Biankouma- Ouattara sait-il ce qui se passe dans cette zone? La colonisation des terres: une bombe prête à exploser

By: Africa Newsquick

ADO_soucieuxBiankouma- Ouattara sait-il ce qui se passe dans cette zone? La colonisation des terres: une bombe prête à exploser. Un reportage de « L’Eléphant déchaîné ».

La terre nourricière est en passe de devenir la mère de tous les conflits en Côte d’Ivoire.  Particulièrement dans la région western du pays et précisément dans le département de Biankouma, où le feu couve depuis un moment. Ainsi  si l’on n’y prend garde, la région risque fort malheureusement de s’embraser, pour ne laisser que des cendres. L’infernal quadrupède y a séjourné récemment pendant une semaine. Reportage.

 

En attendant l’affrontement généralisé

Le 24 mars 2015, à Dio, village de la sous-préfecture de Biankouma,  un affrontement sanglant a opposé les autochtones Toura aux allogènes, en majorité Burkinabé. Bilan,  un mort et de nombreuses cases incendiées. Des faits, il ressort que Bakayoko Zoh Félix alias Benson, jeune planteur Toura qui préparait son champ pour la récolte, le 23 mars 2015, n’imaginait pas que le feu qu’il  avait mis dans la parcelle débroussaillée atteindrait le champ voisin appartenant à un ressortissant burkinabé. Mais hélas! Le feu a consumé le champ du voisin. Suite à cela, la communauté burkinabé, comme un seul homme, rentre dans une colère massacrant. La tension monte dans la zone. 24 heures plus tard, Bakoyoko Zoh Félix est retrouvé mort dans son champ, le mardi 24 mars. Assassiné par qui? Le mystère reste entier jusqu’à ce jour.

Les autochtones Toura qui estiment que la communauté burkinabé est à l’origine de ce crime, décident de se venger. Conséquences : des cases sont rasées par le feu, des plantations détruites… Mais le calme revient grâce à l’intervention des autorités administratives et politiques. Aujourd’hui, un calme précaire règne dans le village et les deux communautés se regardent en chiens de faïence. C’est chaque fois un miracle qu’une journée se termine sans drame.

 

Sur un volcan en ébullition

C’est tout le département de Biankouma qui vit dans une situation de conflits fonciers latents. Le feu couve  dans le département de Biankouma en dépit de son apparence paisible. «L’Eléphant» dont chacun connaît à présent la curiosité a mis tout en œuvre pour toucher du doigt les réalités de cette partie du territoire restée longtemps aux mains des ex-Forces nouvelles.

Il est exactement 8h 14 mn, lorsque nous prenons la route de Gbian-Gouine (sur le mont Gbian) qui, lors de la translation, sera rebaptisé Bian-Kouma (sur la tête du Mont Bian) grâce au trop plein de zèle des interprètes d’alors, qui étaient d’origine Malinké. Ces derniers ont préféré le mot Kouma (sur la tête de) à  Gouiné (sur le sommet de). Bref! Toujours est-il qu’il s’agit du mont Bian ou Gbian, c’est selon.  C’est donc sous le coup de 21 heures que nous foulons le sol de Biankouma, après avoir subi le courroux des ex-combattants en formation à l’école de faune et des aires protégées de Bouaflé (Efap), qui, pour réclamer leur perdiem, ont décidé de bloquer le passage à toute circulation pendant 4 bonnes  heures. Immobilisant tous les véhicules dans tous les sens. Comme si ce sont les passagers qui leur  ont promis des millions une fois la guerre terminée! Dans la ville, un calme plat règne. Les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes.  Les affres des différentes crises sont perceptibles dans une moindre mesure. La présence d’un camp des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) dans les locaux du Trésor, encore réquisitionnés et qui leur sert de base, est un indicateur  parlant. A cela s’ajoute l’occupation jusqu’à ce jour de la résidence du général Robert Guéi par l’ex-commandant de Biankouma, démobilisé. Bref! Allons dans les montagnes.

 

Gouiné : les terres vendues sous les yeux des autochtones

Gouiné, chef-lieu de sous-préfecture. Assis sur un banc aussi vieux que lui-même, un octogénaire, le regard dans le vide, tel un homme résigné que plus rien ne peut étonner, explique avec un cocktail d’amertume et de mélancolie comment ses terres lui ont été arrachées par  un jeune de sa grande famille,  moins âgé que lui.    A qui la tradition ne donne pourtant aucune emprise sur lesdites terres. «V. F est membre de la grande famille. Il s’est accaparé des terres sous prétexte que lui-aussi est propriétaire. Il a installé des étrangers en leur vendant la terre à 100 000 F CFA/Ha. J’ai porté l’affaire devant le comité villageois de gestion foncière.  Le comité a décidé qu’on me rétrocède une  bonne partie, 10 hectares. Mais F.V et ses hôtes occupent la parcelle qu’ils devraient me rétrocéder.» Explique le vieillard, Gogbé, visiblement désabusé! A Douélé, distant de 2 km du chef-lieu de sous-préfecture, la situation est la même. Comme des apprentis voleurs, les occupants des terres sont pris la main dans le sac, sur le site de l’ancien village. Un lieu symbolisant le sacré, dans tout son éclat. Car les populations ayant effectué le déplacement de l’ancien village, perché au sommet d’une montagne dans les années 70, restent encore attachées à cet endroit où les vestiges de la case sacrée sont encore palpables. Ici, voyant le syndrome d’accaparement et de vente des terres à venir, les grandes familles ont pris le taureau par les cornes en décidant avec le concours des agents de l’Agriculture, de délimiter les parcelles par famille. C’est ainsi qu’on peut voir dans la forêt, de grosses pierres sur lesquelles sont inscrits des noms de famille, tel F. Yoro (Famille Yoro).  Et conformément à la loi n° 98-750 relative au domaine foncier rural, difficilement applicable qui passe de report en report à cause  des acrobaties financières auxquelles doivent sacrifier les paysans, pour se voir délivrer un certificat foncier. Notre odyssée nous  conduit sur le flanc de la montagne, à une altitude non moins négligeable. Là, on aperçoit trois individus à la tâche. La forêt est en train d’être détruite, comme le ferait un bulldozer de grande puissance. L’espace est déblayé. Prêt à accueillir les plants de Cacao : ce sésame. Les trois « entrepreneurs » sont interpellés par l’équipe qui nous guide. Première question: Qui est votre tuteur ici? Réponse : « Nous n’avons pas de tuteur. » Sur insistance de nos guides, tous natifs de Douélé, sous le soleil de plomb de ce 2 juin, les  trois  hommes répondent à tour de rôle comme à l’apprentissage de prononciation de syllabes, au Cours élémentaire (CE) : «C’est Hamidou». Une énigme! Un peu plus loin à  200 m de ce lieu, se trouve un apatam construit sous une forme pyramidale de 02 m de longueur et 01m de largeur, servant d’abri au coucher du soleil à une vingtaine de manœuvres qui s’entassent comme dans les cales des paquebots lors du voyage des nos aïeux en Amérique, pendant la traite négrière. C’est au total neuf personnes qui sont retrouvées. Les autres sont dans les confins de la forêt, vaquant librement à leurs occupations. Ce tintamarre des  fils de Douélé ne les concerne guère. Eux, c’est «Hamidou» le tuteur, et le propriétaire. Désarçonné, le chef de village de Douélé, Gbogbo Gaston,  lâche : «La terre de Douélé n’est pas à vendre. Nous ne pouvons pas être étrangers sur nos propres terres».  Mais il n’a aucun moyen de faire se réaliser cette volonté.

 

Gourani, point de transit…

Village d’environ 800 habitants jadis, selon le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 1998, avec 95 % de Toura  et Wobé et une dizaine de populations de la Cedeao, et qui compte actuellement, plus de 3000 habitants. Un boom démographique  qui n’a rien à envier à la Chine de Mao Tsé Toung et de Den Xiaopping!  Une explosion curieusement intervenue après la crise de 2002 et précisément en 2003. Depuis cette date, c’est une file incessante de cars de transport en provenance du pays des hommes intègres, qui pénètrent  à Gourani. En témoignent les trois gares routières de trois différentes compagnies qui font le trajet Ouagadougou, Bobodioulasso, (BF)-Gourani (CI). Dans ce petit village en passe de devenir une ville, nous avons dénombré plus de 20 garages de réparation de motos et vélos…des commerces jonchent la seule grande artère qui traverse le village. Pas d’électricité ni d’adduction en eau potable.  Les plaques solaires permettant d’avoir un soupçon d’électricité sont posées sur la quasi-totalité des toits.  En l’absence du chef burkinabé des lieux, le Naba Dramane qui s’est rendu au pays (Burkina Faso ndlr) pour s’administrer des soins, c’est son intérimaire Salif, qui s’ouvre à l’infernal quadrupède. «Nous sommes ici depuis 2003. Des personnes se sont installées et à  leur tour ont fait venir leurs frères. Moi j’étais à Mahapleu avec mon grand-frère pendant 7 ans. Nous cultivions le Café. J’y ai laissé un petit frère pour venir chercher une autre parcelle. J’ai demandé à mon tuteur de me donner un terrain pour faire mon champ. J’en avais demandé 15 hectares. Mais je ne sais pas si j’ai dépassé. J’ai acheté l’hectare à 55 000 FCFA. Mon terrain se trouve à Gouiné,  mais j’ai préféré résider à Gourani. Je possède deux manœuvres Moré venus du Burkina. Nous avons permis à certains de nos frères  d’avoir des terres, lesquels à leur tour ont fait venir d’autres. Nous ne connaissons pas  tout le monde. Et la plupart, nous nous connaissons ici. Pas avant.» Raconte l’intérimaire du Chef, Salif.  Gourani peut être considéré comme le point de départ de tous les allogènes venus à la recherche de terres arables. Ici, une fois un terrain acquis pour les cultures, les acquéreurs établissent leur base et travaillent la terre, sans répit. Ils peuvent y passer des  mois voir des années  sans remettre les pieds au village. Le campement leur sied convenablement. C’est ainsi  que dans  les forêts se trouvent des campements qui souventes fois ont la surface d’un village, et même plus. Les campements de travailleurs allochtones, on en trouve à foison. Gourani, point de transit avec plus de 2000 allogènes résidents permanents. Si ce n’est pas une colonisation…

 

A Gninlé, on acquiert des terres à 10 000/FCFA

Dans ce village de 1047 habitants, le chef, un enseignant à la retraire, explique ce qu’il qualifie de désordre. «C’était à l’occasion de la guerre de 2002. On ne pouvait pas demander à qui appartient quoi que ce soit. Ou qu’est- ce que tu fais là. Encore affronter quelqu’un qui a  une arme. Au départ, les allogènes étaient dans la forêt classée de Fancebly. Quand ils ont senti que la forêt était finie, ils ont commencé à descendre dans le village et demander  des terres une à une. Pendant que  nous étions reclus dans nos cachettes, ils donnaient 10 000 FCFA et avaient au moins un hectare. Jouant sur la misère ambiante du fait de la guerre. De 10 000, ils sont passés à 30 000 FCFA. Ils n’ont obligé personne à prendre leurs terres. Ils proposaient des sommes dérisoires certes, mais les gens mourraient  de faim, en ce moment».

 

Gouréné, une marmite qui boue

Sur la montagne Gouré, Gourené était perchée comme laisse entendre son nom, en langue Toura. A l’entrée de ce village, à un plus de 200 mètres, se présentent des maisons en terre battue. Et majoritairement couvertes de pailles ou de feuilles de palmier avec un sachet plastique noir imperméable, à cause des pluies abondantes dans la zone.  Ces habitations différentes de celles du village, sont des quartiers d’allogènes.  Ils vivent dans leurs zones respectives, distantes du village. Une attitude qui laisse transparaître que la cohabitation n’est pas pacifique à Gouréné, un village qui se caractérise par son refus de  vendre ses terres. Mais ce sermon cher aux fils du village, ne sera pas respecté. Le décor est planté par Tia Topka Joseph, Président du comité de gestion foncière du village. «Les hommes et les femmes sont chassés par les étrangers (allogènes ndlr) et menacés. Ils dépassent les limites des terres vendues par les fils du village avec la complicité de bien d’autres personnes qui ne sont pas de ce village. Si par exemple tu vends  un hectare, ils en prennent cinq. Je suis moi-même menacé par certains, quand je règle les conflits fonciers». Déclare Tia Topka Joseph. Sur les visages des personnes réunies sur l’esplanade du village, la crainte et l’amertume se lisent.  Sadia Ali, Président de la Jeunesse centrale de la Sous-préfecture de Gbonné, explique que quelqu’un qu’il ne connaitrait pas aurait vendu toutes ses terres y compris son champ de caféier. Plus de 300 étrangers occupent ses terres. Zoh Daniel lui, n’aura pas plus de chance que les autres. «Mon  campement et toute ma forêt sont vendus. Je ne peux plus y mettre les pieds. Des instructions ont été données par les vendeurs de me tuer, si je m’y rends. Les vendeurs que je connais, nous ne sommes pas parentés. Ils n’ont ni le droit, ni la qualité de vendre mes terres». Explique-t-il. Mais on est en Côte d’Ivoire et c’est comme ça!

 

La fille rebelle du mont Gbian

La crise foncière ou les conflits fonciers ont commencé en 2010.  Alors que Gouréné refusait déjà en 2003, la  vente des terres, en 2009,  un natif du village avait transgressé la loi commune d’interdiction de vente des terres. Et comme  sentence, ce dernier a été «excommunié» du village, par les villageois. Faisant de cette localité,  «la fille rebelle du département». Cependant, c’est sans compter avec les «vendeurs de terrains» qui de loin, montrent les limites des parcelles qui ne leur appartiennent pas et cela, pour des sommes dérisoires et sans précision des limites de l’espace. Pis, des contrats verbaux et si on a la chance de faire un contrat par écrit, la forme et les conditions sont au dessus de tout entendement humain. On peut voir des contrats et autres reconnaissance de sommes perçues sur des paquets de cigarettes, des feuilles insalubres de cahiers, avec des formes de lettres approximatives.  La particularité à Gouréné, c’est que les vendeurs de terres sont identifiés. Au nombre de quatre. Ils jouissent d’une impunité totale parce que protégés par on ne sait qui. Chacun a installé sur des terres qu’il a vendues à plus de 200 personnes, des allogènes. Selon les informations dont nous disposons, ce sont plus 15 000 allogènes qui ont ainsi investi les forêts de Gourené. Tokpa Albert en a payé les frais. Ce dernier qui a vu ses terres vendues par des personnes clairement identifiées, a essuyé le courroux des nouveaux occupants lorsqu’il s’était rendu sur sa parcelle. Il a  été copieusement bastonné par quatre gaillards, sous prétexte qu’il n’est plus propriétaire de cette parcelle. Le cas vécu par Tokpa n’est pas singulier. Comme nous a confié la Gendarmerie de Biankouma. Où les plaintes les plus régulières portent sur les «coups et blessures volontaires», et les «destructions de biens d’autrui». En l’absence du Commandant de Brigade de Biankouma, permissionnaire et de son adjoint absent, nous sommes reçus par un Maréchal des logis (Mdl) sous recommandation de l’Adjudant présent. «Ici nous n’agissons qu’au pénal. Lorsque nous sommes saisis par le procureur, nous agissons». Répond le gendarme, sur un ton  martial. On n’insistera donc pas pour nous attirer «les bonnes grâces» du gendarme qui visiblement, veut parer au plus pressé : rédiger une convocation pour des plaignants qui attendent. «L’indifférence des autorités et surtout celle plus surprenante des cadres de cette région va finir par plonger toute cette zone dans un bain de sang. Les autochtones n’ont aucun moyen de récupérer leurs terres accaparées majoritairement de force plus qu’achetees et à terme, cela va déboucher sur une véritable guerre qui va embraser toute la région.  Tout le monde sait ce qui se passe mais tout le monde s’en fout…» confie,  sous un prudent anonymat,  un homme qui a suivi notre bref échange avec le gendarme.

F. TAKY, In L’Eléphant déchaîné N°362

 

 

Encadré  1 : La préfecture, les mains hautes d’impuissance

 

En l’absence du Préfet du département, c’est le chef de cabinet  de la Préfecture qui nous reçoit pour expliquer la situation que vit le département depuis une certaine période. Et avant tout propos, les conflits fonciers à l’Ouest sont tant le fait des autochtones, que des allochtones, ou même des allogènes. Commençons avec les autochtones. «Nos terres-là, ce sont des terres que nos ancêtres nous ont léguées; on ne doit pas essayer de les brader. Ils prennent l’argent avec les allogènes et bradent les terres. Et  quand les fils du village ont besoin de terres pour cultiver, il n’y en a pas. Cela devient un problème. En fait, lorsqu’ils font leurs transactions l’administration n’est pas au courant. Ils le font entre  eux.  Mais quand il survient un problème, en ce moment on accuse l’administration de passivité ou de complicité. Nous luttons pour la cohésion. Et tant que tout se passe bien, nous  sommes tranquilles. Quand un membre de la famille se sent lésé,  ils remettent en cause la vente.»  nous indique notre interlocuteur.  Mais, ce n’est pas tout! «Les allogènes, eux-aussi extrapolent, c’est-à-dire quand on leur montre une limite, ils ne la respectent pas. Ils viennent et déversent leurs travailleurs qui dépassent ces limites.  Et des problèmes surviennent.   D’autres sont en ville, achètent les terres et les revendent à leurs compatriotes qui arrivent du Burkina. Ils sont nombreux. Un se vantait d’avoir plus de mille hectares. Ils n’ont aucun titre foncier, ni titre de propriété. C’est juste une reconnaissance à la limite, qu’ils détiennent. Généralement, les sommes d’argent qu’ils prennent aux Burkinabè pour céder les terres, sont vraiment très dérisoires. Pendant la crise d’après eux, ils ne recevaient rien de leur parents qui étaient de l’autre coté et donc eux pour survivre, étaient obligés  de vendre des terres.» En voilà une réalité.

 

Mesure conservatoire

«En tant qu’administrateur, le préfet a pris un arrêté pour interdire la vente de terres jusqu’à nouvel ordre, aucune transaction non plus.  Et que si des gens doivent faire une transaction, cela devrait se faire  devant le chef de famille pour éviter  les conflits. Et puis, sur une terre litigieuse, l’allogène ne doit pas faire une culture pérenne, en attendant qu’on  vide le contentieux.  Nous essayons de régler certains litiges. Mais quand nous n’y  parvenons pas, on demande à ce qu’ils saisissent la Justice. Lorsque nous sommes confrontés à des cas de destruction de biens, par exemple, nous leur demandons de saisir la Gendarmerie qui fait son constat et rend compte au procureur de la République.»

 

De la cohabitation entre allogènes et autochtones

«Pour ce qui est du nombre d’allogènes, nous attendons les chiffres du dernier recensement. Je puis vous assurer qu’ils sont nombreux et chaque jour, ce sont des cars qui arrivent.  Et quand ils viennent ils préfèrent créer leurs campements. Ils font venir leurs femmes, leurs enfants. La main de d’œuvre aussi. Ils (allogènes) gagneraient à être très courtois parce que leur arrogance, à la limite, irrite même les autochtones. S’ils occupent une terre où il y a une rivière qui traverse leur champ, l’autochtone  ne peut pas aller puiser de l’eau dans cette rivière. Parce qu’ils se disent qu’ils ont tout payé. Y compris le ruisseau d’eau. Qu’ils comprennent qu’ils n’occupent que provisoirement la terre qui en réalité appartient à l’Etat. Nous faisons des rapports réguliers que nous transmettons à la hiérarchie. Pour la paix et la cohésion sociale, tout doit partir d’eux. (Allogènes et autochtones ndlr). L’administration ne fait que les accompagner dans leur élan. Chaque année dans son discours, le préfet demande aux populations de se mettre au travail, d’arrêter de vendre les terres. La meilleure manière de protéger ses terres, c’est de les exploiter.»

F.T

 

Encadré 2 : Hamidou Massé, Adama Gasoil… plus vénéré que le Naba

 

Connu dans la ville de Biankouma pour être un opérateur économique pour certains, vendeur de terres  simplement pour d’autres et ancien très proche collaborateur du commandant de zone Atalbi, Hamidou Massé ou Hamidou Boussanga, est un maître dans la ville. Il est craint de tous et toute la ville de Biankouma le reconnaît comme tel. L’on n’hésitera pas à vous conduire chez Hamidou Massé, si vous demandez à rencontrer le chef Mossi. Lors de notre séjour, il était rentré au pays des hommes intègres. Mais nous avons pu le constater à travers sa résidence, restée constamment close tout le temps de notre séjour. (Confère photo). Traoré Adama dit Adama Gasoil. Nom qu’il tient de son commerce de Gasoil en détail, dans la localité de Semian. Il est versé dans la vente de terres. Et ce commerce semble prendre le dessus sur la vente de Gasoil, son activité principale. Les deux noms (Adama Gasoil et Atalbi) sont sur toutes les lèvres dans les villages et au centre ville. S’il y a une chose que ces deux personnages ont en commun, c’est la vente de terres. Ils sont puissants, au point où leurs noms est plus connu que le Naba. Dans les fichiers de la Police et de la Gendarmerie,  ces noms ne sont pas inconnus. Ils sont maintes fois aux prises avec les autochtones. Sans être des propriétaires terriens,  leur emprise sur les terres va au delà du département et sonne comme un écho, au pays des hommes intègres. D’où l’afflux vers le département, nouvel eldorado. Et c’est lui qui accueille tous les nouveaux venus.

F.T

 

Encadré 3 : La persévérance!

 

La persévérance. C’est l’action de préserver qui veut dire demeurer ferme et constant dans un sentiment, une résolution. C’est aussi le nom de l’hôtel qui nous a accueillis lors de notre séjour à Biankouma. Où le mot ‘’persévérance‘’ retrouve tout son sens, son charme et son lustre. Pour tester son courage et connaître son niveau de persévérance, une destination est conseillée : Gbian Gouine. Baptême de feu. Une distance de 635 km d’Abidjan à parcourir.  Neuf heures de voyage.  Une fois sur les lieux, l’on doit affronter la pénurie d’eau. L’eau potable est abonnée, l’école buissonnière dans les ‘’pipes ‘’.  L’eau ne coule pas à flot dans les robinets depuis décembre 2014. Les coupures intempestives d’électricité, n’en parlons pas! Ce sont les commerçants de bougie qui s’en frottent les mains. Pour ce qui est de l’eau et du courant, l’émergence est très loin de ce département. Les routes, un calvaire, malgré les efforts de réhabilitation du Conseil régional du Tonkpi. Les pluies ne favorisent surtout pas le reprofilage en ce moment. Situé à 38 km de la ville de Man (chef lieu de région), la superficie de Biankouma est de 3750 km², limitée au nord par le département de Touba, au Sud par le département de Man, à l’est par celui de Séguéla et par le département de Sipilou à l’ouest. La localité compte 97163 habitants (selon les chiffres de la RHGPH de 1998). Plusieurs ethnies cohabitent à Biankouma, notamment les autochtones Yacouba et Toura, des allochtones Malinké, Baoulé, Sénoufo et des allogènes guinéens, et un nombre impressionnant de Burkinabé, depuis 2003. Avec un relief accidenté, caractérisé par la présence de hauts sommets comme le Mont Dolou (1170 m) dans le Toura-nord, le Mont Konan (1085 m) près de Niangbo et le Mont Sangbé (1072 m), le département de Biankouma dispose de potentialités touristiques avérées. Comme quoi, avec un peu de volonté politique, Biankouma peut être une des destinations touristiques les plus prisées du pays.

F.T

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