Education nationale : Les réformes à tout vent de Kandia Camara causent d’énormes préjudices à des candidats

By: Africa Newsquick

Kandia CamaraEducation nationale : Les réformes à tout vent de Kandia Camara causent d’énormes préjudices à des candidats

Convocations de candidat erronées, omission de certains candidats sur le listing des épreuves orales et écrites, remise tardive du listing des candidats dans les centres… Voilà l’excellent travail accompli par Kandia Camara et ses collaborateurs du ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement technique, dans l’organisation des examens de fin d’année, particulièrement l’examen du baccalauréat, session 2015.

 

L’organisation du BAC désormais confiée  à la DSPS

Galvanisée par les félicitations publiques du Président de la République, Alassane Ouattara, à son endroit pour le colossal travail abattu (l’augmentation, chaque année, du taux de réussite aux différents examens de fin d’année) depuis sa nomination à la tête du ministère de l’Education nationale, Kandia Camara ne cesse de surprendre ses concitoyens avec ses réformes intempestives. Ainsi, après avoir «décrété» l’année dernière, par souci de faire des économies (avec les frais des examens payés par les candidats), la correction sur place des copies d’examen des candidats dans les centres d’examen de la Direction régionale de l’Education nationale et de l’Enseignement technique (Drenet) où ceux-ci sont issus et ont pris part aux épreuves orales et écrites du Bepc et du Bac,  cette année, il y a une innovation majeure du ministre. Laquelle a consisté à confier l’organisation de l’examen du baccalauréat à la Direction des Stratégies, de la Planification et des Statistiques (DSPS). Dirigée par un certain Mamadou Fofana. Les raisons de cet exploit? Selon des informations de première main, glanées par l’infernal quadrupède auprès d’un responsable dudit ministère, la Direction des examens et concours (Deco) aurait, selon l’Inspection générale de ce ministère, mal organisé les examens à grand tirage de 2014. «L’inspection générale, après les examens de l’année dernière, a accusé la Deco de n’avoir pas bien organisé ces examens. L’Inspection générale a donc décidé maintenant de s’impliquer véritablement dans l’organisation des examens. Elle ne s’est pas limitée à son rôle de contrôle. Elle s’est impliquée elle-même dans l’organisation des examens et elle a demandé à la DSPS d’organiser le deuxième fichier. Comment est-ce que la collecte a été faite? L’inspection générale leur a demandé d’établir le fichier. Les établissements ont travaillé en ligne en collectant les données pour les remettre à la Deco. Et c’est à quelques jours des examens que le fichier a été remis à la Deco pour le tirer simplement. C’est-à-dire que la Deco n’a pas eu le temps pour traiter le fichier et faire des corrections. Il s’est trouvé que ce fichier était inexploitable», explique la source de «L’Eléphant».

 

Le résultat de l’excellent travail accompli par la DSPS

Ce sont plusieurs candidats sur les 220 mille 257 candidats officiels repartis dans 375 centres d’examen sur l’étendue du territoire national, selon les informations recueillies par «L’Eléphant» qui n’ont pas pu prendre part aux épreuves orales du baccalauréat du fait de leur omission sur le listing des oraux, ou tout simplement du fait de la non conformité de la convocation qui leur a été servie, avec leur série. Ainsi, grâce au travail formidable accompli par la DSPS, des candidats de la série D se sont retrouvés avec une convocation sur laquelle il est marqué série A2, ou vice-versa. Désormais désorientés voire déconcentrés, ces candidats ballotés dans les locaux des services du ministère de l’Education nationale (la Drenet et la Deco) ne savent plus à quel saint au ministère, confier leur angoisse. Du côté des centres d’examen où se déroulent les épreuves orales et écrites du baccalauréat, c’est quasiment la même ambiance teintée d’amateurisme et d’improvisation. C’est avec un retard remarquable que les listings sont mis à la disposition des centres, pour ceux qui ont de la chance. Pour les centres moins fortunés, les listings reçus ne correspondent pas à leur centre.

 

Les confidences des collaborateurs de Kandia Camara

Pour avoir des éclairages sur le désordre organisé qui a cours en ce moment dans l’organisation de cet examen, l’infernal quadrupède a joint téléphoniquement le 29/06, la veille du démarrage des épreuves écrites, un responsable de la Drenet d’Abidjan 3, située dans la commune de Yopougon. Voici les déclarations faites par ce dernier qui a requis un prudent anonymat, au risque de subir la colère de l’immense Kandia : «Pour l’heure, je ne peux pas faire l’état des lieux, dans la mesure où la semaine dernière, nous avons soumis à la Deco, la situation des candidats qui avaient des difficultés, à savoir les convocations manquantes ou comportant des erreurs, les omissions de candidats sur le listing. Nous avons soumis ce point à la Deco et c’est seulement depuis hier, dans l’après midi (27/06, ndlr) que les documents ont commencé à sortir. Cette année, pour ce que je sais, le service informatique de la Deco qui avait cette attribution auparavant, n’a pas pleinement assuré ses attributions. Pas par refus mais parce qu’une grande partie de ses attributions a été confiée à la DSPS, par l’Inspection générale. Ce sont les nouvelles dispositions qui ont été prises pour nous. Comme c’est tout nouveau, vous savez, tout ce qui est nouveau est difficile. Avec ces nouvelles attributions de la DSPS et de l’Inspection générale, nous avons vu que les choses ont été, un tant soit peu, difficiles. L’année dernière, quand la Deco avait ces attributions, quand il y avait ces difficultés, on essayait de négocier auprès des autorités pour que le tir soit rectifié. Cette année, c’est autre chose, et c’est nouveau. C’est difficile.  Il y a eu du retard dans l’acheminement des documents. Je ne sais pas si c’est stratégique par rapport à l’esprit d’un examen. Parce que quand les documents sortent tôt, par rapport à un examen, ça peut entraîner des velléités de fraudes. C’est la première hypothèse. Deuxième hypothèse, ça peut être aussi un retard qui a été accusé du fait que les activités, les attributions relatives au traitement de fichiers n’ont pas été menées à temps.  Ça peut être ça.»  Tentant également d’arracher quelques mots au collaborateur de Kandia Camara suscité, celui-ci n’a pas du tout ménage  la nouvelle structure, chargée, selon lui, de l’organisation des examens scolaires. «Nous ne sommes pas surpris, parce que la DSPS est la direction à qui on a confié la production des cartes d’identité scolaires. Il y a des élèves qui n’ont jamais reçu leur carte d’identité scolaire. C’est comme si on confiait un bœuf à quelqu’un qui n’a jamais su garder une poule. L’Inspection générale a tout simplement déssaisi la Dren et la Deco de l’organisation des examens pour la confier à la DSPS. Or, la DSPS n’a pas pour vocation d’organiser les examens. Elle s’occupe des inscriptions en ligne qui d’ailleurs se déroulent mal. Tout le monde sait. Une opération qui a démarré pendant les vacances et qui devait s’achever deux semaines après la rentrée, c’est en février que les inscriptions en ligne se sont arrêtées. Cette structure n’est pas qualifiée et puis c’est à elle qu’on confie l’organisation des examens. Dans tous les cas, nos responsables au ministère sont informés de cette situation. Nous avons parlé de ça, mais personne ne nous a écoutés. Ce qui doit arriver est arrivé. On assume tous! C’est une crise de confiance qui nous a conduits là. Chaque direction de l’Education nationale devait faire son travail et ce travail devait être contrôlé par l’Inspection générale. On ne doit pas dessaisir une direction de sa mission pour confier ses attributions à une autre direction. La DSPS a du mal à mettre sa plateforme à jour, et c’est à elle qu’on confie cette mission. Le logiciel qu’elle utilise n’est pas efficace », a-t-il déclaré.

 

Quel sera le sort réservé à ces candidats désorientés?

Dans certaines régions du pays comme la région du Haut Sassandra dont Daloa est le chef-lieu de région, des candidats victimes de l’amateurisme et de l’improvisation du ministère de l’Education nationale n’ont pas pu contenir leur colère. Ils ont bruyamment manifesté  leur colère en  saccageant les locaux de la Drenet de Daloa et en déchirant les procès-verbaux de délibération dans certains centres d’examen du BEPC. A combien se chiffrent les élèves en classe de Terminale qui n’ont pas pu prendre part aux épreuves orales du Bac du fait de leur omission sur le listing des oraux, et du fait des convocations erronées qui leur ont été servies? Nul ne sait pour le moment. Ces candidats ont-ils été autorisés à composer dans les épreuves écrites qui ont démarré depuis aujourd’hui (30/06) pour s’achever le samedi 04/07? Si oui, les responsables du ministère tenteront-ils de rattraper leur exploit, en organisant une session de rattrapage des épreuves orales pour ceux-ci? Voilà autant de questions que se pose «L’Eléphant» et auxquelles le ministère, on l’espère, a déjà songé à trouver des solutions.

NOËL KONAN, in L’Eléphant déchaîné N°362

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