Daloa-Lutte contre l’immigration clandestine: Des rescapés racontent leurs mésaventures…L’ONG REALIC lance l’offensive

By: Africa Newsquick

Daloa-Lutte contre l’immigration clandestine: Des rescapés racontent leurs mésaventures…L’ONG REALIC lance l’offensive

Le Réseau Ouest Africain pour la Lutte contre l’Immigration Clandestine (REALIC-Côte d’Ivoire) a procédé hier vendredi  14 juillet 2017 à la salle des fêtes de la préfecture de région au lancement officiel  de la mise en œuvre de ses activités. Lesquelles activités ont pour objectif de lutter contre l’immigration clandestine en Cote d’Ivoire.

Cette cérémonie placée sous la présidence du préfet de région, Bako Dibé Anatole, a réuni plusieurs jeunes élèves du secondaire, des étudiants, des parents d’élèves, surtout les mères de famille, les différents consuls honoraires du Mali, Burkina- Faso, Guinée, dans la région du Haut Sassandra.

Dans son mot de bienvenue  le 3ème adjoint au maire de Daloa, Brice Zunon, a interpelé les jeunes qui se livrent à la mort en cherchant à aller en Europe par tous les moyens. Selon lui, le bonheur se trouve à côté de nous, ici chez nous. «On peut acquérir le bien être social chez soi. Arrêtez de rêver que la richesse se trouve ailleurs que chez vous»,   a conseillé l’autorité municipale. Pour la présidente nationale de l’ONG REALIC-Côte d’ivoire, Florentine Djiro, les chiffres des décès des clandestins sont alarmants. Sur 2400 morts, 1075 jeunes ivoiriens ont péri dans les eaux de la méditerranée et dans le désert. C’est pourquoi, dira Florentine djiro, l’ONG REALIC a décidé de prendre les choses en main en lançant la lutte contre l’immigration clandestine à travers une synergie d’actions sur le terrain et partout en Côte d’Ivoire. « Ensemble, disons non à l’immigration clandestine en Côte d’Ivoire en général et à Daloa en particulier». Pour terminer son propos, la présidente de REALIC-Côte d’Ivoire a remercié la presse représentée en grand nombre pour aider l’ONG dans sa noble et difficile mission.

Prenant la parole, le préfet Bako Dibé s’est indigné face à ce fléau qui continue d’endeuiller des milliers de familles en Côte d’Ivoire. «Nous devons mettre fin à ce phénomène. Le nombre de morts est effrayant. Ensemble cherchons les solutions à ce mal qui nous ronge tous. C’est triste de voir un fils mourir. C’est pourquoi, je vous demande tous, les jeunes d’arrêter de courir ce risque. Vous devez savoir  que le bonheur est à côté de vous, ici en Côte d’Ivoire, chez vous. On est toujours mieux chez soi», a dit l’autorité administrative.

Ensuite, l’ONG REALIC Côte-d’Ivoire a procédé à la mise en place d’une plate forme locale de la lutte contre l’immigration clandestine. Cette plate forme aura pour mission de pérenniser les actions de l’ONG REALIC sur le terrain de la région du Haut Sassandra.

A la fin de la première journée, deux rescapés des immigrants clandestins, partis de Daloa et de la Côte d’Ivoire  pour l’Europe, ont saisi l’occasion pour témoigner de ce qu’ils ont vécu, lors de la traversée du désert. Le nommé Sangaré Brahima, parti de Daloa le 27 mars 2016, a raconté sa mésaventure: «C’est en 2012 que j’ai eu l’idée de partie en Europe. Ainsi donc, de Daloa, j’ai atterri au Mali, ensuite en Algérie. Mais cela n’a pas été facile. En Algérie ça a été pénible pour nous. J’ai vu des ivoiriennes se prostituées pour gagner à manger. Nous les hommes, il fallait chercher de petits métiers pour se nourrir. Aujourd’hui, je suis revenu au pays grâce à notre Ambassade qui nous a recrutés pour nous ramener  au pays. C’est le 21 mars 2017 que nous sommes arrivés à Daloa. Je voudrais profiter de cette occasion pour dire à mes frères et sœurs qui ont encore l’idée d’aller en Europe de surseoir leurs projets. C’est se donner la mort sans préavis. » A la suite du premier rescapé, Kanté Souleymane, ex-élève au collège moderne Fatiga, en classe de seconde, a été beaucoup plus clair sur ce qu’il a vecu en Lybie. «Je suis parti de la Côte d’Ivoire le 11 février 2016. Mais il faut le dire, c’est la pauvreté et la situation de la famille qui m’ont poussé à quitter l’école pour l’aventure. Mais avant, comme j’ai des amis qui sont partis en Europe, avant moi, c’est ceux-là qui communiquaient avec moi sur facebook pour me donner des indications. En tout cas, ils m’ont rien caché. Ils m’ont dit que ce n’est pas facile d’y arriver. Avant de partir j’avais 150.000 Fcfa en ma possession. Je suis rentré au Mali, ensuite en Algérie. Nous avons entamé la traversée du désert mais dans ce désert c’est le calvaire. Pas de nourriture ni d’eau à boire, j’ai vu des gens mourir de soif et de faim. Ceux-là n’ont pas pu traverser le désert. Arrivée en Lybie, c’est là que je me suis rappelé que mon pays est encore mieux. L’Algérie c’est encore bon. Mais la Lybie c’est le pire. Là-bas, un étranger n’a pas le droit de sortir pour vaquer à ses occupations. J’ai tenté cela, mais la police m’a pris sur menace des armes, elle m’a jetée en prison. J’ai fait un an 6 mois de calvaire à Tripoli. J’ai tenté à quatre reprises de traverser la méditerranée, mais en vain. C’est grâce à notre Ambassade que j’ai pu êtres recruté pour  être ramené au pays. De retour dans mon pays, il y a 04 mois, les gens se moquent de nous dans notre quartier à Daloa. Ils nous disent que nous sommes des maudits parce que nous n’avions pas pu atteindre l’Europe et nous sommes revenus. Cela fait mal. Aujourd’hui, je me sens mieux à coté de mes parents même si je n’ai rien. Un jour, Dieu pourvoira pour que je trouve un job. Je voudrais demander à tous mes amis, que ce soit femme ou garçon, de ne pas tenter cette aventure. Elle est très amère et risquée.» La 2e journée de ces activités  qui se déroule ce samedi 15 juillet à la place de la grande mosquée, sera consacrée à la sensibilisation en langues locales (Bété, Malinké, Baoulé), suivis de prestations de théâtre participatif pour le changement de comportement et de mentalité sur les dangers liés à l’immigration clandestine.

Lorraine Bérénice Désirée

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