AGROBUSINESS: Ils ont caché 77 milliards…dont 70 pour Yapi Christophe, NSIA BANQUE et la trop grande rentabilité des sociétés d’agrobusiness

By: Africa Newsquick

AGROBUSINESS: Ils ont caché 77 milliards…dont 70 pour Yapi Christophe, NSIA BANQUE et la trop grande rentabilité des sociétés d’agrobusiness

On ne sait pas si le patron de «Agronomix » et de «Monevea.com », Yapi Christophe reviendra un jour en Côte d’Ivoire, mais il a de quoi, là où il est en ce moment, de vivre dans le bonheur pour au moins 100 ans encore. Et de faire de l’agitation en Côte d’Ivoire en finançant des individus qui ne font pas partie des souscripteurs grugés.

«L’Eléphant» qui a vérifié comme nous l’écrivions dans nos deux publications sur l’affaire « agrobusiness», l’ensemble des déclarations de Yapi Christophe et approché les prétendus gros acheteurs (le Russe «Magnit » et l’Américain « Amazone.com » des produits vivriers cultivés dans ses plantations, est en mesure d’affirmer que l’homme a entubé toute la République. Avant de se tirer avec des dizaines de milliards de FCFA blanchis à travers la dizaine d’entreprises créées autour de « Monhevea.com » dans des domaines aussi surprenants que l’aviation, le fret maritime, la microfinance, etc. L’affaire « agrobusiness » continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Stoppés par le gouvernement, certains promoteurs de structures de ce secteur sont en prison.

Le processus de remboursement des souscripteurs, tel que défini par le Groupe de Travail agissant sous l’autorité de la direction générale du Trésor Public est dans sa phase terminale.

Mais des milliers de souscripteurs, au regard de la modicité des sommes à rembourser qui leur sont annoncées, n’ont plus que leurs yeux pour pleurer et pointent du doigt, à la fois le gouvernement, le Trésor Public et des banques, notamment NSIA BANQUE. Sauf que la réalité dans cette affaire, semble moins vivrière.

UNE ETRANGE EVOLUTION DE L’OBJET SOCIAL DECLARE A L’OUVERTURE DES COMPTES

«L’Eléphant» l’a déjà écrit. 90% des structures d’agrobusiness ont été créées entre mai et octobre 2016.

A l’ouverture des comptes pour leurs entreprises, comme s’ils s’étaient passé le mot, les responsables ont fourni des documents portant l’objet social « création, entretien, développement de plantations, culture de produits vivriers, etc. » Nulle part, ils n’ont mentionné l’appel à l’épargne publique, une activité vers laquelle, en toute illégalité, ils vont tous glisser. Mais le précurseur de ce glissement de l’objet social déclaré à l’appel à l’épargne publique n’est autre que Yapi Christophe.

En avril et en juin 2013, Yapi Christophe ouvre deux comptes entreprises dans les livres du Groupe Nsia Banque pour le compte de «Monhevea.com». Un compte courant et un compte épargne, à l’agence Treichville gare Bassam. A l’ouverture des deux comptes, il déclare comme activité: « Création et développement de plantations d’hévéa, de cacao, de produits vivriers, commercialisation de produits phytosanitaires, locations et achats de terrains agricoles, l’import-export…»

Pendant un an, (2013-2014), les mouvements sur le compte de «Monhevea.com » ont été conformes à l’objet social déclaré.

Le 16 février 2015, Yapi Christophe ouvre dans la même banque, deux comptes entreprises pour sa société « Agronomix SA ». Un « compte courant » et un compte « épargne prestige » à l’agence « Perles grises». En quelques mois, plusieurs dizaines de milliards atterrissent, à la surprise de la Banque, sur les comptes de « Agronomix ». Dans la foulée, Yapi Christophe ouvre quatre comptes privés pour lui-même dans la même banque, dans les agences « Perles grises », « Treichville gare Bassam » et « Latrille ».

Des comptes épargnes et des comptes chèques. Sur les quatre comptes, trois ont été ouverts le 25 septembre 2015.

Toujours dans la même banque, Yapi Christophe a ouvert un compte pour sa structure « Agrocred » dont son petit frère, Yapi Marcel, aujourd’hui en prison, était le directeur général, le 22 décembre 2015, à l’agence « Anoma ». Cette structure de microfinance dont les fonds (500 millions de FCFA) provenaient des souscriptions des adhérents de «Monhévéa.com », n’a jamais démarré ses activités, faute d’agrément.

Mais de 2015 à janvier 2016, son directeur général, Yapi Marcel, a perçu un salaire net de trois millions par mois. En restant paisiblement assis à la maison.

Devant l’ampleur des dépôts sur les comptes ouverts dans ses livres, la Banque interpelle Yapi, courant mars 2016 et lui demande les documents qui justifient l’activité générant autant d’argent: Quelles sont les superficies cultivées, où se trouvent-elles, quelles sont les quantités vendues? Où sont les documents qui attestent les ventes à l’interne et à l’externe qui justifient les versements sur les comptes de la part des souscripteurs? Où se trouvent les comptes de « Monhevea.com » où sont reversés les fruits des ventes des productions agricoles et la liste des clients qui achètent ces produits? Yapi Christophe met plus de quatre mois pour répondre aux demandes de la Banque. En promettant d’être plus clair plus tard. Mais il ne fourni aucune réponse claire à aucune réponse.

Le caractère évasif de ses réponses oblige la banque, devant l’importance des fonds et, en application de la législation en la matière, à donner l’alerte à la CENTIF (Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières ». Dans le jargon du secteur, cette démarche s’appelle « une déclaration de soupçon», destinée à obtenir des instructions de la CENTIF devant une telle situation pour permettre à la banque de continuer ou pas sa relation avec un client. Mais, curieusement, la CENTIF n’a pas réagi. Jusqu’à ce jour. On se demande bien pourquoi.

YAPI CHRISTOPHE, PRIE DE RECUPERER SES MILLIARDS

Face à l’incapacité de Yapi Christophe à produire le moindre document justifiant l’activité déclarée et au silence de la CENTIF, NSIA Banque, le 26 septembre 2016, lui adresse une mise en demeure et menace de fermer les comptes ouverts dans ses livres. Le 2 novembre 2016, sur instruction de Yapi Christophe, le solde des deux comptes courants de « Monhevea.com » et «Agronomix SA », exactement 2.671.354.223 FCFA, lui sont remis via d’autres comptes bancaires indiqués par lui-même. C’est que la banque a été vraiment effrayée par la rentabilité exceptionnelle du business de Yapi Christophe. En 2013, le compte courant de «Monhevea.com » a enregistré des dépôts, notamment en espèces, d’un montant total de 30 millions de FCFA. Il n’y a eu qu’au total, cinq souscripteurs en cette année. Un an plus tard, en 2014, il y a eu 194 souscripteurs qui ont fait des versements d’un montant total de 237 millions de FCFA. En 2015, le nombre de souscripteurs est passé à 3470 pour des versements, notamment en espèces, d’un montant total de 6,283 milliards de FCFA. Puis, comme « L’Eléphant » l’a déjà conté, la grande offensive publicitaire de mai à août 2016 avec des conférences dans de grands hôtels d’Abidjan en compagnie de certains officiels ivoiriens, l’organisation de cérémonies de poses de premières pierres d’usines à construire, de centaines de logements à construire, le tout sous le parrainage de ministres de la République, a fait exploser le nombre de souscripteurs qui est passé de 3470 en 2015 à 14040 en quelques mois. Ces joyeux souscripteurs ont déposé sur le comte de « Monhevea.com », la somme totale de 26,664 milliards de FCFA.

Sur le même compte, en 2013, les 30 millions ont été retirés. En 2014, 234 millions ont été retirés sur les 237 déposés. En 2015, 4,945 milliards ont été retirés sur les 6,283 milliards déposés. En 2016, 26,664 milliards ont été retirés du compte.

Tous les retraits et virements étaient effectués par Yapi Christophe lui-même et des personnes physiques vivant en Côte d’Ivoire et à l’étranger. Sur le compte courant de « Agronomix SA », en 2015, 3757 personnes ont effectué des versements en espèces et par chèque d’un montant total de 6,378 milliards de FCFA.

Au 11 août 2016, 12155 personnes ont effectué des dépôts à hauteur de 22,909 milliards de FCFA.

Dans le sens inverse, dans la même période, en 2015, 4,826 milliards de FCFA ont été retirés. Au 11 août 2016, 22,909 milliards ont été retirés du même compte. Retraits effectués par Yapi Christophe et par d’autres personnes physiques. Sur les comptes de « Monhevea.com » et de « Agronomix SA », il n’y a aucune trace d’un virement fait par une société ayant acheté les productions vivrières présumées cultivées pour les souscripteurs, aucun paiement n’a été effectué pour le compte d’une quelconque entreprise ayant vendu à « Monhevea.com » ou «Agronomix SA », des produits phytosanitaires ou autres. Conclusion, les dépôts sur les comptes sont faits par des personnes physiques, puis retirés quelques temps après pour payer d’autres personnes physiques.

Au milieu des versements et de retraits, Yapi Christophe lui-même avait une intense activité sur les comptes courants de ses structures.

Ainsi, en 2015, il est allé plusieurs fois dans des distributeurs automatiques de billets et, sur les deux comptes, a retiré la somme de 129 millions de FCFA. Sans compter 350 millions retirés en espèces ou via des chèques qu’il a signés pour son propre compte. Et des dizaines de virements à l’extérieur du pays en son nom propre et, au nom de personnes qui, en réalité, travaillent pour lui. Lesquels reversent l’argent sur d’autres comptes de « Agronomix SA » au Canada où la justice vient de geler près de 400 mille euros, environ 263 millions de FCFA.

77 MILLIARDS MANQUENT ET C’EST LA DESOLATION

Sur les 21 sociétés concernées par la décision prise par le procureur de la République, seules trois ont de quoi payer la totalité du capital souscrit. Il s’agit de « Green Web Consultant », 368 souscripteurs qui ont déposé 645 millions encore disponibles sur le compte. «Agribiznet», 2776 souscripteurs pour 7,327 milliards disponibles intégralement.

«Agricash», 25 souscripteurs pour 19,557 millions disponibles. «Cifid-Agrofinance », 4341 souscripteurs, 5,234 milliards déposés, 4,639 milliards disponibles. Heureux donc les souscripteurs de ces trois structures. Ils pourraient recevoir, à défaut du retour sur investissement promis, leur mise de départ entre 87 et 100%.

Les souscripteurs de «Leader Investissements» pourraient recevoir 63% de leur mise. Ils sont au nombre de 18 personnes pour 25 millions déposés et 15,955 millions disponibles. Ceux de « Agriig » pourraient recevoir 51% de leur mise de départ. Ils sont au nombre de de 305 personnes pour des dépôts de 336 millions dont 173 millions disponibles. Ceux de «Grams» pourraient se contenter de 51% de leur mise. Ils sont au nombre 1389 pour 1,566 milliards dont 799 millions disponibles.

Les souscripteurs de «Monsucces» ne recevront que 31% de leur mise.

Ils sont au nombre de 156 pour 225 millions déposés dont seulement 80 millions sont disponibles sur le compte. Les souscripteurs de «Ivoire Champ», au nombre de 846 pour 1,136 milliard dont seulement 329 disponibles pourraient se consoler avec 29% de leur mise. Un million investi? Moins de 300 mille francs à recevoir.

Les souscripteurs de « Agrilivoire » pourraient recevoir 22% de leur mise. Ils sont au nombre de 1392 pour 1,249 milliard dont 375 millions disponibles. Ceux d’«Agribio», 219 personnes pour 221 millions dont 50 millions disponibles, pourraient recevoir également 22% de leur mise de départ.

Les souscripteurs de «Respiidia », principalement des Ivoiriens de la diaspora, pourraient recevoir 2,49% de leur mise. Ils sont au nombre de 5130 personnes pour 7,474 milliards dont seulement 185,922 millions disponibles sur les comptes gelés. « L’Eléphant » a déjà conté le projet du responsable de cette structure qui, dans une vidéo publiée bien avant la découverte du scandale, annonçait déjà son départ de la Côte d’Ivoire après avoir avoué qu’il ne pouvait plus payer les « RSI» promis et qu’il lui fallait quitter la Côte d’Ivoire pour visiter six pays en Europe, histoire de trouver une solution pour reprendre les paiements des « RSI », alors que les montants promis étaient censés provenir de l’exploitation de plantations se trouvant en Côte d’Ivoire. Il séjourne en ce moment à la Maca.

Les souscripteurs de «African Web Business» pourraient se consoler avec 0,04% de leur mise. Ils sont au nombre de 31 personnes pour 24,4 millions de FCFA dont seulement 10 mille francs disponibles sur le compte.

Enfin, les souscripteurs de « Monhevea.com », 33963 personnes pour 70 milliards net de souscripteurs dont 9, 042 milliards disponibles, pourraient recevoir 12,87% de leur mise. Mais ils pourront sans doute se réconforter à l’idée de savoir que Yapi Christophe n’a pas quitté le pays les bras vides. Il sait où se trouvent 61 milliards plus les montants des dizaines de virements qu’il a effectués pour son propre compte hors du pays, avant de prendre l’avion pour ne plus revenir. Avec plus de 70 milliards dans son bas de laine, il a de quoi se raser chaque matin du côté d’Israel ou de la Russie où selon les sources de « L’Eléphant » il pourrait se retrouver dans quelques jours, en pensant à l’élection présidentielle de 2020.

Tout d’un coup, on comprend mieux pourquoi il n’a pas encore trouvé le temps, depuis plus d’un mois, de répondre au sympathique questionnaire que « L’Eléphant » lui a soumis.

NSIA BANQUE et la trop grande rentabilité des sociétés d’agrobusiness

Comme « L’Eléphant » l’a déjà conté, en 2015 déjà, une enquête avait conclu au fonctionnement selon le système pyramidal (paiement des premiers souscripteurs par les mises des derniers), du business de Yapi Christophe. Interrogé au cours de cette enquête, le sympathique homme avait reconnu lui-même les faits, mais il n’a pas été inquiété. Et, a réfléchi au moyen de booster ses activités pour avoir le maximum de souscripteurs avant de se tirer. C’est quasiment en octobre 2016 que le Trésor public, pour la première fois, a attiré l’attention des banques sur l’ampleur des activités menées par des structures désignées sous l’appellation de structures d’agrobusiness. Et, c’est à partir de là que l’affaire a été officiellement portée sur la place publique avec les développements que l’on sait aujourd’hui. Mais, à Nsia Banque, depuis le mois de mars 2016, on avait découvert, à force d’observation, le diable sur les comptes de « Monhevea.com » et «Agronomix ». Et, cette banque, devant l’incapacité de Yapi Christophe à établir le lien entre les montants payés aux souscripteurs et les présumées ventes de produits vivriers, a été la première à faire une « déclaration de soupçon » auprès de la Centif qui, étrangement, n’a pas trouvé le temps de répondre. Les souscripteurs de « Monhevea.com » et «Agronomix », on le sait, ne décolèrent pas après avoir écouté Yapi accuser la banque d’avoir joué un rôle dans le non paiement de leurs «RSI ». Sauf que l’argent qui devrait servir à ce paiement lui a été remis par la banque avant la clôture de ses comptes. Mais les souscripteurs ne veulent rien entendre et crient au vol de leur argent, d’autant plus que Yapi Christophe a déclaré que son groupe pèse 220 milliards de Fcfa. Sauf à apporter la preuve de cette affirmation, la preuve existe aujourd’hui et « L’Eléphant » la tient, que près de 40 milliards déposés sur les comptes à NSIA BANQUE ont été retirés pour payer des « RSI» en quelques mois. Sans qu’aucun kilogramme de tomate n’ait été vendu ni en Côte d’Ivoire, ni hors de la Côte d’Ivoire, dans la même période, par Yapi Christophe.

«Comment j’ai fait pour payer 40 milliards en un mois? » Avait interrogé Yapi Christophe dans sa vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Eh bien, on le sait maintenant. Encaisser 26 milliards en deux mois avec 14 mille personnes et payer 26 milliards en un mois à trois mille personnes, c’est vraiment pas sorcier.

On dit merci à NSIA BANQUE?

DANIEl SOVY (L’Eléphant déchainé)

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