sont exportés mais pour les douaniers, ils sont revendus sur place en Côte d’Ivoire. Et au passage, ils se mettent un gros paquet d’argent dans la poche, au nez et à la barbe des agents de la Douane qui n’y voient que du feu. Dans le grand serveur de l’Infocentre, lieu où toutes les régies se partagent les informations sur les opérateurs économiques, « L’Eléphant » a pu obtenir aussi des informations de première main sur le contribuable « N° 9512230- E » qui n’est que – tiens, quelle coïncidence – Sitam-Ci. Laquelle bénéficie de commentaires élogieux sur sa gourmandise.

On peut apprendre en ce lieu que cette société a réalisé des échanges commerciaux dont la valeur douane s’élève à 2.552 886 200 FCFA (2 milliards, Cinq cent cinquante deux millions, huit cent quatre-vingt-six mille deux cents). C’est la valeur des marchandises exportées par la Sitam-Ci, pour l’année 2012.

Sauf que dans les Livres Sitam-Ci que « L’Eléphant » a pu feuilleter, les marchandises exportées ne se chiffrent qu’à seulement 1.659.750 FCFA (un million, six cent cinquante neuf mille sept cent cinquante), pour 2012. Qu’est-ce qui peut expliquer un tel écart ? « L’Eléphant » a découvert ce qui s’est passé. C’est que les petits malins de Sitam-Ci ont mis en place une double comptabilité. Une officielle, placée à portée de vue de n’importe quel petit curieux et une autre, sous le bureau, inaccessible aux regards indiscrets.

 

C’est aussi la joie à la Soref.

Cette autre société du « Groupe Reda» fait en ce moment l’objet d’un  contrôle des agents des Impôts et des Douanes. Dans cette boîte également, la tenue de la double comptabilité est un sport local. Les vrais chiffres d’affaires sont cachés aux Impôts qui se contentent des aumônes que leur verse le « Groupe Reda ».

Un beau redressement fiscal devrait ramener cette brebis égarée dans la bergerie économique ivoirienne. Mais allez savoir pourquoi depuis des années, personne ne s’aperçoit de rien. Si bien que depuis 2012, c’est maintenant qu’on constate que les déclarations au niveau des Douanes, qui une fois rentrées dans le Système de dédouanement automatisé des marchandises (Sydam) et générées dans l’infocentre, ne sont pas en conformité avec les données réelles de la comptabilité de l’entreprise.

Selon les sources de « L’Eléphant », ce sont plus de trois milliards d’impôts que le « Groupe Reda » cacherait à l’administration fiscale chaque année. De l’argent qui n’est pas prêt de revenir dans les caisses de l’Etat.

Pour les exportations de l’année 2014, de curieuses pratiques viennent d’être découvertes.  Le Directeur général de Sitam-Ci, récemment,  s’est retrouvé dans les locaux de la Police économique, à la sous-direction des Enquêtes économiques/Section Douanes, pour être entendu sur les déclarations suivantes: S288du 27/01/2014, S61 du 08/01/2014, S98 du 10/01/2014, S842 du 05/03/2014, S843 du 05/03/2014, S1824 du14/05/2014, S1825 du 14/05/2014, S1001 du 14/03/2014, S2206 du 05/06/2014,S931 du 10/03/2014.

Mais l’affaire n’est pas allée bien loin. Si bien qu’en 2015, ce sport local continue d’être pratiqué par le « Groupe Reda ».

Un empire immobilier rendrait les ex-chefs de guerre fous de jalousie…

Les confortables bénéfices réalisés par le « Groupe Reda » via les dissimulations des vrais chiffres d’affaires aux services des Impôts lui ont permis de se bâtir un empire immobilier d’une valeur d’environ 18 milliards de FCFA. Pour un groupe qui n’a réalisé qu’un chiffre d’affaires de moins de deux millions en 2012, c’est assez miraculeux ! Mais dans le domaine immobilier également, Abdul Reda Moussa a pris ses précautions. C’est qu’il a horreur de l’impôt foncier. Son empire immobilier est sous la garde d’une armée de sociétés écran. Allez, quelques noms : Sci Lena, CC 110298 H ; Sci Farah, CC 9727416 U ; Sci Redinvest, CC 9325545A ; Sci Toufic ; CC 41111988 L.

« L’Eléphant » a pu noter dans ce patrimoine géré par les sociétés suscitées (liste non exhaustive selon nos informations), le terrain de l’Ex- Bâche bleu (route de l’Aéroport sur le boulevard Valéry Giscard D’Estaing) d’une valeur de 1 milliard 600 millions avec pour titre foncier N° 105 368; un immeuble de 7 étages planté sur 1500 m2 à Marcory boulevard Achalme, d’une valeur de 2 milliards 700 millions et dont le numéro du titre foncier  est le 6081; un terrain nu de 2500 m2 sis au boulevard de Marseille, Rue des Celliers; un immeuble en construction sur 1170 m2 à Marcory Rue de la  paix d’une valeur de 1 milliard; un terrain nu de 2350 m2 d’une valeur de 600 millions à Marcory boulevard de Marseille (Ex-Pagote) sous le titre foncier N°111853. On garde le reste pour le Ramadan !

 

« Blacklisté » mais peinard quand même !

Selon nos informations,  Abdul Reda Moussa a été placé sur une liste noire en 2010, suite à des transactions illégales qui culminent à plus d’un milliard de FCFA. « L’Eléphant » a pu consulter sagement les détails de cette affaire qui a poussé cet expert en fraude fiscale à quitter le pays à la fin de l’année 2010, profitant de la confusion créée par la crise postélectorale. Avant de revenir une fois le régime Ouattara bien installé et son nom retiré, on ne sait par quel miracle, de la liste des opérateurs économiques qui devaient des comptes à l’Administration fiscale. Eh bien, « L’Eléphant » vient de l’immortaliser…

On dit merci qui ?

 

Encadré-« Y a rien à voir, circulez ! »

 

Interrogé par « L’Eléphant » sur ses joyeuses pratiques, la Direction du « Groupe Reda » a prié « L’Eléphant » d’aller prendre son bain de boue ailleurs : «Nous avons reçu votre demande d’informations et tenons à vous informer que nous ne nous sentons pas concernés par ces allégations. Toutefois sachez que nous avons reçu une convocation de la Police économique à laquelle un de nos collaborateurs a répondu et sommes en attente d’un procès verbal que nous devons signer avec la Direction des Douanes».

Comme c’est étrange ! Signer un procès-verbal avec la Direction de la Douane après une audition à la Police économique. Si ce n’est pas un aveu de culpabilité ! On se demande bien pourquoi, en l’absence de fraude douanière, ils signeraient avec la Douane, un procès-verbal.

In L’Eléphant déchaîné N°363

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