Interview-Candidat à l’élection présidentielle : Ahipeaud Martial se déchaîne contre le régime de Ouattara

By: Africa Newsquick

ahipeaud 3Dans le cadre de notre rubrique «Débats démocratiques» réservée à tous les candidats à l’élection présidentielle, l’Eléphant a récemment reçu son deuxième invité, Martial Ahipeaud.

 

Qui est Ahipeaud Martial ?

Je tiens d’abord à vous remercier, «L’Eléphant déchaîné» est devenu une institution dans le monde des médias, et c’est un privilège d’être à votre rédaction pour échanger. Alors je suis aujourd’hui accompagné à ma gauche par l’honorable Diby N’Guessan, membre fondateur du parti chargé de l’organisation et de la mobilisation; et la camarade Soro Essanguina, secrétaire générale adjointe, directrice de cabinet du secrétaire général. Je suis très heureux de me prêter à vos questions, concernant la situation politique nationale. Ce n’est pas évident que nous soyons invités par les médias d’Etat, donc aussi longtemps que nous pourrons avoir des options avec la presse privée, c’est avec beaucoup de plaisir que nous nous prêtons aux questions des journalistes. Je dirai que je suis un amoureux fou de la démocratie, je dirai même un malade. Hier (ndlr le 27 avril) on en parlait avec les professeurs Mamadou Koulibaly et Kablan Brou Jérôme. Je leur rappelais un peu le sentiment qui nous animait en 1990, quand on prenait la rue, pour exiger le multipartisme; et quand je vois 25 ans après, je me dis que peut-être qu’on était des fous, des fous de la démocratie, et c’est sur cette base-là, que je pense me définir. Aussi longtemps que la problématique de la liberté, de la démocratie est engagée, je ne peux pas hésiter, je suis toujours du côté de ceux qui se battent pour éventuellement faire en sorte que notre pays réalise le rêve d’un Etat démocratique prospère, et géré pour le peuple, et par le peuple.

 

Pourquoi M. Ahipeaud Martial se présente sans parler d’un pan de sa vie. On vous avait connu en tant que secrétaire général de la FESCI ?

Non, je ne l’ai pas caché du tout! Je vous ai rappelé que quand je regarde 25 ans après, je me rends compte qu’on devait être fous pour s’opposer au tout puissant Félix Houphouët-Boigny, mais on le faisait vraiment avec beaucoup de sérénité, pas guidés par des intérêts particuliers. Si vous voulez, la seule chose qui nous animait, c’était de voir un jour notre pays devenir démocratique. Donc la Fesci que j’ai créée avec un certain nombre de camarades à cette époque-là, fait partie de notre héritage, ça fait partie de notre ADN, on ne peut pas le renier; comme les commandos le disent, ‘’commando un jour, commando toujours !’’ Donc Fesciste toujours, quel que soit le temps et l’espace, où on se retrouvera. Je suis absolument fier de ce que j’ai pu accomplir, en tant que secrétaire général. Je ne renie pas ma propre histoire; au contraire, je l’assume avec beaucoup de sérénité et de détermination.

 

Est-ce à dire qu’aujourd’hui vous assumez entièrement tout l’héritage de la Fesci?

Je pense qu’aujourd’hui la Fesci a connu plusieurs secrétaires généraux, et plusieurs époques. Et donc moi en tout cas j’assume ce que j’ai été comme secrétaire général, toutes les actions qui ont pu avoir lieu sous ma direction, je l’assume! Et je crois que chacun est suffisamment responsable pour les parts ou les actes qu’il a posés, en son temps. Mais ce qui est le plus important pour nous, c’était éventuellement de permettre à la Côte d’Ivoire de connaître ne serait-ce qu’un début de pluralisme politique. Nous l’avons réalisé, nous nous sommes battus pour qu’éventuellement on prenne en compte les conditions sociales et académiques des étudiants, et je crois que nous avons obtenu des acquis dans ce sens-là. Mais au-delà de tout ça, nous avons eu le multipartisme ; l’émergence, je n’aime pas trop ce mot-là parce qu’il est un peu galvaudé, mais je veux dire l’arrivée sur la scène politique et sociale d’une nouvelle élite politique, quel que soit ce qu’on dira d’elle. Aujourd’hui, elle assume des responsabilités dans toutes les organisations politiques, sociales et économiques du pays, et je pense que je ne peux qu’être fier de cette génération-là!

 

Ahipeaud Fesciste, Ahipeaud candidat à l’élection présidentielle, Ahipeaud président de parti politique, est-ce la même personne ou y a-t-il une stratification entre ces attributs?

Non, je ne crois pas! Pour ceux qui me fréquentent, ils savent que je suis resté le même, j’ai des principes sur lesquels je fonctionne, et je ne crois pas que j’ai vraiment changé par rapport à ces principes-là. Si je n’avais pas été une telle personne, peut-être que je n’aurais jamais dirigé la Fesci. Donc à partir de ce moment-là, je ne vois pas quelle différence il y a. Et je crois que c’est simple, je suis Ahipeaud tout simple, et c’est tout! Que je sois candidat, quand je serai président de la République, ça ne va pas m’empêcher de faire la vaisselle à la maison, parce que je suis quand même très pointilleux sur des histoires de propreté… J’ai néanmoins mes petits défauts, mais je les assume!

 

Ahipeaud est-il fier aujourd’hui de ce qu’est devenue la Fesci ?

Vous savez, je peux aujourd’hui, comme les jeunes m’appellent ‘’le père’’; un père il est fier de ses enfants, il y en a qui sont brillants…

 

Tous, y compris Soro?

Soro c’est mon petit frère, mais je parle des jeunes, maintenant. Il y a même une fille qui m’a appelé une fois, ‘’l’ancêtre’’. C’est leur façon de parler. Mais je veux dire que dans une famille, tout le monde ne peut pas être brillant, faire Harvard ou LLC, et tout ça! Il y a des gens qui ne sont pas bien, d’autres par contre le sont, mais c’est toute une famille! Et puis, c’est surtout la capacité des uns et des autres à reconnaître que certainement on a pu commettre des impairs, et essayer de les corriger. Comme vous le savez, ça a été une bataille de lignes, et intense au niveau de la Fesci parce qu’à un moment donné, nous avons considéré qu’il y a eu une déviation idéologique et politique; parce que fondamentalement, le syndicat ne peut pas être arrimé à l’Etat, encore moins à un parti politique. On peut avoir une plate-forme sur laquelle on se bât parce qu’on estime qu’à tel moment de la vie de la nation, ou même du syndicat, des enjeux font qu’on peut se retrouver, mais on ne peut pas en tant que secrétaire général de la Fesci, ou en tant qu’organisation, dire qu’on soutient clairement un parti politique. Dans la mesure où on est issu de plusieurs milieux politiques. Vous voyez à mon temps, JMK que vous connaissez très bien, qui a été directeur de publication de ‘’l’Inter’’, il est PDCI, mais il a été membre de la direction du mouvement. Donc on était tellement mélangés, que ce n’était même pas imaginable qu’on puisse soutenir un groupe. Le seul problème qui nous fatiguait, c’est que le PDCI était à nos trousses, et il fallait une valeur refuge, qui était l’opposition. Et c’est sur cette base-là de notre propre sauvegarde qu’on s’est retrouvé avec l’opposition. Mais après, le fait de trop s’impliquer avec les partis politiques, ce n’était pas correct! On a mené un combat et vous savez très bien, moi je vous le dis, qu’il y a eu deux congrès en 2007. Ce n’est pas par hasard qu’il y a eu les deux congrès. Bien entendu, parce qu’il y a eu la tendance des anciens comme nous autres, qui avons considéré que la ligne qui était suivie par la légalité à cette époque-là n’était pas correcte. Et donc le combat s’est engagé et il y a eu les deux congrès, et puis après, il y a eu donc les lignes. Finalement aujourd’hui, c’est la ligne de 2007 qui a prévalu. Parce que celle qui dirigeait le mouvement à cette époque, a été défaite avec le pouvoir en place. Donc finalement, on assiste à une rectification, ça c’est aussi un terme que je n’aime pas à cause de l’histoire du Burkina Faso, mais on assiste à une certaine rectification de la ligne politique et idéologique. Je crois qu’aujourd’hui le camarade Assi Fulgence Assi ou comme on l’appelle AFA, fait un très très bon travail, et je le soutiens entièrement.

 

Quelles sont les différentes étapes de l’histoire de la Fesci que vous n’avez pas appréciées, après votre passage, parce que vous êtes ‘’l’ancêtre’’?

D’abord, c’est la période où il y a eu ‘’la guerre des machettes’’. Parce que nous, en tant qu’intellectuels, on ne peut pas admettre, on ne peut pas accepter que le débat contradictoire se résume dans une confrontation physique, et surtout, de cette manière-là. Deuxième point, c’est lorsqu’il y a eu une implication structurelle de la Fesci avec le pouvoir. C’est une question de principes. Alors, nous nous sommes battus pour que les étudiants et les élèves aient une organisation indépendante, on ne pouvait pas aussi comprendre que le mouvement se retrouve une filiale du pouvoir en place, à cette époque. Même si on était favorable au pouvoir en place, il ne fallait pas s’impliquer de cette manière-là. Ce sont ces deux points sur lesquels on ne s’est pas entendus, et on n’était pas d’accord; et je l’ai clairement signifié au congrès de 2007, à la direction que Mian dirigeait. Je lui ai dit que la ligne qu’il suivait n’était pas correcte, et que je m’y reconnaissais pas. Je pense qu’il a assumé, et aujourd’hui, on a vu les conséquences. Ça a failli être une catastrophe; s’il n’y avait pas eu les deux congrès, le mouvement aurait disparu. Donc pour me résumer, la période de ‘’la guerre des machettes’’, et celle où on était au cœur du pouvoir, ce n’était pas l’histoire de la Fesci.

 

Pensez-vous que c’est pour cela qu’aujourd’hui les autorités minimisent la Fesci?

Les autorités ne sont pas favorables à la Fesci parce que c’est un pouvoir de droite, soi-disant néo libéral. A partir de là, et du moment où la Fesci est une force sociale qui revendique le mieux-être, objectivement, ils sont en contradiction frontale. Et donc, c’est normal que le pouvoir en place veuille par tous les moyens, restreindre l’activité de cette organisation. C’est encore là un acte anti-démocratique qui ne nous étonne pas, par rapport à ce que nous vivons, aujourd’hui.

 

Quelle relation entretenez-vous aujourd’hui avec Blé Goudé?

Disons que je n’ai pas eu de possibilité d’aller lui rendre visite, mais nous sommes en contact par personne interposée, je vais m’organiser très rapidement pour aller le saluer. Mais il sait très bien le travail que je suis en train de faire en ce moment.

 

Et quel travail abattez-vous actuellement?

Nous sommes en train de travailler pour effectivement démontrer à la communauté internationale que ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire n’est pas un problème de personnes, c’est un problème de systèmes. Et si nous pouvons le démontrer, ça veut dire que quelle que soit la personne qui est au palais présidentiel, aussi longtemps que le système n’a pas changé, on enverra toujours des hommes à La Haye. Et pour nous, c’est notre ligne d’attaque. Et si nous réussissons cela, je crois qu’eux, de leur côté, ils croiront que le débat n’était pas au niveau de Gbagbo ou de Blé Goudé, mais c’était véritablement de faire en sorte que le système change et comme vous le constatez, on est toujours dans la même dynamique du recul systématique de la démocratie par les tenants du pouvoir. C’est ça le problème!

 

Comment analysez-vous ce qui se passe actuellement au FPI?

Sur ce point-là, il y a une petite histoire que je dois vous conter pour qu’on soit au même niveau d’informations. L’année dernière, le 27 janvier, j’ai été l’un des tous premiers, parce que je considérais que ce n’était pas normal, à décrier le fait que Ouattara se promène dans le monde entier et qu’il dise qu’il est candidat, et exige que tout le monde le soutienne. Moi je n’ai pas trouvé cela normal, puisque pratiquement 25 ans après le multipartisme, c’était une forfaiture; et donc j’ai pris mes responsabilités et j’ai dit à la face de la nation que je ne suis pas d’accord, je suis contre le principe de la candidature unique où alors l’instrumentalisation de la démocratie que Ouattara faisait. A partir de ce moment, le 30 janvier, on s’est réuni, 9 partis politiques, et on a commencé à discuter. Quand on a discuté, les deux semaines qui ont suivi, le FPI aussi a convoqué d’autres partis et de leur côté aussi, ils se sont organisés, et il y a eu deux ensembles : l’AFD (ndlr Alliance des forces démocratiques), et la 3ème voie. A un moment, nous nous sommes retrouvés vers le mois de juin ou juillet, pour essayer de mettre en place une plateforme de l’opposition démocratique, face au refus de Ouattara d’organiser des élections démocratiques. Lors de ces discussions, nous avons très bien avancé, on était d’accord sur tous les points, sauf qu’à la dernière minute, M. Kabran Appiah, président d’un autre parti, est venu pour dire qu’il n’était pas prêt à signer la déclaration. Et c’est comme ça M. Affi était supposé gérer les problèmes à l’intérieur de leur groupe, et revenir vers nous, avant qu’on ne fasse cette déclaration commune. Le point d’achoppement était ça : Eux, ils ont dit que la Commission électorale, elle est indépendante telle qu’Ahmed Bakayoko la proposait. Nous, on a dit non, c’est contre l’esprit et la lettre de l’article 32. Parce que l’indépendance de la Commission, c’est d’abord contre le pouvoir politique, et le pouvoir politique est exactement représenté par l’Etat, et les partis politiques. Donc on ne peut pas comprendre que l’Etat soit présent dans la Commission et que les partis soient présents dans la Commission, et que le menu fretin revienne à la société civile. Donc à partir de ce moment-là, nous, on estime que c’est un problème structurel à résoudre avant. On était sur ce point-là lorsqu’Affi et ses camarades se sont levés et qu’ils sont allés envoyer un représentant dans cette Commission, validant du coup les contradictions ou du moins le projet de Ouattara de faire un passage en force, anti démocratique. C’est ce qui a causé si vous avez suivi l’histoire, les contradictions à l’intérieur du FPI, parce que lorsque le comité central l’a interpellé pour lui dire ‘’on ne comprend pas’’ – parce que le comité central du FPI dans toutes ses composantes suivait bien ces négociations entre le FPI, la troisième voie et les organisations de la société civile – Affi a considéré qu’il était en mesure de faire tout ce qu’il veut. Nous, à partir du moment où nous avons considéré que c’était un acte extrêmement grave de sa part, on ne pouvait pas comprendre que le FPI ne réagisse pas! Et c’est comme ça la direction légitime historique en la personne d’Aboudrahamane Sangaré, s’est organisée pour dire non à cette forfaiture. Parce qu’au-delà de ce qu’on explique comme étant une ligne de négociation, il y a des questions de principes sur lesquelles on ne va pas revenir. Cette CEI est la réplique de celle qui a été faite en 2005…

 

Sous Laurent Gbagbo…

Oui, justement! Et c’est la cause fondamentale de la crise postélectorale. Est-ce que vous voyez? Donc si nous sommes des intellectuels, c’est de réfléchir et faire de nouvelles propositions! Nous nous disons que si on y enlève les partis politiques, il y a des exemples qui existent partout comme le Ghana à coté de nous, et qui a une Commission indépendante et permanente et qui organise des élections sans qu’il y ait la guerre!

 

Indépendante ça veut dire, une CEI sans partis politiques et sans implication de l’Etat?

Non, puisque vous savez très bien que la Constitution définit le cadre, et c’est clair! La Constitution dit « il sera créé une Commission électorale indépendante en charge de l’organisation du suffrage populaire ». C’est ça! C’est-à-dire que c’est la Commission qui est responsabilisée, du début à la fin. Comment vous voulez que quand on prend cette Commission, 80% aujourd’hui des membres statutaires   de la commission centrale appartiennent soit au RHDP, ou sont soit des agents de l’Etat? C’est de quoi l’on est en train de nous parler ici? En plus, M. Bakayoko qui est lui-même un des fauteurs de trouble, il sait bien que la loi sur la Commission électorale a dit qu’un président de la Commission n’est pas rééligible. C’est-à-dire que tu fais un seul mandat. Mais il a fait un mandat, moi je pense que c’est de l’indécence morale que d’accepter un autre mandat après trois échecs! Puisqu’il a échoué au niveau des présidentielles, il a échoué au niveau des législatives, il a échoué au niveau des élections locales. Puisque toutes ces élections ont été émaillées de violences extrêmes. Vous vous rappelez bien ce qui s’est passé à Koumassi avec les armes lourdes qui sont sorties… Quand on a un peu honte, la moindre des choses, c’est de dire que je pense que ce travail-là, je ne l’ai pas bien fait et puis on se retire. Bref, pour vous dire simplement, que nous n’avons pas été d’accord avec Affi sur la ligne politique qu’il est en train de suivre. Non pas parce qu’on ne veut pas discuter avec le gouvernement, au contraire, il y a eu un cadre permanent de dialogue et c’est là que toutes les propositions ont été faites. Le gouvernement n’a pas tenu compte de ces propositions, donc le gouvernement ne discute pas avec l’opposition, donc quand Affi affirme qu’il est dans une ligne de négociations, moi je pense plutôt qu’il est dans une ligne de capitulation. Et ce sont deux choses différentes. Tu peux négocier, moi je suis un syndicaliste, il y a des lignes rouges qu’on ne franchit pas. Quand on est un syndicaliste, on fait de la surenchère, mais on sait à quel moment on ne peut pas accepter… Et donc ce que nous sommes en train de voir, c’est Affi qui est la cause de ce problème-là! S’il avait été cohérent et s’il nous avait permis de mettre en place le bloc de l’opposition depuis le mois d’octobre 2014, il n’y aurait pas eu de crise au FPI. La moindre des choses est qu’il reconnaisse que sa ligne n’est pas correcte, et qu’elle est en train de conduire le pays vers une autre crise catastrophique, qu’il le veuille ou pas!

 

Si vous êtes ici, c’est parce que vous êtes candidat, vous voulez changer des choses dans ce pays. Pourquoi êtes-vous candidat, et que voulez-vous changer?

Aujourd’hui la Côte d’Ivoire pour laquelle nous sommes en train de nous battre, est un pays défiguré. La fracture sociale est extrêmement profonde. La Côte d’Ivoire est dans des lambeaux, quel que soit ce que les gens diront, de surendettement excessif. Parce que M. Ouattara est en train de… Parce que maintenant, il est candidat, officiellement. Donc je ne l’appelle plus le président, c’est un candidat, et on peut le traiter comme tel, voilà! Donc M. Ouattara a surendetté la Côte d’Ivoire, il a réussi le jeu fantastique de prendre pratiquement 3 milliards de Dollars (ndlr 1500 milliards de FCFA) de dette en 3 ans, ça c’est du jamais vu, c’est un record mondial! Ce qui va se passer, c’est que peut-être d’ici octobre s’il perd les élections, c’est nous qui serons obligés de rembourser ces dettes-là, vous voyez? C’est un peu le cas de la Grèce. Bref pour vous dire simplement, que nous ne sommes pas contents, nous ne sommes pas d’accord avec non seulement la gouvernance, mais la philosophie qui dirige aujourd’hui notre pays. Et nous considérons qu’il faut se battre pour que les fondamentaux reviennent à la normale; il faut par exemple que ce pays-là, quand tu en es le président, tu n’es pas là pour rester pour toujours. Voilà, ce sont des choses qui sont simples. Quand tu es président, tu ne gouvernes pas seulement pour ton clan, tu n’organises pas tout un système dans lequel les Ivoiriens paient au quotidien des cotisations pour toi! Je donne un cas simple : Quand vous prenez Webb-Fontaine, c’est la société de son beau-fils qui a l’escarcelle à l’entrée du Port, et puis chacun qui sort qui envoie quelque chose, il doit payer dedans. Et c’est lui, sa femme et ses enfants qui sont en train de manger. Nous pensons que c’est scandaleux! Et nous disons que ce genre de situations doit changer. Mais pour que ça change, il faut mettre en place une stratégie qui nous permette de rassembler le plus large possible de personnes, et faire en sorte de mettre en place une plateforme sur laquelle on pourra discuter et triompher, parce que ce n’est pas une question d’individu. Nous souhaitons aujourd’hui un engagement sur un programme, sur des points précis qui pourraient permettre de faire changer radicalement la Côte d’Ivoire. Et c’est pour ça qu’avec les autres candidats du PDCI, le FPI et les partis de la 3ème voie, nous avons aujourd’hui créé cette plateforme-là.

 

Mais vous personnellement, pouvez-vous nous énumérer certains points de votre programme, ne serait-ce qu’un petit aperçu?

Je vais vous donner quelques points de notre programme politique qui ont été déjà volés par le pouvoir précédent. Le CECOS (ndlr Centre de commandement des opérations de sécurité), vient de notre projet. Comme c’est une question d’actualité, je vais vous donner une vision de notre nouvelle armée : Pour nous, on ne peut pas sortir d’une crise telle qu’on l’a connue en Côte d’Ivoire, et puis ne pas prendre en compte la dimension stratégique de l’armée. C’est pour cela que ça nous fait rire quand aujourd’hui on dit aux jeunes qui sont des ex-combattants, que l’Etat ne peut plus les engager. La Côte d’Ivoire a besoin d’une armée professionnelle d’au moins 36.000 hommes dans les 12 districts, avec la possibilité de réorganiser les Forces spéciales qui pourraient être des forces qui interviennent aujourd’hui au niveau des conflits en Afrique. Donc pour nous, cette armée-là, telle qu’on la voit, est une armée de pieds nickelés qui n’a aucune vision stratégique, et il faut que la nouvelle armée de Côte d’Ivoire assume la place que la Côte d’Ivoire doit avoir dans la sous-région. Et nous, nous considérons qu’aujourd’hui, en mettant en place ce programme en ce qui concerne les militaires, on a la respectabilité en interne, mais aussi, l’exposition de notre pays comme force majeure au niveau de l’Afrique de l’Ouest. Puisque comme vous le savez, nous sommes pratiquement la deuxième puissance économique de la sous-région, on ne peut pas ne pas avoir une nouvelle armée qui est capable de répondre aux exigences sécuritaires sous régionales et africaines, aujourd’hui. Et donc dans ce cadre-là, nous avons pratiquement bouclé notre projet sur la question, et très bientôt quand nous allons passer à l’étape de l’amplification de notre campagne, nous allons faire des propositions. Nous allons d’abord dans une démarche participative, essayer d’écouter les jeunes combattants, discuter avec eux, voir ce qu’ils pensent et après, nous allons présenter notre programme pour l’armée. Ça, c’est juste un petit point sur lequel je voulais revenir. Bien entendu, je suis enseignant, donc en ce qui nous concerne, on a des propositions pour l’école. Moi j’ai pensé un tant soit peu que le projet que Ouattara était en train de faire allait être un peu le nôtre. Puisque quand ils ont fermé l’école pour deux ans, ils ont dit qu’ils vont faire des investissements, ils vont mettre en place des structures qui permettraient de passer au virtuel, au niveau des universités. Moi j’ai fait une université anglaise, je sais qu’on n’a pas forcément besoin d’une bibliothèque physique de 2 millions d’ouvrages. Puisqu’aujourd’hui, il y a la possibilité de se mettre en ligne et d’être sur des réseaux des grandes universités notamment Harvard… à travers le système de bibliothèque virtuelle. Donc nous, on avait pensé qu’avec Ouattara qui venait, que les 110 milliards allaient permettre la mise en place de cette structure-là, qui pouvait permettre éventuellement à l’ensemble des étudiants d’avoir accès à la connaissance virtuelle internationale. Vous voyez, et ce qui était encore plus simple à faire, c’était de passer un contrat avec des multinationales comme Samsung, HP… Pour qu’au lieu de donner de l’argent aux étudiants, ce qui était simple à faire, c’était de permettre à chacun d’avoir un Lap top. Vous voyez! Et si à l’inscription un étudiant a un Lap top, je pense que les enseignants sont sauvés. Parce qu’ils n’auront pas besoin de faire forcement des cours physiques, ou suivre physiquement les jeunes. Donc il y a nécessité aujourd’hui pour nous de passer au numérique, à un niveau encore plus élevé. Malheureusement notre ami et cher professeur Cissé Bacongo a ‘’bouffé’’ (ndlr dépensé) cet argent, et il est aujourd’hui ministre de la Fonction publique. Donc c’est l’Etat qui a un problème en réalité. Ce qui fait que nous notre point essentiel, c’est de changer l’Etat. Et de changer le leadership. Si on a changé l’Etat et si on a changé le leadership, en réalité tout ce que nous avons comme projet, tout ce que nous avons comme intelligence, peut prendre de la mayonnaise et donner un résultat positif c’est-à-dire une croissance qui est soutenue, qui est ancrée dans les populations.

 

Alassane Ouattara a été investi comme le candidat unique du Rhdp. Pensez-vous que vous avez la moindre chance contre lui ?

Comme vous me donnez l’occasion de revenir sur cette investiture, je pense que tout le monde a vu que c’était un échec total. Ça n’avait pas d’âme, selon ceux qui étaient là-bas. Ça veut dire que la ligne qu’il suit est une ligne qui est fausse. Parce qu’en temps normal, quand on dit Ouattara sort, c’est une émeute. Ce qu’on a vu samedi, je pense que le peuple n’est pas concerné par ce qui se passe là-bas.

Source : L’ELEPHANT DECHAINE N°348

 

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